Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Contrôle fiscal à distance en 2026 : l’inspecteur reste dans ses bureaux, comment préparer vos pièces et contester le redressement

Vous venez de recevoir un avis de vérification de comptabilité et, surprise, l’inspecteur ne vous propose plus de passer dans vos locaux. Il vous convoque dans les bureaux de l’administration ou vous impose un contrôle à distance, avec envoi dématérialisé de vos pièces et échanges en visioconférence. Depuis l’actualité BOFiP du 21 janvier 2026, qui commente l’article 117 de la loi de finances pour 2024, l’administration a la faculté de tenir le contrôle fiscal en un lieu convenu avec le contribuable ou, à défaut d’accord, dans ses propres locaux, y compris pour les vérifications en cours au 1er janvier 2024. Pour une TPE ou une PME parisienne dont la comptabilité est tenue par un expert-comptable externe, ce changement de décor modifie concrètement la préparation du contrôle, la conservation des preuves des échanges et, plus tard, la contestation du redressement. Cet article expose la marche à suivre, pièce par pièce et délai par délai : vérifier l’avis de vérification et exiger la charte du contribuable vérifié, cadrer le lieu du contrôle et sa durée, répondre à la proposition de rectification dans le délai franc de trente jours prorogeable à soixante, puis contester utilement devant l’interlocuteur départemental, la commission compétente et le tribunal. Chaque étape s’appuie sur les textes du livre des procédures fiscales et sur la jurisprudence récente de la Cour de cassation, du Conseil d’État et des cours administratives d’appel, cités à la lettre.

I. Contrôle fiscal à distance en 2026 : avis de vérification reçu, que préparer quand l’inspecteur ne se déplace plus

Le contrôle à distance ne supprime aucune garantie. Il déplace le contrôle hors de vos murs, ce qui rend la procédure plus écrite, plus rapide pour l’administration, et plus exigeante pour vous sur la traçabilité. La première bataille se joue donc avant tout examen au fond : sur la régularité de l’avis de vérification et sur l’organisation matérielle des opérations.

A. Avis de vérification reçu : années contrôlées, droit au conseil et charte à exiger dès le premier jour

Tout commence par un document que beaucoup de dirigeants rangent trop vite dans un tiroir : l’avis de vérification. Or ce document conditionne la validité de tout ce qui suit. Aux termes de l’article L. 47 du livre des procédures fiscales, « Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d’une personne physique au regard de l’impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l’envoi ou la remise d’un avis de vérification ou par l’envoi d’un avis d’examen de comptabilité » (article L. 47 du livre des procédures fiscales). Concrètement, dès réception, contrôlez trois mentions. Premièrement, les années soumises à vérification doivent être précisées : l’avis « doit préciser les années soumises à vérification », et cette précision délimite le périmètre que le vérificateur ne pourra pas dépasser sans nouvel acte. Deuxièmement, l’avis doit mentionner expressément que vous pouvez vous faire assister par un conseil de votre choix, et cette mention est prescrite « sous peine de nullité de la procédure ». Troisièmement, l’avis vous informe que la charte des droits et obligations du contribuable vérifié peut être consultée sur le site internet de l’administration fiscale ou vous être remise sur simple demande.

En pratique, exigez sans attendre la remise de cette charte si elle ne figure pas en annexe de l’avis. Elle détaille le déroulement des opérations, vos droits à chaque stade et les recours internes, dont la saisine de l’interlocuteur départemental. Dans un contrôle à distance, demandez en outre par écrit où se tiendront les opérations : dans vos locaux, dans un lieu convenu avec le vérificateur, ou dans les locaux de l’administration. L’actualité BOFiP du 21 janvier 2026 commentant l’article 117 de la loi de finances pour 2024 prévoit en effet que le contrôle peut se tenir en un lieu convenu avec vous ou, à défaut d’accord, dans les bureaux de l’administration. Si vous acceptez un lieu convenu, faites-le par écrit et conservez la preuve de l’accord. Si vous refusez la visioconférence ou le lieu proposé, motivez ce refus par écrit, par exemple en invoquant la nécessité de présenter des documents physiques volumineux ou la confidentialité de vos locaux, et proposez une alternative précise avec des dates.

Anticipez aussi le cas du contrôle inopiné. Le même article L. 47 du livre des procédures fiscales prévoit qu’en cas de contrôle inopiné tendant à la constatation matérielle des éléments physiques de l’exploitation ou de l’existence et de l’état des documents comptables, l’avis de vérification et la charte sont remis au contribuable au début des opérations de constatations matérielles, et que « L’examen au fond des documents comptables ne peut commencer qu’à l’issue d’un délai raisonnable permettant au contribuable de se faire assister par un conseil ». Autrement dit, même surpris un matin par deux vérificateurs, vous disposez d’un sas : exigez la remise immédiate de l’avis et de la charte, prenez contact dans la journée avec votre expert-comptable et votre avocat, et ne laissez commencer l’examen au fond qu’après avoir organisé votre assistance. Faites consigner par écrit la date et l’heure de remise des documents et le report convenu pour l’examen au fond.

Le premier réflexe consiste donc à constituer dès la réception de l’avis un dossier de procédure : enveloppe et accusé de réception conservés, avis et charte classés, échanges avec le vérificateur confirmés par courriel après chaque appel téléphonique, relevés de compte demandés uniquement si l’avis les vise. Vérifiez également le délai de reprise applicable à vos exercices : pour l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés, « le droit de reprise de l’administration des impôts s’exerce jusqu’à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l’imposition est due » (article L. 169 du livre des procédures fiscales), porté à dix ans en cas d’activité occulte. Si l’avis porte sur des années prescrites, signalez-le immédiatement par écrit, car c’est une cause de décharge intégrale des rappels correspondants. Enfin, si votre société n’a pas déposé certaines déclarations, sachez que l’administration peut recourir à la taxation d’office : « Sont taxés d’office : 1° à l’impôt sur le revenu, les contribuables qui n’ont pas déposé dans le délai légal la déclaration d’ensemble de leurs revenus », et de même pour les sociétés et les taxes sur le chiffre d’affaires (article L. 66 du livre des procédures fiscales). Dans ce cas, déposer rapidement les déclarations manquantes, même tardivement, avant la mise en œuvre de la procédure d’office, reste souvent le geste le plus rentable du contrôle.

B. Contrôle dans les bureaux de l’administration ou en visio : durée limitée, pièces à transmettre et débat oral à imposer

Une fois l’avis vérifié, le contrôle entre dans sa phase active. À distance, le risque principal est l’effacement : des envois de fichiers sans bordereau, des visioconférences sans compte rendu, des demandes complémentaires orales dont personne ne retrouve la trace. La parade tient en une discipline simple : tout ce qui compte doit exister par écrit, daté et accusé réception.

Premier garde-fou, la durée. Pour les petites entreprises, la vérification sur place des livres ou documents comptables « ne peut s’étendre sur une durée supérieure à trois mois » sous peine de nullité de l’imposition, lorsque le chiffre d’affaires ou les recettes n’excède pas les seuils légaux, et ce régime vaut aussi quand un même vérificateur contrôle plusieurs catégories d’impôts (article L. 52 du livre des procédures fiscales). Notez précisément la date de la première intervention sur place et celle de la dernière, car le dépassement du délai de trois mois, même d’un jour, entraîne la nullité des impositions établies à la suite de cette vérification pour les entreprises éligibles. Si le contrôle se déroule dans les locaux de l’administration, conservez les convocations et les feuilles de présence : elles permettent de reconstituer la chronologie réelle des opérations en cas de litige sur la durée.

Deuxième garde-fou, la liste des pièces. Préparez un dossier structuré : liasses fiscales et déclarations des années vérifiées, grand-livre et balances, factures d’achat et de vente avec leur classement, contrats significatifs, relevés bancaires professionnels, tableaux d’immobilisations et d’amortissements, procès-verbaux d’assemblées ayant décidé d’opérations exceptionnelles, et, pour les entreprises relevant de la facturation électronique, les fichiers d’écritures comptables dans leur format d’origine. Chaque envoi au vérificateur doit s’accompagner d’un bordereau daté et signé listant chaque document transmis, avec en retour un accusé de réception. En visioconférence, exigez un ordre du jour écrit avant chaque réunion et adressez ensuite un compte rendu récapitulant ce qui a été présenté, demandé et convenu. Cette méthode remplit deux fonctions : elle démontre votre coopération loyale, ce qui pèse sur l’appréciation des pénalités, et elle fige les engagements du vérificateur, notamment lorsqu’il annonce qu’un point est soldé.

Troisième garde-fou, le débat oral et contradictoire. C’est une garantie substantielle attachée à la vérification de comptabilité : le vérificateur doit vous permettre de discuter réellement de ses constats avant de les figer dans la proposition de rectification. À distance, réclamez expressément au moins une réunion de synthèse, en visioconférence ou en présentiel, avant la clôture des opérations, et préparez-y vos réponses point par point. La jurisprudence applique ici une règle de preuve stricte : « c’est au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu’il ait eu la possibilité d’avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat » (cour administrative d’appel de Paris, 17 juillet 2023, n° 22PA02928, arrêt CAA Paris 22PA02928 sur Legifrance). Dans cette affaire, la cour a jugé que « la seule circonstance que Mme B… n’aurait rencontré la vérificatrice qu’à deux reprises ne serait pas à elle seule susceptible d’établir qu’elle aurait été, ce faisant, privée de la garantie du débat oral et contradictoire attachée à la vérification de comptabilité ». La leçon opérationnelle est directe : ne vous contentez pas de compter les réunions, constituez la preuve du refus de débat. Adressez au vérificateur des demandes écrites de rendez-vous restées sans réponse, des courriels réclamant la discussion d’un point précis, des observations écrites sur ses constats provisoires. À l’inverse, si le vérificateur organise plusieurs échanges documentés et une réunion de synthèse, contester ensuite l’absence de débat devient très difficile.

Quatrième garde-fou, les demandes d’éclaircissements en cours de contrôle. Chaque notification de l’administration appelle une réponse dans un délai que l’article L. 11 fixe à trente jours : « A moins qu’un délai ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre aux demandes de renseignements, de justifications ou d’éclaircissements et, d’une manière générale, à toute notification émanant d’un agent de l’administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification » (article L. 11 du livre des procédures fiscales). Tenez un tableau de bord des demandes reçues, avec date de réception, échéance et date d’envoi de la réponse, et ne laissez jamais une demande sans réponse écrite, même pour solliciter un délai complémentaire. L’absence de réponse à une demande ciblée peut fonder une taxation d’office ou une majoration, alors qu’une réponse même partielle, assortie d’un calendrier de production des pièces, préserve vos droits.

II. Proposition de rectification reçue : répondre en trente jours et contester le redressement sans faute de procédure

La proposition de rectification est l’acte central du contrôle : c’est elle qui énonce les rehaussements envisagés, leurs motifs et leurs montants, et c’est sur elle que se construira tout le contentieux ultérieur. Beaucoup de dirigeants la lisent comme une facture à payer ou à refuser en bloc. C’est une erreur. Il faut la lire comme un mémoire adverse auquel vous devez répliquer point par point, dans un délai couperet, avec des pièces.

A. Trente jours francs, soixante sur demande : la réponse écrite qui conditionne tout le contentieux

Le principe est posé par l’article L. 57 du livre des procédures fiscales : « L’administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation » (article L. 57 du livre des procédures fiscales). La motivation doit être suffisante pour que vous puissiez répondre utilement : nature et motifs de chaque rectification, montants, années, textes appliqués. Si une rectification est obscure ou ne vise aucun texte, exigez par écrit des précisions complémentaires tout en préparant votre réponse au fond, car l’insuffisance de motivation est un moyen de nullité que le juge apprécie au regard de votre capacité réelle à vous défendre.

Le délai de réponse est un délai franc de trente jours à compter de la réception, et il peut être porté à soixante jours sur votre demande : « Sur demande du contribuable reçue par l’administration avant l’expiration du délai mentionné à l’article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours ». Le Conseil d’État a fixé la portée exacte de ce mécanisme : « un contribuable dispose d’un délai franc de trente jours pour faire connaître ses observations sur la proposition de rectification et que la durée de ce délai peut être portée à soixante jours à sa demande » (Conseil d’État, 21 décembre 2022, n° 462224, arrêt CE 462224 sur Legifrance). Dans cette espèce, le contribuable avait demandé la prorogation, l’administration en avait pris acte, et la cour avait jugé ses observations tardives au motif qu’il avait disposé d’un unique délai franc prorogé expirant le 19 août, ses observations du 20 août arrivant un jour trop tard. Retenez la règle opérationnelle : il n’existe pas deux délais successifs de trente jours, mais un seul délai franc prorogé. Adressez donc votre demande de prorogation par écrit, en recommandé avec accusé de réception, avant l’expiration du premier délai de trente jours, conservez la preuve de réception par l’administration, et faites partir votre réponse au plus tard la veille de l’échéance prorogée. Un jour de retard suffit à rendre vos observations irrecevables et à figer les rectifications.

Sur le fond, construisez votre réponse comme un mémoire : reprenez chaque chef de rectification dans l’ordre de la proposition, indiquez pour chacun si vous l’acceptez ou le contestez, exposez vos arguments avec renvoi aux pièces numérotées jointes, et concluez par un récapitulatif chiffré. Joignez tout ce qui soutient votre position : factures manquantes retrouvées, contrats, attestations de tiers, extraits de comptes, expertises. Si vous acceptez partiellement certains rappels, dites-le expressément : l’acceptation partielle réduit l’assiette du litige, limite les intérêts et les pénalités futures, et crédibilise vos contestations sur le reste. Si vous contestez la méthode de reconstitution du chiffre d’affaires, comme dans l’affaire jugée par la cour administrative d’appel de Paris précitée où le vérificateur avait reconstitué les recettes d’un salon à partir des consommations de serviettes et de shampooing, attaquez la méthode elle-même : hypothèses de quantités, prix moyens retenus, variations de stocks, ventes directes de produits, et produisez vos propres calculs alternatifs avec leurs justificatifs.

N’oubliez pas les pénalités. La proposition distingue les droits rappelés et les majorations : intérêt de retard, majoration pour manquement délibéré, voire manœuvres frauduleuses. Contestez chaque majoration séparément, car leur régime probatoire diffère : l’administration doit établir les faits qui fondent la majoration, et une comptabilité globalement probante avec des erreurs isolées ne suffit pas à caractériser le manquement délibéré. Demandez également, dès ce stade, le bénéfice des garanties procédurales applicables à votre situation, et préparez déjà l’argumentaire pour l’interlocuteur départemental au cas où l’administration maintiendrait ses positions.

B. Redressement maintenu : interlocuteur, commission, réclamation et tribunal, avec le réflexe Paris / Île-de-France

Si l’administration maintient tout ou partie des rectifications après votre réponse, elle vous notifie sa position et met les impositions en recouvrement. Le contentieux entre alors dans sa deuxième phase, où chaque palier doit être actionné dans l’ordre et dans les délais, sous peine d’irrecevabilité définitive.

Premier palier, les recours internes. La charte des droits et obligations du contribuable vérifié, opposable à l’administration en application de l’article L. 10 du livre des procédures fiscales, prévoit que si le vérificateur a maintenu ses rectifications, des éclaircissements supplémentaires peuvent être fournis par l’inspecteur départemental ou principal, puis, en cas de divergences persistantes, par l’interlocuteur spécialement désigné par le directeur dont dépend le vérificateur : « Si le vérificateur a maintenu totalement ou partiellement les rectifications envisagées, des éclaircissements supplémentaires peuvent vous être fournis si nécessaire par l’inspecteur départemental ou principal. Si, après ces contacts, des divergences importantes subsistent, vous pouvez faire appel à l’interlocuteur spécialement désigné par le directeur dont dépend le vérificateur » (charte citée par la cour administrative d’appel de Paris, 17 juillet 2023, n° 22PA02928, arrêt CAA Paris 22PA02928 sur Legifrance). Saisissez systématiquement cet interlocuteur : l’entretien, préparé avec un dossier chiffré et hiérarchisé, aboutit fréquemment à des abandons partiels, notamment sur les pénalités et les chefs de rectification les plus fragiles. Préparez trois documents pour cet entretien : une note d’une page résumant chaque point encore en litige avec son enjeu chiffré, un jeu de pièces nouvelles classées, et une proposition de sortie chiffrée distinguant les droits et les pénalités.

Deuxième palier, les commissions. Lorsque le désaccord persiste sur les rectifications notifiées, « l’administration, si le contribuable le demande, soumet le litige à l’avis soit de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires prévue à l’article 1651 du code général des impôts, soit de la Commission nationale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires prévue à l’article 1651 H du même code », ou des autres instances énumérées par le texte (article L. 59 du livre des procédures fiscales). La saisine de la commission compétente suspend la mise en recouvrement des impositions concernées et offre un examen collégial du dossier, avec audition du contribuable. Vérifiez soigneusement que votre litige relève bien d’une matière susceptible d’être soumise à la commission saisie, car certaines questions de droit en sont exclues, et formulez votre demande par écrit dès la notification du maintien des rectifications.

Troisième palier, la réclamation contentieuse puis le tribunal. Après la mise en recouvrement, adressez votre réclamation au service des impôts, en reprenant l’intégralité de votre argumentation avec les pièces, puis, en cas de rejet explicite ou implicite, portez le litige devant le tribunal administratif. Pour une entreprise francilienne, le tribunal compétent dépend du lieu d’imposition : le tribunal administratif de Paris pour les impositions établies à Paris, le tribunal administratif de Montreuil pour la Seine-Saint-Denis et une partie des dossiers de la petite couronne, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise pour le Val-d’Oise et les Yvelines, le tribunal administratif de Melun pour la Seine-et-Marne. En appel, vos affaires relèveront de la cour administrative d’appel de Paris ou de celle de Versailles selon le tribunal d’origine. Concrètement, anticipez les délais de déplacement et de communication avec votre conseil parisien, centralisez les originaux des pièces dans un lieu unique en Île-de-France accessible à votre expert-comptable, et programmez la réunion de synthèse avec le vérificateur dans des locaux permettant la projection des tableaux chiffrés, y compris lorsque le contrôle se déroule à distance. Les entreprises dont l’expert-comptable est installé à Paris et dont l’exploitation se situe en banlieue veilleront à désigner dès l’avis de vérification un interlocuteur unique joignable en journée, car les vérificateurs franciliens multiplient les demandes complémentaires par messagerie avec des échéances courtes.

Au stade du paiement, deux réflexes protègent votre trésorerie. D’une part, examinez avec votre conseil l’opportunité de demander le sursis de paiement pour les impositions contestées, en constituant les garanties exigées, afin d’éviter les mesures d’exécution forcée pendant le contentieux. D’autre part, ne laissez jamais passer un délai de réclamation ou de recours : un moyen de fond excellent ne sauve jamais une requête tardive. Tenez donc, de l’avis de vérification jusqu’au jugement, un calendrier unique des échéances partagé entre le dirigeant, l’expert-comptable et l’avocat, avec une alerte une semaine avant chaque date couperet. Pour approfondir la défense de vos intérêts devant l’administration et le juge, vous pouvez consulter la présentation du contentieux commercial et fiscal accompagné à Paris, qui décrit les interventions possibles à chaque stade de la procédure.

Conclusion

Le contrôle fiscal à distance ne change ni les textes ni les garanties, mais il change la manière de les faire valoir. Vérifiez l’avis de vérification et exigez la charte dès le premier jour, imposez l’écrit pour chaque envoi et chaque réunion, surveillez la durée de trois mois applicable aux petites entreprises, répondez à la proposition de rectification dans le délai franc de trente jours prorogeable à soixante, puis enchaînez sans rupture l’interlocuteur départemental, la commission compétente, la réclamation et le tribunal. Chacun de ces paliers peut réduire ou effacer le redressement, à condition d’y arriver avec un dossier complet et des délais respectés. Face à un vérificateur qui reste dans ses bureaux, la meilleure défense reste la même que sur place : des pièces classées, des écrits datés et une contestation argumentée point par point.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».