Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Revolut en panne le 20 octobre 2026 : compte professionnel bloqué, salaires et fournisseurs impayés, que faire et quels recours à Paris

Ce mardi 20 octobre 2026 au matin, des clients de la néobanque Revolut constatent des paiements refusés, des virements impossibles et une application inaccessible. Selon l’article publié par Clubic le même jour, le support de l’établissement reconnaît un incident touchant plusieurs fonctionnalités, tandis que des témoignages décrivent des cartes rejetées en caisse et des fonds temporairement inaccessibles. La page d’état de service de Revolut signale de son côté un incident en cours sur plusieurs services, détecté le 20 octobre 2026. Pour une entreprise dont le compte professionnel est hébergé dans un tel établissement, la panne tombe parfois le jour des salaires, le jour d’une échéance fournisseur ou le jour d’un prélèvement fiscal ou social : les virements de salaires restent en attente, un paiement urgent ne part pas, un prélèvement est rejeté et les frais s’enchaînent. À la date de rédaction de cet article, aucune intrusion, aucune attaque ni aucun dommage définitif n’est constaté par une source officielle, aucune responsabilité n’est établie, les contrats et conditions tarifaires signés par chaque client priment sur toute analyse générale, et seul le juge, saisi d’un dossier complet, tranche les responsabilités. Les développements qui suivent décrivent la méthode utile à toute entreprise dont le compte professionnel est paralysé par une panne bancaire, avec les textes applicables, les délais vérifiés et les recours praticables à Paris et en Île-de-France.

Cet article répond d’abord à l’urgence du jour même : payer les salaires et les fournisseurs malgré le blocage, puis réunir les preuves de la panne et de ses effets. Il expose ensuite les leviers juridiques de restitution et de réparation : la responsabilité de l’établissement pour les opérations mal exécutées, les délais de signalement qui conditionnent les droits, et l’ordre des recours, de la réclamation interne jusqu’au juge, en passant par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et la médiation ouverte aux consommateurs.

I. Compte professionnel bloqué par la panne : salaires, fournisseurs et prélèvements, que faire le jour même

Quand l’application bancaire ne répond plus et que les cartes sont refusées, l’entreprise ne peut pas attendre le rétablissement du service pour protéger ses échéances. Le droit du travail impose le paiement du salaire, le droit commercial sanctionne le retard entre professionnels, et la banque retient les frais de rejet : chaque heure compte. La première partie décrit les réflexes opérationnels du jour même, puis les preuves à réunir sans attendre, car tout recours ultérieur dépendra de ce qui aura été conservé ce jour-là.

A. Salaires à verser et fournisseurs à payer : les réflexes qui protègent l’entreprise le jour de la panne

Le salaire doit être payé une fois par mois, comme l’énonce l’article L3242-1 du code du travail, qui dispose que la rémunération des salariés est mensuelle et que son paiement est effectué une fois par mois. Un virement de salaires qui reste bloqué dans une application en panne n’est pas un paiement : tant que les fonds ne sont pas crédités, l’employeur reste tenu de l’obligation de payer à l’échéance convenue. La panne de son établissement ne libère pas l’employeur vis-à-vis de ses salariés, car la définition légale de la force majeure suppose un événement échappant au contrôle du débiteur, imprévisible lors de la conclusion du contrat et dont les effets ne peuvent être évités par des mesures appropriées, selon l’article 1218 du code civil : une entreprise qui dispose d’un second compte, d’un chéquier ou d’une ligne de crédit peut éviter les effets de la panne en payant par un autre canal, de sorte que l’argument de l’empêchement reste fragile devant le conseil de prud’hommes. Le réflexe utile consiste donc à payer les salaires par un autre moyen dès que le blocage est constaté : second compte bancaire de l’entreprise, chèque de banque, virement émis depuis le compte d’une autre banque du groupe, ou ordre donné en agence si l’établissement dispose d’un réseau physique. Lorsque le paiement des salaires risque d’être différé de quelques jours, l’employeur avertit par écrit les représentants du personnel et les salariés, indique la cause extérieure du retard et la date de règlement attendue, puis conserve cet écrit : la transparence n’efface pas le retard, mais elle limite les incompréhensions et préserve la preuve de la diligence.

Du côté des fournisseurs, le retard de paiement entre professionnels produit des effets automatiques. Les conditions de règlement précisent les pénalités de retard exigibles le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture ainsi que le montant de l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, et sauf disposition contraire, le taux de ces pénalités est égal au taux d’intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente majoré de dix points de pourcentage, selon l’article L441-10 du code de commerce, dans sa version applicable consultée sur Légifrance à la date de rédaction. Ces pénalités sont exigibles sans qu’un rappel soit nécessaire, et tout professionnel en situation de retard de paiement est de plein droit débiteur d’une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement dont le montant est fixé par décret, toujours selon le même article. Surtout, le délai de règlement des sommes dues ne peut dépasser trente jours après la date de réception des marchandises ou d’exécution de la prestation, ni soixante jours après la date d’émission de la facture, avec une dérogation possible à quarante-cinq jours fin de mois sous conditions strictes, comme le prévoit le même article L441-10 du code de commerce. Une entreprise dont le virement fournisseur reste bloqué par la panne s’expose donc à ces pénalités et à cette indemnité, même si la cause du retard est extérieure : le fournisseur, étranger à la relation bancaire de son client, reste en droit de les appliquer. Le réflexe utile consiste à prévenir le fournisseur par écrit dès le matin de la panne, à joindre la preuve du blocage, à proposer un paiement par un autre canal ou un échéancier écrit de quelques jours, et à payer les échéances les plus sensibles en priorité, notamment celles dont le dépassement entraînerait une suspension de livraison ou une clause pénale. Chaque accord obtenu est confirmé par écrit, car un report accepté par courriel prive le retard de son caractère fautif pour la période couverte.

Les prélèvements méritent le même traitement. Un prélèvement rejeté pour défaut de provision apparente, alors que le compte est approvisionné mais inaccessible, génère des frais bancaires et parfois des majorations du créancier, comme l’URSSAF, l’administration fiscale ou le bailleur commercial. L’entreprise vérifie le solde réel par tout canal disponible, approvisionne si nécessaire un compte de repli, demande au créancier un nouvel essai de prélèvement après le rétablissement, et conteste par écrit les frais directement liés à la panne en joignant les preuves réunies le jour même. Pour les échéances fiscales et sociales, elle contacte le service concerné avant la date limite plutôt qu’après, car une démarche anticipée documentée pèse davantage qu’une réclamation tardive. Enfin, l’entreprise dont la trésorerie dépend d’un établissement unique tire la leçon structurelle de l’incident : ouvrir un second compte dans un établissement distinct, répartir les flux critiques et conserver un moyen de paiement de secours relèvent de la gestion prudente, et cette organisation sera aussi un argument de diligence si un litige survient.

B. Prouver la panne et ses effets : captures, relevés et constats à réunir dès le 20 octobre 2026

En matière commerciale, la preuve est libre : à l’égard des commerçants, les actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens, sauf disposition légale contraire, selon l’article L110-3 du code de commerce. Cette liberté ne dispense pas de la rigueur : un dossier de preuves réuni le jour de la panne vaudra toujours mieux qu’une reconstitution tardive. Dès le 20 octobre 2026, l’entreprise capture les écrans d’erreur de l’application avec l’heure visible, enregistre les messages de refus de paiement, conserve les courriels et notifications de l’établissement annonçant l’incident, et télécharge la page d’état de service signalant l’incident en cours, en notant la date et l’heure de consultation. Elle demande au support une confirmation écrite de l’incident et de sa plage horaire, par messagerie ou par courriel, car la reconnaissance écrite par l’établissement lui-même constitue la pièce centrale du dossier. Les constats publics complètent utilement le dossier : articles de presse datés du jour, comme celui de Clubic décrivant des paiements refusés et un incident reconnu par le support, et relevés de signalements sur les sites qui recensent les pannes, avec la précision que ces éléments décrivent l’existence publique de l’incident, non son étendue exacte ni ses causes techniques.

L’entreprise établit ensuite le lien entre la panne et chacun de ses dommages. Elle édite les relevés montrant les opérations initiées et non exécutées, les rejets de prélèvements avec leur motif et leur date, les factures de pénalités adressées par les fournisseurs, les majorations appliquées par les créanciers et les frais bancaires débités. Elle conserve les écrits adressés le jour même aux salariés, aux fournisseurs et aux créanciers, ainsi que leurs réponses, car ces échanges démontrent la diligence et circonscrivent la période du trouble. Lorsque le préjudice est important, un constat d’huissier de justice, aujourd’hui commissaire de justice, réalisé pendant la panne fige utilement l’inaccessibilité du compte et les messages d’erreur, avec une force probante supérieure à de simples captures. Chaque pièce est classée par date et par dommage, avec un tableau récapitulatif indiquant pour chaque somme réclamée la pièce qui la justifie : les juges écartent les préjudices hypothétiques ou non chiffrés, comme l’illustre l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 17 janvier 2024 commenté plus loin, qui a confirmé le rejet d’une demande de près de 300 000 euros faute de preuve du lien entre le retard du virement et le gain allégué. Ce tableau servira aussi à la réclamation adressée à l’établissement, puis, si nécessaire, au médiateur et au juge.

II. Se faire restituer les fonds et réparer le préjudice : responsabilités, délais et recours contre l’établissement

Une fois les échéances urgentes sécurisées, l’entreprise se tourne vers l’établissement : restitution des opérations mal exécutées, remboursement des frais et réparation des préjudices annexes. Le code monétaire et financier organise cette responsabilité de façon précise, et deux décisions parisiennes récentes montrent comment les juges appliquent ces textes, dans un sens favorable au client lorsque la faute est établie, et dans un sens défavorable lorsque la preuve du lien entre le retard et le dommage fait défaut. Cette seconde partie expose d’abord le régime légal de la responsabilité, puis l’ordre des recours et les juridictions compétentes à Paris.

A. Restitution des opérations mal exécutées et réparation du préjudice : ce que la loi impose à l’établissement qui a reçu l’ordre

Lorsque l’ordre de paiement est donné par le payeur, son prestataire de services de paiement est responsable de la bonne exécution de l’opération à l’égard du payeur jusqu’à la réception des fonds par le prestataire du bénéficiaire, et lorsqu’il est responsable d’une opération mal exécutée, il restitue sans tarder son montant au payeur et rétablit si besoin le compte débité dans la situation qui aurait prévalu sans cette mauvaise exécution, selon l’article L133-22 du code monétaire et financier. Le même article ajoute que lorsque l’opération est exécutée tardivement, le prestataire du bénéficiaire veille, à la demande du prestataire du payeur agissant pour le compte de celui-ci, à ce que la date de valeur attribuée au bénéficiaire ne soit pas postérieure à celle qui aurait résulté d’une exécution correcte. Concrètement, l’entreprise dont le virement est resté bloqué pendant la panne peut exiger la restitution rapide des fonds et la correction des dates de valeur, afin que le retard technique ne produise ni agios indus ni intérêts de retard artificiels. À cette responsabilité spéciale s’ajoute le droit commun : le débiteur d’une obligation inexécutée ou exécutée avec retard est condamné au paiement de dommages et intérêts, sauf s’il justifie que l’exécution a été empêchée par la force majeure, selon l’article 1231-1 du code civil, qui dispose exactement que « Le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure ». L’établissement qui invoque la force majeure pour échapper à toute indemnisation doit donc démontrer un événement échappant à son contrôle, imprévisible et inévitable, au sens de l’article 1218 du code civil, ce qui reste exigeant pour une panne de ses propres systèmes, dont la maintenance et la redondance relèvent de son organisation interne. Même lorsque la responsabilité est retenue, la réparation reste bornée : dans le cas même où l’inexécution résulterait d’une faute lourde ou dolosive, les dommages et intérêts ne comprennent que ce qui est une suite immédiate et directe de l’inexécution, selon l’article 1231-4 du code civil. Les frais bancaires liés au blocage, les pénalités fournisseurs effectivement payées et les agios anormaux entrent dans ce périmètre direct, tandis que les gains manqués hypothétiques en sont généralement exclus.

Deux décisions parisiennes récentes, lues intégralement pour les besoins de cet article, illustrent cette logique. Par jugement du 14 mai 2024, la 9e chambre 2e section du tribunal judiciaire de Paris, dans l’affaire RG 23/07285, a jugé que « La BNP PARIBAS a par conséquent commis une faute en n’exécutant pas dans le délai l’ordre de virement reçu le 27 octobre 2022 et établi sur support papier », en retenant qu’« En effet, cet ordre aurait dû être exécuté deux jours ouvrables après sa réception, soit le samedi 29 octobre 2022 », et que « Elle a également commis une faute en ne notifiant pas, dans les délais, sa décision de refus d’exécuter le virement litigieux », avant de condamner la banque à 5 000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice de jouissance subi pendant quarante et un jours, selon la décision du tribunal judiciaire de Paris du 14 mai 2024. Ce jugement rappelle deux délais que le code monétaire et financier impose dans les termes vérifiés sur Légifrance : le montant de l’opération est crédité au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de l’ordre, avec un jour ouvrable supplémentaire pour les ordres sur support papier, selon l’article L133-13 du code monétaire et financier, et lorsque l’établissement refuse d’exécuter un ordre, il le notifie à l’utilisateur dès que possible et en tout état de cause dans un délai qui ne peut excéder celui prévu à l’article L133-13, selon l’article L133-10 du code monétaire et financier. À l’inverse, par arrêt du 17 janvier 2024, le pôle 5 chambre 6 de la cour d’appel de Paris, dans l’affaire RG 22/02845, a confirmé le rejet d’une demande de 292 536 euros formée contre une banque pour l’exécution tardive alléguée d’un virement international destiné à lever des stock-options, en relevant que « M. [V] ne démontre pas qu’il avait demandé à la banque d’effectuer le virement litigieux dans un certain délai » et qu’« Il s’en induit que, contrairement à ce qu’a jugé le tribunal, aucune faute ne saurait donc être retenue à l’égard de la banque », la banque ayant exécuté l’ordre dans le délai de deux semaines annoncé au client, selon l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 17 janvier 2024. La leçon pour l’entreprise victime de la panne du 20 octobre 2026 est double : l’établissement répond des retards et des défauts d’information dans les délais légaux, mais le client qui réclame une somme importante doit prouver l’instruction précise donnée, le délai convenu et le lien direct entre le retard et chaque euro réclamé. Les entreprises dont le contentieux bancaire soulève des questions voisines trouveront des repères complémentaires sur la page consacrée au contentieux commercial à Paris, qui présente les litiges entre professionnels portés devant les juridictions parisiennes.

B. Réclamation, contrôle bancaire et juge : agir dans les délais, à Paris et en Île-de-France

Le premier réflexe reste la réclamation écrite adressée à l’établissement, par messagerie sécurisée et par lettre recommandée avec accusé de réception, exposant la chronologie, joignant le tableau des pièces et chiffrant chaque demande : restitution des fonds avec correction des dates de valeur, remboursement des frais et agios liés au blocage, et indemnisation des préjudices directs justifiés. Cette réclamation interrompt les débats informels et fait courir, en pratique, le dossier que le médiateur puis le juge examineront. Le délai de signalement mérite une vigilance particulière : l’utilisateur de services de paiement signale sans tarder à son prestataire une opération non autorisée ou mal exécutée, et au plus tard dans les treize mois suivant la date de débit sous peine de forclusion, sauf si l’établissement ne lui a pas fourni les informations requises, selon l’article L133-24 du code monétaire et financier, qui précise que lorsque l’utilisateur n’est pas une personne physique agissant pour des besoins non professionnels, les parties peuvent convenir d’un délai distinct. Une société cliente doit donc vérifier dans sa convention de compte si un délai contractuel plus court a été stipulé, car ce délai conventionnel, s’il existe, primera dans ses relations avec l’établissement. Si la réponse de l’établissement ne satisfait pas l’entreprise, le signalement à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution prend le relais du contrôle : cette autorité veille à la protection des clients des personnes soumises à son contrôle et contrôle le respect par ces personnes des dispositions du code monétaire et financier, selon l’article L612-1 du code monétaire et financier. La saisine se fait en ligne sur le site de l’autorité, en joignant la réclamation et la réponse de l’établissement : l’autorité ne tranche pas le litige individuel et n’alloue pas de dommages et intérêts, mais elle contrôle les pratiques et son intervention pèse dans la suite du dossier. La médiation mérite une précision de statut : le droit de recourir à un médiateur dans les conditions du code de la consommation est reconnu à tout consommateur pour les litiges relatifs aux services bancaires et à l’exécution des contrats, selon l’article L316-1 du code monétaire et financier. Une société agissant pour ses besoins professionnels n’entre pas dans cette catégorie et ne peut pas saisir le médiateur de la consommation : elle vérifie si sa convention de compte ou un dispositif sectoriel organise une médiation conventionnelle, et à défaut, elle porte le litige devant le juge.

Devant le juge, la compétence suit la qualité des parties : les tribunaux de commerce connaissent des contestations relatives aux engagements entre commerçants, entre établissements de crédit ou entre eux, ainsi que de celles relatives aux actes de commerce entre toutes personnes, selon l’article L721-3 du code de commerce. Pour une entreprise francilienne, le litige contre l’établissement relève donc du tribunal de commerce de Paris lorsque les deux parties sont commerçantes ou que l’acte est commercial, et du tribunal judiciaire de Paris dans les autres configurations, notamment lorsque le demandeur est une société civile ou une association non commerçante. La demande est portée en paiement des sommes dues, en restitution avec correction des dates de valeur et en dommages et intérêts pour les préjudices directs, avec le tableau de pièces constitué dès le jour de la panne. Les demandes d’un montant déterminé et d’origine contractuelle peuvent emprunter la voie de l’injonction de payer devant la juridiction compétente, qui statue au vu du dossier sans audience initiale, tandis que les contestations sérieuses basculent vers la procédure contradictoire ordinaire. À chaque étape parisienne, les délais de procédure courent vite : convocation, conclusions et audiences s’enchaînent en quelques mois devant le tribunal de commerce de Paris, de sorte que le dossier de preuves réuni le 20 octobre 2026 conditionne directement l’issue. L’entreprise qui a payé ses salariés et ses fournisseurs par un canal de secours, prévenu ses partenaires par écrit et chiffré chaque préjudice se présente en demanderesse diligente, tandis que celle qui attend sans rien faire laisse l’établissement soutenir que le dommage provient de son inertie plutôt que de la panne.

Conclusion

La panne qui a rendu les comptes, les cartes et les virements temporairement inaccessibles le 20 octobre 2026 rappelle qu’une entreprise ne confie jamais sa trésorerie à un seul canal sans filet. Le jour même, la méthode consiste à payer les salaires et les échéances critiques par un autre moyen, à prévenir chaque partenaire par écrit et à figer les preuves de l’incident et de ses effets. Dans les jours suivants, la restitution des opérations mal exécutées et la correction des dates de valeur s’exigent sur le fondement du code monétaire et financier, et les préjudices directs dûment justifiés se réclament sur le fondement du droit commun de la responsabilité contractuelle, dans la limite des suites immédiates et directes de l’inexécution. La jurisprudence parisienne confirme que les juges sanctionnent les retards et les défauts d’information de l’établissement, mais qu’ils rejettent les demandes dont le lien avec la faute n’est pas démontré pièce par pièce. À la date de rédaction, aucune cause officielle définitive de l’incident n’est publiée, aucune responsabilité n’est établie et les contrats signés entre chaque entreprise et son établissement priment sur toute analyse générale : chaque dossier se juge sur ses pièces, et seul le juge tranche. L’entreprise qui a constitué son tableau de preuves dès le premier jour aborde la réclamation, le contrôle bancaire et, si nécessaire, le procès avec les meilleures chances d’obtenir la restitution et la réparation qui lui sont dues.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».