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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce, le 15 septembre 2025, n°2025F00322

Le tribunal de commerce statuant en matière de redressement judiciaire, par décision du 15 septembre 2025, examine une demande d’admission d’un plan de continuation. Après une procédure en chambre du conseil et l’examen des observations des organes de la procédure, le tribunal rejette le projet de plan. Il estime que la situation de la société est irrémédiablement compromise et prononce en conséquence la liquidation judiciaire.

L’exigence de capacités financières suffisantes pour la continuation

Le juge vérifie la réalité des moyens financiers permettant la poursuite de l’activité. La décision exige du débiteur qu’il démontre concrètement sa capacité à assumer les charges futures. L’incapacité à produire une situation financière probante entraîne nécessairement le rejet du plan. « le débiteur a été dans l’incapacité totale de démontrer qu’il disposait des capacités financières suffisantes pour payer les charges courantes » (Motifs). Cette exigence objective constitue un préalable incontournable à toute admission d’un plan. Elle vise à protéger les créanciers et à éviter une aggravation du passif. La jurisprudence confirme cette approche en exigeant des éléments tangibles. « ATTENDU qu’il appert de l’audition des parties, que l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité » (Tribunal de commerce de commerce de Meaux, le 3 mars 2025, n°2025001041). L’absence de telles garanties rend toute perspective de redressement illusoire. Le tribunal opère ainsi un contrôle strict de la viabilité financière du projet.

La nécessité d’un projet sérieux et complet de règlement du passif

Le plan doit intégrer une proposition crédible d’apurement du passif pour être validé. Le silence du débiteur sur ce point essentiel est une cause de rejet. Le tribunal relève l’absence totale de proposition concernant le règlement des dettes. « Aucune proposition d’apurement du passif n’a été formulée » (Motifs). Cette carence démontre l’impréparation et l’irréalisme du projet soumis. Elle prive les créanciers de toute perspective de recouvrement dans le cadre de la continuation. Le juge-commissaire et le mandataire judiciaire soulignent cette insuffisance. Leur avis défavorable converge vers un constat d’échec. Le tribunal synthétise ces éléments pour fonder sa décision. « Il ressort de l’examen du dossier, que toute perspective de plan de redressement apparaît exclue en l’état » (Motifs). La décision rappelle que la procédure de redressement vise un résultat concret. L’article L627-4 du code de commerce conditionne l’admission du plan à sa faisabilité. Le rejet s’impose donc lorsque le projet est manifestement inabouti.

La portée de cette décision est de réaffirmer les conditions strictes du redressement. Elle rappelle le rôle actif du débiteur dans la justification de son projet. La valeur de l’arrêt réside dans son application rigoureuse des textes. Elle limite les recours abusifs à la procédure de redressement judiciaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».