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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Nevers, le 22 septembre 2025, n°2025F00420

Le tribunal de commerce de Nevers, statuant le 22 septembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire. La société concernée est en état de cessation des paiements et son redressement est impossible. Le tribunal applique le régime de la liquidation judiciaire simplifiée en raison des caractéristiques de l’actif social. Il désigne les auxiliaires de justice et fixe un calendrier procédural strict jusqu’à une audience de clôture prévue.

La qualification des conditions d’ouverture de la liquidation
Le constat irréversible de la cessation des paiements
Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité de redressement de la société. Il relève que « La SARL LARA est en état de cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible ». Cette double condition est essentielle pour prononcer une liquidation judiciaire. Elle marque l’échec définitif de la préservation de l’activité et de l’emploi. La solution est conforme à l’article L.640-1 du code de commerce et à la jurisprudence constante. Un tribunal a déjà jugé qu’une société « est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible et se trouve en état de cessation des paiements » (Tribunal de commerce de commerce de Roanne, le 9 juillet 2025, n°2025P00067). La décision commentée confirme cette approche stricte du prononcé de la liquidation.

L’absence de contestation sur la date de cessation des paiements
Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 7 juillet 2025. Il note « le débiteur ne formule aucune observation sur la date de cessation des paiements ». Cette fixation est cruciale pour la période suspecte et le rang des créances. L’absence de contestation du débiteur facilite le travail du liquidateur. Elle permet une sécurité juridique pour le déroulement ultérieur de la procédure. Cette étape préalable est souvent déterminante pour l’efficacité des opérations de liquidation. Elle évite des contentieux futurs sur la validité des actes passés durant cette période.

Le choix du régime procédural simplifié et ses conséquences
Les critères d’application de la liquidation simplifiée
Le tribunal retient le régime de la liquidation judiciaire simplifiée après vérification de critères légaux. Il constate que « l’actif de l’entreprise ne comprend aucun bien immobilier » et qu’elle est sous les seuils de l’article D.641-10. Ce régime allégé est destiné aux petites structures pour une procédure plus rapide et moins coûteuse. La jurisprudence a déjà appliqué ce raisonnement pour une entreprise « en dessous des seuils fixés à l’article R.641-10 du code de commerce » (Tribunal de commerce de commerce de Dijon, le 17 mars 2026, n°2026000340). La décision s’inscrit dans cette logique d’adéquation de la procédure à la taille du débiteur.

L’encadrement strict des opérations de liquidation
Le tribunal impose un calendrier rigoureux pour la réalisation de l’actif. Il ordonne la vente des biens mobiliers « dans les quatre mois suivant la présente décision ». Le liquidateur doit aussi déposer la liste des créances dans un délai de cinq mois. Ces délais impératifs sont caractéristiques de la procédure simplifiée. Ils visent à accélérer le traitement du dossier et le règlement du passif. La fixation d’une audience de clôture à une date précise renforce cette recherche de célérité. Cette organisation procédurale garantit une liquidation efficace dans l’intérêt des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».