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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal judiciaire de commerce de Bordeaux, le 1 avril 2025, n°2025P01485

Le tribunal judiciaire, statuant en matière commerciale, rend une décision le 1er avril 2025. Il ouvre une liquidation judiciaire à l’encontre d’une société après avoir constaté son état de cessation des paiements. La juridiction retient la date du 1er avril 2025 comme date de cessation des paiements et applique la procédure simplifiée de liquidation.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal constate que la société est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette formulation reprend exactement les termes de l’article L. 631-1 du code de commerce. La jurisprudence rappelle que « La cessation des paiements au sens de l’article L. 631-1 du code de commerce est caractérisée par l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Paris, le 12 novembre 2025, n°25/01016). L’analyse des éléments du dossier permet de vérifier cette impossibilité de manière probante. L’actif disponible est nul tandis que le passif exigible s’élève à plus de trois cent mille euros. La situation financière est ainsi objectivement établie par ces données chiffrées et incontestées.

L’appréciation de l’absence de perspectives de redressement

Le juge relève que la société a elle-même indiqué que sa situation était trop compromise. Les déclarations du dirigeant corroborent l’impossibilité manifeste de parvenir à un redressement. Le tribunal dispose ainsi d’éléments subjectifs venant confirmer l’analyse objective des comptes. La volonté du débiteur et l’absence d’actif immobilier excluent toute possibilité de poursuite d’activité. Cette appréciation globale justifie le choix de la liquidation judiciaire sans phase d’observation préalable. La décision écarte ainsi toute solution de redressement pour privilégier la liquidation des actifs.

Les modalités procédurales de la liquidation ouverte

Le recours à la procédure simplifiée de liquidation

La juridiction décide de faire application de la procédure simplifiée prévue aux articles L. 644-1 et suivants. Elle vérifie que les conditions légales des articles L. 641-2 et D. 641-10 sont réunies. Les seuils prévus par la loi sont en l’espèce dépassés au vu du passif et de l’absence de salariés. Le tribunal fixe donc la clôture de la liquidation dans un délai maximal d’un an. Ce cadre procédural accéléré vise une réalisation rapide des actifs pour les créanciers. Il traduit une adaptation de la procédure collective à la simplicité du dossier.

Les mesures d’organisation et les délais impartis

Le tribunal nomme les organes de la procédure, soit un juge commissaire et un liquidateur. Il impartit aux créanciers un délai de deux mois pour déclarer leurs créances. Un délai de quatre mois est ensuite fixé pour l’établissement de la liste des créances. Ces mesures d’organisation sont conformes aux dispositions des articles L. 624-1 et R. 624-2. La publicité du jugement est ordonnée sans délai nonobstant toute voie de recours. L’exécution provisoire est de droit pour permettre le démarrage immédiat des opérations. La décision organise ainsi les premières étapes de la liquidation dans le respect des textes.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».