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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Pouvoir assemblée générale copropriété : à qui donner procuration pour voter ?

Vous avez reçu la convocation à l’assemblée générale de votre copropriété, mais vous ne pourrez pas assister à la réunion. Votre voisin propose de voter pour vous, le formulaire joint par le syndic comporte une case pour désigner un représentant, et plusieurs résolutions concernent des travaux coûteux. Avant de signer, trois questions se posent : à qui pouvez-vous donner pouvoir, combien de copropriétaires cette personne peut-elle représenter et que faire si les votes ne correspondent pas à vos instructions ?

La procuration est utile, mais elle ne se résume pas à une signature au bas d’un formulaire. Le choix du représentant, les voix qu’il détient déjà, la possibilité de transmettre le mandat à une autre personne et la conservation des pièces méritent une attention particulière. Un pouvoir laissé sans nom suit lui aussi une procédure précise : le syndic ne peut pas en disposer comme il le souhaite.

Ces questions ont donné lieu à des décisions en 2026. Le tribunal judiciaire de Montpellier, dans un jugement du 19 février 2026, RG 22/03058, a annulé plusieurs résolutions après avoir relevé des incohérences dans les documents de séance et considéré qu’une distribution irrégulière de pouvoirs en blanc ne pouvait être écartée. Voici comment préparer votre mandat, vérifier ce qui a été voté et constituer un dossier si une irrégularité apparaît.

I. Pouvoir en assemblée générale de copropriété : à qui donner procuration et comment la préparer ?

A. Qui peut recevoir votre pouvoir et combien de mandats peut-il cumuler ?

En copropriété, le vote appartient au copropriétaire. L’article 22 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que « Tout copropriétaire peut déléguer son droit de vote à un mandataire, que ce dernier soit ou non membre du syndicat. » Vous pouvez donc choisir un autre propriétaire de l’immeuble, un membre de votre famille, un ami ou une personne extérieure à la copropriété. Votre locataire peut aussi être envisagé, sous réserve des exclusions prévues par le texte et de sa capacité à vous représenter.

Le mandataire n’est pas chargé d’exprimer une voix personnelle supplémentaire à la place de la vôtre. Il agit pour vous. Si vous possédez un lot auquel correspondent 120 voix sur le total du syndicat, il porte ces 120 voix pour les décisions concernées, selon les règles de décompte applicables à la copropriété. Si votre représentant est lui-même copropriétaire, il participe également avec les voix attachées à ses propres lots. Le règlement de copropriété et la feuille de présence permettent de vérifier les chiffres utilisés.

La confiance compte autant que la disponibilité. Une personne présente à la réunion doit pouvoir comprendre les propositions, entendre les explications, tenir compte de vos instructions et conserver les documents qui lui sont remis. Avant de la désigner, demandez-lui si elle accepte effectivement d’intervenir et si elle connaît déjà les autres mandats qu’elle portera. L’article 1984 du code civil définit le mandat et précise : « Le contrat ne se forme que par l’acceptation du mandataire. » Un échange écrit confirmant cette acceptation facilite la preuve si un désaccord survient.

Certaines personnes sont expressément exclues. L’article 22 vise le syndic, son conjoint, son partenaire de pacte civil de solidarité ou son concubin. Il vise aussi leurs ascendants et descendants, ainsi que les préposés du syndic et les proches de ces derniers dans les conditions détaillées par le texte. Cette liste dépasse donc le seul dirigeant du syndic. Avant de remplir le formulaire, vérifiez l’identité et la fonction exacte de la personne choisie ; l’intitulé de son poste ne suffit pas toujours à déterminer si elle entre dans une catégorie interdite.

Le cumul des mandats obéit lui aussi à l’article 22. Le principe est de trois délégations de vote au maximum par mandataire. Une même personne peut en recevoir davantage si le total des voix dont elle dispose elle-même et des voix de ses mandants n’excède pas 10 % des voix du syndicat. Le texte prévoit aussi un cas particulier pour le représentant participant à l’assemblée d’un syndicat principal lorsque tous ses mandants appartiennent à un même syndicat secondaire. Il faut donc compter les délégations et les voix : ce sont deux vérifications différentes.

Prenons une copropriété comportant 10 000 voix, sans situation particulière de réduction des voix d’un copropriétaire majoritaire. Un voisin représente quatre propriétaires disposant chacun de 200 voix et possède lui-même 200 voix. Il dispose au total de 1 000 voix, soit exactement 10 % : la condition de seuil énoncée par l’article 22 est respectée. Si le total atteint 1 001 voix, il dépasse ce seuil ; le seul fait que les lots soient petits ne suffit alors pas à justifier quatre délégations. Pour trois délégations ou moins, le contrôle du cumul reste distinct du calcul des majorités propres à chaque résolution.

Si le lot appartient à plusieurs personnes, vérifiez d’abord qui représente le groupe de propriétaires. L’article 23 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit un mandataire commun pour les indivisaires et organise sa désignation judiciaire à défaut d’accord. Pour un démembrement avec usufruit, le même article prévoit, à défaut d’accord, la représentation par le nu-propriétaire. Il serait donc imprudent d’affirmer que l’usufruitier vote toujours seul ou que chaque indivisaire peut, séparément, transmettre toutes les voix du lot.

Le point pratique est de distinguer deux rôles : celui qui représente les titulaires d’un même lot et celui qui représente un copropriétaire à l’assemblée. Selon la situation, les deux rôles peuvent se succéder. Rassemblez le titre de propriété, les éventuels accords entre titulaires et le règlement de copropriété ; en cas de désaccord, ne présentez pas une procuration individuelle comme si elle réglait à elle seule la question de la représentation du lot.

B. Comment rédiger une procuration et choisir les instructions de vote ?

Le formulaire transmis avec la convocation peut servir de point de départ. Avant de le signer, indiquez clairement votre identité, l’adresse de l’immeuble, le ou les lots concernés, l’identité du représentant et la réunion visée. Datez et signez le document pour faciliter les vérifications. Ces précautions pratiques ne doivent pas être confondues avec l’affirmation qu’une formule rituelle serait toujours indispensable : la question de la preuve et celle d’une éventuelle irrégularité se traitent à partir du mandat et des circonstances.

Pour un document rédigé sur papier libre, vous pouvez écrire que vous donnez à la personne désignée pouvoir de vous représenter et de voter en votre nom à l’assemblée identifiée. Ajoutez ses coordonnées pour que les organisateurs puissent la joindre en cas de difficulté. Remettez-lui une copie de la convocation, des projets de résolution et des annexes utiles : un mandat qui arrive sans ordre du jour peut laisser votre représentant prendre position sans connaître les enjeux.

Les instructions gagnent à être reliées aux numéros des résolutions plutôt qu’à des descriptions approximatives. Pour un projet de ravalement, par exemple, vous pouvez demander un vote défavorable à la résolution proposant un devis identifié et expliquer la raison de votre position. Pour le renouvellement du syndic ou un changement de contrat, précisez si votre représentant dispose d’une marge d’appréciation lorsque plusieurs candidatures sont examinées. Un tableau séparé, daté et conservé avec le pouvoir, peut rendre vos choix plus lisibles.

Attention aux modifications discutées pendant la réunion. Une consigne portant sur un devis précis ne répond pas nécessairement à la question de savoir quoi faire si un autre montant ou une autre entreprise est proposé. Vous pouvez demander au mandataire de vous appeler si c’est matériellement possible, de s’abstenir dans une situation déterminée ou de choisir dans une limite que vous aurez expliquée. Évitez de lui donner une instruction ambiguë du type choisir la meilleure option si vous refusez en réalité tout engagement financier supplémentaire.

Le mandataire peut-il transmettre à son tour votre pouvoir ? L’article 22 dispose : « Tout mandataire désigné peut subdéléguer son mandat à une autre personne, à condition que cela ne soit pas interdit par le mandat. » Si vous ne souhaitez pas cette possibilité, mentionnez expressément votre refus dans le document. Si vous acceptez une subdélégation, il reste prudent d’expliquer à votre représentant les personnes que vous accepteriez ou non et de lui demander de conserver la preuve de la transmission.

Dans un jugement du 18 février 2026, RG 24/00552, le tribunal judiciaire de Dax a examiné trois pouvoirs transmis par un représentant empêché. Il a retenu que la subdélégation était établie par les pièces et que l’acceptation des personnes ayant effectivement représenté les copropriétaires résultait notamment du procès-verbal et de la feuille de présence. Le tribunal a rejeté la demande d’annulation fondée sur ces pouvoirs. Cette décision porte sur les éléments produits dans cette affaire : elle ne dispense pas de lire chaque mandat ni de vérifier une éventuelle interdiction de subdéléguer.

Vous pouvez remettre le pouvoir à votre mandataire pour qu’il l’apporte à la réunion et en transmettre une copie au syndic en lui demandant de confirmer sa réception. Si vous utilisez un canal électronique, conservez le document transmis, le message d’envoi et la réponse éventuelle. Un simple fichier enregistré sur votre ordinateur ne prouve pas qu’il a été reçu. Pour une remise physique, un exemplaire conservé et une confirmation écrite constituent des éléments utiles si la présence du mandataire est ensuite discutée.

Un pouvoir en blanc mérite une décision consciente. Le copropriétaire signe sans nommer le représentant : il accepte alors que celui-ci soit désigné suivant la procédure légale. Cette solution peut permettre une représentation lorsque personne n’est disponible, mais elle ne vous donne pas la même maîtrise sur le choix de la personne. Si un vote précis est essentiel pour vous, désigner un mandataire identifié et lui communiquer vos instructions reste une précaution adaptée.

II. Procuration en AG de copropriété : comment vérifier les votes et contester une irrégularité ?

A. Que deviennent un pouvoir en blanc et un vote par correspondance ?

Lorsqu’il reçoit un mandat sans nom de représentant, le syndic ne peut ni le conserver pour voter à sa place ni le distribuer lui-même à une personne de son choix : cette interdiction figure dans l’article 22 de la loi de 1965. Le fait que le pouvoir soit envoyé au syndic ne signifie donc pas que celui-ci devient votre mandataire. Il reçoit un document dont la transmission suit un circuit distinct.

L’article 15-1 du décret du 17 mars 1967, dans sa version applicable, prévoit la remise du mandat en début de réunion au président du conseil syndical ou, à défaut, à un membre du conseil syndical. En leur absence ou à défaut de conseil syndical, le syndic le remet au président de séance désigné par l’assemblée. La personne ainsi saisie désigne le représentant chargé d’exercer la délégation. Pour vérifier une distribution, demandez qui a reçu le pouvoir, à qui il a été transmis et à quel moment la désignation du président de séance est intervenue.

Le jugement de Montpellier cité au début de cet article illustre l’intérêt de ces questions. Dans cette affaire, le tribunal a comparé la feuille de présence, les pouvoirs et les résultats de vote relatifs à la présidence de séance. Il a relevé des incohérences et l’absence d’indication sur le nombre de pouvoirs en blanc reçus. Il a ensuite annulé les résolutions qui lui étaient soumises, sans que ce résultat permette d’affirmer qu’une difficulté documentaire entraîne toujours, à elle seule, l’annulation de toutes les décisions d’une copropriété.

Le décret du 17 mars 1967, article 17, prévoit que le procès-verbal précise, le cas échéant, si les mandats de vote ont été distribués par le président du conseil syndical, un membre de ce conseil ou le président de séance dans les conditions de l’article 15-1. Ce document n’est pas une simple formalité administrative. Il permet de rapprocher la manière dont les représentants ont été désignés des votes inscrits sous chaque résolution.

La procuration ne doit pas être confondue avec le vote par correspondance. Dans le premier cas, une personne participe et exprime le vote pour vous. Dans le second, vous remplissez vous-même un formulaire avant la réunion. L’article 17-1 A de la loi de 1965 prévoit les deux possibilités de participation à distance et précise le sort du vote favorable par correspondance lorsqu’une résolution est amendée en séance : pour cette résolution, le votant concerné est assimilé à un copropriétaire défaillant.

Que se passe-t-il si vous avez transmis un formulaire de vote par correspondance et donné un pouvoir ? L’article 14-1 du décret de 1967 indique que, au moment du vote, le formulaire de correspondance n’est pas pris en compte lorsque le copropriétaire ou son mandataire est présent à l’assemblée. Le texte vise cette situation quelle que soit la date à laquelle le formulaire ou le mandat a été établi ou reçu, y compris lorsqu’un mandat ne désigne pas de représentant. Il faut donc vérifier la présence effective au moment du vote ; l’envoi des deux documents ne permet pas de supposer que leurs choix seront additionnés.

Vous pouvez aussi participer personnellement par visioconférence ou par un autre moyen de communication électronique permettant votre identification, dans les conditions de l’article 17-1 A. Avant de choisir cette option, vérifiez les modalités pratiques indiquées pour votre assemblée et gardez les informations nécessaires à la connexion. Si une difficulté technique vous empêche d’exprimer votre vote, demandez qu’elle soit signalée : l’article 17 du décret prévoit la mention au procès-verbal des incidents techniques ayant empêché un participant à distance de faire connaître son vote.

Les instructions données à un représentant et le vote par correspondance poursuivent des objectifs différents. La première solution permet à une personne d’entendre les échanges et, selon votre mandat, de réagir à une proposition modifiée. La seconde vous permet d’exprimer directement votre choix sur les résolutions présentées dans le formulaire. Votre décision dépend de la confiance accordée au représentant, de l’importance des points à voter et de votre souhait de conserver une marge de réaction pendant la séance.

Pour préparer une réunion en Île-de-France, la question ne change pas selon l’arrondissement ou la commune : les textes nationaux sur la représentation restent le point de départ. En revanche, les modalités de participation, les documents de convocation et les coordonnées du syndic dépendent de votre immeuble. En cas de difficulté sur la régularité d’une décision, vous pouvez consulter les explications consacrées à la contestation d’une décision d’assemblée générale de copropriété et préparer les pièces propres à votre situation.

B. Quels documents demander et quels recours envisager si le pouvoir est contesté ?

Commencez par rapprocher quatre éléments : votre mandat signé, les instructions remises au représentant, la feuille de présence et le procès-verbal. Ajoutez la convocation et ses annexes pour retrouver le texte des résolutions. Si votre nom apparaît comme représenté par une personne que vous ne connaissez pas, cherchez d’abord à savoir si vous aviez laissé un pouvoir en blanc ou autorisé une subdélégation. Une erreur de transcription, un remplacement du mandataire et une distribution irrégulière ne se prouvent pas avec les mêmes pièces.

L’article 14 du décret de 1967 prévoit que la feuille de présence indique notamment les copropriétaires présents ou représentés, le nom et le domicile du mandataire lorsque le copropriétaire est représenté, ainsi que le nombre de voix dont chacun dispose. Elle est émargée par les personnes présentes physiquement ou leurs mandataires et certifiée par le président de séance. La comparaison avec votre copie du pouvoir peut révéler une divergence utile à expliquer, sans qu’il faille en déduire automatiquement une fraude.

Examinez ensuite chaque résolution qui vous intéresse. Le procès-verbal doit permettre de retrouver le résultat du vote et les informations prévues par l’article 17 du décret, notamment sur les copropriétaires opposants ou abstentionnistes. Une différence entre votre instruction et le résultat affiché mérite une question écrite au mandataire : que s’est-il passé pendant le débat ? La résolution a-t-elle changé ? A-t-il compris votre consigne ? Est-il resté pendant toute la réunion ? Ces réponses ne remplacent pas les pièces, mais elles aident à cibler les demandes.

Si le représentant n’a pas exécuté ce qu’il avait accepté, la responsabilité liée au mandat peut être discutée selon les faits et le préjudice démontré. L’article 1991 du code civil prévoit que « Le mandataire est tenu d’accomplir le mandat tant qu’il en demeure chargé, et répond des dommages-intérêts qui pourraient résulter de son inexécution. » Cela ne signifie pas que toute décision désavantageuse donne automatiquement droit à une indemnisation. Il faut reconstituer l’engagement pris, son exécution, les circonstances et les conséquences réellement subies.

Pour contester une décision d’assemblée, l’article 42 de la loi de 1965 prévoit que l’action doit, à peine de déchéance, être introduite par les copropriétaires opposants ou défaillants dans les deux mois à compter de la notification du procès-verbal d’assemblée, sans ses annexes. Le même texte prévoit que le syndic réalise cette notification dans le mois suivant la tenue de l’assemblée. Conservez donc l’enveloppe, l’avis de réception ou la notification électronique et vérifiez le statut indiqué pour chaque vote contesté.

La distinction entre opposant, défaillant et abstentionniste demande une lecture attentive de la résolution et des circonstances. Un copropriétaire représenté n’est pas nécessairement dans la même situation qu’un copropriétaire absent non représenté ; le contenu du vote exprimé par le mandataire compte aussi. Si la régularité du mandat est elle-même discutée, conservez les documents permettant au juge d’examiner la qualité de la personne qui agit et le fondement de sa demande. Ne présumez ni qu’une contestation sera admise ni qu’elle est impossible à partir du seul intitulé d’une ligne du procès-verbal.

Une demande utile est précise. Au lieu d’écrire seulement que l’assemblée s’est mal passée, identifiez la réunion, le numéro de la résolution, le nom figurant sur la feuille de présence et la pièce qui paraît contradictoire. Demandez la communication ou la vérification du pouvoir concerné, dans le respect des données personnelles, puis conservez la réponse. Si la question concerne un pouvoir en blanc, relevez aussi ce que le procès-verbal indique sur sa distribution. Si elle concerne un cumul, comparez le nombre de mandats et le total des voix détenues par le représentant.

Le résultat recherché doit également être défini. Vous souhaitez peut-être comprendre pourquoi votre voix n’a pas été comptée, rectifier une erreur matérielle, contester une résolution précise ou obtenir réparation d’un préjudice. Ces démarches n’ont pas toutes le même objet et ne produisent pas automatiquement le même effet sur les décisions collectives. Une régularisation documentaire ne remplace pas nécessairement une décision de justice ; inversement, une irrégularité alléguée ne prouve pas à elle seule que toutes les résolutions disparaîtront.

Lorsque le dossier comporte plusieurs pouvoirs, des travaux importants ou un désaccord sur les votes, une analyse en droit des assemblées générales de copropriété aide à relier les documents de séance aux règles applicables. Préparez une chronologie simple : réception de la convocation, remise du mandat, éventuelle modification des instructions, déroulement de la réunion, réception du procès-verbal et premières demandes d’explication. Joignez les versions successives des documents sans effacer les messages qui montrent ce que chaque personne savait.

Enfin, gardez à l’esprit que la régularité d’un mandat ne résout pas toutes les autres questions de l’assemblée. Une résolution peut soulever un problème distinct lié à son inscription à l’ordre du jour, aux documents transmis ou à la majorité applicable. À l’inverse, un désaccord sur l’opportunité de travaux ne suffit pas à établir que le représentant a reçu un pouvoir irrégulier. Séparer ces questions facilite la discussion et permet d’éviter une contestation construite sur un motif sans rapport avec les pièces.

Conclusion

Donner pouvoir en assemblée générale permet de rester représenté sans assister soi-même à la réunion. Choisissez une personne qui accepte la mission, vérifiez les exclusions et le cumul de ses mandats, puis transmettez-lui des instructions compréhensibles. Si vous laissez le nom du représentant en blanc, la loi encadre la distribution du pouvoir ; si vous avez aussi voté par correspondance, la présence effective de votre mandataire doit être prise en compte selon les textes.

Après l’assemblée, rapprochez le mandat, la feuille de présence et le procès-verbal avant de tirer une conclusion. Une anomalie peut avoir des causes différentes et les décisions de justice dépendent des pièces examinées. Un dossier conservé dès l’envoi de la procuration permet de demander des explications précises et d’apprécier les recours ouverts dans votre situation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».