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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal judiciaire de commerce de Bordeaux, le 9 mai 2025, n°2025F00928

Le tribunal judiciaire, statuant en matière commerciale, rend un jugement le 9 mai 2025. Il statue sur une demande en paiement de loyers impayés et d’indemnités consécutive à la résiliation de deux contrats de location. La question centrale réside dans la qualification d’une clause de résiliation et la preuve de la formation électronique des contrats. Le tribunal accueille partiellement la demande en qualifiant la clause de pénale et en la réduisant, tout en validant les signatures électroniques.

La qualification juridique de la clause de résiliation

La caractérisation d’une clause pénale par le juge

Le tribunal analyse la clause prévoyant le paiement des loyers à échoir en cas de résiliation. Il relève que son montant équivaut au prix dû en cas d’exécution complète. Il en déduit que cette clause a un caractère comminatoire visant à contraindre l’exécution. « cette clause présente, dès lors, un caractère comminatoire, en ayant pour objet de contraindre le locataire d’exécuter le contrat jusqu’à cette date, de sorte qu’elle constitue une clause pénale et non une clause de dédit » (Motifs). Cette qualification permet l’application du régime de la révision judiciaire prévue à l’article 1231-5 du code civil.

Le pouvoir modérateur du juge et la réduction de la peine

Ayant qualifié la clause de pénale, le tribunal exerce son pouvoir modérateur. Il estime le montant initial manifestement excessif au regard du préjudice réel. Conformément à la loi, il procède à une réduction forfaitaire significative. « la dira manifestement excessive et, conformément aux dispositions de l’article 1231-5 du code civil, la réduira à 5 % pour l’ensemble des sommes soumises à cette clause pénale » (Motifs). Cette décision rappelle la fonction strictement compensatrice de la clause pénale et l’office actif du juge.

La preuve de la validité des contrats électroniques

L’administration de la preuve par la signature électronique

Le tribunal se fonde sur les pièces versées aux débats pour établir la validité des engagements. Il constate que les contrats et conditions générales sont signés électroniquement dans une même enveloppe. « les contrats versés aux débats ainsi que les conditions particulières et générales sont signés électroniquement, le tout dans une même enveloppe électronique identifiée par une attestation DocuSign » (Motifs). Cette présentation matérialise le consentement du locataire et l’intégrité de l’acte.

La force probante reconnue au procédé de signature

Le tribunal tire les conséquences juridiques de l’utilisation d’un procédé qualifié. Il estime que la preuve de la validité de la signature est rapportée par ces éléments. « le tribunal considèrera que la société PREFILOC CAPITAL SAS rapporte la preuve de la validité de la signature » (Motifs). Cette analyse rejoint la jurisprudence admettant la fiabilité des processus électroniques sous réserve de garanties suffisantes. « Il est ainsi suffisamment justifié par ces éléments de la création de signatures électroniques… et de la fiabilité du processus de signature utilisé » (Cour d’appel de Riom, le 12 février 2025, n°24/00281). La décision consolide ainsi la sécurité juridique des contrats dématérialisés.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».