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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Mon associé a vendu ses actions sans me prévenir : faire annuler la cession et préempter (arrêt du 8 juillet 2026)

Votre associé a cédé ses actions à un inconnu sans vous prévenir, alors que les statuts de votre SAS vous réservaient un droit de préemption. Le nouveau venu siège déjà en assemblée générale, vote les résolutions et prétend participer aux distributions. Vous vous demandez si la vente est perdue, s’il faut prouver une manœuvre frauduleuse de l’acheteur et comment reprendre les titres. La réponse a changé le 8 juillet 2026 : la chambre commerciale de la Cour de cassation juge désormais que la cession réalisée en violation d’une clause statutaire de préemption est nulle sans que vous ayez à démontrer la moindre entente frauduleuse entre le cédant et l’acquéreur. Cet article vous explique comment vérifier la clause, faire constater la nullité, écarter les décisions votées avec l’intrus et sécuriser le prix de reprise, à Paris comme en Île-de-France.

I. Mon associé a vendu sans me prévenir : faire annuler la cession

A. Clause de préemption des statuts : vérifier qu’elle verrouille la vente

Dans une société par actions simplifiée, la transmission des titres obéit d’abord aux statuts. La loi ouvre largement cette liberté : les statuts peuvent soumettre toute cession d’actions à l’agrément préalable de la société, prévoir une inaliénabilité temporaire puisque les statuts de la société peuvent prévoir l’inaliénabilité des actions pour une durée n’excédant pas dix ans, ou organiser une sortie forcée car dans les conditions qu’ils déterminent, les statuts peuvent prévoir qu’un associé peut être tenu de céder ses actions. La clause de préemption appartient à cette famille : elle réserve aux associés existants une priorité d’achat lorsque l’un d’eux projette de vendre. Concrètement, le cédant doit notifier son projet, indiquer le prix et l’identité du candidat acquéreur, puis laisser aux bénéficiaires un délai pour se substituer à l’acheteur pressenti.

La première vérification porte sur l’emplacement de la clause. Une clause inscrite dans les statuts bénéficie de la sanction la plus forte : toute cession effectuée en violation des clauses statutaires est nulle. Une clause figurant seulement dans un pacte d’associés extrastatutaire obéit à un autre régime : le pacte s’impose aux signataires puisque les contrats ne peuvent être modifiés ou révoqués que du consentement mutuel des parties, ou pour les causes que la loi autorise, et sa violation ouvre droit à l’exécution forcée ou à des dommages et intérêts, mais la nullité de la vente au tiers suppose des conditions plus étroites. Avant d’agir, relisez donc l’article des statuts qui crée le droit de préemption, le délai de réponse, le mode de notification imposé et la sanction prévue. Dans l’affaire jugée le 8 juillet 2026, l’article 16 des statuts créait le droit et l’article 23 sanctionnait par la nullité toute cession réalisée en violation de ce droit : cette architecture en deux temps a permis au juge de prononcer la nullité sans hésitation.

La deuxième vérification porte sur le périmètre des cessions visées. Certaines clauses couvrent toute mutation, y compris les cessions entre associés ou au profit d’un membre de la famille ; d’autres ne visent que les ventes à un tiers. Certaines excluent les transmissions par succession ou les apports. Si la vente litigieuse entre dans le champ de la clause et que la notification n’a jamais été adressée, le dossier est solide. Rassemblez les statuts à jour, le registre des mouvements de titres, la preuve de l’absence de notification et l’acte de cession. Adressez ensuite une mise en demeure au cédant et au cessionnaire en rappelant la clause et en demandant la régularisation sous huitaine. Cette lettre interrompt les discussions informelles, fixe une date certaine et prépare l’assignation.

La troisième vérification concerne la solidité de la clause elle-même. Les verrous statutaires les plus sensibles exigent l’unanimité : les clauses statutaires visées aux articles L. 227-13 et L. 227-17 ne peuvent être adoptées ou modifiées qu’à l’unanimité des associés. Si la clause de préemption a été introduite ou modifiée sans respecter la règle de vote applicable, le cédant tentera de la faire écarter. Faites vérifier par votre conseil le procès-verbal de l’assemblée qui a adopté la clause, les règles de quorum et de majorité des statuts et la chronologie des modifications statutaires. Une clause régulièrement adoptée, précise sur son champ et assortie d’une sanction de nullité résiste aux contestations.

Le contraste avec la SARL éclaire la situation. En SARL, la protection légale est automatique : les parts sociales ne peuvent être cédées à des tiers étrangers à la société qu’avec le consentement de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales, à moins que les statuts prévoient une majorité plus forte. En SAS, rien n’est automatique : tout repose sur ce que les statuts ont prévu. L’associé de SAS qui découvre la vente doit donc d’abord prouver l’existence et la régularité du verrou statutaire, là où l’associé de SARL invoque directement la loi. Cette différence commande toute la stratégie contentieuse qui suit.

B. Arrêt du 8 juillet 2026 : l’annulation sans prouver la fraude de l’acheteur

Le 8 juillet 2026, la chambre commerciale, financière et économique de la Cour de cassation a tranché un litige né de la cession, le 2 décembre 2020, de la totalité des actions détenues par une société luxembourgeoise dans le capital de la SAS Ora e-car au profit d’une autre société luxembourgeoise. Un associé historique estimait que cette vente violait la clause de préemption des statuts et a demandé la nullité de la cession ainsi que celle des assemblées générales tenues depuis avec le nouvel entrant. La cour d’appel de Versailles, par deux arrêts des 19 novembre 2024 et 4 février 2025, avait annulé la cession. Le cédant se pourvoyait en soutenant que la nullité supposait la preuve d’une entente frauduleuse entre le vendeur et l’acheteur, preuve qui n’avait jamais été rapportée ni même alléguée. La Cour de cassation rejette cette thèse par une formule que tout associé évincé doit connaître : l’annulation d’une cession d’actions d’une société par actions simplifiée en raison de sa contrariété à une clause statutaire n’est pas soumise à la démonstration d’une collusion frauduleuse entre le cédant et le cessionnaire. Le dispositif complet figure dans le texte officiel de la décision cité ci-dessus.

Le raisonnement tient en trois temps. D’abord, la cour d’appel avait relevé que l’article 16 des statuts conférait aux associés un droit de préemption et que l’article 23 sanctionnait par la nullité toute cession réalisée en violation de ce droit. Ensuite, elle avait constaté que la vente avait été conclue sans que les associés aient été mis en mesure d’exercer leur priorité d’achat. Enfin, elle en avait déduit exactement la nullité. Ce syllogisme suffit : violation constatée de la clause, sanction statutaire de nullité, annulation prononcée. Le pourvoi contestait aussi l’annulation d’une assemblée générale du 21 décembre 2020 et d’autres griefs, que la Cour écarte en application de l’article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, faute de moyen de nature à entraîner la cassation. Seule l’annulation d’une assemblée postérieure du 22 août 2022 est censurée, pour dénaturation d’un procès-verbal : la cour d’appel avait retenu la participation d’une société dont le procès-verbal ne constatait pas la présence. Cette cassation partielle ne change rien à l’essentiel : la vente est nulle et l’acquéreur irrégulier ne peut pas s’installer durablement dans le capital.

La portée pratique dépasse le cas d’espèce. Jusqu’à cet arrêt, certains cédants plaidaient que l’acheteur de bonne foi, ignorant la clause statutaire, devait être protégé et que seule une fraude commune justifiait d’anéantir la vente. La Cour balaie l’argument : la nullité de l’article L. 227-15 est une sanction objective du non-respect des statuts, pas une sanction de la mauvaise foi. Pour l’associé préempteur, le fardeau probatoire s’allège considérablement : il prouve la clause, il prouve l’absence de notification régulière, il obtient la nullité. Il n’a pas à enquêter sur les relations entre le vendeur et l’acheteur, à exhumer des échanges confidentiels ou à démontrer que l’acquéreur connaissait les statuts. Pour le candidat acquéreur, l’enseignement est symétrique et sévère : avant de payer le prix, il doit exiger les statuts à jour, vérifier l’existence d’un droit de préemption ou d’agrément, contrôler que la notification a été faite et que le délai de réponse a expiré. L’audit statutaire devient un préalable non négociable de toute acquisition de titres de SAS.

Une limite doit être posée avec la même netteté. La nullité automatique protège les cessions librement décidées par leur titulaire, pas tous les transferts forcés. Par un arrêt du 21 juin 2023, la même chambre a jugé que ce texte ne régissant pas l’exclusion d’un associé et la cession forcée de ses actions qui en résulte, la nullité qu’il prévoit vise uniquement à sanctionner la violation de toute clause statutaire ayant pour objet la cession d’actions librement consentie par leur titulaire, en rappelant au passage que aux termes de ce texte, toute cession effectuée en violation des clauses statutaires est nulle. Dans cette seconde affaire, un pacte d’associés promettait, en cas de manquement non régularisé après mise en demeure, la cession forcée des titres du fautif, et la Cour a validé l’exécution forcée de cette promesse malgré une clause statutaire d’exclusion au champ différent. Retenez la distinction : vente volontaire contournant la préemption, la nullité tombe sans preuve de fraude ; mécanisme d’exclusion statutaire, le régime propre de l’exclusion s’applique, détaillé dans notre article sur l’associé de SAS exclu sans vote et ses recours en annulation et indemnisation. Qualifier correctement l’opération dès la mise en demeure évite de viser le mauvais fondement et de perdre des mois de procédure.

II. Préempter, se faire substituer et verrouiller la suite

A. Agir vite : notification, assignation en nullité et substitution

Le réflexe qui sauve les dossiers tient en une phrase : constater vite, écrire vite, assigner vite. Dès la découverte de la vente, demandez par écrit au président de la SAS la communication des statuts à jour, du registre des mouvements de titres, de l’acte de cession et de la preuve de la notification du projet. Faites dresser par un commissaire de justice un procès-verbal de consultation du registre si l’accès vous est refusé. Puis adressez une mise en demeure au cédant, au cessionnaire et à la société, en visant l’article précis des statuts, en rappelant le défaut de notification et en exigeant la suspension des droits de vote de l’acquéreur dans l’attente du jugement. Cette mise en demeure ouvre aussi la voie à l’exécution forcée : le créancier d’une obligation peut, après mise en demeure, en poursuivre l’exécution en nature sauf si cette exécution est impossible ou s’il existe une disproportion manifeste entre son coût pour le débiteur de bonne foi et son intérêt pour le créancier. L’associé préempteur est exactement ce créancier d’une obligation de faire : permettre l’exercice de la priorité d’achat.

L’assignation vise trois défendeurs : le cédant, le cessionnaire et la société. Les demandes s’articulent autour de quatre chefs. Première demande, la nullité de la cession sur le fondement de l’article L. 227-15, sans avoir à alléguer la fraude depuis l’arrêt du 8 juillet 2026. Deuxième demande, la substitution du préempteur dans les droits de l’acquéreur lorsque les statuts ou le pacte la prévoient, ou à défaut l’allocation de dommages et intérêts égaux au préjudice subi, notamment la perte de contrôle et la décote de la participation. Troisième demande, l’annulation des assemblées générales tenues avec la participation de l’acquéreur irrégulier et la suspension de ses droits de vote jusqu’au jugement, car les résolutions votées grâce à ses voix, distributions, nominations, augmentations de capital, restent fragilisées tant que sa qualité d’associé est contestée. Quatrième demande, une mesure provisoire : en cas d’urgence, le juge des référés peut suspendre les effets de la cession et désigner un mandataire ad hoc pour l’exercice des droits litigieux, afin d’éviter que l’intrus ne vote une opération irréversible pendant l’instance.

Le choix du fondement dépend de l’emplacement de la clause bafouée. Si le droit de préemption figure dans les statuts, la nullité de l’article L. 227-15 constitue l’arme principale et l’arrêt du 8 juillet 2026 verrouille le raisonnement. Si le droit figure seulement dans un pacte extrastatutaire, l’action en nullité contre le tiers acquéreur suppose de démontrer sa connaissance du pacte et sa collusion avec le cédant, conditions classiques de l’opposabilité des conventions aux tiers ; la demande se double alors d’une action en exécution forcée du pacte contre le cédant et en dommages et intérêts. L’arrêt du 21 juin 2023 montre que cette exécution forcée aboutit : la Cour y a validé la condamnation d’un associé à céder plus de 344 000 actions pour un prix d’environ 328 000 euros, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard. Quand statuts et pacte coexistent, cumulez les fondements à titre principal et subsidiaire au lieu de parier sur un seul.

Préparez aussi la défense adverse. Le cédant plaidera que la clause ne couvrait pas cette vente, qu’une notification a bien été adressée, que le délai de réponse était expiré ou que la clause avait été modifiée. Chaque objection se traite par une pièce : le texte exact de la clause et son champ, les récépissés de notification et le décompte du délai, le procès-verbal de l’assemblée ayant modifié les statuts et la règle de vote appliquée. Le cessionnaire plaidera sa bonne foi et le prix payé ; depuis le 8 juillet 2026, cette bonne foi ne sauve pas la vente lorsque la clause statutaire a été violée, mais elle influencera le sort des restitutions, intérêts et indemnités après annulation. Anticipez enfin les assemblées convoquées pendant le litige : demandez systématiquement l’inscription de la contestation au procès-verbal, votez sous réserve et faites constater la participation litigieuse, afin de nourrir la demande d’annulation des résolutions adoptées avec les voix contestées.

B. Prix, expert et contentieux parisien : sécuriser la sortie de crise

Obtenir la nullité ne suffit pas : il faut reprendre les titres à un prix incontestable et empêcher que la crise ne dégénère en blocage durable. Lorsque les statuts ou le pacte fixent le prix de préemption, appliquez la formule convenue, souvent fondée sur les comptes du dernier exercice, un multiple d’excédent brut d’exploitation ou une valeur arrêtée d’un commun accord. Lorsque le prix est contesté ou indéterminable, la loi désigne un arbitre : la valeur de ces droits est déterminée, en cas de contestation, par un expert désigné, soit par les parties, soit à défaut d’accord entre elles, par jugement du président du tribunal judiciaire ou du tribunal de commerce compétent, statuant selon la procédure accélérée au fond et sans recours possible. Cet expert applique en priorité les règles de valorisation prévues par les documents qui lient les parties, puisque l’expert ainsi désigné est tenu d’appliquer, lorsqu’elles existent, les règles et modalités de détermination de la valeur prévues par les statuts de la société ou par toute convention liant les parties. Saisissez le président du tribunal d’une demande de désignation dès que le désaccord sur le prix apparaît, consignez le prix proposé et exigez la remise des documents comptables nécessaires à l’expertise. En SARL, le même mécanisme s’applique au rachat après refus d’agrément, la loi renvoyant elle-même à l’expertise pour le prix des parts.

Le calendrier procédural mérite la même rigueur que le fond. Les actions en nullité de cessions se prescrivent et les preuves se dissipent : notifications qui s’égarent, registres qui se réécrivent, assemblées qui s’enchaînent. Agissez dans les semaines qui suivent la découverte de la vente, demandez au juge des référés la suspension des droits litigieux et sollicitez du juge du fond un calendrier resserré avec expertise concomitante sur le prix. Si une augmentation de capital, une distribution ou une cession d’actifs est votée avec l’intrus pendant l’instance, contestez chaque résolution par écrit, demandez leur annulation par conclusions additionnelles et, en cas d’opération irréversible, sollicitez l’interdiction judiciaire de la réaliser jusqu’au jugement sur la qualité d’associé. L’arrêt du 8 juillet 2026 illustre ce contentieux en cascade : annulation de la vente, puis annulation des assemblées postérieures, puis renvoi partiel pour une assemblée dont le procès-verbal avait été dénaturé. Chaque maillon compte et chaque procès-verbal approximatif coûte une année de procédure.

À Paris et en Île-de-France, où siègent la plupart des holdings et des SAS familiales du cabinet, le contentieux suit un circuit rodé. L’assignation relève du tribunal de commerce de Paris lorsque la société est commerçante, avec une mise en état active et des demandes d’expertise traitées en procédure accélérée au fond. L’appel relève de la cour d’appel de Paris, dont un pôle dédié connaît des litiges de cessions de droits sociaux et de pactes d’associés. Prévoyez les pièces que ces juridictions exigent systématiquement : statuts consolidés et historique des modifications, pacte signé par toutes les parties, registre des mouvements de titres coté et paraphé, acte de cession et preuve du paiement du prix, échanges écrits sur la notification du projet, procès-verbaux des assemblées contestées et comptes des trois derniers exercices pour l’expertise de valorisation. Les sociétés dont le siège est à Paris, La Défense, Boulogne-Billancourt ou Saint-Denis gagnent aussi à faire constater par un commissaire de justice local le refus de communication du registre : ce procès-verbal pèse lourd dans la demande de suspension des droits de vote de l’acquéreur.

La sortie de crise passe enfin par la réécriture des documents. Une fois les titres récupérés, faites modifier les statuts pour préciser le champ de la préemption, le mode de notification avec avis de réception, le point de départ et la durée du délai de réponse, la formule de prix et l’expert de renvoi, ainsi que la sanction de nullité et la suspension des droits de vote en cas de violation. Alignez le pacte sur les statuts pour éviter les contradictions qui ont nourri tant de litiges, comme celui tranché en 2023 où pacte et statuts parlaient de mécanismes différents. Et si l’intention est d’ouvrir le capital à un investisseur, organisez une renonciation expresse et écrite des bénéficiaires à leur priorité avant de signer avec le tiers : une renonciation claire et datée éteint le contentieux avant sa naissance.

Conclusion

Depuis le 8 juillet 2026, l’associé de SAS évincé d’une vente réalisée dans son dos n’a plus à traquer la fraude : il prouve la clause statutaire de préemption, il prouve l’absence de notification régulière, il obtient la nullité de la cession. La méthode tient en cinq gestes : relire les statuts et situer la clause avec sa sanction, réunir le registre des titres et la preuve du défaut de notification, mettre en demeure le cédant, l’acquéreur et la société, assigner en nullité avec demandes de substitution et de suspension des droits litigieux, puis sécuriser le prix par l’expertise et réécrire les documents pour l’avenir. Le pacte extrastatutaire conserve sa force entre signataires et s’exécute de manière contraignante, comme l’a confirmé la Cour de cassation en 2023, mais seule la clause statutaire déclenche la nullité automatique. Agissez vite, visez juste et faites vérifier chaque citation : en matière de cessions, la rigueur documentaire gagne les procès.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».