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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal judiciaire de commerce de Nice, le 26 septembre 2025, n°2025RG01732

Le tribunal judiciaire, statuant par décision réputée contradictoire, a condamné une société débitrice au paiement de factures impayées. La société assignée n’a pas comparu à l’audience, laissant la demande sans contradiction. Le juge a accueilli la demande en paiement du principal et des intérêts, tout en allouant une indemnité au titre de l’article 700 du code de procédure civile. La solution retenue confirme les obligations contractuelles et organise les conséquences procédurales d’une absence de comparution.

La sanction des obligations contractuelles non exécutées

La décision rappelle le principe fondamental de l’exécution des conventions. Le défaut de paiement des factures par la société débitrice constitue une inexécution contractuelle. Le juge a constaté le bien-fondé de la créance au vu des pièces produites par le créancier. La condamnation au paiement du principal s’imposait donc naturellement en application du droit commun des obligations.

La société est ainsi condamnée à payer « la somme de 13.479,38 € en principal au titre des factures impayées » (PAR CES MOTIFS). Cette condamnation procède directement de l’engagement contractuel non respecté. La portée de ce point est classique et assure la sécurité des transactions commerciales.

Le juge a complété cette condamnation par l’octroi d’intérêts de retard au taux légal. Ceux-ci courent « à compter du 13 juin 2024 en application des articles 1101 et suivants du Code Civil » (PAR CES MOTIFS). La valeur de cette disposition est de réparer intégralement le préjudice résultant du retard. Elle compense la privation de jouissance de la somme due par le créancier.

Les conséquences procédurales de l’absence de comparution

L’absence de la société défenderesse a influencé le déroulement de la procédure. Le juge en tire une présomption défavorable à l’encontre de la partie défaillante. Il estime que son absence « laisse présumer qu’elle n’a aucun élément à fournir à l’encontre de la demande » (SUR CE). Cette présomption facilite l’administration de la preuve par le demandeur.

La solution se distingue d’une procédure par défaut pure, étant réputée contradictoire. La portée est importante car elle rend la décision immédiatement exécutoire. Elle évite les délais et les aléas liés à l’opposition, garantissant une efficacité procédurale accrue.

Le juge a enfin accordé une indemnité au titre des frais irrépétibles. Il a considéré qu' »il apparait inéquitable de laisser à la charge du demandeur les frais irrépétibles » (SUR CE). Cette appréciation in concreto de l’équité guide le pouvoir d’allocation du juge. La somme allouée est fixée à « 1500 € au titre de l’article 700 du Code de procédure civile » (PAR CES MOTIFS).

Cette décision s’écarte d’une autre jurisprudence où il était jugé non contraire à l’équité de laisser chaque partie à sa charge. « En l’espèce, il n’apparaît pas contraire à l’équité de dire que chacune des parties conservera la charge de ses frais irrépétibles » (Tribunal judiciaire de Bourgoin-Jallieu, le 10 juin 2025, n°23/00474). La valeur de ce point réside dans la souveraineté d’appréciation des juges du fond. Ils pondèrent les situations respectives des parties pour répartir les frais non compris dans les dépens.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».