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Maître Reda KOHEN
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Contrôle fiscal ou contrôle Urssaf depuis la loi du 25 juin 2026 : contester le redressement et éviter les sanctions

Votre comptable vous appelle un matin : l’administration fiscale annonce une vérification de comptabilité, ou l’Urssaf débarque pour un contrôle inopiné dans vos locaux. Depuis l’été 2026, ce scénario est devenu plus fréquent et plus rude pour les dirigeants. La loi relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales a été promulguée le 25 juin 2026, et le ministère de l’Économie annonce un objectif de mieux détecter, empêcher et recouvrer la fraude. Concrètement, les administrations échangent davantage d’informations entre elles, l’accès aux données patrimoniales est élargi, et un dispositif inédit de « flagrance sociale » permet de geler les actifs d’une entreprise pendant un contrôle Urssaf en cas de travail dissimulé présumé. Pour une SARL, une SAS ou un indépendant, un contrôle qui tourne mal se traduit par des droits supplémentaires, des majorations de 10 % à 80 %, parfois une dénonciation au procureur de la République et un procès pénal pour fraude fiscale. La bonne nouvelle : chaque étape de la procédure est encadrée, les garanties du contribuable vérifié restent entières, et la Cour de cassation sanctionne les redressements motivés à la légère. Cet article expose ce que la loi du 25 juin 2026 change pour votre entreprise, quelles sanctions vous risquez réellement, puis comment contester point par point : avis de vérification, proposition de rectification, réponse dans les délais, recours devant le juge et défense pénale.

I. Que change la loi du 25 juin 2026 quand votre entreprise est contrôlée ?

A. Contrôle fiscal ou Urssaf : comment obtenir l’annulation d’un redressement irrégulier ?

Le premier réflexe du dirigeant avisé porte sur la régularité de la procédure, car une irrégularité fait tomber le redressement quel que soit le fond du dossier. En matière fiscale, la protection de départ tient en une phrase du livre des procédures fiscales : « Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d’une personne physique au regard de l’impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l’envoi ou la remise d’un avis de vérification ou par l’envoi d’un avis d’examen de comptabilité. » Le même texte ajoute que cet avis doit mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, « que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix ». Conservez donc l’enveloppe, la date de remise en main propre et le contenu exact de l’avis : l’absence d’avis, un avis qui ne précise pas les années vérifiées ou l’oubli de la mention du conseil ouvrent une demande de décharge pour vice de procédure. La charte des droits et obligations du contribuable vérifié, remise avec l’avis ou consultable sur le site de l’administration, résume ces garanties et le vérificateur doit s’y tenir pendant ses interventions dans vos locaux.

La loi du 25 juin 2026, publiée au Journal officiel du 26 juin 2026 (présentation officielle par le ministère de l’Économie), renforce les moyens de détection sans supprimer ces garanties. Trois apports concernent directement les entreprises. D’abord, le décloisonnement des échanges d’informations : les agents des douanes et les agents des services fiscaux chargés d’enquêtes judiciaires peuvent transmettre directement aux administrations douanière et fiscale les informations et documents utiles pour leur mission de contrôle, et l’administration fiscale peut signaler à l’Institut national de la propriété intellectuelle et aux administrations compétentes les éléments permettant de corriger le registre national des entreprises, avec à la clé une radiation ou un refus d’immatriculation. Ensuite, l’élargissement de l’accès direct aux bases de la direction générale des finances publiques, notamment aux données patrimoniales, au profit des organismes de sécurité sociale, pour une appréciation plus fine des ressources et du patrimoine. Enfin, côté recouvrement social, la mesure qui inquiète le plus les dirigeants : un nouveau dispositif de flagrance sociale est instauré, qui permettra de geler les actifs des entreprises lors d’un contrôle Urssaf afin de sécuriser le recouvrement des créances sociales dans les situations de travail dissimulé. Un procès-verbal de flagrance peut donc se doubler d’une mesure conservatoire rapide sur vos comptes ou vos biens, avant même tout débat au fond sur le redressement.

Face à ce durcissement, la parade procédurale reste la même et elle se prépare dès le premier jour. Exigez que chaque intervention se déroule dans le cadre contradictoire : le vérificateur doit vous laisser présenter vos explications, emporter les documents contre reçu détaillé et clore ses opérations par un débat oral et contradictoire avant d’envoyer la proposition de rectification. Notez les dates, les personnes présentes, les documents emportés et les questions posées. Si le vérificateur sort du cadre des années mentionnées dans l’avis, s’il revient vérifier une période déjà vérifiée sans fait nouveau ou s’il s’appuie sur des renseignements obtenus irrégulièrement, faites-le constater par écrit. Quand l’Urssaf vous notifie une lettre d’observations, vous disposez d’un délai pour y répondre avant la mise en demeure, et c’est cette réponse, précise et chiffrée, qui conditionne la suite : reconnaissez ce qui est juste, contestez le reste avec des pièces, et demandez la saisine de la commission de recours amiable en cas de désaccord persistant. À Paris et en Île-de-France, où les contrôles sont nombreux et les équipes de vérification rompues aux montages complexes, un dossier bien tenu dès l’ouverture du contrôle vaut souvent plusieurs dizaines de milliers d’euros d’économie sur la fin du redressement.

Un point mérite une vigilance particulière depuis la loi nouvelle : la circulation de vos informations entre administrations. Quand le fisc transmet un renseignement à l’Urssaf ou aux douanes, ou quand l’Urssaf exploite des données patrimonialesissues des bases fiscales, chaque administration doit respecter son propre cadre de contrôle et ses propres garanties. Un redressement Urssaf fondé uniquement sur une information fiscale non vérifiée, sans investigation propre et sans débat contradictoire, se conteste. De même, une radiation du registre national des entreprises ne peut pas servir de sanction déguisée sans décision motivée et sans recours. Demandez systématiquement la communication des documents sur lesquels l’administration s’appuie, y compris les échanges inter-administrations qui fondent le redressement : le droit d’accès au dossier est le prolongement direct du principe du contradictoire, et son refus entache la procédure.

B. Redressement fiscal : quel montant de majoration et quelle peine pour fraude fiscale ?

Une fois le principe des droits supplémentaires admis ou établi, tout se joue sur les pénalités, car elles doublent parfois la facture. Le premier étage concerne le simple retard déclaratif. Aux termes de l’article 1728 du code général des impôts, le défaut de production dans les délais d’une déclaration entraîne une majoration de 10 % en l’absence de mise en demeure ou en cas de dépôt dans les trente jours de la mise en demeure, de 40 % au-delà, et de 80 % en cas de découverte d’une activité occulte. Pour une société qui a oublié une déclaration de TVA ou de résultats sans volonté de fraude, l’enjeu immédiat consiste donc à régulariser vite, avant la mise en demeure, pour rester au taux de 10 %. Le deuxième étage vise les inexactitudes relevées dans une déclaration déposée. L’article 1729 du code général des impôts dispose : « Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l’indication d’éléments à retenir pour l’assiette ou la liquidation de l’impôt ainsi que la restitution d’une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l’Etat entraînent l’application d’une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ». Le même article porte la majoration à 80 % en cas d’abus de droit au sens de l’article L. 64 du livre des procédures fiscales. Le troisième étage, celui des manœuvres frauduleuses et de la dissimulation d’une partie du prix, porte la majoration à 80 %. Dans la pratique d’un contrôle de SARL ou de SAS, l’administration applique presque systématiquement le taux de 40 % pour manquement délibéré dès qu’elle corrige une charge ou un chiffre d’affaires : c’est précisément ce réflexe que la jurisprudence récente vient encadrer, comme on le verra, en exigeant la preuve d’une intention réelle d’éluder l’impôt.

Le volet social ajoute sa propre couche de sanctions, alourdie par la loi du 25 juin 2026. Le travail dissimulé, les heures supplémentaires non déclarées et les faux statuts d’auto-entrepreneurs exposent l’entreprise au redressement des cotisations, à des majorations spécifiques et, depuis la loi nouvelle, au gel des actifs en flagrance sociale pendant le contrôle. La loi durcit aussi les peines contre les personnes qui facilitent la fraude : elle aggrave les sanctions du délit de mise à disposition d’outils de facilitation de la fraude fiscale, notamment quand la promotion de la fraude passe par les réseaux sociaux, et les escroqueries aux finances publiques commises en bande organisée encourent désormais jusqu’à quinze ans d’emprisonnement. Les dirigeants qui détiennent des avoirs financiers en trusts non déclarés font l’objet d’obligations déclaratives et de sanctions accrues. Pour une entreprise ordinaire, le message est clair : une minoration de recettes ou une fausse facture ne coûte plus seulement un redressement avec 40 %, elle peut déclencher une machinerie pénale dont le coût humain et financier dépasse largement le dossier fiscal de départ.

Cette machinerie pénale démarre par un mécanisme automatique que beaucoup de dirigeants découvrent trop tard. L’article L. 228 du livre des procédures fiscales prévoit que « l’administration est tenue de dénoncer au procureur de la République les faits qu’elle a examinés dans le cadre de son pouvoir de contrôle prévu à l’article L. 10 qui ont conduit à l’application, sur des droits dont le montant est supérieur à 100 000 € », de certaines majorations de 80 %, 100 % ou 40 % en cas de récidive. Autrement dit, au-delà de 100 000 euros de droits assortis d’une majoration lourde, la transmission au parquet n’est plus une faculté mais une obligation. Le dirigeant reçoit alors une convocation pénale en plus du contentieux fiscal. Sur le plan répressif, l’article 1741 du code général des impôts punit celui qui « s’est frauduleusement soustrait ou a tenté de se soustraire frauduleusement à l’établissement ou au paiement total ou partiel des impôts », par omission volontaire de déclaration, dissimulation d’une part des sommes imposables, organisation d’insolvabilité ou toute autre manœuvre frauduleuse, de « d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 500 000 €, dont le montant peut être porté au double du produit tiré de l’infraction », avec des peines portées à sept ans et 3 000 000 euros d’amende en cas de circonstances aggravantes. La défense doit donc articuler dès l’origine les deux fronts : contester la majoration devant le juge de l’impôt affaiblit la dénonciation au parquet, et obtenir la relaxe au pénal n’efface pas automatiquement le redressement, même si elle en fragilise la motivation.

La Cour de cassation a rappelé en 2023 que la dénonciation fiscale au parquet obéit à des formes strictes, mais que leur violation ne profite pas toujours au prévenu. Dans une affaire où le gérant d’une société, poursuivi pour fraude fiscale et omission d’écritures comptables après une dénonciation de l’administration sur le fondement de l’article L. 228, avait obtenu de la cour d’appel de Versailles l’annulation des poursuites, la chambre criminelle a jugé : « CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt susvisé de la cour d’appel de Versailles, en date du 10 mars 2022 », et renvoyé l’affaire devant une cour d’appel autrement composée (Cass. crim., 13 septembre 2023, n° 22-82.288). L’enseignement pour le dirigeant est double : les nullités de la phase de dénonciation existent et doivent être soulevées, mais elles se plaident avec précision devant le tribunal correctionnel, sans présumer que le juge les accueillera. En parallèle, la simple demande administrative préalable garde toute son importance : l’article L. 16 du livre des procédures fiscales permet à l’administration de demander au contribuable des éclaircissements et des justifications, et une réponse rapide, documentée et cohérente à ce stade évite souvent que le dossier bascule vers une vérification lourde puis vers une majoration pour manquement délibéré.

II. Comment contester un redressement fiscal ou social et sécuriser la suite ?

A. Proposition de rectification reçue : comment répondre dans les délais et contester ?

La réception de la proposition de rectification ouvre la phase décisive du contrôle, et le délai qui court à partir de là ne pardonne pas l’attentisme. L’article L. 57 du livre des procédures fiscales dispose : « L’administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. » Vous disposez en principe de trente jours pour répondre, avec une prorogation de trente jours supplémentaires sur demande adressée avant l’expiration du premier délai. Cette réponse écrite constitue votre mémoire de défense de premier rang : acceptez expressément les chefs justifiés, ce qui réduit immédiatement l’assiette du litige et crédibilise votre contestation sur le reste, puis démontez chaque chef contesté avec des pièces numérotées, un chiffrage alternatif et des références comptables précises. Une motivation insuffisante de la proposition, par exemple une simple affirmation sans comparables chiffrés pour rectifier la valeur d’un fonds ou un prix de transfert, vicie la procédure : relevez-le dans votre réponse plutôt que de le garder pour le juge, car une administration alertée corrige parfois elle-même son vice en adressant une proposition complémentaire.

Quand la réponse n’a pas convaincu le vérificateur, la procédure offre plusieurs paliers de recours qu’il faut enchaîner sans en manquer aucun. Sollicitez d’abord le recours hiérarchique auprès du supérieur du vérificateur, puis l’interlocuteur départemental ou régional : ces entretiens oraux, préparés avec un dossier chiffré et des pièces nouvelles, aboutissent souvent à des abandons partiels que le vérificateur seul ne pouvait pas consentir. En cas d’échec, saisissez la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires ou la commission nationale des impôts directs pour les dossiers qui en relèvent, en respectant le délai indiqué sur l’avis de mise en recouvrement. Puis vient la réclamation contentieuse préalable auprès du service des impôts, dans les délais fixés par le livre des procédures fiscales à compter de la mise en recouvrement ou de l’avis d’imposition, avant le recours devant le tribunal administratif ou le tribunal judiciaire selon la nature de l’impôt. Chaque courrier doit rappeler les faits, viser les textes, joindre les pièces et chiffrer la décharge demandée : un recours qui se borne à protester sans démontrer ne prospère pas. Pour les redressements Urssaf, la séquence équivalente passe par la réponse à la lettre d’observations, la mise en demeure, la saisine de la commission de recours amiable dans les délais notifiés, puis le pôle social du tribunal judiciaire. La transaction reste possible à certains stades pour solder le dossier moyennant des concessions réciproques, mais elle suppose de renoncer au contentieux sur les points transigés : ne la signez qu’après avoir mesuré vos chances réelles devant le juge.

L’abus de droit mérite un traitement à part, car il concentre les redressements les plus lourds contre les sociétés. L’article L. 64 du livre des procédures fiscales permet à l’administration d’écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d’un abus de droit, « soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d’une application littérale des textes ou de décisions à l’encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n’ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d’éluder ou d’atténuer les charges fiscales ». La majoration atteint alors 80 %, ramenée à 40 % quand le contribuable n’a eu ni l’initiative principale ni le bénéfice principal du montage. La défense s’articule autour de la substance économique : démontrez que l’opération poursuivait un but commercial, familial ou organisationnel réel, avec des procès-verbaux d’assemblée, des études préalables, des flux financiers cohérents et des conséquences juridiques effectives. La procédure spécifique de l’abus de droit, avec avis du comité de l’abus de droit fiscal et charge de la preuve répartie selon cet avis, offre des leviers que votre conseil doit actionner : demandez la saisine du comité quand elle vous est ouverte, car son avis favorable à l’administration n’est pas une fatalité mais un document que le juge contrôle. Les montages de holding, les donations-cessions et les conventions de trésorerie intragroupe, fréquents dans les PME franciliennes, passent ce test quand ils sont documentés avant le contrôle, et l’échouent quand ils ont été construits après coup pour les besoins de la réponse.

B. Majoration 40 % pour manquement délibéré à Paris : comment la faire annuler ?

La majoration de 40 % pour manquement délibéré constitue le terrain de contestation le plus rentable pour les entreprises, et la Cour de cassation vient de rappeler les règles du jeu dans un arrêt du 8 juillet 2026. Dans cette affaire, l’administration avait appliqué la majoration à une contribuable au motif que la sous-évaluation des biens immobiliers déclarés atteignait 31,79 % pour un studio, 35,50 % pour un appartement et 41,13 % pour des chambres, sur un marché parisien bien connu. La chambre commerciale a censuré la cour d’appel de Paris en des termes que tout dirigeant redressé devrait citer : « En se déterminant ainsi, par des motifs impropres à caractériser l’intention de Mme [D] d’éluder l’impôt par la fourniture d’éléments inexacts servant à la détermination de son assiette, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision », et elle a annulé l’arrêt en ce qu’il maintenait les pénalités (Cass. com., 8 juillet 2026, n° 25-17.275). Le principe vaut pour les sociétés comme pour les particuliers : l’importance des redressements ne suffit pas à établir le manquement délibéré, l’administration doit démontrer votre intention d’éluder l’impôt, par des éléments concrets tels que des dissimulations comptables, des fausses factures, des aveux ou des manœuvres caractérisées. Quand la proposition de rectification se borne à aligner des pourcentages d’écart sans décrire votre comportement, la majoration de 40 % se conteste avec de sérieuses chances de succès, et sa chute fait aussi tomber le risque de dénonciation au parquet qui s’appuyait sur elle.

À Paris et en Île-de-France, la défense d’un contrôle fiscal ou Urssaf présente des particularités pratiques que le dirigeant doit intégrer. Les vérifications de comptabilité des sociétés parisiennes sont menées par des brigades spécialisées, avec des délais resserrés et une appétence marquée pour les requalifications d’abus de droit sur les schémas de holding et les flux intragroupe. Le débat oral et contradictoire de fin de contrôle se tient généralement dans vos locaux ou au cabinet de votre conseil parisien : préparez-le comme une audience, avec un dossier de pièces cotées et un chiffrage poste par poste. Devant le juge, le tribunal administratif de Paris connaît du contentieux des impôts directs des entreprises parisiennes, tandis que le pôle social du tribunal judiciaire de Paris traite les contestations Urssaf après la commission de recours amiable. Les délais de jugement restent longs, ce qui autorise des demandes de sursis de paiement assorties de garanties pour éviter les saisies pendant l’instance. Enfin, la flagrance sociale Urssaf frappe particulièrement les secteurs du BTP, de la sécurité privée, de la restauration et du transport de personnes en Île-de-France : si vos actifs sont gelés à la suite d’un contrôle inopiné sur chantier ou dans votre établissement, faites constater immédiatement la régularité des contrats de travail, des déclarations préalables à l’embauche et des bulletins de paie, et saisissez le juge en référé quand la mesure conservatoire excède ce que la loi autorise.

Conclusion

La loi du 25 juin 2026 a changé l’environnement du contrôle des entreprises : échanges d’informations décloisonnés, accès élargi aux données patrimoniales, flagrance sociale avec gel des actifs en cas de travail dissimulé présumé et sanctions aggravées contre les facilitateurs de fraude. Pour autant, vos armes procédurales demeurent : avis de vérification régulier, débat contradictoire effectif, proposition de rectification motivée avec un double délai de réponse, recours hiérarchique, commissions, réclamation contentieuse puis juge. Sur le fond, refusez les majorations automatiques : le manquement délibéré exige la preuve d’une intention d’éluder l’impôt, et l’abus de droit suppose un acte fictif ou détourné de tout but autre que fiscal. L’arrêt de la chambre commerciale du 8 juillet 2026 comme la censure des poursuites mal engagées montrent que les juges contrôlent réellement la motivation de l’administration. Devant un avis de vérification ou une lettre d’observations, la méthode gagnante tient en trois gestes : répondre vite et par écrit, chiffrer chaque désaccord avec des pièces, et faire vérifier la procédure par un avocat avant que les délais ne se referment.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».