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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Projet informatique en échec (ERP, site, SaaS sur mesure) : mise en demeure, suspension, expertise, résiliation et réparation (2026)

Introduction.

Vous avez signé pour un progiciel de gestion, une refonte de site ou un logiciel sur mesure. Les mois passent, les factures s’empilent, et l’outil ne fait toujours pas ce pour quoi vous l’avez acheté : les commandes ne se préparent pas, le site n’est pas en ligne, les connecteurs promis manquent. Le prestataire réclame le solde, propose un devis complémentaire pour achever le travail, et vous menace de couper l’accès si vous ne payez pas. Faut-il payer pour garder la relation, suspendre les règlements, ou rompre tout de suite ? La réponse tient en trois réflexes que les juges appliquent avec constance : faire constater l’échec par écrit et par un tiers, mettre en demeure dans les formes qui ouvrent la résolution, puis choisir la voie de sortie — résolution judiciaire ou résiliation unilatérale — en mesurant ce que chacun peut récupérer. Trois décisions récentes l’illustrent concrètement : le tribunal de commerce de Chartres le 29 avril 2026 pour un progiciel Sage, la cour d’appel de Lyon le 28 mai 2025 pour un autre progiciel, et la cour d’appel d’Aix-en-Provence le 24 juin 2026 pour un site internet jamais mis en service. Cet article décrit le parcours utile, pièce par pièce, pour sortir d’un projet informatique en échec et obtenir réparation, avec les textes applicables, trois décisions récentes longuement motivées et les réflexes de preuve qui font gagner.

I. Faire constater l’échec et mettre le prestataire face à ses obligations

A. Écrire, faire constater et sécuriser la preuve avant de rompre

Tout commence par des écrits précis. Tant que les reproches restent oraux, le litige se résume à une parole contre une autre, et le prestataire soutiendra que les difficultés viennent de votre manque de collaboration. Adressez des courriers datés qui décrivent les fonctions manquantes une par une, en les rattachant au devis, au cahier des charges ou à la proposition commerciale : tel module de préparation des commandes inutilisable, tel connecteur transporteur absent, telle mise en service promise à telle date et jamais intervenue. Dans l’affaire jugée à Chartres, le client avait mis en demeure son prestataire par courriers des 24 mars et 12 avril 2023 de mettre le logiciel en conformité, après une livraison prévue le 24 mars 2023 ; le tribunal s’est appuyé sur ces écrits et sur la correspondance du prestataire lui-même, qui avait admis que des fonctions essentielles étaient dysfonctionnelles ou absentes, pour caractériser l’inexécution.

Faites ensuite constater la situation par un tiers. Un constat de commissaire de justice qui décrit les écrans, les messages d’erreur et les fonctions inaccessibles fige l’état du système à une date certaine, avant que le prestataire ne corrige en hâte ou ne coupe l’accès. Les frais de ce constat entrent dans les dépens en cas de succès, comme l’a jugé le tribunal de Chartres. Conservez aussi les comptes rendus d’intervention du prestataire : dans l’affaire lyonnaise, les propres comptes rendus du fournisseur, qui mentionnaient encore une analyse des besoins et des problèmes d’ergonomie plusieurs semaines après l’installation, ont démontré qu’il avait vendu son progiciel sans étude préalable des méthodes de travail du client.

Quand le litige s’annonce et que des éléments risquent de disparaître — journaux de connexion, versions successives, codes sources, accès administrateur — l’article 145 du code de procédure civile permet de demander en référé, avant tout procès, une mesure d’instruction comme une expertise, « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige ». L’expertise judiciaire fige les manquements techniques et donne au juge un avis indépendant sur l’adéquation de la solution aux besoins exprimés. Elle se prépare tôt, dès que la rupture devient probable, car un système modifié ou un accès révoqué rend la preuve bien plus difficile.

Enfin, ne laissez pas le prestataire vous enfermer dans ses propres constats. Les conditions générales prévoient souvent que les interventions sont réputées validées faute de contestation sous vingt-quatre heures, ou que les rapports d’intervention valent acceptation. Le tribunal de Chartres a écarté une clause de ce type : elle peut régir le suivi quotidien des tâches techniques, mais elle ne couvre pas la défaillance globale d’un système inadapté dans son architecture même. Contestez donc chaque rapport par écrit quand le fond n’y est pas, même brièvement, pour éviter que des validations ponctuelles ne soient retournées contre vous.

Relisez aussi la clause résolutoire si le contrat en contient une : elle organise sa propre procédure — manquement visé, mise en demeure avec délai, notification — et le juge vérifie que vous l’avez respectée à la lettre avant de constater la résolution de plein droit. Quand le contrat prévoit des pénalités de retard, appliquez-les par écrit dès que le calendrier contractuel est dépassé : elles créent une pression chiffrée et documentent le retard pour la suite. Et si une partie des livrables fonctionne alors que l’ensemble reste inutilisable, l’article 1217 du code civil déjà cité permet aussi de demander une réduction du prix plutôt que la résolution totale : cette voie médiane convient aux projets où seuls un ou deux modules sont défaillants et où vous souhaitez conserver le système en payant le juste prix. Dans tous les cas, chaque décision — suspendre, réduire, résoudre — se notifie par écrit, avec la date, les faits et le fondement invoqué, car c’est sur ces courriers que le juge reconstruira la chronologie.

B. Exiger du prestataire ce que les juges exigent de lui : conseil, adéquation et délivrance effective

Le prestataire informatique n’est pas un simple vendeur de licences : les juges lui imposent un devoir de conseil renforcé, avant et pendant le projet. L’article 1112-1 du code civil dispose que « Celle des parties qui connaît une information dont l’importance est déterminante pour le consentement de l’autre doit l’en informer dès lors que, légitimement, cette dernière ignore cette information ou fait confiance à son cocontractant ». En informatique, cela signifie que le fournisseur doit s’informer de vos besoins réels, vérifier que sa solution y répond, et vous alerter sur les changements de pratiques qu’elle implique, avant de vous faire signer.

La cour d’appel de Lyon, le 28 mai 2025 (n° RG 21/08394), en donne une illustration nette. Un éditeur avait vendu un progiciel à une société sans établir de cahier des charges préalable, en prévoyant que l’analyse des pratiques du client n’interviendrait qu’après installation, au stade du paramétrage. Quelques semaines après le démarrage, la cliente signalait que le module de devis touchait à la conception même du logiciel et à ses méthodes de travail, puis renonçait au projet. La cour a retenu que le prestataire avait commercialisé son progiciel sans vérification préalable de son adéquation aux besoins du client, et que le caractère paramétrable de l’outil ne garantissait pas sa compatibilité avec les méthodes de travail existantes, et que l’absence de démonstration préalable privait la cliente de la possibilité de connaître exactement ce qu’elle achetait. Le manquement au devoir précontractuel de conseil a entraîné l’erreur de la cliente sur les qualités essentielles du produit et justifié la nullité du contrat, avec restitution des 12 180 euros versés.

Le tribunal de Chartres, le 29 avril 2026, complète le tableau pour la phase d’exécution. Le budget initial de 32 368 euros hors taxes était passé à 62 319,66 euros facturés, et le prestataire proposait encore 19 516 euros de travaux complémentaires pour rendre le système opérationnel : cette dérive de 152 % a démontré, selon le tribunal, un manquement au devoir de cadrage et de conseil. Surtout, le tribunal a écarté l’argument du client averti : même assisté d’un cabinet pour l’audit initial, même doté de compétences internes, le client ne décharge pas le prestataire de son obligation de s’assurer de l’adéquation technique de la solution qu’il préconise, dès lors que le prestataire a lui-même reconnu l’incapacité structurelle de son système à remplir les fonctions critiques de l’activité. De même, la cour d’appel d’Aix-en-Provence, le 24 juin 2026 (n° RG 24/01259), rappelle que le prestataire doit recueillir du client toutes les informations nécessaires à la bonne réalisation, et sa délivrance conforme suppose une mise au point effective chez le client, sans laquelle l’obligation n’est pas pleinement exécutée : fournir une première version non fonctionnelle, assortie d’un guide de recette de 38 pages resté sans réponse, constitue une faute grave justifiant la résolution.

Face à cela, deux moyens de défense reviennent en boucle et doivent être anticipés. Le premier est le reproche de non-collaboration : il ne tient que si le prestataire prouve ce qu’il vous a concrètement demandé et ce que vous n’avez pas fourni ; à Lyon comme à Aix, les juges ont constaté que les clients avaient transmis leurs documents et répondu aux sollicitations, et que les blocages tenaient à la conception du produit. Le second est la validation tacite ou la réception sans réserve : elle ne couvre que ce qui a été réellement vérifié et accepté en connaissance de cause. Organisez donc une recette écrite et contradictoire, fonction par fonction, avec des réserves détaillées et datées ; une maquette ou une version partielle n’est pas une livraison.

II. Sortir du contrat et obtenir réparation sans aggraver la casse

A. Choisir la voie de sortie : résolution judiciaire ou résiliation unilatérale, et récupérer ce qui a été payé

L’article 1217 du code civil offre au créancier d’une obligation inexécutée plusieurs sanctions cumulables : « refuser d’exécuter ou suspendre l’exécution de sa propre obligation », « poursuivre l’exécution forcée », « obtenir une réduction du prix », « provoquer la résolution du contrat » et « demander réparation ». En pratique, trois leviers comptent. D’abord, la suspension du paiement : quand le prestataire ne livre pas un système utilisable, vous pouvez suspendre le règlement des factures contestées, en le notifiant par écrit et en consignant si possible les sommes, plutôt qu’en cessant tout paiement sans explication. Ensuite, la mise en demeure de s’exécuter sous un délai raisonnable, qui ouvre toutes les voies suivantes. Enfin, la résolution elle-même, qui prend deux formes.

La résolution judiciaire, sur le fondement de l’article 1224 du code civil — « La résolution résulte soit de l’application d’une clause résolutoire soit, en cas d’inexécution suffisamment grave, d’une notification du créancier au débiteur ou d’une décision de justice » — reste la voie la plus sûre quand les sommes en jeu sont importantes ou que le prestataire conteste tout. C’est elle qu’ont prononcée les tribunaux de Chartres et d’Aix : inexécution des obligations essentielles, système inexploitable ou site jamais opérationnel, donc gravité établie. La résolution unilatérale par notification, prévue par l’article 1226 du code civil — « Le créancier peut, à ses risques et périls, résoudre le contrat par voie de notification », après mise en demeure sauf urgence, la notification devant mentionner que « le créancier sera en droit de résoudre le contrat » à défaut d’exécution — permet d’agir vite, par exemple pour faire cesser des prélèvements ou reprendre la main sur vos données, mais elle se fait à vos risques et périls : si le juge estime ensuite l’inexécution insuffisamment grave, c’est vous qui serez considéré comme l’auteur de la rupture. Réservez-la aux situations documentées où l’échec est manifeste, et faites toujours précéder la notification de la mise en demeure qui mentionne expressément la résolution encourue.

La sortie emporte des restitutions, dans les conditions des articles 1352 et suivants, et l’article 1229 du code civil précise que « Lorsque les prestations échangées ne pouvaient trouver leur utilité que par l’exécution complète du contrat résolu, les parties doivent restituer l’intégralité de ce qu’elles se sont procuré l’une à l’autre ». C’est le point décisif pour un progiciel ou un site : à Chartres, le tribunal a jugé que l’installation d’un progiciel forme un tout indivisible dont l’utilité pour le client ne naît qu’avec une mise en service pleinement opérationnelle, de sorte que les prestations de paramétrage et de formation, pourtant consommées, étaient dépourvues d’utilité résiduelle et devaient être restituées intégralement — soit 47 342,94 euros nets après compensation avec le solde de factures. À Aix, l’acompte de 3 900 euros a été restitué pour un site jamais opérationnel. Préparez donc la compensation entre les sommes que vous avez versées et celles que le prestataire vous réclame, factures à l’appui.

Deux clauses reviennent dans chaque contrat et méritent un sort particulier. La clause limitative de responsabilité, qui plafonne l’indemnisation ou exclut les préjudices indirects, ne protège pas le prestataire contre la résolution prononcée à ses torts exclusifs : à Chartres, le tribunal l’a déclarée inopposable dès lors que les manquements portaient sur les obligations essentielles. La clause de validation tacite à vingt-quatre heures, comme vu plus haut, ne couvre pas la défaillance globale. Faites relire ces clauses avant d’agir, mais ne les considérez jamais comme une fin de non-recevoir.

La nullité pour vice du consentement constitue une voie parallèle à la résolution, illustrée par l’arrêt de Lyon : quand le manquement du prestataire à son devoir d’information a provoqué une erreur sur les qualités essentielles du produit — un module de devis inutilisable alors que c’était le cœur du besoin exprimé dès le premier contact — le contrat peut être annulé et les prestations restituées de part et d’autre. Cette voie présente un avantage tactique : elle sanctionne la phase précontractuelle, avant même de discuter de l’exécution, et prive d’effet les clauses qui organisent la poursuite du projet. Elle suppose toutefois de démontrer que l’erreur porte sur une qualité entrée dans le champ contractuel et qu’elle est excusable, c’est-à-dire que le client, même professionnel, pouvait légitimement se fier aux affirmations du prestataire sur la souplesse et la facilité d’utilisation du produit. En pratique, plaidez les deux voies à titre principal et subsidiaire — résolution pour inexécution grave, nullité pour erreur provoquée par le manquement au devoir de conseil — et laissez le juge choisir la mieux établie par vos pièces.

B. Chiffrer le préjudice réel et récupérer vos données avant de tourner la page

Obtenir la résolution ne suffit pas : encore faut-il être indemnisé de ce que l’échec vous a coûté. L’article 1231-1 du code civil dispose que « Le débiteur est condamné, s’il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l’inexécution de l’obligation, soit à raison du retard dans l’exécution, s’il ne justifie pas que l’exécution a été empêchée par la force majeure ». Le principe est acquis quand la faute du prestataire est établie ; le montant, lui, se prouve euro par euro. Les deux décisions récentes adressent le même avertissement aux clients : à Chartres, la demande de 15 000 euros pour préjudice de désorganisation a été rejetée faute d’élément matériel prouvant un coût salarial spécifique ou une perte d’exploitation ; à Lyon, la demande de 3 000 euros du client a été rejetée car quatre journées d’intervention ne démontraient pas un préjudice dépassant la sollicitation normale de son personnel. Constituez donc dès le projet un dossier chiffré : heures internes passées au projet, retards de facturation ou de production, coût du prestataire de remplacement, perte de commandes traçable. À Aix, la perte de chance liée à la privation de site et de clients potentiels a été indemnisée à hauteur de 2 000 euros, causation et pièces à l’appui.

Chiffrez également le surcoût du projet de remplacement : quand le second prestataire parvient, dans le même délai, à livrer ce que le premier n’a jamais rendu opérationnel — comme à Aix, où le nouveau site a été mis en service pendant que le premier restait inachevé — la comparaison des calendriers et des factures objective le préjudice. Conservez les devis concurrents, les bons de commande du nouveau prestataire et les attestations de mise en service, car ils transforment un retard abstrait en surcoût daté. Si le prestataire défaillant vous réclame des pénalités contractuelles, des intérêts majorés ou des indemnités forfaitaires de recouvrement, contestez-les en mirror de votre demande principale : à Chartres, toutes ces demandes reconventionnelles ont été rejetées dès lors que la résolution était prononcée aux torts exclusifs du prestataire. La symétrie joue dans les deux sens, et un prestataire qui a failli sur l’essentiel ne peut pas se refaire sur les accessoires.

Vérifiez enfin la clause attributive de juridiction avant d’assigner : dans l’affaire de Chartres, le tribunal de commerce de Toulouse s’est déclaré incompétent au profit de celui de Chartres en application de la clause du contrat, après une ordonnance d’injonction de payer rendue entre-temps. Assigner devant la mauvaise juridiction fait perdre des mois et expose à une injonction de payer obtenue entre-temps par le prestataire sur les factures impayées. Saisissez la juridiction désignée par le contrat, ou à défaut celle du lieu d’exécution ou du domicile du défendeur, et préparez l’opposition à toute injonction de payer sollicitée en parallèle par le prestataire. Pensez aussi au temps de la procédure. Les jugements de première instance sont exécutoires de droit à titre provisoire, et les restitutions portent intérêts au taux légal ; à l’inverse, si vous êtes condamné à payer un solde, le juge peut accorder des délais de paiement dans la limite de deux ans en tenant compte de votre situation et des besoins du créancier — encore faut-il justifier de votre situation financière actuelle, ce que la prestataire déboutée à Aix n’avait pas fait. Les frais irrépétibles suivent le sort du principal : le perdant paie tout ou partie des frais d’avocat de l’autre sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.

Dernier point, souvent oublié dans la bataille sur les factures : vos données. Pendant le litige, sécurisez l’accès à vos bases, demandez l’export complet dans un format exploitable et la restitution de vos contenus, et faites constater tout blocage ou toute coupure d’accès décidée en représailles. Quand le prestataire est aussi votre hébergeur ou votre éditeur en ligne, la sortie du contrat se double d’une opération de réversibilité : ce volet obéit à ses propres règles, décrites dans notre analyse consacrée à l’éditeur qui refuse de restituer vos données. Anticipez-le dès la mise en demeure, en exigeant par écrit le maintien de l’accès et l’export pendant la période de transition, car un système inexploitable ne doit pas devenir un otage de vos données.

Conclusion

Un projet informatique en échec ne se règle ni en payant pour acheter la paix, ni en rompant sur un coup de tête. La méthode qui gagne devant les juges tient en quatre temps : décrire par écrit chaque fonction manquante en la rattachant au contrat, faire constater l’état du système par un tiers et, si besoin, par une expertise sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile, mettre en demeure en visant expressément la résolution, puis choisir entre la résolution judiciaire de l’article 1224 et la résiliation unilatérale de l’article 1226 en pesant le risque. Les décisions de Chartres, Lyon et Aix-en-Provence montrent que le devoir de conseil du prestataire, l’exigence d’une délivrance réellement effective et la restitution intégrale d’un système jamais opérationnel forment un socle stable, à condition de prouver chaque euro de préjudice et de sécuriser vos données avant de tourner la page.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».