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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Pau, le 23 septembre 2025, n°2025004394

Le tribunal de commerce de Pau, statuant le 23 septembre 2025, a examiné la situation d’une personne physique commerçante en redressement judiciaire. Le mandataire judiciaire a constaté une absence de communication d’éléments comptables et financiers. La juridiction a dû se prononcer sur l’opportunité de mettre fin à la période d’observation. Elle a ordonné sa poursuite et convoqué une nouvelle audience pour examiner une éventuelle liquidation.

Le maintien de l’observation malgré les manquements

La sanction proportionnée des obligations du débiteur

Le tribunal relève une carence caractérisée dans la collaboration du débiteur avec les organes de la procédure. Il constate « une absence d’établissement et de communication aux organes de la procédure d’éléments comptables et financiers ». Cette situation justifierait normalement une conversion rapide en liquidation judiciaire. Toutefois, la juridiction opte pour une mesure intermédiaire en maintenant l’observation. Elle impose un délai très court avant un nouvel examen, marquant sa sévérité. Cette décision illustre la marge d’appréciation du juge pour adapter la sanction à la gravité des manquements. Elle privilégie une ultime mise en demeure plutôt qu’une issue définitive immédiate.

L’encadrement strict de la prolongation

La juridiction ne se contente pas de reporter sa décision sur le sort de l’entreprise. Elle assortit le maintien de l’observation d’injonctions précises et d’un délai impératif. Le débiteur « Doit, conformément à l’article R. 622 – 9 du code de commerce, informer le mandataire judiciaire […] 15 jours avant la date de la prochaine audience, de ses résultats d’exploitation ». L’audience de suivi est fixée à une date rapprochée, le 14 octobre 2025. Ce cadre rigoureux transforme la prolongation en ultimatum incontournable pour le débiteur. Il rappelle que la clémence du juge est conditionnelle et temporaire. Cette pratique rejoint celle d’autres tribunaux soucieux de ne pas prolonger indûment une situation bloquée. « Attendu qu’il convient de maintenir l’entreprise en période d’observation et renvoyer l’examen de la requête de conversion en liquidation judiciaire à la prochaine audience » (Tribunal de commerce de commerce d’Évreux, le 2 mai 2025, n°2025L00162).

La convocation automatique pour une issue prochaine

La décision opère une convocation immédiate du débiteur pour l’audience ultérieure. Le jugement précise qu’il « tenant lieu de convocation, aux fins de voir statuer sur la poursuite de la période d’observation, ou, le cas échéant, la conversion ». Cette technique procédurale garantit la célérité de la suite de la procédure. Elle évite tout retard lié à une notification séparée et place le débiteur en état d’être immédiatement statué. Cette diligence témoigne de la volonté du juge de clore rapidement un dossier où les éléments manquent. Elle sert l’intérêt de la procédure collective en prévenant une stagnation préjudiciable. Cette approche reflète une préoccupation commune pour une gestion dynamique du dossier. « Considérant qu’il est dans l’intérêt des débiteurs et des salariés de renvoyer l’affaire : » (Tribunal de commerce de Paris, le 25 mars 2025, n°2025002229).

Ce jugement démontre l’équilibre recherché par le juge entre sanction et opportunité. Le maintien de l’observation malgré des manquements graves agit comme un dernier avertissement. Le cadre strict de la prolongation et la convocation automatique assurent une résolution imminente. Cette décision affirme l’autorité du tribunal tout en préservant les chances minimales de redressement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».