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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Assurance coup de vent : panneaux solaires arrachés ou brisés, que déclarer et qui paie

La goutte froide s’isole et le coup de vent se précise : pour la journée de jeudi 8 octobre 2026, des rafales à 120 km/h sont envisagées sur le sud-est du pays, avec un flux de nord à nord-ouest, une bascule au mistral et à la tramontane sur l’ouest de la Méditerranée. C’est ce que rapporte actu.fr le 4 octobre 2026, d’après les prévisions analysées par le météorologue Yann Amice : après un début de semaine marqué par un risque pluvio-orageux entre mardi 6 et mercredi 7 octobre, le vent doit brutalement prendre le relais. Sur les toitures équipées, les panneaux photovoltaïques offrent une prise au vent considérable : un module arraché embarque avec lui les tuiles et les crochets de fixation, un champ de panneaux soulevé éventre l’étanchéité, les câbles sectionnés interdisent toute remise en service avant contrôle. Le foyer producteur d’électricité cumule alors deux préjudices, la réparation de l’installation et la production perdue pendant l’arrêt, et deux interlocuteurs potentiels, son assureur habitation et l’installateur. Cet article répond dans l’ordre aux questions que se pose le foyer touché : que faire dans les premières heures pour sécuriser et prouver, que déclarer à l’assureur et dans quel délai, ce que la garantie tempête paie pour des panneaux, avec quelles franchises et quels abattements, puis quand l’installateur répond des désordres et comment contester une offre ou un refus.

I. Assurance coup de vent : que déclarer quand les panneaux sont arrachés

A. Rafale de vent et assurance : sécuriser l’installation, photographier et faire constater

Avant toute démarche d’indemnisation, la première obligation du foyer sinistré est pratique : sécuriser une installation devenue dangereuse. Des panneaux descellés qui battent au vent menacent de s’envoler vers la rue ou le jardin du voisin, des câbles à nu interdisent tout accès à la toiture, un onduleur qui disjoncte en boucle signale un défaut qu’un non-professionnel ne doit pas chercher à réparer lui-même. Faites intervenir un professionnel pour la mise hors tension et la dépose des éléments instables, et conservez sa facture : ces frais de sauvegarde figurent parmi les postes réclamables. Photographiez ensuite l’installation sous tous les angles avant tout nettoyage : le champ de panneaux dans son ensemble, chaque module fissuré ou envolé, les rails et les crochets arrachés, les tuiles emportées avec les fixations, l’onduleur et son affichage d’erreur, puis les dégâts intérieurs si l’eau s’est infiltrée par les points d’arrachement. Conservez les morceaux de verre, les cadres tordus et les fixations rompues : l’expert mandaté par l’assureur voudra examiner le mode de rupture, qui distingue un défaut de fixation d’un arrachement par surcharge de vent.

Le réflexe qui change tout consiste à faire établir des preuves extérieures dès les premiers jours. Un constat dressé par un commissaire de justice fige la position des modules, la direction de l’arrachement, l’état des fixations et des tuiles ; il sera difficilement contesté ensuite, y compris si une bâche a été posée entre-temps pour mettre hors d’eau la toiture. Relevez les données météorologiques du jour et du lieu exact du sinistre : bulletins de vigilance, relevés de la station Météo-France la plus proche, vitesse du vent enregistrée dans la commune. Cette exigence de preuve météorologique n’est pas théorique. Les juges écartent systématiquement l’argument de la tempête exceptionnelle quand il n’est étayé par aucun relevé objectif : dans un litige où le gardien d’arbres tombés sur des installations électriques invoquait une mini-tornade, le tribunal judiciaire de Coutances, le 5 juin 2025 (RG 24/00040), a retenu qu’il s’agissait d’une cause exonératoire non prouvée et a condamné le gardien à réparer l’intégralité du dommage. Le foyer dont les panneaux ont été arrachés a donc intérêt à réunir lui-même ces relevés, qui serviront à la fois pour sa déclaration à l’assureur et pour démontrer, si l’assureur ou l’installateur minimise l’événement, l’intensité réelle du vent ce jour-là. Prévenez aussi l’installateur par écrit dès que les faits sont constatés : une lettre recommandée décrivant la date, l’heure, l’état de l’installation et les dommages, avec copie des photos. Cette mise en demeure ouvre le dialogue avec son assurance et fige la chronologie, ce qui compte pour la garantie décennale comme pour la prescription.

Relevez sans attendre l’index de votre compteur de production et photographiez l’écran de l’onduleur : ces deux chiffres figent la production au jour du sinistre et serviront de point de départ au calcul de la production perdue. Rassemblez la documentation de l’installation, facture d’achat et de pose, attestations remises à la réception, notices du fabricant, éventuel contrat d’entretien : l’expert vérifiera la puissance installée, l’âge des modules et la conformité de la pose, et chaque pièce manquante allonge l’instruction. Faites établir rapidement deux devis indépendants de remise en état, dépose des éléments dangereux, fourniture de modules équivalents, repose et raccordement, contrôle final : face à l’unique chiffrage de l’expert de l’assureur, un second avis professionnel change le rapport de force, surtout quand l’assureur propose de réparer là où le fabricant préconise le remplacement du module fissuré.

B. Déclaration d’assurance après le coup de vent : cinq jours ouvrés, déchéance et prescription

Le code des assurances impose à l’assuré de déclarer vite et par écrit. « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur. » (article L113-2 du code des assurances) « Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. » Les contrats multirisque habitation fixent presque toujours un délai de cinq jours ouvrés à compter de la connaissance du sinistre ; vérifiez la clause exacte de votre police, car le point de départ court du jour où vous avez découvert les panneaux arrachés, pas nécessairement du jour du coup de vent, notamment pour une résidence secondaire visitée le week-end. Les polices doivent d’ailleurs indiquer « les conditions et modalités de la déclaration à faire en cas de sinistre » (article R112-1 du code des assurances) : lisez-les avant d’appeler, pour adresser une déclaration complète par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique, avec l’inventaire des dommages, les photos, la facture d’installation des panneaux, les factures de production ou de revente et les relevés météorologiques.

Une déclaration adressée après le délai contractuel n’entraîne pas automatiquement la perte de la garantie. « Lorsqu’elle est prévue par une clause du contrat, la déchéance pour déclaration tardive au regard des délais prévus au 3° et au 4° ci-dessus ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que le retard dans la déclaration lui a causé un préjudice. » (article L113-2 du code des assurances) « Elle ne peut également être opposée dans tous les cas où le retard est dû à un cas fortuit ou de force majeure. » L’assureur qui refuse de garantir au motif d’une déclaration tardive doit donc démontrer concrètement en quoi ce retard l’a empêché d’instruire le dossier ; une simple invocation du dépassement de délai, sans préjudice démontré, ne tient pas. De même, les clauses qui édictent des nullités, des déchéances ou des exclusions « ne sont valables que si elles sont mentionnées en caractères très apparents » (article L112-4 du code des assurances) : une exclusion des panneaux solaires ou une déchéance noyée dans les petites lignes des conditions générales peut être contestée sur ce fondement.

Reste le calendrier de l’action en justice, que beaucoup de foyers découvrent trop tard. « Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance. » (article L114-1 du code des assurances) « En cas de sinistre, que du jour où les intéressés en ont eu connaissance, s’ils prouvent qu’ils l’ont ignoré jusque-là. » « Quand l’action de l’assuré contre l’assureur a pour cause le recours d’un tiers, le délai de la prescription ne court que du jour où ce tiers a exercé une action en justice contre l’assuré ou a été indemnisé par ce dernier. » La Cour de cassation veille à l’application stricte de ce délai, mais elle contrôle aussi que l’assureur ne s’en prévale pas sans avoir respecté ses propres obligations d’information : dans un arrêt du 10 novembre 2005 (2e chambre civile, pourvoi n° 04-15.041, lien Cour de cassation), elle a jugé qu’une cour d’appel qui constate que la police stipule que « toutes actions dérivant du présent contrat sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y a donné naissance dans les termes des articles L. 114-1 et L. 114-2 du Code des assurances » en déduit exactement que l’assureur est fondé à opposer la fin de non-recevoir tirée de la prescription biennale. La leçon est double : l’assureur doit avoir rappelé ces dispositions dans la police, et l’assuré doit agir avant l’expiration des deux ans. Heureusement, la désignation d’un expert interrompt le délai : « La prescription est interrompue par une des causes ordinaires d’interruption de la prescription et par la désignation d’experts à la suite d’un sinistre. » (article L114-2 du code des assurances) Dans le même arrêt du 10 novembre 2005, la Cour de cassation précise que « la désignation de l’expert a pour seul effet d’interrompre le délai biennal de prescription qui recommence à courir à compter de cette désignation, et non d’en suspendre les effets pendant la durée des opérations d’expertise » : l’expertise fait repartir un nouveau délai de deux ans, sans le mettre entre parenthèses pendant sa durée.

La déclaration gagne à être envoyée en recommandé avec accusé de réception, y compris sous forme électronique quand le contrat le permet : l’horodatage prouve le respect du délai de cinq jours ouvrés et coupe court à toute discussion sur une déclaration qui aurait été faite par téléphone sans trace. Joignez un bordereau récapitulatif numéroté, photos datées, factures, relevés météo, devis et notices, et conservez-en une copie complète avec les accusés : en cas de litige ultérieur sur le contenu ou la date de la déclaration, c’est ce dossier d’envoi qui fera foi. Si l’assureur missionne un expert, assistez à sa visite ou faites-vous assister par un professionnel de votre choix, et demandez communication de son rapport avant toute offre : accepter une indemnité sans connaître l’évaluation détaillée poste par poste, modules, main-d’œuvre, étanchéité, production perdue, prive de tout levier de contestation.

II. Panneaux solaires brisés par le vent : assureur, installateur et production perdue

A. Garantie tempête et panneaux solaires : biens couverts, franchise, vétusté et production

La garantie tempête n’est pas une option commerciale dont l’assureur modulerait le contenu à sa guise : elle découle de la loi. « Les contrats d’assurance garantissant les dommages d’incendie ou tous autres dommages à des biens situés en France, ainsi que les dommages aux corps de véhicules terrestres à moteur, ouvrent droit à la garantie de l’assuré contre les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones, sur les biens faisant l’objet de tels contrats » (article L122-7 du code des assurances). Les panneaux fixés à la toiture ou intégrés au bâti constituent des biens garantis par la multirisque habitation dès lors qu’ils ont été déclarés à l’assureur : modules fissurés ou envolés, rails et onduleur endommagés, tuiles arrachées avec les fixations, dégâts des eaux consécutifs à la perte d’étanchéité. Vérifiez que votre contrat mentionne bien l’installation solaire et sa valeur, car une installation non déclarée expose à une réduction d’indemnité pour fausse déclaration du risque. Ici encore, la distinction entre la règle légale et la clause contractuelle prend toute son importance : la loi ouvre le droit à garantie, mais « Les indemnisations résultant de cette garantie sont attribuées aux assurés en tenant compte des limites de franchise, du plafond et de la vétusté contractuellement fixés, qui peuvent être différents de ceux prévus au titre de la garantie contre l’incendie. » La franchise tempête, souvent plus élevée que la franchise de base, le plafond par sinistre et l’abattement pour vétusté appliqué à une installation de dix ou quinze ans relèvent du contrat : exigez le détail chiffré de chaque retenue et sa base contractuelle exacte, et contestez par écrit toute retenue qui ne figure pas clairement dans la police. Notre article consacré à la contestation des retenues pour vétusté après un coup de vent détaille pas à pas cette vérification (assurance coup de vent : toiture ancienne et vétusté retenue, comment contester et être indemnisé).

Deux précisions propres aux foyers producteurs méritent l’attention. D’abord la production perdue : « En outre, si l’assuré est couvert contre les pertes d’exploitation, cette garantie est étendue aux effets des tempêtes, ouragans ou cyclones, dans les conditions du contrat correspondant. » (article L122-7 du code des assurances) Pour un particulier, la perte de production revendue ou autoconsommée pendant les semaines d’arrêt ne s’indemnise que si le contrat comporte une extension de ce type ou une garantie des pertes financières annexes : produisez vos factures de revente des douze derniers mois pour chiffrer la perte journalière moyenne, et vérifiez la clause avant de réclamer. Ensuite, le seuil cyclonique : pour un événement où les vents maximaux enregistrés ou estimés sur la zone sinistrée atteignent des valeurs extrêmes, le dossier bascule vers le régime des catastrophes naturelles, avec arrêté interministériel et procédure propre. Avec des rafales envisagées à 120 km/h pour l’épisode de la goutte froide de jeudi 8 octobre, selon actu.fr du 4 octobre 2026, on reste dans le champ de la garantie tempête classique, sans attendre un arrêté de reconnaissance. De façon générale, le coup de vent, même violent, ne constitue pas une catastrophe naturelle au sens juridique : la garantie catastrophes naturelles, qui profite aux contrats couvrant l’incendie puisque ces contrats « ouvrent droit à la garantie de l’assuré contre les effets des catastrophes naturelles » (article L125-1 du code des assurances), suppose un arrêté de reconnaissance demandé par la commune, avec des conditions de mise en œuvre fixées par décret (article L125-2 du code des assurances). N’attendez donc aucun arrêté pour déclarer des panneaux arrachés par le vent : déclarez au titre de la tempête dans les cinq jours ouvrés.

B. Installateur et panneaux arrachés : décennale, cause étrangère et action directe

Quand les fixations ont cédé là où l’installation aurait dû tenir, un second débiteur entre en scène : l’installateur. « Tout constructeur d’un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l’acquéreur de l’ouvrage, des dommages, même résultant d’un vice du sol, qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou l’un de ses éléments d’équipement, le rendent impropre à sa destination. » (article 1792 du code civil) « Une telle responsabilité n’a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d’une cause étrangère. » Une installation solaire dont les rails se sont descellés ou dont les crochets ont rompu sous des rafales que des installations voisines, posées dans les règles, ont supportées sans dommage, oriente vers un défaut de conception ou de pose relevant de cette garantie : le foyer n’a pas à prouver la faute de l’installateur, seulement que l’ouvrage est impropre à sa destination. C’est alors à l’installateur de démontrer la cause étrangère, et le simple fait du vent ne suffit pas : la jurisprudence exige la preuve d’un événement imprévisible, irrésistible et extérieur. La deuxième chambre civile l’a rappelé le 19 septembre 2024 (pourvoi n° 23-10.638, lien Cour de cassation) : « Un événement n’est constitutif de la force majeure permettant de s’exonérer de la responsabilité prévue par ce texte que s’il est imprévisible, irrésistible et extérieur. » Un coup de vent annoncé par les bulletins de vigilance, avec des rafales documentées à 120 km/h, peine à passer ce triple test quand les règles de pose prévoient la tenue à des vents supérieurs : exigez de l’installateur la note de calcul de résistance au vent de votre installation et la preuve que la pose l’a respectée.

En pratique, le foyer victime cumule les voies d’indemnisation sans les confondre : déclaration à son assureur habitation au titre de la garantie tempête, mise en demeure à l’installateur et déclaration à l’assureur responsabilité civile et décennale de ce dernier, avec un atout décisif, l’action directe : « Le tiers lésé dispose d’un droit d’action directe à l’encontre de l’assureur garantissant la responsabilité civile de la personne responsable. » (article L124-3 du code des assurances) En cas de désaccord sur l’évaluation, demandez une contre-expertise amiable, saisissez le médiateur de l’assurance après un premier refus écrit, puis le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble, à Paris comme dans chaque ressort, en respectant le délai de prescription biennale rappelé plus haut. À Paris et en Île-de-France, où les installations en toiture-terrasse ou en surimposition sur petits immeubles se multiplient, conservez avec le même soin les documents remis à la réception des travaux, attestations de conformité et notices de fixation : c’est sur ces documents que l’expert vérifiera si la pose respectait les prescriptions du fabricant. Et si l’offre de l’assureur vous paraît dérisoire au regard du devis de repose et du coût des modules de remplacement, ne l’acceptez pas sans l’avoir fait chiffrer par un professionnel indépendant : une contestation motivée, devis et constats à l’appui, assortie d’une lettre recommandée interruptive de prescription, préserve l’intégralité de vos droits.

La réception des travaux constitue une pièce maîtresse : le procès-verbal de réception, même sans réserve, ne purge pas les désordres relevant de la garantie décennale qui apparaissent ensuite, mais son absence complique la preuve de la date de départ des délais et du contenu exact de la commande. Si vous ne retrouvez plus ce document, réclamez-en une copie à l’installateur par écrit en même temps que la mise en demeure : son silence ou son refus sera relevé par le juge. La mise en demeure elle-même doit décrire précisément les désordres, fixer un délai raisonnable d’intervention, rappeler la garantie décennale et annoncer qu’à défaut vous ferez procéder aux réparations par un tiers aux frais de l’installateur, après autorisation judiciaire si nécessaire : une mise en demeure vague ou purement téléphonique ne produit aucun de ces effets.

Conclusion

Les panneaux arrachés par le coup de vent de la goutte froide ne laissent personne sans recours, à condition d’agir dans l’ordre : sécuriser l’installation avec un professionnel, photographier chaque rupture avant nettoyage, réunir les relevés météorologiques du jour exact, déclarer à l’assureur dans les cinq jours ouvrés, exiger le détail de chaque franchise et de chaque abattement, puis mettre en demeure l’installateur quand la fixation a failli et, au besoin, agir directement contre son assureur. La garantie tempête couvre les panneaux déclarés comme biens garantis, avec les limites contractuelles de franchise, de plafond et de vétusté, tandis que l’installateur répond de plein droit sauf cause étrangère prouvée. C’est cette rigueur documentaire, dès les premières heures, qui transforme une toiture éventrée en dossier indemnisé.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».