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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce, le 24 septembre 2025, n°2025P01483

Le tribunal de commerce de [Localité 1], statuant le [date non précisée], est saisi d’une déclaration de cessation des paiements. La société requérante, exerçant une activité d’installation et de maintenance, présente un actif disponible de 888 euros. Elle fait face à un passif exigible de 6 180 euros et renonce à toute perspective de redressement. Le juge doit caractériser l’état de cessation des paiements et déterminer la procédure applicable. Il ouvre une liquidation judiciaire en procédure simplifiée et fixe la date de cessation au 30 novembre 2024.

La caractérisation rigoureuse de l’état de cessation des paiements

La définition légale appliquée par le juge du fond. Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. Il constate un déficit patent entre une trésorerie de 888 euros et des dettes exigibles de 6 180 euros. Cette approche respecte strictement la définition légale de la cessation des paiements. « L’article L.631-1 du code de commerce définit la cessation des paiements comme l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Paris, le 4 novembre 2025, n°25/07111). La portée de cette qualification est décisive pour l’ouverture de toute procédure collective.

L’appréciation concrète exclut tout espoir de redressement. Le juge ne se limite pas à une analyse comptable abstraite de la situation. Il prend en compte les déclarations du dirigeant sur l’absence de perspective de redressement. La situation de fait est jugée probante de l’impossibilité manifeste de parvenir à un redressement. Cette appréciation globale confirme le caractère irrémédiable de l’insolvabilité. La valeur de cette analyse est de lier la qualification juridique à la réalité économique de l’entreprise défaillante.

Les conséquences procédurales de la qualification retenue

Le choix de la liquidation judiciaire en procédure simplifiée. La constatation de la cessation des paiements conduit nécessairement à l’ouverture d’une procédure. Face à l’impossibilité de redressement, le tribunal ouvre une liquidation judiciaire. Il applique la procédure simplifiée prévue pour les petites entreprises. Les seuils prévus par l’article D 641-10 du code de commerce ne sont en effet pas atteints. Ce choix a pour sens d’adapter la procédure à l’ampleur limitée du patrimoine à liquider.

La fixation de la date de cessation et les délais abrégés. Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 30 novembre 2024. Cette date correspond aux premiers impayés constatés dans le dossier. Il impose un délai de clôture de six mois à compter de la décision. La portée de ces mesures est d’accélérer la liquidation du patrimoine social. Elles visent à une résolution rapide du passif dans le cadre d’une procédure simplifiée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».