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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Valenciennes, le 29 septembre 2025, n°2025003721

Le tribunal de commerce de Valenciennes, statuant le vingt-neuf septembre deux mille vingt-cinq, ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. La société concernée, dépourvue de salariés et à faible chiffre d’affaires, est jugée en cessation des paiements. Le tribunal constate l’absence de perspective de redressement ou de cession. Il applique ainsi la procédure simplifiée prévue par le code de commerce pour les petites entreprises.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal retient la définition classique de la cessation des paiements pour motiver sa décision. Il constate que la société « se trouve manifestement en état de cessation des paiements, comme ne pouvant faire face à son passif exigible de 15 535,48 euros à l’aide de son actif disponible ». Cette approche s’inscrit dans la ligne jurisprudentielle constante. La Cour de cassation rappelle que cet état résulte de la comparaison entre un passif exigible et un actif disponible. Un arrêt antérieur précise ainsi les éléments de cette appréciation en indiquant « que constatant, d’abord, par des motifs non critiqués, que la société IME ne détient aucun actif disponible, l’arrêt relève, ensuite, que le passif exigible est constitué d’une créance fiscale » (Cass. Chambre commerciale financière et économique, le 11 avril 2018, n°16-23.019). Le tribunal de Valenciennes procède à une analyse similaire pour établir l’irrémédiable insolvabilité.

La portée d’une constatation manifeste

La qualification de « manifestement » renforce le caractère incontestable de la situation financière. Elle dénote une évidence tirée de l’instruction, rendant vaine toute contestation sur le fond. Cette formulation, bien que non obligatoire, souligne la solidité des éléments recueillis. Elle s’appuie sur le rapport d’expert, le rapport du juge-enquêteur et les explications en chambre du conseil. Ainsi, le tribunal écarte toute possibilité de redressement ou de cession dès le prononcé de la liquidation. Cette appréciation souveraine des juges du fond fonde légalement l’ouverture de la procédure.

Les conditions de la liquidation judiciaire simplifiée

Le cumul des critères d’éligibilité

Le tribunal vérifie méticuleusement les conditions légales pour appliquer la procédure simplifiée. Il relève que « l’entreprise ne semble pas avoir de salariés et que son chiffre d’affaires hors taxes annuel à la date de clôture du dernier exercice social est inférieur à 300.000 euros ». L’absence d’actif immobilier complète ce tableau. Ces éléments permettent de qualifier la société comme une petite entreprise éligible. La loi prévoit cette procédure allégée pour les structures aux activités et au patrimoine réduits. Le tribunal applique strictement ces seuils pour justifier le choix de la voie simplifiée.

Les conséquences procédurales d’une liquidation simplifiée

Le prononcé de la liquidation simplifiée entraîne un formalisme et des délais spécifiques. Le jugement fixe un délai de clôture de six mois, susceptible de prorogation motivée. Il impose au liquidateur l’établissement rapide d’un rapport sur la situation. La liste des créances doit être dressée dans un délai de quatre mois. Ces mesures visent une résolution accélérée de l’insolvabilité pour les petites entités. La procédure cherche à limiter les coûts et la durée tout en protégeant les intérêts des créanciers. Elle illustre l’adaptation du droit des entreprises en difficulté à la diversité des situations.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».