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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal judiciaire de commerce de Lille Métropole, le 29 septembre 2025, n°2025011928

Le tribunal judiciaire, statuant en matière commerciale, rend un jugement le [date à insérer] ouvrant une procédure de liquidation judiciaire. Le débiteur, exerçant une activité de soutien aux entreprises, se trouve dans l’impossibilité d’honorer son passif. La juridiction constate l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement. Elle fixe la date de cessation des paiements au 30 mars 2024 et désigne les organes de la procédure. La décision soulève la question des conditions d’ouverture d’une liquidation judiciaire et de la fixation de la date de cessation des paiements.

La constatation de la cessation des paiements

La qualification juridique du défaut de paiement
Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour le débiteur de faire face à son passif. Les motifs établissent que ce dernier « ne peut faire face à son passif exigible de 2610.46 € avec l’actif disponible ». Cette analyse correspond à la définition légale de la cessation des paiements. La jurisprudence rappelle que « L’article L.631-1 du code de commerce définit la cessation des paiements comme l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Cour d’appel de Paris, le 4 novembre 2025, n°25/07111). Le juge procède donc à une application stricte du texte, sans recherche d’une intention du débiteur.

L’appréciation souveraine des juges du fond
L’appréciation de l’insuffisance d’actif relève du pouvoir souverain des juges du fond. Le tribunal constate cet état en se fondant sur les pièces du dossier, sans autre justification chiffrée détaillée. La décision montre que le montant du passif exigible et la nature disponible de l’actif sont les seuls éléments nécessaires. Cette approche confirme le caractère objectif du critère, écartant toute appréciation des difficultés temporaires. La portée est de simplifier la constatation de l’état de cessation pour une intervention judiciaire rapide.

Les conditions d’ouverture de la liquidation judiciaire

L’impossibilité manifeste de redressement
Outre la cessation des paiements, le jugement retient « l’impossibilité manifeste de son redressement judiciaire« . Cette mention est essentielle pour ouvrir directement la liquidation sans phase d’observation. Le tribunal ne détaille pas les éléments constitutifs de cette impossibilité dans ses motifs. Cette appréciation, laissée à la discrétion du juge, permet une adaptation aux circonstances de l’espèce. La valeur est d’éviter une procédure de redressement inutile lorsque le sauvetage de l’entreprise est d’emblée exclu.

La fixation rétroactive de la date de cessation
Le tribunal fixe la date de cessation des paiements au 30 mars 2024, soit antérieurement au jugement. Cette fixation, qualifiée de provisoire dans le dispositif, est cruciale pour la période suspecte. Elle permet d’identifier les actes susceptibles d’être annulés pour cause de période suspecte. Le juge détermine cette date sans indiquer la méthode de calcul dans les motifs. La portée est de protéger la masse des créanciers en rétroagissant au premier manquement constaté.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».