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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal judiciaire de Chartres, le 9 septembre 2025, n°2025F01141

Le tribunal judiciaire de Chartres, statuant le 9 septembre 2025, ouvre une liquidation judiciaire à l’encontre d’une société exploitant un bar. La juridiction constate l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement. Elle prononce en conséquence la résolution du plan antérieur et organise les modalités de la liquidation.

La constatation de la cessation des paiements et son incidence procédurale

La qualification juridique de l’état de cessation des paiements. Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour la société de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette définition est strictement conforme à l’article L. 640-1 du code de commerce. La cour retient une application littérale du texte sans recherche d’éléments atténuants. La portée de cette qualification est immédiate et entraîne des conséquences procédurales graves. Elle écarte toute possibilité de recours à une procédure de sauvegarde ou de redressement.

Les conséquences sur la poursuite de la procédure collective. La constatation de la cessation des paiements conduit directement à l’ouverture d’une liquidation judiciaire. Le tribunal estime que le redressement est manifestement impossible dans le cas d’espèce. Cette impossibilité justifie le passage à la phase terminale de la procédure. La valeur de cette appréciation souveraine est décisive pour le sort de l’entreprise. Elle permet au juge de mettre un terme définitif aux efforts de redressement.

Les modalités pratiques de la liquidation et ses effets immédiats

L’organisation transitionnelle de la liquidation judiciaire. Le tribunal autorise la poursuite de l’activité jusqu’à une date précise pour faciliter une éventuelle cession. Il fixe également une date limite pour le dépôt des offres dans ce cadre. Ces mesures visent à préserver les potentialités de l’actif en attendant sa réalisation. La désignation des mandataires de justice organise concrètement le déroulement de la procédure. L’exécution provisoire est ordonnée pour garantir l’efficacité immédiate de la décision.

La résolution du plan de redressement antérieur. Le jugement prononce la résolution du plan intervenu antérieurement avec les créanciers. Cette résolution est une conséquence directe de la nouvelle qualification de la situation. « SUR CE, Il résulte de l’application combinée des articles L. 626-27 et L. 631-19 du code de commerce qu’un plan de redressement peut être résolu en cas de cessation des paiements constatée au cours de l’exécution du plan ou en cas d’inexécution, par le débiteur, de ses engagements dans les délais fixés par le plan. » (Cour d’appel de Paris, le 2 juillet 2024, n°24/00332). La portée de cette décision est rétroactive et affecte les engagements antérieurs. Elle replace tous les créanciers dans une situation collective identique.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».