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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Orléans, le 23 septembre 2025, n°2025004736

Le Tribunal de commerce d’Orléans, statuant le 23 septembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’égard d’une société. Le jugement constate l’état de cessation des paiements de la société requérante. Il fixe une période d’observation de six mois et nomme les organes de la procédure. La décision soulève la question des conditions d’ouverture du redressement judiciaire et de ses modalités pratiques d’exécution.

La constatation de la cessation des paiements

La condition légale de l’ouverture est remplie par la reconnaissance du débiteur. Le dirigeant de la société a sollicité l’ouverture de la procédure en audience. Il a déclaré que l’entreprise se trouve en état de cessation des paiements. Cette déclaration unilatérale suffit à caractériser la situation de crise. Le tribunal en tire les conséquences juridiques nécessaires pour la protection collective.

Le juge vérifie néanmoins la réalité de cette situation au jour de sa décision. Il résulte des informations recueillies par le Tribunal et des pièces produites que la société n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette formule reprend la définition légale de la cessation des paiements. Elle confirme ainsi le bien-fondé de la demande présentée par le représentant légal.

La mise en œuvre des mesures conservatoires et prospectives

Le jugement organise immédiatement la préservation des intérêts en présence. Il autorise le maintien d’un seul compte bancaire et la clôture des autres. La rémunération du dirigeant est maintenue provisoirement en l’état. Ces mesures visent à assurer la continuité de l’exploitation pendant la période d’observation. Elles évitent une aggravation immédiate de la situation financière.

L’accent est mis sur l’élaboration d’un plan de redressement futur. Le tribunal fixe à 6 mois la période d’observation pendant laquelle sera établi un bilan économique et social. Des propositions tendant à la continuation ou à la cession de l’entreprise seront formulées. Un inventaire complet du patrimoine est ordonné dans des délais stricts. L’audience de renvoi permettra d’apprécier la viabilité de la poursuite d’activité.

La décision illustre le caractère subsidiaire de la liquidation judiciaire. Le tribunal ouvre une procédure de redressement judiciaire destinée à permettre la poursuite de l’activité. Cette finalité prime tant que le redressement n’est pas manifestement impossible. Elle guide l’ensemble des mesures conservatoires ordonnées dans le jugement introductif.

La portée de la décision réside dans son approche pragmatique et prospective. Elle applique strictement la définition légale de la cessation des paiements. Le tribunal utilise pleinement la période d’observation comme un outil de diagnostic. L’objectif affirmé est de rechercher les conditions d’un redressement par la continuation ou la cession.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».