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Maître Reda KOHEN
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Taxe foncière 2026 : dates limites 15 et 20 octobre à Paris, retard, majoration et contestation

Ce jeudi 15 octobre 2026 à minuit sonne la première date limite de paiement de la taxe foncière 2026 : les propriétaires qui règlent par un autre moyen que le paiement en ligne doivent avoir payé ce soir, tandis que ceux qui paient en ligne sur impots.gouv.fr disposent d’un répit jusqu’au 20 octobre à minuit, avec prélèvement effectif le 26 octobre. D’après le communiqué de presse du ministère de l’économie du 22 septembre 2026, les avis sont disponibles en ligne depuis la fin du mois d’août et l’adhésion au prélèvement à l’échéance était possible jusqu’au 30 septembre. Pour un propriétaire parisien qui découvre un avis plus lourd que prévu, l’urgence est donc double : payer dans les temps pour éviter la majoration, puis vérifier si l’imposition est exacte et la contester dans les règles. Cet article explique concrètement les deux échéances, les moyens de paiement admis, ce qui se passe en cas de retard, comment demander une remise ou un délai, et comment contester une taxe foncière excessive, avec les spécificités pratiques de Paris et de l’Île-de-France.

La taxe foncière reste l’un des impôts locaux les plus mal compris : beaucoup de propriétaires pensent qu’ils peuvent attendre la fin de l’année, ou que la vente en cours d’année transfère automatiquement la charge au nouveau propriétaire. Le droit applicable est plus strict. Comme le rappelle l’article 1380 du code général des impôts, « La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l’exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ». L’imposition est établie pour l’année entière en fonction de la situation au 1er janvier, et le retard de paiement déclenche une majoration automatique. Face à un avis élevé, la bonne méthode consiste donc à payer d’abord dans le délai, puis à réclamer, en mobilisant au besoin le sursis de paiement. Les développements qui suivent détaillent cette méthode pas à pas, avec les textes, les délais et les pièces à réunir.

I. Payer la taxe foncière 2026 à Paris sans rater la date limite des 15 et 20 octobre

La première partie répond à la question la plus urgente du jour : jusqu’à quand payer, comment payer, et que faire quand le délai est déjà dépassé. À Paris, où les montants dépassent très souvent 300 euros, le paiement en ligne est en pratique obligatoire, et la date qui compte est celle du 20 octobre à minuit.

A. Date limite du 15 ou du 20 octobre 2026, moyens de paiement admis et cas parisien

Le calendrier officiel de la campagne 2026 est simple et il a été confirmé à la fois par le site service-public.fr et par le communiqué du ministère de l’économie du 22 septembre 2026. Les propriétaires non mensualisés peuvent consulter leur avis dans leur espace particulier depuis le 27 août 2026, et les avis des contribuables mensualisés ont été mis à disposition à partir du 19 septembre. Ensuite, la date limite dépend du mode de paiement : le 20 octobre à minuit pour le paiement en ligne via internet, smartphone ou tablette, et le 15 octobre à minuit pour les autres moyens de paiement autorisés. Cette seconde possibilité n’existe que lorsque la taxe à payer est inférieure ou égale à 300 euros, avec un règlement en espèces ou par carte bancaire auprès d’un buraliste partenaire agréé, ou par carte bancaire au guichet d’un centre des finances publiques.

Concrètement, un propriétaire d’appartement à Paris intra-muros est presque toujours au-dessus du seuil de 300 euros et doit donc payer en ligne. Le paiement s’effectue sur impots.gouv.fr ou sur l’application mobile impots.gouv, notamment en scannant le code QR figurant sur l’avis. Lors du paiement, le contribuable peut choisir un prélèvement immédiat, effectué à J+3 à compter de l’enregistrement du paiement, ou laisser le prélèvement s’opérer à la date d’échéance : pour 2026, le compte bancaire est prélevé le 26 octobre. Le prélèvement à l’échéance, lorsqu’il a été souscrit avant le 30 septembre 2026, est reconduit automatiquement chaque année et dispense de toute démarche au mois d’octobre. Ceux qui ont raté l’adhésion du 30 septembre doivent donc passer par le paiement en ligne ponctuel avant le 20 octobre à minuit.

Le fondement de l’imposition éclaire ces délais. L’article 1415 du code général des impôts dispose que « La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires sont établies pour l’année entière d’après les faits existants au 1er janvier de l’année de l’imposition ». Autrement dit, c’est la situation patrimoniale au 1er janvier 2026 qui détermine l’avis reçu à l’automne 2026. Par ailleurs, l’article 1400 du même code précise que « toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel ». Le propriétaire au 1er janvier reste donc redevable de l’année entière, même s’il a vendu son bien au printemps ou pendant l’été. Cette règle explique de nombreux litiges entre vendeur et acquéreur à Paris, où les ventes se signent toute l’année : la répartition au prorata entre les parties relève de leur convention, généralement réglée chez le notaire le jour de la vente, mais elle n’est pas opposable à l’administration fiscale, qui réclame la totalité au propriétaire du 1er janvier. Les lecteurs concernés par une vente en 2026 liront avec profit notre analyse détaillée de la répartition de la taxe foncière entre vendeur et acquéreur à Paris, au prorata et remboursement, qui complète utilement le présent article.

Plusieurs erreurs fréquentes doivent être écartées dès maintenant. Première erreur : croire que l’avis papier reste la référence et attendre le courrier pour payer. Les avis sont d’abord disponibles en ligne et l’absence de réception du papier ne suspend pas le délai. Deuxième erreur : envoyer un chèque pour un montant supérieur à 300 euros en pensant respecter l’échéance du 15 octobre. Au-delà de ce seuil, seuls les paiements dématérialisés sont admis et le chèque peut être rejeté, ce qui expose à la majoration. Troisième erreur : penser que la mensualisation en cours dispense de vérifier l’avis. Les mensualisés voient leur avis plus tard, mi-septembre, et leurs prélèvements mensuels sont régularisés en fin d’année : un solde peut rester dû en octobre et novembre. Quatrième erreur : confondre taxe foncière et taxe d’habitation sur la résidence secondaire. À Paris, où les résidences secondaires sont nombreuses et surtaxées, les deux avis arrivent à l’automne avec des calendriers distincts : le présent article traite de la taxe foncière, dont l’échéance tombe les 15 et 20 octobre 2026.

Pour les propriétaires qui ont acheté en 2026, une vérification supplémentaire s’impose. Si l’acte de vente a été signé après le 1er janvier 2026, l’avis reste établi au nom du vendeur pour l’année entière. L’acquéreur rembourse généralement au vendeur la part courue depuis la vente, selon le décompte du notaire, mais il ne reçoit pas d’avis à son nom avant la campagne suivante. Inversement, celui qui a vendu début 2026 et qui reçoit un avis à son nom en octobre ne doit pas s’en étonner : il est bien le redevable légal de l’année, même s’il n’est plus propriétaire à la date de réception. La convention de remboursement conclue avec l’acquéreur règle leurs rapports privés, sans modifier la dette fiscale. En cas de désaccord sur ce remboursement, la preuve du décompte notarié et de l’acte de vente est déterminante, et le délai pour agir au civil ne doit pas être confondu avec le délai fiscal de réclamation.

Les bailleurs parisiens doivent ajouter une autre vérification : la taxe foncière n’est pas récupérable sur le locataire d’habitation, sauf pour la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui figure sur le même avis mais obéit à un régime de récupération distinct. Le bailleur qui répercute indûment la totalité de la taxe foncière sur son locataire s’expose à une contestation et à un remboursement. En revanche, dans les baux commerciaux, la répartition de la taxe foncière dépend du contrat : de nombreuses clauses mettent tout ou partie de la taxe à la charge du preneur, et ces clauses sont valables lorsqu’elles sont claires. La Cour de cassation a ainsi jugé, dans un arrêt de la troisième chambre civile du 28 mai 2020, pourvoi numéro 19-10.056, publié au Bulletin, que « ayant retenu à bon droit qu’en présence d’un bail verbal, il convenait de rechercher l’existence d’un accord des parties sur le transfert au preneur de la charge de la taxe foncière », la cour d’appel avait souverainement constaté l’accord et exactement déduit que le cessionnaire du bail était tenu de prendre en charge les taxes postérieures à la cession. Cette décision illustre une règle pratique : en matière commerciale, tout se joue sur la preuve de l’accord, écrit ou démontré par l’exécution antérieure, tandis qu’en habitation le principe légal protège le locataire contre la répercussion.

B. Paiement en retard après le 15 octobre, majoration de 10 pour cent, remise gracieuse et mensualisation

Le propriétaire qui constate le 16 octobre qu’il a manqué l’échéance des autres moyens de paiement peut encore payer en ligne jusqu’au 20 octobre à minuit et éviter toute sanction. Le véritable retard commence donc le 21 octobre pour les paiements en ligne. À partir de cette date, la majoration s’applique automatiquement et il faut en limiter les effets, puis examiner les voies de sortie : remise gracieuse, délai de paiement, mensualisation pour l’avenir.

Le texte de référence est l’article 1730 du code général des impôts, dont le premier paragraphe dispose que « Donne lieu à l’application d’une majoration de 10 % tout retard dans le paiement des sommes dues au titre de l’impôt sur le revenu ». La majoration porte sur le montant de l’impôt non payé dans le délai, et elle s’ajoute aux intérêts et frais de poursuite en cas de recouvrement forcé. Son second paragraphe précise qu’elle s’applique aux sommes comprises dans un rôle qui n’ont pas été acquittées dans les quarante-cinq jours suivant la mise en recouvrement, ce qui, en pratique, recoupe les échéances d’octobre pour la campagne 2026. Le prélèvement du 26 octobre concerne les contribuables qui ont payé à temps : celui qui n’a rien réglé au 20 octobre verra la majoration calculée sur le solde impayé.

Face à cette majoration, trois réflexes doivent être distingués. Le premier réflexe est de payer immédiatement le principal, même sans la majoration, afin de stopper l’engrenage des frais. Le paiement tardif n’efface pas la majoration déjà encourue, mais il évite les majorations complémentaires, les frais de relance et la phase de poursuite par le comptable public, avec avis de mise en recouvrement, opposition à tiers détenteur sur compte bancaire ou saisie. Le deuxième réflexe est de demander la remise gracieuse de la majoration, et non du principal. L’article L247 du livre des procédures fiscales prévoit que « L’administration peut accorder sur la demande du contribuable ; 1° Des remises totales ou partielles d’impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l’impossibilité de payer par suite de gêne ou d’indigence », et ce même texte ouvre la possibilité de remises totales ou partielles d’amendes fiscales et de majorations lorsque le contribuable s’est conformé à ses obligations ou présente des difficultés avérées. La remise gracieuse n’est pas un droit : elle suppose une demande écrite et motivée, adressée au service des impôts des particuliers, avec les justificatifs de la situation financière, de l’erreur de bonne foi ou du premier retard, et la preuve que le principal a été réglé ou qu’un plan de paiement est proposé. Un premier retard isolé, un avis non reçu, une hospitalisation ou une perte d’emploi documentée augmentent les chances d’obtenir une remise partielle de la majoration, sans garantie.

Le troisième réflexe concerne le délai de paiement et la mensualisation future. L’administration peut accorder un plan de règlement pour le principal restant dû, avec des échéances étalées sur quelques mois, en fonction des capacités du contribuable et avant l’engagement des poursuites. Cette demande se fait par la messagerie sécurisée de l’espace particulier ou auprès du centre des finances publiques, avec un exposé précis des revenus, des charges et du calendrier proposé. Pour éviter la reproduction du problème en 2027, l’adhésion à la mensualisation reste la solution la plus sûre : dix prélèvements de janvier à octobre, avec régularisation en fin d’année, et adhésion possible en cours d’année selon le calendrier fixé par l’administration. Les propriétaires qui ont manqué l’échéance du 30 septembre 2026 pour le prélèvement à l’échéance retiendront cette date pour l’année prochaine et opteront dès le printemps pour la mensualisation s’ils préfèrent lisser leur trésorerie.

Un cas particulier mérite l’attention : l’avis jamais reçu ou l’avis erroné. L’article 1416 du code général des impôts prévoit que « Lorsqu’il n’y a pas lieu à l’établissement de rôles particuliers (1), les contribuables omis ou insuffisamment imposés au rôle primitif sont inscrits dans un rôle supplémentaire ». Le contribuable qui n’a pas été imposé à tort peut donc recevoir ultérieurement un rôle supplémentaire, avec son propre délai de paiement et sa propre date limite, distincts de la campagne principale. Inversement, celui qui a été imposé à tort, par exemple sur un bien vendu avant le 1er janvier 2026 ou sur une construction inachevée, ne doit pas se contenter de ne pas payer : il doit payer dans le délai s’il veut éviter la majoration, puis contester par réclamation, en demandant le sursis de paiement pour la part contestée selon les règles exposées dans la seconde partie. Ne pas payer en misant sur l’annulation spontanée de l’avis est la pire stratégie, car la majoration court pendant ce temps et le recouvrement peut se poursuivre.

Les propriétaires en difficulté durable doivent distinguer la remise gracieuse de la réclamation contentieuse. La remise gracieuse suppose que l’impôt est bien établi mais que le paiement est impossible : elle fait appel à la bienveillance de l’administration et ne suspend pas le recouvrement. La réclamation suppose que l’impôt est mal établi : elle conteste le bien-fondé ou le montant et peut ouvrir droit au sursis de paiement. Les deux démarches peuvent être menées en parallèle, mais avec des courriers distincts et des fondements distincts, sous peine de voir l’ensemble rejeté comme confus. À Paris, où les montants en jeu atteignent souvent plusieurs milliers d’euros pour un appartement familial, cette distinction conditionne la stratégie : un avis contestable sur la valeur locative appelle une réclamation avec sursis, tandis qu’un avis exact mais insoutenable pour la trésorerie appelle une demande de remise et un plan de paiement.

II. Contester une taxe foncière 2026 excessive et obtenir un dégrèvement à Paris

La seconde partie s’adresse au propriétaire qui a payé ou qui s’apprête à payer, mais qui estime que le montant est excessif : valeur locative surévaluée, exonération non appliquée, bien inoccupé ou impropre à l’habitation, erreur sur la personne imposée. À Paris, les contestations les plus fréquentes portent sur la valeur locative des appartements anciens rénovés, sur les dépendances et parkings rattachés par erreur, et sur les exonérations temporaires liées aux travaux de rénovation énergétique ou aux constructions neuves.

A. Réclamation jusqu’au 31 décembre 2027, sursis de paiement et motifs qui prospèrent

Le délai de réclamation est la première règle à mémoriser. L’article R*196-2 du livre des procédures fiscales dispose que « Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l’administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l’année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle, de la notification d’un avis de mise en recouvrement ou de l’émission d’un titre de perception ». Pour la taxe foncière 2026 mise en recouvrement à l’automne 2026, la réclamation doit donc être présentée au plus tard le 31 décembre 2027. Ce délai est un délai de forclusion : une réclamation envoyée le 2 janvier 2028 serait irrecevable, même si l’erreur est manifeste. La réclamation s’effectue depuis la messagerie sécurisée de l’espace particulier, en sélectionnant la démarche de contestation, ou par courrier recommandé au service des impôts des particuliers du lieu du bien, avec l’avis d’imposition, l’exposé des motifs et les pièces.

Le contribuable qui réclame peut demander à différer le paiement de la part contestée. L’article L277 du livre des procédures fiscales prévoit que « Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s’il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la part » contestée, jusqu’à la décision de l’administration et, en cas de recours au tribunal, jusqu’au jugement. Cette demande doit être expresse et chiffrée : il faut indiquer le montant contesté ou les bases du dégrèvement attendu, et ne payer que le surplus non contesté. Le sursis ne dispense pas de payer la part non contestée dans le délai d’octobre, et l’administration peut exiger des garanties lorsque le montant contesté est élevé. En pratique parisienne, où les écarts contestés dépassent souvent plusieurs centaines d’euros, la constitution d’une garantie bancaire ou d’une hypothèque peut être demandée : le contribuable doit anticiper ce point et joindre à sa réclamation une proposition de garantie.

Les motifs de contestation qui prospèrent sont ceux qui reposent sur des faits vérifiables et des pièces. Premier motif : l’erreur sur la personne imposée. Le propriétaire au 1er janvier 2026 qui a vendu en 2025 et qui reçoit encore un avis doit produire l’acte de vente et la pubblication foncière démontrant qu’il n’était plus propriétaire au 1er janvier. Deuxième motif : l’erreur sur la consistance du bien. Surface retenue supérieure à la surface réelle, dépendance démolie toujours imposée, parking double compté, local professionnel requalifié à tort : chaque écart doit être documenté par le titre de propriété, le métrage, les plans, les photos et, si nécessaire, un constat. Troisième motif : la valeur locative excessive. La taxe foncière est calculée sur la moitié de la valeur locative cadastrale révisée : lorsque des comparaisons avec des locaux similaires du même secteur parisien montrent une surévaluation manifeste, la réclamation doit citer les références de comparaison et demander la révision. Quatrième motif : l’exonération ou l’abattement non appliqué. Constructions neuves, travaux d’économie d’énergie ouvrant droit à exonération temporaire, personnes âgées ou handicapées sous conditions de ressources : chaque régime a ses conditions et ses délais de demande, et l’omission de la demande initiale peut faire perdre le bénéfice pour 2026.

Les lecteurs qui soupçonnent une surévaluation de la base consulteront notre étude consacrée à la taxe foncière 2026 trop élevée à Paris, contestation de la valeur locative et exonérations, qui détaille les calculs et les pièces propres à ce contentieux. Le présent article s’en distingue par son objet : ici, l’urgence du paiement des 15 et 20 octobre, la gestion du retard et la méthode de réclamation avec sursis, là, l’analyse au fond de la valeur locative. Les deux démarches se complètent : payer à temps pour éviter la majoration, puis contester au fond avant le 31 décembre 2027.

La charge de la preuve pèse sur le réclamant. L’administration répond en général dans un délai de six mois, et son silence pendant six mois vaut rejet implicite, ouvrant le recours devant le tribunal administratif de Paris pour les biens parisiens. Devant le juge, le contribuable doit produire l’avis, la réclamation et son accusé de réception, les titres de propriété, les justificatifs du motif invoqué et, pour les litiges de valeur locative, des termes de comparaison précis et récents. Le juge administratif vérifie la régularité de la procédure d’imposition, l’exactitude des faits retenus et l’application des exonérations, sans pouvoir accorder de remise gracieuse : le contentieux porte sur le droit, non sur la bienveillance. Une réclamation vague, sans chiffrage ni pièce, sera rejetée ; une réclamation ciblée, chiffrée et documentée a des chances sérieuses d’aboutir à un dégrèvement total ou partiel, avec intérêts moratoires en cas de restitution tardive.

Un point de méthode souvent négligé concerne l’articulation entre la réclamation et la demande de remise. La réclamation conteste le calcul et doit être formée avant le 31 décembre 2027 ; la demande de remise gracieuse invoque les difficultés de paiement et peut être présentée à tout moment, même après le rejet de la réclamation. Les deux courriers doivent rester séparés : le premier expose en droit pourquoi l’impôt est excessif, avec les textes et les pièces ; le second expose en fait pourquoi le paiement est difficile, avec les revenus, les charges et les efforts déjà fournis. Mélanger les deux registres dans une seule lettre affaiblit l’ensemble, car l’administration traite ces demandes dans des circuits distincts, avec des critères distincts.

B. Mode d’emploi parisien et francilien, pièces à réunir, erreurs à éviter et délais pratiques

À Paris et en Île-de-France, la pratique du contentieux de la taxe foncière présente des spécificités liées aux montants, aux interlocuteurs et aux délais de traitement. Les services des impôts des particuliers parisiens reçoivent chaque automne un afflux de réclamations : une demande envoyée mi-octobre sera traitée plus vite qu’une demande envoyée le 30 décembre 2027, et elle permettra d’obtenir une réponse avant la mise en recouvrement des majorations éventuelles. Le dépôt par la messagerie sécurisée de l’espace particulier est à privilégier, car il horodate la demande et en conserve la trace, avec accusé de réception automatique. Le courrier recommandé reste possible, avec copie de l’avis et bordereau d’envoi conservé.

Le dossier de réclamation parisien type comprend six éléments. D’abord, la copie de l’avis de taxe foncière 2026 et, le cas échéant, de l’avis de majoration. Ensuite, le titre de propriété ou l’acte de vente, avec la date exacte du transfert et l’attestation notariée du décompte de prorata si une vente est intervenue. Puis les justificatifs du motif : métrage loi Carrez et plans pour les contestations de surface, constats et photographies datées pour les locaux vacants ou impropres à l’usage, factures de travaux et attestations pour les exonérations liées à la rénovation, avis d’imposition sur le revenu pour les exonérations sous conditions de ressources. Quatrièmement, le chiffrage précis du dégrèvement attendu, avec le calcul de la base corrigée et du montant contesté, condition du sursis de paiement. Cinquièmement, la demande expresse de sursis pour la part contestée, avec la proposition de garantie si le montant est significatif. Enfin, les termes de comparaison pour les litiges de valeur locative : adresses, catégories et valeurs locatives de locaux analogues du même arrondissement, relevés sur les avis voisins ou obtenus auprès du service du cadastre.

Les délais pratiques doivent être pilotés comme un calendrier de procédure. Le 15 octobre 2026 à minuit ferme la porte des paiements non dématérialisés pour les montants inférieurs ou égaux à 300 euros ; le 20 octobre à minuit ferme la porte du paiement en ligne ; le 26 octobre intervient le prélèvement des paiements enregistrés ; le 31 décembre 2027 ferme la porte de la réclamation contentieuse. Entre ces bornes, le contribuable diligent paie le 18 ou le 19 octobre en ligne, adresse sa réclamation documentée avant la fin novembre 2026 pour bénéficier d’une instruction sereine, et suit sa messagerie pour répondre aux demandes de pièces complémentaires. En cas de rejet explicite ou implicite au bout de six mois, le recours devant le tribunal administratif doit être formé dans les deux mois de la décision, avec requête, pièces et timbre dématérialisé selon les règles en vigueur devant cette juridiction.

Les erreurs parisiennes les plus coûteuses sont connues. Payer par virement spontané sans passer par le service de paiement en ligne et croire que la date du virement vaut paiement : seul le paiement enregistré sur impots.gouv.fr ou l’adhésion en cours fait foi, et un virement mal imputé peut laisser subsister un impayé avec majoration. Contester sans chiffrer et sans demander expressément le sursis, puis cesser de payer la totalité : l’administration poursuivra le recouvrement de l’intégralité, majoration comprise, faute de demande régulière de sursis. Invoquer la baisse du marché immobilier parisien pour contester la valeur locative cadastrale : cette valeur ne suit pas les prix de vente, mais des grilles administratives révisées périodiquement, et seules des comparaisons cadastrales, non des annonces de vente, emportent la conviction. Oublier la taxe d’enlèvement des ordures ménagères dans la contestation : elle figure sur le même avis mais obéit à ses propres règles, et sa contestation doit être formée distinctement si elle est envisagée. Enfin, attendre la réponse de la remise gracieuse pour former la réclamation : les deux délais sont indépendants, et la réclamation périmée ne renaît pas parce qu’une remise a été sollicitée.

Pour les propriétaires de parkings, caves et dépendances en Île-de-France, une vérification ciblée s’impose : ces éléments sont imposés séparément ou rattachés au local principal selon leur configuration, et les erreurs de rattachement sont fréquentes après division ou regroupement de lots. Le relevé de propriété obtenu auprès du service de publicité foncière permet de vérifier la consistance exacte retenue par l’administration, lot par lot, avec les surfaces et les catégories. Toute discordance entre le relevé et la réalité doit être signalée dans la réclamation, avec les états descriptifs de division et les actes modificatifs. Cette vérification, fastidieuse mais décisive, produit régulièrement des dégrèvements significatifs sur plusieurs années, dans la limite des délais de réclamation de chaque campagne.

Les indivisions et démembrements parisiens appellent la même rigueur. En présence d’un usufruit, l’article 1400 déjà cité organise la répartition de l’imposition entre les titulaires de droits, et les conventions entre usufruitier et nu-propriétaire ne sont pas opposables au fisc. L’avis établi au nom de l’usufruitier pour un bien occupé par celui-ci est régulier, même si la nue-propriété appartient aux enfants. En indivision successorale non partagée au 1er janvier 2026, l’avis peut être établi au nom de l’indivision ou de l’un des indivisaires, à charge pour eux de se répartir la charge selon leurs droits. Chaque situation doit être vérifiée au regard du titre et de la situation au 1er janvier, non au regard des arrangements familiaux postérieurs.

Conclusion

Le 15 octobre 2026 à minuit clôt les paiements non dématérialisés de la taxe foncière 2026 et le 20 octobre à minuit clôt les paiements en ligne, avec prélèvement le 26 octobre pour les paiements enregistrés à temps. Le propriétaire parisien qui n’a pas encore payé doit régler en ligne avant le 20 octobre, vérifier que son paiement est bien enregistré dans son espace particulier, puis, si le montant lui paraît excessif, constituer sans tarder son dossier de réclamation : avis, titre de propriété, justificatifs du motif, chiffrage du dégrèvement et demande expresse de sursis pour la part contestée, avant le 31 décembre 2027. Le retard déjà encouru appelle un paiement immédiat du principal, puis une demande de remise gracieuse de la majoration et, si besoin, un plan de paiement et une mensualisation pour 2027. La méthode qui protège le mieux les droits conjugue ces deux temps : payer à temps pour éviter la majoration de 10 pour cent prévue par la loi, puis contester au fond avec des pièces, des comparaisons et un chiffrage précis, en distinguant la réclamation contentieuse de la demande de bienveillance.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».