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Maison fissurée après la sécheresse à Paris et en Île-de-France : catastrophe naturelle, indemnisation de l’assurance et recours contre un refus (2026)

Votre maison se fissure après un été de sécheresse et l’assureur parle de simple retrait sans gravité. À Paris et en Île-de-France, où les sols argileux gonflent et se rétractent au fil des épisodes de chaleur, ces désordres peuvent relever de la garantie catastrophe naturelle et ouvrir droit à une indemnisation complète des travaux. L’arrêté du 13 mars 2026 portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, publié au Journal officiel, vise notamment les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols pour de nombreuses communes, avec des périodes de référence courant sur 2024 et 2025.

Encore faut-il vérifier que votre commune figure dans l’arrêté pour le bon phénomène et la bonne période, déclarer le sinistre dans les délais, démontrer que la sécheresse reconnue est la cause déterminante des fissures et chiffrer les reprises. Quand l’assureur refuse ou minore, la jurisprudence récente donne des leviers précis : le tribunal judiciaire de Versailles a condamné un assureur à plus de 260 000 euros pour une maison des Yvelines, tandis que la Cour de cassation a rappelé le 12 février 2026 les conditions exactes de la garantie. Voici comment obtenir l’indemnisation et contester un refus.

I. Faire reconnaître la catastrophe naturelle sécheresse et déclarer le sinistre à l’assurance pour obtenir l’indemnisation des fissures

A. Vérifier l’arrêté de catastrophe naturelle de votre commune et déclarer le sinistre fissures dans les délais

La garantie catastrophe naturelle ne joue que si un arrêté interministériel a reconnu l’état de catastrophe naturelle pour votre commune, pour le phénomène sécheresse et pour la période pendant laquelle vos fissures sont apparues. Aux termes de l’article L. 125-1 du code des assurances, « L’état de catastrophe naturelle est constaté par arrêté interministériel qui détermine les zones et les périodes où s’est située la catastrophe ainsi que la nature des dommages résultant de celle-ci couverts par la garantie visée au premier alinéa du présent article ». Vérifiez donc trois éléments sur l’arrêté : le nom exact de votre commune, la nature du phénomène, qui doit être libellée « mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols », et la période retenue. L’arrêté du 13 mars 2026 distingue ainsi les communes reconnues, recensées en annexe I, et celles dont la demande est rejetée, recensées en annexe II : les communes reconnues sont recensées en annexe I de l’arrêté, pour le phénomène et les périodes indiqués, tandis que les demandes rejetées figurent en annexe II En Île-de-France, des communes de Seine-et-Marne y figurent pour la sécheresse, comme Servon pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2024, ce qui montre que le dispositif concerne directement la région parisienne.

Si votre commune n’apparaît pas dans le dernier arrêté, demandez en mairie si une demande de reconnaissance a été déposée et pour quelle période, puis surveillez les arrêtés suivants sur la liste tenue par la Caisse centrale de réassurance. La demande est instruite par le préfet au regard de critères géotechniques et météorologiques fixés par la circulaire du 29 avril 2024 : présence d’argiles sensibles sur plus de 3 % du territoire communal et succession anormale d’épisodes de sécheresse et de réhydratation. Quand la commune est reconnue, le Fonds de prévention des risques naturels majeurs peut aussi être mobilisé par la collectivité pour des études, mais votre indemnisation passe par votre contrat d’assurance habitation. Le même article L. 125-1 impose aux contrats couvrant l’incendie ou les dommages aux biens d’ouvrir droit à cette garantie : relisez votre contrat pour identifier la clause catastrophe naturelle, la franchise applicable et les exclusions éventuelles, notamment pour les bâtiments construits en violation de règles de prévention.

Dès la publication de l’arrêté au Journal officiel, déclarez le sinistre à votre assureur sans attendre. La fiche officielle du service public est explicite : la déclaration doit être envoyée le plus rapidement possible, et au plus tard 30 jours après la publication de l’arrêté Adressez une déclaration écrite, de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception ou par l’espace client en conservant la preuve de dépôt, en décrivant les fissures, leur date d’apparition et leur évolution, avec des photographies datées. Même avant la publication de l’arrêté, signalez les désordres par écrit : l’article L. 113-2 du code des assurances oblige l’assuré « De donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur », en précisant que « Ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés ». Conservez chaque échange, chaque rapport et chaque facture : en cas de litige sur la date d’apparition des fissures, ces pièces feront la différence entre une prise en charge et un refus.

Une fois la déclaration reçue, les délais de l’assureur sont encadrés par la loi. Aux termes de l’article L. 125-2 du code des assurances, « A compter de la réception de la déclaration du sinistre ou de la date de publication, lorsque celle-ci est postérieure, de la décision administrative constatant l’état de catastrophe naturelle, l’assureur dispose d’un délai d’un mois pour informer l’assuré des modalités de mise en jeu des garanties prévues au contrat et pour ordonner une expertise lorsque l’assureur le juge nécessaire ». Le même texte ajoute : « Il fait une proposition d’indemnisation ou de réparation en nature résultant de cette garantie, dans un délai d’un mois à compter soit de la réception de l’état estimatif transmis par l’assuré en l’absence d’expertise, soit de la réception du rapport d’expertise définitif. » Puis, « A compter de la réception de l’accord de l’assuré sur la proposition d’indemnisation, l’assureur dispose d’un délai d’un mois pour missionner l’entreprise de réparation ou d’un délai de vingt et un jours pour verser l’indemnisation due », avec des intérêts au taux légal en cas de retard. Notez aussi que « pour les dommages ayant eu pour cause déterminante les mouvements de terrain différentiels mentionnés au troisième alinéa de l’article L. 125-1, la garantie est limitée aux dommages susceptibles d’affecter la solidité du bâti ou d’entraver l’usage normal du bâtiment », et que les indemnisations « couvrent les travaux permettant un arrêt des désordres existants consécutifs à l’événement lorsque l’expertise constate une atteinte à la solidité du bâtiment ou un état du bien le rendant impropre à sa destination », dans la limite de la valeur assurée. Pour une habitation à usage non professionnel, la franchise légale s’élève à 380 euros et elle est modulée selon le nombre de reconnaissances antérieures dans la commune. Enfin, ne laissez pas le temps jouer contre vous : l’article L. 114-1 du code des assurances prévoit que « Par exception, les actions dérivant d’un contrat d’assurance relatives à des dommages résultant de mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse-réhydratation des sols, reconnus comme une catastrophe naturelle dans les conditions prévues à l’article L. 125-1, sont prescrites par cinq ans à compter de l’événement qui y donne naissance », contre deux ans en droit commun de l’assurance.

B. Prouver que la sécheresse reconnue est la cause déterminante des fissures grâce à l’expertise et à l’étude de sol géotechnique

Le point décisif d’un dossier sécheresse tient en une formule légale. L’article L. 125-1 du code des assurances dispose : « Sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles, au sens du présent chapitre, les dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel ou également, pour les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, la succession anormale d’événements de sécheresse d’ampleur significative, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises. » L’assureur doit donc indemniser quand la sécheresse reconnue par l’arrêté explique les fissures de façon déterminante, et non de façon accessoire ou hypothétique. Concrètement, faites établir la concomitance entre l’apparition des désordres et la période retenue par l’arrêté, la nature argileuse du terrain sous votre maison et l’absence d’autre cause prépondérante comme un défaut de construction, une surcharge, une fuite de canalisation ou des travaux de voirie. Un faisceau d’indices précis impressionne davantage qu’une affirmation générale : photographies datées des fissures en escalier, lézardes traversantes, portes qui coincent, carrelages qui se soulèvent, relevés d’un huissier ou commissaire de justice, attestations de voisins dont les maisons présentent les mêmes désordres, et carte d’exposition aux argiles disponible sur le site Géorisques du ministère.

L’expertise diligentée par l’assureur constitue souvent le premier rapport versé au dossier, mais elle ne lie pas le juge et peut être discutée par une contre-expertise. Faites-vous assister à l’expertise par un expert d’assuré ou un homme de l’art indépendant, exigez la communication du rapport complet et refusez de signer un accord transactionnel tant que la cause et le chiffrage restent incertains. Quand l’enjeu financier le justifie, commandez une étude de sol géotechnique : elle identifie la nature des argiles, la profondeur des fondations et le mécanisme de retrait-gonflement, et elle fonde techniquement la demande. Son coût, de plusieurs milliers d’euros, peut être intégré au préjudice réparable, comme l’a admis le tribunal judiciaire de Versailles dans un dossier francilien. Dans cette affaire, des propriétaires ayant acquis en 2014 une maison dans les Yvelines avaient constaté des fissurations durant l’été 2017, période couverte par un arrêté du 18 septembre 2018 reconnaissant la commune en catastrophe naturelle pour mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse du 1er janvier au 30 septembre 2017. L’expert de l’assureur avait lui-même déposé le 24 avril 2019 un rapport « concluant que la garantie catastrophes naturelles sécheresse était mobilisable, la concomitance entre l’apparition des désordres, les dommages constatés et la nature argileuse du terrain semblant suffisants pour considérer la sécheresse reconnue de 2017 comme cause déterminante du sinistre » (tribunal judiciaire de Versailles, 3e chambre, 22 février 2024, RG 22/03559).

Malgré ce rapport favorable, confirmé par l’étude de sol puis par l’expertise judiciaire, l’assureur n’avait versé aucune indemnisation, et le tribunal a sanctionné cette inertie. Relevant qu’« En vertu de l’article 1104 du Code civil, les contrats doivent s’exécuter de bonne foi », le jugement retient que « Ces éléments caractérisent une faute de la part de la MACIF dans l’exécution de ses obligations contractuelles » et qu’« En conséquence, il sera alloué aux époux [B] une somme de 7.000 euros en réparation de leur préjudice moral ». Sur le fond, le tribunal a prononcé : « CONDAMNE la société MACIF à payer à M. et Mme [B] les sommes suivantes : – 223.101,10 euros, assortie de l’indice BT 01 à compter du 15 avril 2022, au titre des préjudices matériels, – 26.616,72 euros au titre de la maîtrise d’oeuvre et de l’assurance dommage-ouvrage, – 4.497 euros au titre des frais d’étude géotechnique » En revanche, les frais de relogement et de déménagement ont été rejetés, le contrat litigieux ne garantissant que les dommages matériels directs, ce qui invite à vérifier l’étendue exacte de votre propre police avant de réclamer des préjudices annexes. Retenez la méthode : concomitance datée, sol argileux documenté, rapport d’expert complet, étude géotechnique quand le montant l’exige, et chiffrage des travaux d’arrêt des désordres par des devis d’entreprises, indexés si la procédure dure.

II. Contester le refus d’indemnisation de l’assurance et obtenir le paiement des travaux de reprise des fissures de sécheresse

A. Répondre point par point aux motifs de refus de l’assurance et saisir le juge en cas de blocage persistant

Les refus d’indemnisation en matière de sécheresse reposent presque toujours sur les mêmes motifs : commune non reconnue pour la période invoquée, fissures antérieures à l’arrêté, cause déterminante non établie, désordres imputés à la construction ou à un défaut d’entretien, ou proposition dérisoire fondée sur un simple rebouchage. Traitez chaque motif comme une question de preuve. Si l’assureur soutient que la commune n’est pas reconnue, produisez l’arrêté et son annexe I ; si la commune est en annexe II, demandez la communication des rapports d’expertise ayant fondé le rejet, car l’article L. 125-1 impose une décision « motivée de façon claire, détaillée et compréhensible » avec mention des voies et délais de recours, et envisagez un recours contre le refus de reconnaissance parallèlement à la discussion avec l’assureur. S’il conteste la date d’apparition, opposez vos photographies datées, constats et attestations. S’il invoque une autre cause, exigez qu’il la démontre techniquement au lieu d’accepter une pétition de principe : l’usure normale ou un vague défaut d’entretien ne suffisent pas à écarter une sécheresse reconnue quand la concomitance et l’argile sont établies.

Le contentieux le plus délicat concerne la cause déterminante rapportée à la période exacte de l’arrêté. La cour d’appel d’Orléans vient de confirmer, le 7 avril 2026, le rejet d’une demande où les rapports techniques concluaient seulement à des épisodes successifs sans isoler la période reconnue : « ni l’expertise judiciaire, ni le rapport du sapiteur M. [R] ne retiennent ce seul phénomène pour expliquer les fissures, les rapports permettant uniquement de conclure que les désordres sont la conséquence d’épisodes successifs et répétés de sécheresse et de rétention d’eau » (cour d’appel d’Orléans, chambre civile, 7 avril 2026, RG 24/03274, confirmant le jugement du tribunal judiciaire de Blois du 19 septembre 2024). La cour ajoute que « Le contenu du courrier du 3 février 2021 de la société MACIF, qui laisse entendre qu’une prise en charge est envisagée par l’assureur au titre de la garantie catastrophes naturelles, n’est pas de nature à suppléer le contenu de ces rapports », et le dispositif « CONFIRME le jugement rendu le 19 septembre 2024 par le tribunal judiciaire de Blois en toutes ses dispositions critiquées », en déboutant l’assuré jusqu’au préjudice moral dès lors que la garantie n’avait pas vocation à s’appliquer. La leçon pratique est directe : un courrier encourageant de l’assureur ne remplace jamais une expertise qui rattache précisément les fissures à la période de sécheresse visée par l’arrêté, et c’est cette démonstration qu’il faut exiger de vos propres experts.

Symétriquement, la Cour de cassation contrôle strictement les décisions qui accordent la garantie sans vérifier toutes ses conditions. Le 12 février 2026, la deuxième chambre civile a cassé partiellement un arrêt qui avait condamné l’assureur au seul motif que les fissures, apparues après la souscription, ne pouvaient provenir que de la sécheresse : « En se déterminant ainsi, sans rechercher si les mesures habituelles pour prévenir ces dommages avaient effectivement été prises, ou si, l’ayant été, n’avaient pu empêcher leur survenance, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision » (Cour de cassation, 2e chambre civile, 12 février 2026, pourvoi n° 24-15.504, cassation partielle avec renvoi devant la cour d’appel de Montpellier). Le visa est « Vu l’article L. 125-1, alinéa 3, du code des assurances », dont la Cour rappelle la teneur : « Selon ce texte, sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles les dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises. » Anticipez donc l’objection des mesures préventives : drainage entretenu, gestion des eaux pluviales, éloignement des plantations, entretien des fondations apparentes, et prouvez que ces diligences ordinaires n’auraient pas empêché des désordres d’origine climatique. Joignez factures d’entretien, photographies et constats à votre dossier avant toute assignation.

Avant le procès, adressez une mise en demeure détaillée qui reprend l’arrêté, la période, la concomitance, les rapports et le chiffrage, en rappelant les délais légaux de proposition et de paiement de l’article L. 125-2 et les intérêts au taux légal en cas de retard. Saisissez ensuite le médiateur de l’assurance, gratuitement, tout en surveillant la prescription quinquennale de l’article L. 114-1, car la médiation ne doit pas vous faire manquer le délai d’action. Si le blocage persiste, demandez au tribunal judiciaire une expertise judiciaire en référé, puis assignez au fond en paiement des travaux d’arrêt des désordres, des frais d’étude géotechnique, de maîtrise d’oeuvre, de l’assurance dommage-ouvrage afférente aux reprises, et, en cas d’inertie fautive de l’assureur malgré des rapports favorables, de dommages et intérêts pour exécution déloyale du contrat sur le fondement de l’article 1104 du code civil, comme à Versailles. Chiffrez chaque poste avec devis et indice d’actualisation, et n’oubliez pas l’article 700 du code de procédure civile pour les frais d’avocat et d’expertise.

B. Articuler la garantie catastrophe naturelle avec les recours contre le vendeur et le constructeur, avec les réflexes propres à Paris et à l’Île-de-France

La garantie catastrophe naturelle n’épuise pas les recours quand la maison fissurée vient d’être achetée ou construite, mais chaque voie obéit à ses conditions propres et un mauvais choix fait perdre du temps. Si vous avez acheté la maison et que les fissures, même révélées par la sécheresse, préexistaient à la vente à l’état caché, l’article 1641 du code civil dispose : « Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise, ou n’en aurait donné qu’un moindre prix, s’il les avait connus. » L’action doit alors être intentée vite, car l’article 1648 du code civil exige : « L’action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l’acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. » Distinguez bien les deux logiques : l’assureur catastrophe naturelle répond d’un événement climatique postérieur à la souscription, tandis que le vendeur répond d’un défaut caché antérieur à la vente. Quand les deux se cumulent, par exemple des fondations superficielles sur argile dissimulées lors de la vente puis aggravées par la sécheresse, menez les deux actions en parallèle sans confondre leurs preuves, et vérifiez si une clause d’exclusion de garantie des vices cachés, fréquente entre particuliers, peut être écartée en cas de mauvaise foi du vendeur qui connaissait les désordres.

Si la maison a moins de dix ans, tournez-vous aussi vers les constructeurs. L’article 1792 du code civil énonce : « Tout constructeur d’un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l’acquéreur de l’ouvrage, des dommages, même résultant d’un vice du sol, qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou l’un de ses éléments d’équipement, le rendent impropre à sa destination. » Les fissures de retrait-gonflement qui compromettent la solidité ou rendent la maison impropre à sa destination entrent dans ce cadre, y compris lorsqu’elles résultent d’un vice du sol argileux mal pris en compte. Vérifiez en outre l’existence d’une assurance dommage-ouvrage, obligatoire avant l’ouverture du chantier : l’article L. 242-1 du code des assurances impose à celui qui fait réaliser des travaux de « souscrire avant l’ouverture du chantier, pour son compte ou pour celui des propriétaires successifs, une assurance garantissant, en dehors de toute recherche des responsabilités, le paiement de la totalité des travaux de réparation des dommages de la nature de ceux dont sont responsables les constructeurs ». Cette assurance permet d’être payé rapidement sans attendre la désignation des responsabilités, puis c’est l’assureur dommage-ouvrage qui se retourne contre les responsables. Pour une maison récente fissurée en Île-de-France, combinez donc trois pistes : catastrophe naturelle contre l’assureur habitation, garantie décennale contre les constructeurs, et dommage-ouvrage pour un paiement rapide.

À Paris et en Île-de-France, plusieurs réflexes locaux structurent le dossier. Consultez la carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles sur Géorisques pour votre adresse exacte, car de larges secteurs des Yvelines, de l’Essonne, de Seine-et-Marne, du Val-d’Oise et du sud parisien sont classés en aléa moyen ou fort, ce qui renforce la vraisemblance du mécanisme mais n’établit pas à lui seul la cause déterminante. Interrogez votre mairie sur les demandes de reconnaissance déposées et surveillez chaque arrêté interministériel publié, en comparant systématiquement la période retenue avec la date d’apparition de vos fissures. Faites constater les désordres par un commissaire de justice du ressort, avec des photographies datées pièce par pièce et des relevés d’ouverture des fissures par témoins ou jauges, renouvelés tous les deux à trois mois pour documenter l’évolution. Pour le contentieux, le tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble est compétent : Paris, Nanterre, Créteil, Bobigny, Pontoise, Versailles, Melun ou Évry selon la commune, avec une expertise judiciaire ordonnée en référé quand l’urgence ou le risque de dépérissement des preuves l’exige. Les délais pratiques comptent autant que les délais légaux : entre la déclaration, l’expertise de l’assureur, la contre-expertise, l’étude géotechnique et l’éventuelle expertise judiciaire, un dossier solide se construit en quelques mois, et c’est cette anticipation qui permet de saisir le juge avec un chiffrage complet, indexé et documenté.

Conclusion

Des fissures apparues pendant une période de sécheresse reconnue en catastrophe naturelle ne sont ni une fatalité ni une simple usure : l’article L. 125-1 ouvre une garantie légale d’indemnisation quand la sécheresse est la cause déterminante des désordres, l’article L. 125-2 impose à l’assureur des délais stricts d’expertise, de proposition et de paiement, et l’article L. 114-1 laisse cinq ans pour agir. La méthode gagnante tient en quatre gestes : vérifier l’arrêté pour votre commune, votre phénomène et votre période, déclarer dans les 30 jours de la publication tout en ayant signalé les désordres dès leur découverte, prouver la concomitance et l’argile par expertise et étude de sol, et chiffrer les travaux d’arrêt des désordres avec indexation. Face à un refus, la jurisprudence de 2024 à 2026 trace la voie : condamnation chiffrée à Versailles quand l’assureur reste inerte malgré des rapports favorables, confirmation du rejet à Orléans quand la période de l’arrêté n’est pas isolée comme cause déterminante, et cassation quand le juge oublie de vérifier les mesures préventives habituelles. Préparez chacun de ces trois points avant d’assigner, articulez la garantie avec les recours contre le vendeur et les constructeurs quand la maison est récente ou nouvellement achetée, et faites-vous accompagner tôt pour transformer des fissures angoissantes en un dossier d’indemnisation maîtrisé.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».