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Maître Reda KOHEN
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Dégât des eaux après l’orage : que faire, constat amiable et déclaration à l’assurance en 2026

La France vit au rythme de la goutte froide : plus de 20 000 recherches en vingt-quatre heures, une croissance à quatre chiffres, et des questions d’internautes qui traduisent une inquiétude très concrète. Selon Actu.fr du 4 octobre 2026, après un début de semaine marqué par un risque pluvio-orageux entre mardi 6 et mercredi 7 octobre, un sérieux coup de vent doit prendre le relais jeudi 8 octobre, avec des rafales à 120 km/h envisagées. Quand l’eau entre par la toiture, par une fenêtre laissée entrouverte ou par un mur fragilisé, le sinistre change de nature : il ne s’agit plus d’une simple fuite de plomberie, mais d’un dégât des eaux lié à un événement climatique, avec ses règles propres de déclaration, de preuve et d’indemnisation.

Les saisies Google du moment disent tout de l’urgence des lecteurs : « degat des eaux que faire », « degat des eaux declaration assurance », « degat des eaux constat amiable », « degat des eaux location ». Propriétaire occupant, locataire, bailleur ou copropriétaire, chacun se demande qui doit agir, qui paie et comment contraindre un assureur qui tarde ou qui refuse. Cet article répond à ces questions dans l’ordre où elles se posent : les gestes des premières heures, la déclaration du sinistre, le constat amiable, puis la garantie tempête, la catastrophe naturelle et les recours, avec les textes applicables et une décision récente de la Cour de cassation.

I. Dégât des eaux après l’orage : que faire dans les premières heures et qui prévenir

A. Stopper l’eau, photographier et sauvegarder : les gestes qui protègent l’indemnisation

La première heure décide souvent de l’issue du dossier. La fiche officielle du service public consacrée à l’assurance dégâts des eaux l’énonce simplement : la première étape consiste à limiter les dommages en identifiant et en stoppant la fuite, puis à informer rapidement l’assurance (service-public.gouv.fr, assurance dégâts des eaux). Couper l’arrivée d’eau si la fuite vient d’une canalisation, bâcher une toiture percée par une tuile arrachée, déplacer les meubles et les appareils électriques hors de la zone mouillée : ces mesures conservatoires ne sont pas une simple précaution de bon sens, elles conditionnent l’indemnisation, car l’assureur peut reprocher à l’assuré une aggravation du dommage qu’il aurait pu éviter.

Photographier et filmer chaque pièce touchée, avec la date et si possible un repère d’échelle, constitue le socle de la preuve. L’eau qui ruisselle le long d’un mur, le plafond qui gondole, le parquet qui se soulève, la toiture éventrée vue depuis le jardin : ces images fixent l’état des lieux du sinistre avant tout nettoyage. Conserver ensuite chaque facture et chaque justificatif des réparations d’urgence s’impose, car l’assureur ou l’expert les exigera pour rembourser les frais engagés. Le service public prévient : l’assureur ou l’expert mandaté doit pouvoir constater les dégâts avant toute réparation définitive, et des travaux réalisés avant ce constat exposent à une réduction ou à un refus d’indemnisation des frais de remise en état. En pratique, les mesures d’urgence qui empêchent l’aggravation restent possibles, mais la remise en état définitive attend le passage de l’expert.

Lorsque l’origine de l’eau n’est pas visible, la recherche de fuite devient le premier acte technique du dossier. En immeuble en copropriété, la fiche officielle distingue le local privatif occupé, le local privatif non occupé et les parties communes, avec des règles d’accès et de prise en charge propres à chaque cas. Si la fuite vient des parties communes, le syndic doit être prévenu sans délai pour qu’il fasse intervenir l’assurance de l’immeuble et, le cas échéant, une entreprise de recherche de fuite. Si elle vient d’un local privatif dont l’occupant est absent, le syndic peut faire ouvrir le logement dans les conditions prévues par les textes, afin d’éviter que l’eau ne ravage les étages inférieurs pendant plusieurs jours. Chaque appel, chaque courrier, chaque intervention gagne à être consigné par écrit : en cas de litige ultérieur sur les délais ou sur les responsabilités, cette chronologie fait foi.

Le cas particulier de l’orage mérite une attention propre dès ces premières heures. Une infiltration par la toiture ou par les murs à la suite d’une forte pluie ou d’un coup de vent peut être couverte par l’assurance dégâts des eaux lorsqu’elle résulte d’un événement soudain et accidentel, comme une forte pluie ou une tempête. En revanche, la même infiltration est généralement exclue lorsqu’elle provient d’un manque d’entretien ou de la vétusté des installations. Cette distinction, rappelée par le service public, explique pourquoi les photographies de la toiture, l’état des tuiles, l’âge de la couverture et les factures d’entretien prennent une importance décisive : l’assuré qui démontre le caractère soudain de l’événement climatique se place du bon côté de la garantie, tandis que celui dont la toiture n’a pas été entretenue depuis vingt ans s’expose à une exclusion.

B. Dégât des eaux en location : qui déclare le sinistre et dans quel délai

En location, la question « qui déclare » se pose à deux niveaux : le locataire déclare à sa propre assurance, et le bailleur déclare à la sienne, chacun pour les dommages qui le concernent. Le locataire déclare les dommages à ses biens et sa responsabilité éventuelle envers le bailleur ou les voisins ; le bailleur déclare les dommages à l’immeuble et met en jeu sa propre garantie. Lorsque l’eau vient d’un voisin ou des parties communes, chaque victime déclare à son assureur, et les assureurs règlent entre eux selon les conventions qu’ils ont signées pour les sinistres les moins importants, afin d’indemniser vite et sans expertise préalable systématique.

Le délai de déclaration constitue le premier piège du dossier. L’article L. 113-2 du code des assurances impose à l’assuré « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés » (article L. 113-2 du code des assurances). Le service public traduit cette règle en consigne pratique : le sinistre doit être déclaré dans les cinq jours ouvrés suivant sa découverte. La déclaration peut se faire par téléphone, en agence ou en ligne, mais le courrier recommandé avec accusé de réception reste la voie la plus sûre, car il prouve la date de l’envoi. La déchéance pour déclaration tardive, lorsqu’une clause du contrat la prévoit, ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que le retard lui a causé un préjudice, et elle ne peut jamais être opposée lorsque le retard résulte d’un cas fortuit ou de force majeure. Autrement dit, un locataire en vacances pendant l’orage qui déclare dès son retour reste protégé, mais celui qui attend plusieurs semaines sans motif s’expose à une sanction.

La répartition des responsabilités entre bailleur et locataire obéit ensuite au droit commun du bail. L’article 1719 du code civil oblige le bailleur « De délivrer au preneur la chose louée et, s’il s’agit de son habitation principale, un logement décent », ainsi que « D’entretenir cette chose en état de servir à l’usage pour lequel elle a été louée » (article 1719 du code civil). L’article 1720 complète cette obligation : « Le bailleur est tenu de délivrer la chose en bon état de réparations de toute espèce. Il doit y faire, pendant la durée du bail, toutes les réparations qui peuvent devenir nécessaires, autres que les locatives. » (article 1720 du code civil). Une toiture qui laisse passer l’eau de pluie, une gouttière arrachée par le vent, un mur dont l’étanchéité relève du gros œuvre : ces désordres incombent au bailleur, qui doit les réparer et qui répond des préjudices subis par le locataire lorsque la chose louée n’était pas en état de servir à son usage.

Le locataire, de son côté, « répond des dégradations ou des pertes qui arrivent pendant sa jouissance, à moins qu’il ne prouve qu’elles ont eu lieu sans sa faute » (article 1732 du code civil). Une fenêtre laissée grande ouverte pendant l’orage annoncé, un siphon jamais nettoyé qui déborde, un joint de baignoire que le locataire n’a jamais refait : ces négligences engagent sa responsabilité envers le bailleur et envers les voisins victimes. La Cour de cassation a rappelé avec netteté la portée de l’obligation du bailleur dans un arrêt du 11 janvier 2024 : la troisième chambre civile l’a rappelé le 11 janvier 2024 dans une affaire née d’un dégât des eaux, en censurant une cour d’appel qui avait fait peser une obligation de délivrance sur un occupant précaire : cette protection appartient au locataire d’un bail, non à l’occupant sans bail (Cass. 3e civ., 11 janvier 2024, pourvoi n° 22-16.974, publié au Bulletin, ECLI:FR:CCASS:2024:C300003). Dans cette affaire née d’un dégât des eaux, la haute juridiction a censuré une cour d’appel qui avait fait peser sur un occupant précaire une obligation de délivrance qui n’existe que dans le bail : la décision confirme, par contraste, que le locataire d’un bail d’habitation bénéficie pleinement de cette protection. Quand l’orage de la goutte froide endommage une toiture déjà fragile, le locataire dont les meubles sont trempés peut donc se tourner vers le bailleur qui n’a pas entretenu la couverture, tandis que le bailleur se retournera vers le locataire qui a laissé ses fenêtres ouvertes malgré l’alerte.

II. Dégât des eaux et orage : constat amiable, garantie tempête et recours quand l’assureur refuse

A. Constat amiable dégât des eaux : le remplir, le faire signer et réagir face à un refus

Le constat amiable de dégât des eaux n’est imposé par aucun texte, mais il accélère sensiblement le traitement du dossier : le service public invite l’assuré à le remplir et à l’envoyer à l’assureur pour hâter l’instruction (service-public.gouv.fr, déclaration et constat amiable). Le formulaire, disponible auprès des assureurs, se remplit à deux : chaque partie indique ses coordonnées, son assureur et son numéro de contrat, décrit les circonstances et les dommages dans sa partie, puis les deux signataires conservent chacun un exemplaire. La rédaction doit être factuelle et mesurée : décrire ce qui est visible, localiser l’origine présumée de l’eau, lister les pièces touchées, sans jamais reconnaître une faute ni évaluer soi-même les montants. Un constat précis et signé par les deux voisins vaut souvent mieux qu’une longue correspondance ultérieure.

Quand le voisin refuse de signer, le dossier ne s’arrête pas. Adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, en rappelant les faits et en joignant les photographies, constitue la première riposte. Prévenir le syndic lorsque l’immeuble est en copropriété permet de faire constater l’origine commune ou privative de la fuite par un professionnel. Faire établir un constat par un commissaire de justice fige l’état des lieux et l’origine apparente de l’eau avec une force probante que le juge retiendra. Et déclarer le sinistre à sa propre assurance même sans le constat signé préserve les délais : l’assureur instruira le dossier sur la base des autres pièces. Le voisin qui refuse de coopérer ne bloque donc rien, il complique seulement un dossier que des écrits et des constats extérieurs permettront de reconstituer.

L’expertise suit des règles que les assurés connaissent mal. Un dégât des eaux n’entraîne pas automatiquement une expertise : c’est l’assureur qui décide de son utilité, et en pratique il la mandate lorsque le dommage dépasse environ 1 600 euros. L’assureur doit prévenir l’assuré de la date et de l’heure du passage de l’expert, dont le rôle consiste à évaluer les dommages et à déterminer les causes du sinistre. Avant ce passage, l’assuré peut faire établir des devis de remise en état, mais il ne commence pas les travaux définitifs. Après l’expertise, l’assurance suit la procédure prévue par le contrat pour fixer l’indemnisation, les délais, la franchise et les voies de recours en cas de désaccord. Quand le montant proposé paraît insuffisant, l’assuré peut demander une contre-expertise à ses frais, saisir le service réclamation puis le médiateur de l’assurance, et enfin porter le litige devant le tribunal. Chaque étape doit être écrite, datée et conservée : le dossier qui aboutit devant le juge est celui dont la chronologie est complète.

La recherche de fuite mérite un développement propre, car elle concentre une part importante des litiges. En copropriété, la prise en charge dépend de la localisation de la fuite : privative ou commune, local occupé ou inoccupé. L’assuré qui fait réaliser une recherche de fuite à ses frais avant toute déclaration risque de ne pas en obtenir le remboursement si son contrat ne la couvre pas ; celui qui attend l’accord de l’assureur respecte la procédure mais laisse l’eau agir. La bonne pratique consiste à déclarer immédiatement, à demander par écrit la prise en charge de la recherche de fuite, et à ne mandater un professionnel en urgence que pour stopper l’aggravation, en conservant chaque facture. Les lecteurs confrontés à un élément extérieur arraché par le vent trouveront un complément utile dans l’analyse consacrée au volet roulant cassé par le coup de vent, entre garantie tempête, franchise et contestation de l’assureur, qui traite de la même série d’orages sous l’angle des dommages causés par le vent aux équipements du logement.

B. Garantie tempête, catastrophe naturelle et juge : toiture, franchise et prescription à Paris et en Île-de-France

Lorsque l’orage arrache une toiture, la garantie tempête entre en jeu selon un mécanisme que la loi organise avec précision. L’article L. 122-7 du code des assurances dispose que les contrats garantissant les dommages d’incendie « ouvrent droit à la garantie de l’assuré contre les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones, sur les biens faisant l’objet de tels contrats » (article L. 122-7 du code des assurances). Le même article ajoute que « Les indemnisations résultant de cette garantie sont attribuées aux assurés en tenant compte des limites de franchise, du plafond et de la vétusté contractuellement fixés, qui peuvent être différents de ceux prévus au titre de la garantie contre l’incendie ». Trois conséquences pratiques découlent de ce texte. D’abord, la garantie tempête accompagne automatiquement le contrat multirisque habitation qui couvre l’incendie : l’assuré n’a pas à la souscrire séparément. Ensuite, l’assureur peut appliquer une franchise tempête spécifique, distincte de la franchise dégât des eaux, à condition qu’elle figure au contrat. Enfin, la vétusté de la toiture peut réduire l’indemnité dans les limites prévues au contrat, sans pour autant priver l’assuré de toute indemnisation lorsque le vent a été la cause déterminante du dommage.

La frontière entre tempête garantie et défaut d’entretien exclu se joue sur la preuve du caractère soudain et violent de l’événement. Les relevés de Météo-France pour la zone et la période du sinistre, les arrêtés municipaux, les articles de presse locale relatant les rafales, les attestations de voisins dont les toitures ont subi le même sort : ces pièces établissent que le vent a atteint une intensité anormale, compatible avec la mise en jeu de la garantie. À l’inverse, l’assureur qui invoque la vétusté doit démontrer que l’état antérieur de la couverture explique à lui seul le dommage, et non le seul passage de l’orage. Quand l’expert conclut à un défaut d’entretien sans mesurer la violence du vent, l’assuré peut contester ses conclusions par une contre-expertise et exiger la communication du rapport d’expertise définitif, que l’assureur est tenu de lui transmettre en matière de catastrophe naturelle et qu’il doit pouvoir discuter dans les autres cas devant le juge.

Si les pluies de la goutte froide provoquent des inondations d’une ampleur exceptionnelle, le régime de la catastrophe naturelle prend le relais. L’article L. 125-1 du code des assurances définit comme effets des catastrophes naturelles « les dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel » (article L. 125-1 du code des assurances). L’état de catastrophe naturelle est constaté par un arrêté interministériel qui détermine les zones, les périodes et la nature des dommages couverts. L’article L. 125-2 organise ensuite des délais protecteurs : « A compter de la réception de la déclaration du sinistre ou de la date de publication, lorsque celle-ci est postérieure, de la décision administrative constatant l’état de catastrophe naturelle, l’assureur dispose d’un délai d’un mois pour informer l’assuré des modalités de mise en jeu des garanties prévues au contrat et pour ordonner une expertise lorsque l’assureur le juge nécessaire », et « Les indemnisations résultant de cette garantie sont soumises à une franchise dont les caractéristiques sont définies par décret » (article L. 125-2 du code des assurances). Une provision doit être versée dans les deux mois suivant la remise de l’état estimatif ou la publication de l’arrêté, et l’assuré déclare le sinistre au plus tard trente jours après la publication de cet arrêté. Quand la commune n’est pas reconnue en état de catastrophe naturelle, le refus ministériel est motivé et mentionne les voies et délais de recours : le maire comme les sinistrés peuvent le contester devant la juridiction administrative.

Le temps joue contre l’assuré qui tarde, car la prescription en assurance est brève. L’article L. 114-1 du code des assurances énonce que « Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance » (article L. 114-1 du code des assurances). En cas de sinistre, ce délai ne court que du jour où les intéressés en ont eu connaissance, s’ils prouvent qu’ils l’ont ignoré jusque-là, et la désignation d’un expert ou l’envoi d’une lettre recommandée interrompt la prescription. Deux ans passent vite lorsqu’un dossier s’enlise entre expertises complémentaires et propositions insuffisantes : l’assuré qui laisse passer le délai perd son action contre l’assureur, même si son préjudice est réel. La parade consiste à interrompre la prescription par écrit bien avant l’échéance, par une mise en demeure recommandée ou par la saisine du tribunal.

À Paris et en Île-de-France, ces règles prennent un relief particulier. Les toitures parisiennes en zinc, les verrières d’ateliers d’artistes, les sous-sols aménagés en zones inondables de la Seine et de la Marne concentrent les sinistres à chaque épisode orageux, et les copropriétés anciennes compliquent la recherche de fuite entre appartements haussmanniens et parties communes. Le tribunal judiciaire de Paris connaît des litiges d’assurance et de bail du ressort, et les délais d’audiencement imposent d’engager tôt la procédure quand la négociation échoue. Les arrêtés de catastrophe naturelle y sont scrutés commune par commune : un habitant du Val-de-Marne inondé ne bénéficie du régime que si sa commune figure dans l’arrêté, et la vérification de cette inscription conditionne toute la stratégie de déclaration. Réunir dès le premier jour les photographies, les relevés météorologiques, le contrat d’assurance avec ses franchises et la chronologie des courriers permet de saisir le juge, le cas échéant en référé pour obtenir une expertise judiciaire, avec un dossier déjà complet.

Quand l’eau vient du voisin du dessus ou d’un fonds voisin, le droit commun de la responsabilité complète le dispositif. L’article 1240 du code civil dispose que « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer » (article 1240 du code civil). Le voisin dont la baignoire déborde, dont le ballon d’eau chaude éclate faute d’entretien ou dont les travaux fragilisent l’étanchéité répond des dommages causés à l’appartement du dessous. En cas d’incendie consécutif à un court-circuit provoqué par l’inondation, l’article 1733 fait peser sur le locataire une responsabilité spécifique, sauf preuve du cas fortuit, de la force majeure, du vice de construction ou de la communication du feu par une maison voisine (article 1733 du code civil), et l’article 1734 organise le partage entre colocataires et voisins de l’immeuble (article 1734 du code civil). Ces textes expliquent pourquoi l’identification précise de l’origine de l’eau, dès les premières heures, commande toute la suite : chaque régime de responsabilité a son débiteur, son assureur et sa preuve.

Conclusion

La goutte froide qui traverse la France cette semaine rappelle une règle simple : face à l’eau qui entre, la vitesse de réaction vaut autant que le bon contrat. Stopper la fuite, photographier, conserver les factures et attendre le constat de l’expert avant les réparations définitives : ces gestes préservent l’indemnisation. Déclarer le sinistre dans les cinq jours ouvrés, remplir le constat amiable même si le voisin refuse de signer, et consigner chaque échange par écrit : cette discipline fait la différence entre le dossier indemnisé et le dossier enlisé. Vérifier la garantie tempête de l’article L. 122-7 quand le vent a arraché la toiture, suivre la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle quand l’inondation dépasse l’ordinaire, et interrompre la prescription biennale de l’article L. 114-1 avant qu’elle ne s’accomplisse : ces trois réflexes protègent les droits quand l’assureur tarde ou refuse. Le droit du bail et la jurisprudence récente de la Cour de cassation répartissent ensuite les rôles entre le bailleur qui doit une chose en état de servir à son usage et le locataire qui répond de ses négligences, tandis que le voisin fautif répond de son fait sur le fondement de l’article 1240. L’orage passera ; le dossier bien constitué demeure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».