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Maison incendiée : assurance, relogement des habitants et sort du bail, que faire en 2026 ?

Le vendredi 25 septembre 2026, deux maisons ont été entièrement embrasées au sud de la Haute-Garonne. Une trentaine de sapeurs-pompiers ont été mobilisés et les habitants ont dû être relogés, comme le rapporte La Dépêche du 25 septembre 2026. Quand le feu détruit le logement, les questions pratiques se bousculent dans un ordre brutal. Où dormir ce soir et qui paie l’hôtel. Que déclarer à l’assurance et dans quel délai. Si le logement était loué, ce que devient le bail et si les loyers restent dus. Qui répond de l’incendie quand son origine reste inconnue. Cet article répond à chacune de ces questions avec le droit applicable en 2026, les textes exacts et les décisions que les tribunaux appliquent vraiment. La première partie traite de l’assurance habitation, de la déclaration dans les cinq jours ouvrés jusqu’à l’indemnisation et au relogement. La seconde partie traite du bail d’habitation et des responsabilités, de la résiliation de plein droit jusqu’au recours contre l’auteur du sinistre.

I. Maison incendiée : que déclarer à l’assurance et comment obtenir l’indemnisation

A. Maison incendiée : quelle déclaration d’assurance dans les cinq jours ouvrés après le sinistre

Le premier réflexe juridique après l’incendie tient en un délai. Le Code des assurances impose à l’assuré une obligation précise, dont le quatrième alinéa vise directement le sinistre : l’article L113-2 du Code des assurances dispose que « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur. Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés. » En pratique, les contrats d’assurance habitation reprennent presque toujours le minimum légal de cinq jours ouvrés, parfois davantage. Le point de départ court du jour où l’assuré a eu connaissance du sinistre, donc en général le jour même de l’incendie pour l’occupant présent, ou le jour où le propriétaire non occupant est prévenu par les pompiers, le voisinage ou la mairie.

La déclaration se fait par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par envoi recommandé électronique, adressée à l’assureur. Le contrat prévoit souvent une déclaration en ligne ou par téléphone, mais l’écrit recommandé reste la preuve la plus sûre de la date d’envoi. La déclaration décrit les faits avec sobriété : date et heure approximative du sinistre, adresse du bien, circonstances connues sans hypothèse hasardeuse sur l’origine du feu, liste des dommages visibles, indication que les habitants ont été relogés et que des frais d’hébergement sont engagés. Joindre dès ce stade les premières pièces disponibles, comme le procès-verbal d’intervention des pompiers quand il est communicable, les photographies des lieux, l’identité des témoins et les coordonnées des autres personnes assurées concernées, comme le bailleur ou le locataire. Chaque occupant déclare le sinistre à son propre assureur : le locataire à son assurance habitation, le propriétaire occupant à la sienne, le bailleur à son assurance propriétaire non occupant. Les garanties se cumulent sans se neutraliser, et les assureurs organiseront ensuite leurs recours entre eux.

Le retard de déclaration inquiète beaucoup d’assurés, surtout quand le relogement d’urgence absorbe toutes les énergies de la première semaine. Le droit encadre strictement la sanction. Le même article L113-2 du Code des assurances prévoit que « Lorsqu’elle est prévue par une clause du contrat, la déchéance pour déclaration tardive au regard des délais prévus au 3° et au 4° ci-dessus ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que le retard dans la déclaration lui a causé un préjudice. » Trois conditions cumulatives protègent donc l’assuré en retard : la déchéance doit être écrite noir sur blanc dans une clause du contrat, l’assureur doit démontrer un préjudice concret causé par le retard, et la déchéance ne joue pas quand le retard résulte d’un cas fortuit ou d’une force majeure, comme une hospitalisation après l’incendie. La Cour de cassation applique cette protection sans indulgence pour les assureurs. Dans un arrêt de cassation du 21 janvier 2021, la deuxième chambre civile juge que « l’assureur ne peut opposer à l’assuré une déchéance pour déclaration tardive lorsque le contrat applicable ne comporte pas de clause l’édictant ou lorsque la clause la prévoyant n’est pas conforme à ces dispositions », Cass. 2e civ., 21 janvier 2021, n° 19-13.347, publié au Bulletin. Concrètement, un assuré qui déclare son incendie au huitième jour au lieu du cinquième ne perd pas sa garantie si le contrat ne contient aucune clause de déchéance, ou si l’assureur ne prouve aucun préjudice lié à ces trois jours de décalage. L’argument du retard ne suffit jamais à lui seul pour refuser l’indemnisation.

Avant l’arrivée de l’expert, la conservation des preuves décide souvent de l’issue du dossier. Photographier chaque pièce sous plusieurs angles, filmer les structures atteintes, conserver les factures d’achat des meubles et appareils détruits, relever les numéros de série encore lisibles, garder les tickets des premières dépenses comme l’hôtel, les repas et les vêtements de première nécessité. Les débris ne doivent pas être jetés ni déplacés avant le passage de l’expert, sauf mesure de sauvegarde urgente comme la mise hors d’eau ou l’étaiement, dont chaque étape sera elle aussi photographiée avec les factures de l’entreprise intervenue. Si la mairie prend un arrêté interdisant l’accès au bâtiment pour des raisons de sécurité, respecter strictement cette interdiction et demander à l’expert d’organiser la visite dès la levée partielle de l’interdiction, en présence si possible d’un technicien ou d’un huissier pour constater l’état des lieux. Les assurés qui nettoient tout avant l’expertise se privent de la matière même de leur indemnisation, et les assureurs n’hésitent pas à minorer les postes non documentés.

Un dernier point de vigilance concerne les fausses déclarations, même présentées comme anodines. Gonfler l’inventaire des biens détruits, antidater un contrat ou dissimuler que le logement servait aussi de local professionnel expose à la nullité du contrat pour fausse déclaration intentionnelle et à des poursuites pour escroquerie à l’assurance. Les enquêteurs des compagnies croisent les constats des pompiers, les relevés des voisins et les traces d’achat, et les tribunaux sanctionnent lourdement la fraude. Déclarer vite, déclarer juste et tout conserver : ce triptyque vaut plus que n’importe quelle stratégie.

B. Maison incendiée : comment chiffrer l’indemnisation et faire payer le relogement et la rénovation

Une fois le sinistre déclaré, l’assureur mandate un expert chargé d’évaluer les dommages. L’assuré n’est pas tenu d’accepter seul le chiffre de l’expert de la compagnie : l’expertise est contradictoire par principe, et chacun peut se faire assister par son propre expert, dont les honoraires sont parfois pris en charge par la garantie défense-recours ou la protection juridique du contrat. Préparer cette visite comme une audience : inventaire pièce par pièce valorisé avec factures et photographies d’avant sinistre quand elles existent, devis d’artisans pour la remise en état, relevé des frais déjà engagés pour le relogement. L’expert arrête un état des pertes qui servira de base au calcul de l’indemnité, et tout poste oublié à ce stade devient très difficile à faire admettre ensuite. Quand le désaccord persiste sur les montants, une contre-expertise amiable puis, en dernier ressort, une expertise judiciaire permettent de trancher, mais la qualité du dossier initial reste déterminante.

Le montant de l’indemnité obéit à une règle d’ordre public que les contrats ne peuvent contourner. L’article L121-1 du Code des assurances énonce que « L’assurance relative aux biens est un contrat d’indemnité ; l’indemnité due par l’assureur à l’assuré ne peut pas dépasser le montant de la valeur de la chose assurée au moment du sinistre. » L’assurance indemnise la perte réelle, ni plus ni moins : la valeur du bien au jour de l’incendie, avec application du coefficient de vétusté prévu au contrat sauf garantie en valeur à neuf, et déduction de la franchise stipulée. Le même texte autorise les clauses de franchise en précisant qu’« Il peut être stipulé que l’assuré reste obligatoirement son propre assureur pour une somme, ou une quotité déterminée, ou qu’il supporte une déduction fixée d’avance sur l’indemnité du sinistre. » Vérifier le montant de la franchise incendie avant de contester une offre basse évite bien des courriers inutiles, car la déduction s’applique poste par poste ou globalement selon la rédaction de la clause. Pour le mobilier, la valeur à neuf n’est due que si le contrat la prévoit et si les biens détruits sont effectivement remplacés, avec présentation des factures de remplacement dans le délai contractuel. Pour l’immobilier, l’indemnité couvre le coût de reconstruction à l’identique, dans la limite de la valeur vénale, et les honoraires d’architecte comme les frais de déblaiement quand le contrat les inclut.

Le relogement des habitants constitue le poste le plus urgent et souvent le plus disputé. La plupart des contrats multirisques habitation comportent une garantie frais de relogement ou frais d’hébergement qui prend en charge l’hôtel ou une location temporaire pendant la durée des travaux, dans la limite d’un plafond et d’une durée fixés au contrat. Relire ces plafonds avant de réserver : un plafond de quelques milliers d’euros s’épuise en quelques semaines d’hôtel pour une famille, alors qu’une location meublée temporaire coûte souvent moins cher et préserve l’enveloppe. Conserver chaque justificatif, car l’assureur rembourse sur factures et peut exiger que l’hébergement reste proportionné au logement sinistré. Quand le contrat du sinistré ne couvre pas le relogement, d’autres payeurs entrent en jeu selon la situation : l’assurance du bailleur au titre de la perte de loyers et parfois du relogement du locataire, la garantie responsabilité civile du responsable de l’incendie quand il est identifié, ou l’aide du centre communal d’action sociale pour l’hébergement d’urgence des premiers jours. Demander à l’assureur une avance sur indemnité dès l’état des pertes provisoire permet de financer le relogement sans attendre la clôture complète du dossier, et les compagnies accordent ces avances en pratique quand le principe de garantie n’est pas contesté.

La question de la rénovation de la maison incendiée, que les internautes formulent par la requête réelle « rénover maison incendiée », mérite un traitement à part. Aucun travail de remise en état ne doit commencer avant l’accord écrit de l’assureur sur le principe et sur les devis, sous peine de voir les travaux contestés poste par poste. Faire établir au moins deux devis détaillés par des artisans qualifiés, exiger un descriptif conforme aux règles de l’art et aux normes en vigueur, et vérifier avec la mairie si les travaux relèvent d’une simple déclaration ou d’un permis de construire, notamment quand la toiture ou les murs porteurs sont touchés. Pour les maisons anciennes, la reconstruction à l’identique peut se heurter aux règles d’urbanisme actuelles, comme les distances aux limites ou les matériaux imposés en zone protégée, et le surcoût de mise aux normes n’est indemnisé que si le contrat comporte une garantie adaptée. Les diagnostics préalables conditionnent aussi le chantier : repérage amiante avant démolition partielle, état des installations électriques et de gaz avant remise sous tension, étude de structure quand la charpente a été attaquée. Un chantier de rénovation après incendie dure en pratique de plusieurs mois à plus d’un an, et le suivi contradictoire avec l’expert à chaque étape évite les mauvaises surprises au moment du solde.

Quand l’assureur traîne, minore sans motif ou refuse la garantie, la réponse doit être graduée et écrite. D’abord une réclamation au service dédié de la compagnie avec l’état des pertes et les devis à l’appui, puis la saisine du médiateur de l’assurance en cas d’échec, puis l’assignation devant le tribunal judiciaire avec un dossier complet : contrat, déclaration de sinistre, échanges avec l’assureur, rapports d’expertise, factures et constats. Les intérêts et les frais d’avocat exposés pour obtenir l’indemnité due peuvent être mis à la charge de l’assureur récalcitrant, et les juges n’hésitent pas à sanctionner les refus purement dilatoires. Le temps joue toutefois contre l’assuré pour la prescription : L’article L114-1 du Code des assurances dispose que « Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance. », et chaque courrier recommandé ou acte de procédure interrompt utilement ce délai.

II. Logement incendié : qui répond de l’incendie et que devient le bail d’habitation

A. Logement incendié et bail d’habitation : résiliation, loyers et relogement du locataire

Quand la maison incendiée était louée, le sort du bail obéit à un texte ancien que les tribunaux appliquent à la lettre. L’article 1722 du Code civil dispose que « Si, pendant la durée du bail, la chose louée est détruite en totalité par cas fortuit, le bail est résilié de plein droit ; si elle n’est détruite qu’en partie, le preneur peut, suivant les circonstances, demander ou une diminution du prix, ou la résiliation même du bail. Dans l’un et l’autre cas, il n’y a lieu à aucun dédommagement. » La destruction totale met donc fin au bail automatiquement, sans congé ni décision de justice, et le locataire ne doit plus aucun loyer à compter de la destruction. La destruction partielle ouvre au locataire une option : obtenir une baisse du loyer proportionnée à la perte de jouissance pendant les travaux, ou demander la résiliation du bail s’il ne souhaite pas rester. Dans les deux cas, le texte exclut tout dédommagement complémentaire de part et d’autre au titre de la seule résiliation, ce qui distingue nettement cette hypothèse d’un congé classique.

La frontière entre destruction totale et partielle se joue souvent devant les tribunaux, car les bailleurs plaident la destruction partielle avec travaux pour conserver le bail et les loyers. La Cour de cassation a tranché cette question de principe dans un arrêt de cassation rendu sur visa de l’article 1722 : après avoir relevé que l’immeuble était devenu impropre à sa destination, elle juge que « Qu’en statuant ainsi, après avoir relevé que l’immeuble était devenu impropre à l’exploitation prévue au bail, la cour d’appel, qui n’a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations, a violé le texte susvisé », Cass. 3e civ., 8 mars 2018, n° 17-11.439, publié au Bulletin. Autrement dit, un local que l’incendie a rendu impropre à l’usage prévu au bail s’analyse en perte totale, même si des murs restent debout, et le bail est résilié de plein droit. Pour le locataire d’une maison d’habitation devenue inhabitable après l’incendie, cette jurisprudence fonde la restitution du dépôt de garantie, la fin de l’obligation de payer les loyers et l’absence d’indemnité d’occupation pour la période postérieure au sinistre. Pour le bailleur, elle signifie qu’exiger la reprise des loyers ou des travaux de remise en état à la charge du locataire se heurte à la résiliation automatique.

L’obligation de délivrance du bailleur complète ce dispositif et pèse sur le relogement. L’article 1719 du Code civil impose au bailleur, « par la nature du contrat, et sans qu’il soit besoin d’aucune stipulation particulière », notamment « De délivrer au preneur la chose louée », « D’entretenir cette chose en état de servir à l’usage pour lequel elle a été louée » et « D’en faire jouir paisiblement le preneur pendant la durée du bail ». Un logement incendié et inhabitable ne satisfait plus à cette obligation, et le bailleur qui souhaite conserver le bail après une destruction partielle doit remettre le bien en état de servir à l’habitation dans un délai raisonnable, à ses frais pour les travaux relevant de sa propriété. Pendant la durée des travaux rendant le logement inhabitable, le locataire peut demander la suspension ou la réduction du loyer devant le juge, qui apprécie la perte de jouissance au cas par cas. Si le bailleur n’agit pas, le locataire peut faire constater l’inexécution de l’obligation de délivrance et obtenir la résiliation judiciaire aux torts du bailleur, avec des dommages et intérêts cette fois, car l’inexécution fautive se distingue de la résiliation automatique de l’article 1722.

La mairie intervient fréquemment après un incendie d’habitation au titre de ses pouvoirs de police, et ses décisions conditionnent le retour dans les lieux. L’article L511-1 du Code de la construction et de l’habitation rappelle que « La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations est exercée dans les conditions fixées par le présent chapitre et précisées par décret en Conseil d’Etat. » Sur ce fondement, le maire peut prendre un arrêté de mise en sécurité qui interdit temporairement l’occupation de la maison, prescrit les travaux urgents comme l’étaiement ou la démolition partielle, et organise l’hébergement des occupants quand le danger est imminent. Cet arrêté s’impose au propriétaire comme aux occupants : y entrer malgré l’interdiction expose à des sanctions et compromet la garantie d’assurance. Le propriétaire destinataire de l’arrêté doit exécuter les mesures prescrites dans le délai imparti, sous peine d’exécution d’office à ses frais. Pour le locataire, l’arrêté d’interdiction d’habiter justifie la suspension du paiement des loyers et fonde la demande de relogement, d’abord auprès des assurances, puis auprès des services sociaux de la commune pour l’urgence.

En pratique, le locataire relogé après l’incendie doit gérer trois dossiers en parallèle. D’abord son assurance habitation pour le mobilier et les frais d’hébergement, avec la déclaration dans les cinq jours ouvrés décrite en première partie. Ensuite le bailleur, informé par écrit de la situation avec demande de position claire : résiliation amiable constatée par écrit quand la destruction est totale, ou accord sur la baisse du loyer et le calendrier des travaux quand elle est partielle. Enfin la mairie et les services sociaux pour l’hébergement d’urgence des premiers jours et l’accompagnement vers une solution temporaire. Chaque échange important doit être confirmé par écrit, car les promesses verbales de relogement ou de travaux s’évaporent dès que les devis arrivent. Le locataire qui quitte définitivement le logement incendié réalise un état des lieux de sortie contradictoire, même sommaire et photographié, pour sécuriser la restitution du dépôt de garantie dans le délai légal.

B. Incendie d’habitation : qui paie quand le locataire est présumé responsable et comment agir contre le responsable

La détermination du responsable de l’incendie obéit à des présomptions que beaucoup de locataires découvrent trop tard. L’article 1733 du Code civil dispose que le locataire « répond de l’incendie, à moins qu’il ne prouve : Que l’incendie est arrivé par cas fortuit ou force majeure, ou par vice de construction. Ou que le feu a été communiqué par une maison voisine. » Le locataire est donc présumé responsable du feu qui ravage le logement qu’il occupe, et c’est à lui de rapporter l’une des trois preuves libératoires : le cas fortuit ou la force majeure comme la foudre, le vice de construction comme une installation électrique d’origine défectueuse, ou la propagation depuis une maison voisine. À défaut de cette preuve, il répond envers le bailleur des dégradations subies par l’immeuble, et son assurance responsabilité civile locative prend en charge cette dette dans la limite des plafonds. Pour le bailleur, ce texte fonde l’action contre le locataire sans avoir à démontrer une faute précise, mais il n’exonère pas le bailleur de prouver l’étendue des dommages et leur lien avec l’incendie.

Quand plusieurs occupants se partagent l’immeuble, la présomption se répartit entre eux. L’article 1734 du Code civil prévoit que « S’il y a plusieurs locataires, tous sont responsables de l’incendie, proportionnellement à la valeur locative de la partie de l’immeuble qu’ils occupent ; A moins qu’ils ne prouvent que l’incendie a commencé dans l’habitation de l’un d’eux, auquel cas celui-là seul en est tenu ; Ou que quelques-uns ne prouvent que l’incendie n’a pu commencer chez eux, auquel cas ceux-là n’en sont pas tenus. » Dans une maison divisée en logements ou un petit collectif, chaque locataire répond donc à proportion de son loyer, sauf à démontrer que le feu a pris chez le voisin ou n’a pas pu naître chez lui. L’enquête des pompiers sur le point de départ du feu prend ici une importance capitale, et chaque occupant a intérêt à obtenir copie des constatations utiles à sa défense. Les colocataires d’un même bail solidaire répondent ensemble, et leurs assurances respectives se répartissent la charge selon les parts de responsabilité retenues.

Le propriétaire occupant n’échappe pas à la recherche des responsabilités quand le feu a une origine extérieure à son foyer. Si l’incendie provient d’un tiers, comme un véhicule qui percute la maison, un artisan en intervention ou un voisin dont le feu de jardin a dégénéré, le recours s’exerce sur le fondement du droit commun de la responsabilité. L’article 1240 du Code civil pose que « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » La victime doit établir la faute du tiers, le dommage subi et le lien entre les deux, avec l’appui du rapport des pompiers, des témoignages et des constats. Quand un camion avait incendié une maison dans le Puy-de-Dôme, l’analyse des recours du propriétaire contre le responsable, des déclarations croisées aux assurances et de l’indemnisation illustre pas à pas cette mécanique, comme détaillé dans l’analyse du recours après une maison incendiée par un camion. En pratique, l’assureur de la victime indemnise d’abord son assuré puis exerce un recours subrogatoire contre l’assureur du responsable, et la victime conserve l’action directe contre le tiers pour les préjudices non couverts comme le préjudice moral ou la perte de valeur résiduelle.

Si l’enquête révèle un incendie volontaire, le dossier change de nature et le volet pénal rejoint le volet civil. Déposer plainte rapidement permet de déclencher les investigations sur l’origine criminelle du feu, et la constitution de partie civile devant le juge d’instruction ou le tribunal correctionnel ouvre droit à des dommages et intérêts dans le procès pénal lui-même. L’assurance ne peut pas opposer à l’assuré de bonne foi le fait que l’incendie soit volontaire quand il émane d’un tiers, et même l’incendie provoqué par un membre du foyer donne lieu à des débats complexes sur l’intention et l’imputabilité que seul un avocat peut trancher au cas par cas. Les compagnies qui suspectent une fraude à l’assurance déposent elles-mêmes plainte et suspendent le règlement dans l’attente des investigations, ce qui rend d’autant plus nécessaire l’assistance d’un conseil dès les premières auditions. Parallèlement, les victimes peuvent saisir le juge civil sans attendre l’issue du procès pénal pour obtenir une provision sur leur indemnisation, le criminel ne tenant plus le civil en l’état dans cette configuration procédurale depuis la réforme applicable.

Au terme de cette recherche des responsabilités, chacun doit identifier sa position exacte avant d’écrire à qui que ce soit. Le locataire présumé responsable vérifie sa garantie responsabilité civile locative et prépare ses preuves libératoires plutôt que d’admettre une faute par écrit. Le bailleur chiffre ses dommages avec devis et fait constater l’état des lieux par huissier avant tout nettoyage. Le propriétaire victime d’un tiers identifie l’assurance adverse et adresse une mise en demeure circonstanciée avec l’ensemble des justificatifs. Le voisin dont le feu s’est propagé prévient immédiatement son assureur responsabilité civile vie privée. Et dans tous les cas, les courriers échangés avec les assureurs restent mesurés et factuels : reconnaître une responsabilité par écrit dans un moment d’émotion peut coûter des dizaines de milliers d’euros, alors qu’une simple description des faits préserve tous les droits.

Conclusion

L’incendie d’une maison d’habitation, comme celui qui a ravagé deux maisons du sud de la Haute-Garonne le 25 septembre 2026 et provoqué le relogement des habitants, obéit à une chronologie juridique stricte. Dans les cinq jours ouvrés, déclarer le sinistre à chaque assureur concerné par écrit recommandé, sans craindre une déchéance que l’assureur ne peut opposer qu’à des conditions étroites. Dans les semaines suivantes, faire expertiser contradictoirement les dommages, chiffrer l’indemnité à la valeur au jour du sinistre et activer la garantie frais de relogement avant d’engager des travaux que l’assureur doit valider. Si le logement était loué, appliquer l’article 1722 : destruction totale et bail résilié de plein droit avec fin des loyers, destruction partielle et option entre baisse du loyer et résiliation. Si l’origine du feu est discutée, manier les présomptions des articles 1733 et 1734 et préparer le recours de droit commun contre le véritable responsable. Chaque étape se prouve par écrit, chaque délai se respecte, et chaque offre de l’assureur se vérifie poste par poste. Les habitants relogés dans l’urgence ont droit à une indemnisation complète, à condition de construire leur dossier avec la rigueur que les textes exigent et que les tribunaux récompensent.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».