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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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Bail signé après le 1er octobre 2026 : clause interdite, clause réputée non écrite, contester et récupérer le trop-perçu à Paris

Vous venez de signer un bail d’habitation à Paris ou votre bail vient d’être renouvelé à l’automne 2026 : un réflexe simple peut vous faire économiser plusieurs milliers d’euros. Depuis le 1er octobre 2026, tous les contrats de location conclus ou renouvelés doivent respecter le nouveau contrat type issu du décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 modifiant le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015 relatif aux contrats types de location de logement à usage de résidence principale. Or de nombreux baux proposés à la signature comportent encore des clauses interdites par la loi ou des loyers qui dépassent le plafond parisien. La sanction est redoutable pour le bailleur : « Est réputée non écrite toute clause » figurant sur la liste de l’article 4 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, et le locataire qui paie un loyer supérieur au loyer de référence majoré peut demander au juge la diminution de son loyer et la restitution du trop-perçu sur le fondement de l’encadrement, comme l’a jugé le tribunal judiciaire de Paris le 1er septembre 2026 (RG 26/04949).

Concrètement, cet article vous explique comment vérifier point par point un bail signé ou renouvelé après le 1er octobre 2026, comment repérer une clause que le juge déclarera non écrite, quelles preuves réunir et quelles sommes réclamer : restitution du trop-perçu de loyer, modération d’une pénalité abusive, restitution du dépôt de garantie. Chaque affirmation déterminante renvoie au texte applicable et à une décision rendue, avec les passages cités entre guillemets tels qu’ils figurent dans les sources officielles.

La démarche se déroule en deux temps. D’abord, contrôler que votre bail respecte le nouveau contrat type et les mentions obligatoires de loyer : c’est l’objet de la première partie. Ensuite, si une clause interdite s’y trouve, la faire déclarer non écrite et obtenir les restitutions financières : c’est l’objet de la seconde partie, avec la procédure précise devant le juge des contentieux de la protection à Paris et en Île-de-France.

I. Votre bail signé ou renouvelé après le 1er octobre 2026 respecte-t-il le nouveau contrat type ?

A. Le contrat type modifié s’impose aux baux conclus ou renouvelés depuis le 1er octobre 2026

Le changement de règle vient du décret du 6 juillet 2026 dont l’objet officiel est le suivant : le décret modifie les trois modèles de bail d’habitation utilisés à Paris : le logement vide, le logement meublé et la colocation à bail unique Si vous avez signé l’un de ces contrats après le 30 septembre 2026, ou si votre bail en cours a été renouvelé à compter de cette date, l’ancien modèle ne suffit plus et le bailleur devait vous remettre un contrat conforme au modèle modifié. La date d’application ne prête à aucune discussion : son article 1er est entré en vigueur le 1er octobre 2026 et vise les contrats conclus ou renouvelés depuis cette date Un bail signé le 3 octobre 2026 sur un modèle dépassé, un bail renouvelé tacitement ou expressément à l’automne 2026 sans mise à jour des clauses imposées, expose le bailleur à la contestation.

Le fondement de cette exigence figure dans la loi elle-même. L’article 3 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dispose : « Le contrat de location est établi par écrit et respecte un contrat type défini par décret en Conseil d’Etat, pris après avis de la Commission nationale de concertation. » Le contrat doit ensuite préciser une série de mentions numérotées, parmi lesquelles « 6° Le montant du loyer, ses modalités de paiement ainsi que ses règles de révision éventuelle », « 8° Le montant et la date de versement du dernier loyer appliqué au précédent locataire, dès lors que ce dernier a quitté le logement moins de dix-huit mois avant la signature du bail », « 9° La nature et le montant des travaux effectués dans le logement depuis la fin du dernier contrat de location ou depuis le dernier renouvellement du bail » et « 10° Le montant du dépôt de garantie, si celui-ci est prévu ». Chacune de ces mentions est un point de contrôle : l’absence du dernier loyer du précédent locataire alors que le logement a été libéré il y a moins de dix-huit mois, l’absence de description des travaux ou un dépôt de garantie supérieur au plafond légal constituent des anomalies exploitables. Sur la présentation générale du modèle et de l’obligation de délivrance du bailleur, notre analyse du nouveau contrat type issu du décret du 6 juillet 2026 et de l’obligation de délivrance du bailleur détaille déjà le formalisme attendu.

Le décret du 6 juillet 2026 apporte trois modifications pratiques que vous devez retrouver dans un bail récent. Premièrement, la clause résolutoire devient obligatoire : les contrats doivent comporter une clause prévoyant la résiliation en cas de défaut de paiement du loyer ou des charges ou d’absence de versement du dépôt de garantie, en application de la loi du 27 juillet 2023 contre l’occupation illicite. Deuxièmement, les cas facultatifs de clause résolutoire sont complétés pour intégrer le non-respect de l’obligation d’occuper le logement à titre de résidence principale dans les zones soumises à cette servitude d’urbanisme. Troisièmement, la désignation des parties est complétée par la mention facultative du numéro de téléphone portable du bailleur et du locataire, destinée notamment à joindre rapidement le locataire pour prévenir les expulsions. L’historique de ces modèles, issus du décret du 29 mai 2015 et modifiés en juillet 2026, est retracé dans notre décryptage des contrats types de location modifiés en juillet 2026. Si votre bail signé en octobre 2026 ne comporte pas la clause résolutoire obligatoire, ou s’il reprend une clause résolutoire rédigée différemment du modèle pour des motifs non autorisés, conservez précieusement l’exemplaire signé : c’est la pièce maîtresse de toute contestation ultérieure.

La vérification commence donc par un geste simple : relisez votre bail ligne par ligne et cochez la présence des dix mentions de l’article 3, la conformité au modèle d’octobre 2026 et la présence de la clause résolutoire obligatoire. Photographiez ou scannez chaque page, conservez l’attestation d’assurance, l’état des lieux d’entrée, les quittances et tout échange écrit avec le bailleur ou l’agence. Un bail non conforme n’est pas nul dans son ensemble : la loi a prévu une sanction ciblée, bien plus utile au locataire, qui consiste à priver d’effet les seules clauses interdites tout en conservant le contrat. C’est le mécanisme de la clause réputée non écrite, examiné dans la seconde partie.

B. Les mentions de loyer qui trahissent un dépassement du plafond parisien

À Paris, le contrôle du loyer est indissociable du contrôle du contrat, car la capitale est située en zone tendue où l’encadrement des loyers s’applique. Le tribunal judiciaire de Paris l’a rappelé le 1er septembre 2026 (RG 26/04949) : Paris se situe en zone tendue et l’encadrement, issu du décret du 12 avril 2019 rendu applicable par l’arrêté préfectoral du 28 mai 2019 entré en vigueur le 1er juillet 2019, reste régi par l’article 140 de la loi ELAN du 23 novembre 2018. Autrement dit, votre bail doit permettre de vérifier que le loyer convenu ne dépasse pas le loyer de référence majoré fixé par l’arrêté préfectoral pour un logement comparable, sauf complément de loyer strictement justifié. Le mode de calcul retenu par le juge est mécanique : le loyer maximal autorisé s’obtient en multipliant le loyer de référence majoré au mètre carré par la surface du logement. Munissez-vous de la surface habitable mentionnée au bail, de la localisation exacte, du nombre de pièces et de la catégorie du logement (nu ou meublé), puis comparez le loyer convenu au plafond résultant des barèmes officiels de la direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement.

Lorsque le dépassement est établi, l’action du locataire est directe et ne suppose aucune mise en demeure préalable compliquée. Le tribunal judiciaire de Paris juge en effet que le locataire dont le loyer de base dépasse le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral peut obtenir la diminution de son loyer et la restitution du trop-perçu sur le fondement de l’encadrement. Cette action dérive du bail et se prescrit par trois ans en application de l’article 7-1 de la loi de 1989 : vous disposez donc de trois ans pour agir, et les sommes trop versées pendant cette période peuvent être restituées. Dans l’affaire jugée le 1er septembre 2026, le locataire d’un appartement de seize mètres carrés loué mille euros outre cent euros de charges réclamait plus de neuf mille euros de trop-perçu de loyers et deux mille quatre cents euros de trop-perçu de charges. Même lorsque le bailleur verse une partie des sommes en cours de procédure, le reliquat reste dû et le juge tranche entre les calculs concurrents en retenant le raisonnement « objectif et vérifiable ». Pour un bail parisien signé en octobre 2026, la démarche est identique : faites chiffrer le plafond applicable par un calcul écrit, adressez au bailleur une demande de diminution et de restitution, puis saisissez le juge si le bailleur refuse.

Trois situations doivent être distinguées avec soin, car les délais ne sont pas les mêmes. Première hypothèse, la plus fréquente : le loyer de base dépasse le plafond sans complément de loyer affiché. L’action en diminution et restitution obéit alors à la prescription de trois ans et ne nécessite aucune saisine préalable de la commission départementale de conciliation. Deuxième hypothèse : le bail ne mentionne ni le loyer de référence ni le loyer de référence majoré. Le locataire peut alors, dans le mois suivant la prise d’effet du bail, mettre en demeure le bailleur de compléter le contrat, puis saisir le juge dans les trois mois de cette mise en demeure en cas de refus. Troisième hypothèse : le bailleur affiche un complément de loyer pour dépasser le plafond en invoquant des caractéristiques exceptionnelles du logement. La contestation doit être introduite dans les trois mois de la signature du bail et suppose la saisine préalable obligatoire de la commission départementale de conciliation avant tout recours judiciaire. Vérifiez donc immédiatement après la signature à quelle hypothèse correspond votre bail : un complément de loyer contesté hors délai ou sans conciliation préalable risque l’irrecevabilité, tandis qu’un simple dépassement du loyer de base reste contestable pendant trois ans.

Le dépôt de garantie mérite le même contrôle chiffré dès la signature. L’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 est limpide : « Lorsqu’un dépôt de garantie est prévu par le contrat de location pour garantir l’exécution de ses obligations locatives par le locataire, il ne peut être supérieur à un mois de loyer en principal. » Tout versement exigé à l’entrée dans les lieux au-delà d’un mois de loyer en principal, sous quelque dénomination que ce soit, doit être restitué. De même, « Un dépôt de garantie ne peut être prévu lorsque le loyer est payable d’avance pour une période supérieure à deux mois ». Si votre bail d’octobre 2026 exige deux mois de dépôt de garantie pour un logement vide, ou cumule dépôt de garantie et avance de loyer supérieure à deux mois, l’excédent est indu. Notez ces montants dès l’entrée dans les lieux : ils alimenteront la demande de restitution présentée dans la seconde partie.

II. Une clause interdite figure dans votre bail : la faire déclarer non écrite et récupérer les sommes versées

A. Les clauses que le juge répute non écrites et les preuves à réunir dès maintenant

La sanction des clauses abusives en bail d’habitation est automatique : le juge ne modère pas la clause, il la prive de tout effet. L’article 4 de la loi du 6 juillet 1989 dans sa version en vigueur depuis le 21 novembre 2024 dispose : « Est réputée non écrite toute clause : » suivie d’une liste de vingt interdictions, de a) à t). Une clause réputée non écrite est réputée n’avoir jamais existé : le bailleur ne peut s’en prévaloir, ni pour exiger un paiement, ni pour résilier le bail, ni pour conserver une somme. Ce caractère d’ordre public du statut des baux d’habitation a été rappelé par la cour d’appel de Caen le 20 novembre 2025 (RG 24/01747), qui vise l’article 2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dont les dispositions du titre premier sur les rapports entre bailleurs et locataires sont d’ordre public. Le locataire ne peut donc pas avoir valablement accepté une clause interdite, même en signant le bail en connaissance de cause : la signature ne purge pas l’illicite.

Parmi les vingt clauses prohibées par l’article 4 de la loi du 6 juillet 1989, cinq reviennent constamment dans les baux parisiens récents et doivent être traquées en priorité. D’abord, « Qui autorise le bailleur à percevoir des amendes ou des pénalités en cas d’infraction aux clauses d’un contrat de location ou d’un règlement intérieur à l’immeuble ». Toute pénalité pour retard de paiement du loyer, pour non-transmission d’un document, pour infraction au règlement de copropriété ou pour trouble invoqué unilatéralement tombe sous ce couperet : seul le juge peut allouer des dommages et intérêts, jamais le bail. Ensuite, la clause de résiliation automatique : « Qui prévoit la résiliation de plein droit du contrat en cas d’inexécution des obligations du locataire pour un motif autre que le non-paiement du loyer, des charges, du dépôt de garantie, la non-souscription d’une assurance des risques locatifs ou le non-respect de l’obligation d’user paisiblement des locaux loués, résultant de troubles de voisinage constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée ». Une résiliation de plein droit pour retard dans la transmission de l’attestation d’assurance, pour travaux non autorisés ou pour un trouble de voisinage simplement allégué par le bailleur est donc sans effet. Troisièmement, « Qui impose au locataire la facturation de l’état des lieux de sortie dès lors que celui-ci n’est pas établi par un commissaire de justice dans le cas prévu par l’article 3-2 ». Quatrièmement, « Qui prévoit que le locataire est automatiquement responsable des dégradations constatées dans le logement ». Cinquièmement, « Qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d’expédition de la quittance ainsi que les frais de procédure en plus des sommes versées au titre des dépens et de l’article […] du code de procédure civile ». Si votre bail d’octobre 2026 comporte l’une de ces stipulations, entourez-la et datez votre découverte : elle ne peut produire aucun effet.

Au-delà de cette liste, le droit commun des contrats renforce la protection du locataire signataire d’un bail type. L’article 1171 du code civil dispose : « Dans un contrat d’adhésion, toute clause non négociable, déterminée à l’avance par l’une des parties, qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat est réputée non écrite. » Un bail d’habitation rédigé par le bailleur ou son agence sur un modèle préétabli constitue typiquement un contrat d’adhésion : toute clause qui créerait un déséquilibre significatif au détriment du locataire, par exemple une pénalité sans réciprocité ou une retenue automatique sur le dépôt de garantie, peut être anéantie sur ce fondement complémentaire. L’appréciation du déséquilibre ne porte ni sur l’objet principal du contrat ni sur l’adéquation du prix à la prestation : elle vise les accessoires punitifs ajoutés par le rédacteur du bail. En pratique, les deux fondements se cumulent dans l’assignation : la liste de l’article 4 de la loi de 1989 pour les clauses qui y figurent, l’article 1171 du code civil pour les clauses déséquilibrées qui n’y figureraient pas.

La preuve se prépare dès la découverte de la clause, sans attendre le conflit ouvert. Réunissez l’exemplaire original du bail signé, tous ses avenants, la notice d’information annexée, l’état des lieux d’entrée et de sortie, les quittances de loyer, les relevés des sommes prélevées au titre de la clause litigieuse, les mises en demeure reçues ou adressées et les échanges écrits avec le bailleur. Faites établir par constat les dégradations alléguées si le bailleur invoque l’état du logement, et conservez les factures des entreprises si vous avez avancé des réparations. Adressez ensuite au bailleur une lettre recommandée avec accusé de réception qui cite la clause, reproduit le texte légal applicable et demande la restitution des sommes perçues en exécution de la clause, en fixant un délai de réponse d’un mois. Ce courrier interrompt la prescription et démontre votre bonne foi devant le juge. Si le bailleur maintient la clause, la saisine de la commission départementale de conciliation de Paris constitue une étape utile et rapide, avant l’action en justice : son avis, même consultatif, éclaire le dossier, et un tel avis reste par définition consultatif : il ne lie pas le juge dans son appréciation souveraine, de sorte qu’un avis défavorable ne vous prive jamais du recours au juge.

B. Les sommes à récupérer et la procédure devant le juge parisien

Une clause déclarée non écrite ouvre droit à la restitution de tout ce qui a été versé sur son fondement. Les pénalités de retard, les amendes de règlement intérieur, les frais de relance, les retenues automatiques sur le dépôt de garantie et les majorations de loyer assises sur une clause illicite doivent être remboursés avec intérêts. Lorsque la clause litigieuse s’analyse en clause pénale, le juge dispose en outre d’un pouvoir de modération propre. L’article 1231-5 du code civil prévoit que « Lorsque le contrat stipule que celui qui manquera de l’exécuter paiera une certaine somme à titre de dommages et intérêts, il ne peut être alloué à l’autre partie une somme plus forte ni moindre », tout en ajoutant que « le juge peut, même d’office, modérer ou augmenter la pénalité ainsi convenue si elle est manifestement excessive ou dérisoire ». La Cour de cassation contrôle strictement la motivation des juges du fond en la matière : dans son arrêt du 20 novembre 2025 (pourvoi n° 24-16.763, arrêt n° 544 F-D de la troisième chambre civile), elle a jugé que la cour d’appel « a pu retenir, par une motivation suffisante et abstraction faite des motifs surabondants critiqués par la deuxième branche, que la pénalité fixée présentait un caractère manifestement excessif au regard du préjudice subi et en a souverainement fixé le montant ». Concrètement, si votre bail prévoit qu’une somme reste acquise au bailleur en cas d’incident, le juge compare cette somme au préjudice réellement subi par le bailleur et ramène la pénalité à de justes proportions, voire à une somme symbolique lorsque le préjudice n’est pas établi.

Le dépôt de garantie obéit à des règles de restitution chronométrées qu’il faut faire respecter à la lettre. Outre le plafond d’un mois de loyer en principal déjà évoqué, l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 impose des délais : « Il est restitué dans un délai maximal d’un mois à compter de la remise des clés par le locataire lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à l’état des lieux d’entrée, déduction faite, le cas échéant, des sommes restant dues au bailleur et des sommes dont celui-ci pourrait être tenu, en lieu et place du locataire, sous réserve qu’elles soient dûment justifiées. » Lorsque l’état des lieux de sortie révèle des différences, le délai maximal est de deux mois et chaque retenue doit être justifiée pièce par pièce : devis, factures, comparatif d’état des lieux, déduction de la vétusté. À défaut de restitution dans les délais, une pénalité mensuelle de dix pour cent du loyer mensuel hors charges s’ajoute pour chaque mois de retard commencé. Adressez la mise en demeure dès l’expiration du délai en rappelant la date de remise des clés, l’adresse de votre nouveau domicile communiquée au bailleur et le décompte précis des sommes réclamées. Les bailleurs parisiens qui conservent une provision pour charges en immeuble collectif ne peuvent excéder vingt pour cent du dépôt jusqu’à l’arrêté annuel des comptes, et seulement sur justification.

Devant quel juge agir à Paris et en Île-de-France, et avec quelles pièces ? Le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris connaît des litiges de baux d’habitation : diminution du loyer pour dépassement du plafond, restitution du trop-perçu, déclaration de clause non écrite, restitution du dépôt de garantie et modération de la pénalité peuvent être demandés dans une même assignation, ce qui évite la multiplication des procédures. Joignez le bail complet et ses avenants, les états des lieux d’entrée et de sortie, les quittances et relevés de paiements, le calcul détaillé du plafond de loyer avec les références de l’arrêté préfectoral applicable, la mise en demeure restée sans effet, l’avis de la commission de conciliation si elle a été saisie, les photographies datées et les constats, ainsi que les factures et devis. Les obligations fondamentales du bailleur appuient votre dossier : l’article 1719 du code civil rappelle que « Le bailleur est obligé, par la nature du contrat, et sans qu’il soit besoin d’aucune stipulation particulière : 1° De délivrer au preneur la chose louée et, s’il s’agit de son habitation principale, un logement décent », et l’article 1720 du code civil ajoute que « Le bailleur est tenu de délivrer la chose en bon état de réparations de toute espèce ». Un bailleur qui exige des pénalités tout en manquant à son obligation de délivrance ou d’entretien se place en position défavorable devant le juge parisien.

La dimension parisienne et francilienne mérite une attention particulière. L’encadrement des loyers applicable à Paris repose sur des loyers de référence fixés par arrêté préfectoral et actualisés chaque année : vérifiez le millésime applicable à la date de signature de votre bail, car un calcul fondé sur un barème périmé fausse la comparaison. La commission départementale de conciliation de Paris, compétente avant tout recours pour les compléments de loyer contestés, rend un avis écrit qui structure utilement la suite, même s’il ne lie pas le juge. Les délais de jugement devant le pôle civil de proximité parisien imposent d’anticiper : constituez le dossier complet avant d’assigner, chiffrez chaque chef de demande mois par mois avec intérêts, et sollicitez l’exécution provisoire pour obtenir le paiement sans attendre l’expiration des voies de recours. En Île-de-France hors Paris, vérifiez si votre commune est couverte par un arrêté d’encadrement : Plaine Commune, Est Ensemble et plusieurs territoires franciliens appliquent le dispositif, avec leurs propres loyers de référence. Enfin, si le bailleur menace de mettre en œuvre une clause de résiliation automatique pour un motif non autorisé par l’article 4, saisissez le juge en référé pour faire constater l’absence d’effet de la clause et interdire l’expulsion sur ce fondement : une clause réputée non écrite ne peut justifier ni un commandement de quitter les lieux ni une demande d’expulsion.

Conclusion

Un bail signé ou renouvelé après le 1er octobre 2026 doit être relu avec exigence : le nouveau contrat type s’impose, les mentions de loyer doivent permettre le contrôle du plafond parisien et aucune des vingt clauses prohibées par l’article 4 de la loi du 6 juillet 1989 ne peut y figurer valablement. La méthode tient en quatre gestes : vérifier la conformité du contrat au modèle d’octobre 2026, calculer le loyer maximal autorisé à partir du loyer de référence majoré, entourer toute clause interdite en réunissant les preuves de son application, puis réclamer par écrit la restitution avant de saisir le juge des contentieux de la protection. La sanction est claire : la clause interdite est réputée n’avoir jamais existé, le trop-perçu de loyer se restitue sur trois ans, la pénalité excessive se modère au regard du préjudice réel et le dépôt de garantie se restitue dans un délai d’un à deux mois sous peine de pénalités. À Paris et en Île-de-France, où l’encadrement des loyers et la jurisprudence récente du tribunal judiciaire renforcent les droits du locataire, un bail d’automne 2026 contesté vite et bien se transforme souvent en restitution sonnante et trébuchante.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».