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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal judiciaire de Saint-Étienne, le 23 septembre 2025, n°2025F01358

Le tribunal judiciaire de Saint-Étienne, statuant en matière commerciale, ouvre par jugement du 23 septembre 2025 une liquidation judiciaire. La société concernée est reconnue en état de cessation des paiements avec un redressement impossible. La juridiction applique d’office le régime de la liquidation simplifiée en raison de l’absence de bien immobilier dans l’actif. Elle désigne les mandataires de justice et fixe un calendrier procédural strict jusqu’à la clôture prévue.

Le constat de l’état de cessation des paiements

La qualification juridique des difficultés de l’entreprise. Le tribunal fonde sa décision sur le constat d’un état de cessation des paiements dûment établi. Il retient également l’impossibilité manifeste de tout redressement pour la société débitrice. Cette double condition est cumulative pour prononcer une liquidation judiciaire en application de la loi. Le jugement ne détaille pas les éléments de preuve de la cessation des paiements. Il se réfère globalement aux informations recueillies en chambre du conseil et aux pièces produites.

La portée de ce constat est essentielle car il constitue le fait générateur de la procédure collective. La date de cessation est fixée de manière provisoire au 12 septembre 2025. Cette fixation est cruciale pour déterminer la période suspecte et le sort des actes passés. La décision s’inscrit dans la lignée d’une jurisprudence constante sur l’appréciation de cet état. « Il ressort des pièces versées à l’appui de la déclaration de cessation des paiements, et des déclarations faites que [M] (SARL) ne peut faire face au passif exigible avec l’actif disponible dont elle dispose. L’état de cessation des paiements est avéré » (Tribunal de commerce de commerce de La Rochelle, le 7 janvier 2025, n°2024005086). La valeur de la décision réside dans son caractère déclaratif et non constitutif de l’état de cessation.

L’application automatique de la liquidation simplifiée

Les conditions légales du recours à la procédure allégée. Le tribunal relève que l’actif de la société ne comprend aucun bien immobilier. Il note aussi que l’entreprise est en dessous des seuils légaux prévus par le code de commerce. Ces constatations entraînent l’application obligatoire des modalités de la liquidation judiciaire simplifiée. Le juge n’a donc pas de pouvoir d’appréciation sur ce point dès lors que les conditions sont remplies. La procédure simplifiée vise à accélérer et à réduire le coût de la liquidation des petites entreprises.

Les conséquences procédurales de cette qualification sont immédiates et nombreuses. Le liquidateur doit déposer la liste des créances dans un délai de cinq mois seulement. La vente des biens mobiliers doit intervenir dans un délai de quatre mois suivant le jugement. Le tribunal fixe d’avance une date unique pour la clôture de la procédure, soit le 23 septembre 2026. Ce calendrier impératif illustre la volonté de célérité propre à ce régime dérogatoire. La portée de ce choix est de limiter la durée d’incertitude pour les créanciers et de réduire les frais.

La mise en œuvre du cadre procédural simplifié

L’organisation des opérations de liquidation sous contrôle judiciaire. Le tribunal désigne un juge commissaire pour superviser le déroulement de la procédure. Il nomme également un liquidateur judiciaire chargé de réaliser l’actif et d’établir les propositions de répartition. Un commissaire-priseur judiciaire est désigné pour réaliser l’inventaire et la prisée des biens. Ces nominations sont des mesures conservatoires destinées à préserver l’intérêt des créanciers. Le juge impose au débiteur une obligation stricte de coopération avec le liquidateur sous peine de sanctions.

Les impératifs de célérité et de transparence gouvernent l’ensemble du processus. Le liquidateur doit procéder à la vente des biens mobiliers dans un délai très court. « Le liquidateur judiciaire devra procéder à la vente des biens mobiliers de gré à gré ou aux enchères publiques dans les quatre mois suivant la présente décision » (Jugement, dispositif). À l’issue de ce délai, les biens subsistants sont vendus aux enchères publiques de manière automatique. La valeur de ce cadre réside dans sa prédétermination qui évite les délais d’une procédure ordinaire. La portée est pratique, garantissant une liquidation rapide pour les entreprises aux actifs modestes.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».