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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Montpellier, le 29 septembre 2025, n°2025011899

Le Tribunal de commerce de Montpellier, statuant le vingt-neuf septembre deux mille vingt-cinq, ouvre une procédure de liquidation judiciaire. La société défenderesse, en cessation des paiements, avait saisi le juge d’une demande d’ouverture. Constatant l’impossibilité manifeste de redressement, le tribunal prononce la liquidation et fixe la date de cessation des paiements. Cette décision illustre le contrôle juridictionnel strict des conditions d’ouverture de cette procédure collective.

Le constat des conditions légales d’ouverture

La vérification de l’état de cessation des paiements

Le tribunal fonde sa décision sur l’existence d’un état de cessation des paiements. Il rappelle la définition légale de cet état en précisant qu’il « résulte de l’impossibilité dans laquelle se trouve le défendeur de faire face à son passif exigible au moyen de son actif disponible » (Motifs). Ce constat factuel, essentiel, conditionne toute l’architecture de la procédure. Sa portée est fondamentale car il constitue le seuil déclencheur incontournable de toute procédure collective, garantissant une application uniforme du droit.

L’appréciation de l’impossibilité manifeste de redressement

Le juge retient également que le redressement de la société est manifestement impossible. Cette appréciation, distincte du constat de cessation des paiements, est la condition spécifique à la liquidation judiciaire. Elle permet de distinguer cette procédure de celle de redressement judiciaire. Sa valeur réside dans le pouvoir souverain d’appréciation des juges du fond, qui examinent les perspectives de l’entreprise au moment de la décision. Cette appréciation conduit à une issue définitive pour l’activité.

Les conséquences du prononcé de la liquidation judiciaire

L’organisation immédiate de la procédure

Dès le prononcé du jugement, le tribunal organise les modalités de la liquidation. Il désigne un juge-commissaire, un liquidateur judiciaire et un commissaire-justice pour l’inventaire. Il fixe également un délai pour l’établissement de la liste des créances. Le sens de ces mesures est d’assurer une administration rapide et ordonnée du patrimoine du débiteur. La portée en est pratique, visant à préserver les intérêts des créanciers et à encadrer strictement la mission des organes de la procédure.

L’orientation vers la réalisation des actifs

Le jugement précise que la clôture de la procédure devra être examinée dans un délai d’un an. Cette injonction cadence la procédure vers son objet final, la réalisation des actifs. Elle rejoint l’esprit de l’article L640-1 du code de commerce, rappelé par d’autres juridictions, selon lequel la liquidation est « destinée à mettre fin à l’activité de l’entreprise ou à réaliser le patrimoine du débiteur » (Tribunal de commerce de commerce de Villefranche-sur-Saône – Tarare, le 17 avril 2025, n°2025F00294). La valeur de cette orientation est de rappeler la nature terminale de la procédure, excluant toute poursuite de l’exploitation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».