Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Maison fissurée après la sécheresse de l’été 2026 : que faire pour être indemnisé et faire réparer à Paris

Les murs de votre maison se sont fissurés pendant l’été 2026. Une lézarde en escalier traverse la façade, une porte ne ferme plus, le carrelage du séjour sonne creux par endroits. Après un été marqué par la sécheresse, ces désordres apparus à la rentrée ont le plus souvent une cause unique : le sol argileux sous vos fondations s’est rétracté avec le manque d’eau, puis bougera de nouveau avec le retour des pluies d’automne. Ce phénomène porte un nom, le retrait-gonflement des argiles, et il place votre maison au cœur du risque naturel le plus coûteux de France : sur les dix dernières années, la sécheresse représente à elle seule 53 % des coûts indemnisés par la garantie catastrophes naturelles, selon la Caisse centrale de réassurance. Près de douze millions de maisons sont exposées, et l’Île-de-France, avec ses sols argileux, figure parmi les territoires les plus concernés.

La bonne nouvelle, c’est que le droit a prévu ce cas : votre assurance habitation comporte obligatoirement une garantie catastrophes naturelles, la commune peut demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, et si votre maison a moins de dix ans ou si vous venez de l’acheter, d’autres responsables peuvent payer les réparations. Encore faut-il agir dans le bon ordre, dans les bons délais et avec les bonnes preuves. Une fissure photographiée trop tard, une déclaration en mairie jamais faite, un arrêté interministériel que personne n’a surveillé : voilà comment des milliers de propriétaires perdent chaque année une indemnisation à laquelle ils avaient droit. Cet article vous explique concrètement, étape par étape, comment faire constater les désordres, obtenir l’indemnisation de votre assureur, contester un refus et, quand l’assurance ne suffit pas, faire payer le constructeur ou le vendeur.

I. Faire reconnaître le sinistre sécheresse et obtenir l’indemnisation de l’assurance

A. Maison fissurée après la sécheresse : faire constater les désordres et déclarer le sinistre dans les délais

Le premier réflexe détermine souvent l’issue du dossier : il faut figer la preuve des désordres avant que l’automne ne les modifie. Les pluies de l’automne 2026, annoncées proches des normales voire excédentaires dans le nord du pays, vont regonfler les sols argileux et peuvent refermer partiellement certaines fissures, ce qui compliquera ensuite la démonstration de leur ampleur. Dès leur découverte, photographiez chaque fissure avec un objet de référence (une pièce de monnaie, un mètre), notez leur date d’apparition, leur largeur, leur orientation et leur évolution semaine après semaine. Posez des témoins datés — pastilles de plâtre ou jauges graduées vendues dans le commerce — à cheval sur les fissures les plus larges : leur rupture prouvera le caractère évolutif des désordres, critère décisif pour l’expert comme pour le juge. Conservez aussi tout indice du fonctionnement anormal de la maison : portes et fenêtres qui coincent, canalisations qui se désemboîtent, trottoirs et terrasses qui se désolidarisent de la façade.

Faites ensuite établir un constat par un commissaire de justice (anciennement huissier), qui décrira les désordres avec date certaine, puis demandez à votre assureur multirisques habitation l’envoi d’un expert. Parallèlement, déclarez le sinistre par écrit, en lettre recommandée avec accusé de réception, en décrivant précisément les désordres et leur date d’apparition. La loi vous y oblige : l’article L113-2 du code des assurances dispose que l’assuré doit « donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de l’assureur », avec un délai qui « ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés ». Le même texte précise que la déchéance pour déclaration tardive « ne peut être opposée à l’assuré que si l’assureur établit que le retard dans la déclaration lui a causé un préjudice ». Autrement dit, déclarez vite, mais une déclaration même tardive reste défendable si l’assureur ne prouve aucun préjudice causé par le retard.

La démarche la plus négligée — et la plus déterminante — est le signalement en mairie. Car l’indemnisation au titre des catastrophes naturelles suppose un arrêté interministériel de reconnaissance, et cet arrêté n’existe que si des demandes communales ont été déposées. L’article L125-1 du code des assurances prévoit que « L’état de catastrophe naturelle est constaté par arrêté interministériel qui détermine les zones et les périodes où s’est située la catastrophe ainsi que la nature des dommages résultant de celle-ci couverts par la garantie », et que cet arrêté « précise, pour chaque commune ayant demandé la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, la décision des ministres ». Sans demande de votre commune, pas d’arrêté couvrant votre adresse, et donc pas de garantie. Rendez-vous donc en mairie dès la rentrée avec votre dossier (photos, constat, courrier à l’assureur), demandez que la commune dépose une demande de reconnaissance pour mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse, et exigez un récépissé. Attention au calendrier : « Aucune demande communale de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ne peut donner lieu à une décision favorable de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle par arrêté interministériel lorsqu’elle intervient vingt-quatre mois après le début de l’événement naturel qui y donne naissance », et « Pour les mouvements de terrain différentiels mentionnés au troisième alinéa, ce délai de vingt-quatre mois intervient après le dernier évènement de sécheresse donnant lieu à la demande communale ». À Paris, adressez-vous à la mairie de votre arrondissement, qui transmet à la préfecture ; dans les communes de petite et grande couronne, le dossier transite par la mairie puis le préfet du département, qui diligente les enquêtes avant transmission au ministre chargé de la sécurité civile. L’arrêté doit être publié au Journal officiel dans un délai de deux mois à compter du dépôt des demandes à la préfecture. Surveillez cette publication : c’est elle qui ouvre le droit à garantie pour votre adresse et votre période.

Sur le fond, vérifiez que vos désordres entrent bien dans la garantie légale. Le même article L125-1 du code des assurances dispose que « Sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles, au sens du présent chapitre, les dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel ou également, pour les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols, la succession anormale d’événements de sécheresse d’ampleur significative, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises ». Deux points méritent votre attention dans ce texte. D’abord, la cause doit être déterminante : l’expert devra écarter les autres origines possibles (malfaçons d’origine, surcharge, travaux du voisin, racines d’arbres proches). Ensuite, la question des « mesures habituelles » — entretien des réseaux d’évacuation, gestion des eaux pluviales, élagage des arbres proches des fondations — peut être soulevée par l’assureur pour refuser sa garantie. Anticipez : rassemblez vos factures d’entretien, faites vérifier l’étanchéité de vos canalisations et, si un arbre jouxte la maison, faites constater son état et les mesures prises. Enfin, sachez que l’article L125-2 du code des assurances restreint la garantie sécheresse : « pour les dommages ayant eu pour cause déterminante les mouvements de terrain différentiels mentionnés au troisième alinéa de l’article L. 125-1, la garantie est limitée aux dommages susceptibles d’affecter la solidité du bâti ou d’entraver l’usage normal du bâtiment ». Les simples fissures esthétiques, sans atteinte à la solidité ni gêne d’usage, peuvent donc être écartées : insistez auprès de l’expert sur tout ce qui démontre l’atteinte au bâti (fissures traversantes, désolidarisation, dysfonctionnement des ouvrants) plutôt que sur l’aspect visuel.

B. Refus de garantie catastrophe naturelle ou indemnité insuffisante : contester et obtenir réparation

Le refus de garantie est fréquent en matière de sécheresse, et il prend des formes variées : absence d’arrêté interministériel pour votre commune, désordres jugés antérieurs au contrat ou à la période reconnue, cause déterminante contestée, mesures de prévention jugées insuffisantes, ou offre d’indemnisation très inférieure au coût réel des reprises. Chaque motif se conteste avec ses propres armes, et la première d’entre elles est l’expertise. L’article L125-2 du code des assurances autorise l’assureur à « ordonner une expertise lorsque l’assureur le juge nécessaire », mais vous n’êtes pas prisonnier de l’expert de la compagnie : faites réaliser une contre-expertise par un expert d’assuré ou un bureau d’études de sol indépendant, avec sondages et analyse de la nature argileuse du terrain. Si l’assureur soutient que les fissures préexistaient, produisez l’état des lieux d’entrée, le diagnostic structurel éventuel réalisé lors de l’achat, les attestations de voisins et les photos anciennes. Si l’arrêté fait défaut pour votre commune alors que les maisons voisines sont fissurées de la même façon, constituez un collectif de sinistrés du quartier et saisissez ensemble le maire et le préfet : une demande communale appuyée par dix dossiers documentés n’a pas le même poids qu’un signalement isolé. Et si la commune a été écartée de l’arrêté, sachez que la décision des ministres doit être « motivée de façon claire, détaillée et compréhensible » et mentionner « les voies et délais de recours » : un recours gracieux puis contentieux contre le refus de reconnaissance est ouvert, avec communication des rapports d’expertise ayant fondé la décision.

La jurisprudence récente renforce vos moyens face aux refus fondés sur les mesures de prévention. Dans un arrêt du 12 février 2026, la deuxième chambre civile de la Cour de cassation a censuré une cour d’appel qui avait condamné l’assureur sans vérifier ce point : Cass. civ. 2e, 12 février 2026, pourvoi n° 24-15.504. La Cour rappelle que, « Selon ce texte, sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles les dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises », puis juge que « En se déterminant ainsi, sans rechercher si les mesures habituelles pour prévenir ces dommages avaient effectivement été prises, ou si, l’ayant été, n’avaient pu empêcher leur survenance, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ». Concrètement, le débat sur les mesures de prévention est obligatoire et il se joue à armes égales : à l’assureur qui invoque des plantations trop proches ou des réseaux mal entretenus, opposez vos preuves d’entretien et, surtout, exigez qu’il démontre en quoi telle mesure précise aurait empêché des désordres causés par une sécheresse d’ampleur exceptionnelle reconnue par arrêté. Un arbre à dix mètres de la maison n’explique pas à lui seul un tassement différentiel généralisé, et c’est à l’expert de le démontrer chiffres à l’appui, pas à vous de prouver l’impossible.

Quand la garantie est acquise mais que l’offre ne couvre pas les travaux, le calendrier légal joue pour vous. Le même article L125-2 du code des assurances impose à l’assureur de faire « une proposition d’indemnisation ou de réparation en nature résultant de cette garantie, dans un délai d’un mois à compter soit de la réception de l’état estimatif transmis par l’assuré en l’absence d’expertise, soit de la réception du rapport d’expertise définitif ». Puis, « A compter de la réception de l’accord de l’assuré sur la proposition d’indemnisation, l’assureur dispose d’un délai d’un mois pour missionner l’entreprise de réparation ou d’un délai de vingt et un jours pour verser l’indemnisation due », et « A défaut, et sauf cas fortuit ou de force majeure, l’indemnité due par l’assureur porte, à compter de l’expiration de ce dernier délai, intérêt au taux de l’intérêt légal ». Mettez l’assureur en demeure par recommandé dès le premier dépassement, chiffrez vos intérêts et n’acceptez aucune proposition au forfait sans devis d’entreprises : les reprises en sous-œuvre (micropieux, longrines, reprise des dallages) coûtent fréquemment plusieurs dizaines de milliers d’euros, et une indemnité calculée sur un simple rebouchage des fissures ne répare rien. Les indemnisations restent soumises à une franchise légale, dont le montant est fixé par décret : vérifiez son montant exact avant de contester un abattement. Si le désaccord persiste, saisissez le médiateur de l’assurance, puis le tribunal judiciaire — à Paris, le pôle civil du tribunal judiciaire de Paris pour les litiges de la capitale et de la petite couronne. Gardez en tête le délai de prescription : l’article L114-1 du code des assurances prévoit que « Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par deux ans à compter de l’événement qui y donne naissance », mais que « Par exception, les actions dérivant d’un contrat d’assurance relatives à des dommages résultant de mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse-réhydratation des sols, reconnus comme une catastrophe naturelle dans les conditions prévues à l’article L. 125-1, sont prescrites par cinq ans à compter de l’événement qui y donne naissance ». Ce délai de cinq ans, spécifique à la sécheresse reconnue catastrophe naturelle, vous laisse le temps de mener l’expertise et la phase amiable sans précipitation, sans pour autant attendre le dernier moment.

II. Faire payer les réparations au bon responsable quand l’assurance ne suffit pas

A. Fissures sur une maison de moins de dix ans : engager la garantie décennale du constructeur

Si votre maison a été construite ou a subi des travaux structurels il y a moins de dix ans, le constructeur répond des fissures sur un fondement redoutable pour lui : la garantie décennale, qui est une responsabilité de plein droit, sans qu’il soit besoin de prouver une faute. L’article 1792 du code civil dispose que « Tout constructeur d’un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l’acquéreur de l’ouvrage, des dommages, même résultant d’un vice du sol, qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou l’un de ses éléments d’équipement, le rendent impropre à sa destination », avant d’ajouter qu’« Une telle responsabilité n’a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d’une cause étrangère ». Notez la formule « même résultant d’un vice du sol » : des fondations inadaptées à un terrain argileux connu engagent directement le constructeur, qui ne peut se retrancher derrière la nature du sol sauf à démontrer une cause étrangère, c’est-à-dire un événement présentant les caractères de la force majeure. La sécheresse, phénomène climatique désormais prévisible dans les zones d’exposition moyenne ou forte cartographiées par le BRGM — ce qui couvre une grande partie de l’Île-de-France — constitue rarement cette cause étrangère exonératoire, surtout quand l’étude de sol préalable était absente ou insuffisante.

Le point de départ du délai de dix ans est la réception des travaux, contradictoire ou tacite. L’article 1792-4-1 du code civil dispose que « Toute personne physique ou morale dont la responsabilité peut être engagée en vertu des articles 1792 à 1792-4 du présent code est déchargée des responsabilités et garanties pesant sur elle, en application des articles 1792 à 1792-2, après dix ans à compter de la réception des travaux ». Si vous avez acheté la maison à un vendeur qui l’avait fait construire, vous exercez les droits du maître de l’ouvrage contre le constructeur : identifiez-le (entreprise générale, maçon, architecte, bureau d’études de sol), ainsi que son assureur décennal, et agissez avant l’expiration des dix ans. Le réflexe utile consiste à déclarer le sinistre à l’assurance dommages-ouvrage souscrite lors de la construction : l’article L242-1 du code des assurances impose à toute personne qui fait réaliser des travaux de construction de souscrire « avant l’ouverture du chantier, pour son compte ou pour celui des propriétaires successifs, une assurance garantissant, en dehors de toute recherche des responsabilités, le paiement de la totalité des travaux de réparation des dommages de la nature de ceux dont sont responsables les constructeurs ». Cette assurance vous indemnise rapidement sans attendre la désignation des responsabilités, puis se retourne contre les responsables. Si le vendeur ne vous a transmis aucun contrat dommages-ouvrage, réclamez-le-lui par écrit : son absence constitue déjà un indice de négligence et prive l’acquéreur d’une garantie légale.

Attention toutefois à l’exigence de gravité, rappelée avec fermeté par la Cour de cassation le 25 septembre 2025 dans une affaire de villa fissurée : Cass. civ. 3e, 25 septembre 2025, pourvoi n° 24-10.517. La réception était intervenue le 25 août 2008, les premières fissures apparues en 2016 s’étaient aggravées en 2019, et la cour d’appel avait retenu « un risque avéré d’effondrement de la maison ou de graves désordres rendant celle-ci inhabitable », avec des fissures « structurelles » appelées « inexorablement » à s’étendre sans travaux de micropieux. La Cour de cassation casse : l’expert avait précisé que « la villa ne présentait pas un risque d’effondrement immédiat et que les fissures constatées ne rendaient pas pour l’instant la maison impropre à sa destination », de sorte que l’arrêt, « par des motifs n’établissant pas que les désordres avaient de manière certaine, dans les dix ans après la réception de l’ouvrage, compromis sa solidité ou l’avaient rendu impropre à sa destination, la cour d’appel a violé le texte susvisé ». La leçon pratique est directe : pour les fissures évolutives, faites établir par l’expert, avant l’expiration du délai décennal, que les désordres ont atteint ou atteindront avec certitude le seuil de gravité — atteinte à la solidité ou impropriété à la destination — dans les dix ans de la réception. Un rapport qui se borne à décrire des fissures « esthétiques » ou un risque hypothétique ne suffit pas ; exigez de l’expert des conclusions datées sur la cinétique d’aggravation, des mesures chiffrées d’ouverture et, si nécessaire, une seconde visite d’actualisation avant la fin du délai. En Île-de-France, où les programmes pavillonnaires des années 2016-2018 arrivent à échéance décennale, ce calendrier se calcule en mois, pas en années : assignez en référé-expertise sans tarder pour figer la date de votre action dans le délai.

B. Maison fissurée achetée à un vendeur : agir en garantie des vices cachés et récupérer le prix

Vous avez acheté votre maison il y a quelques années et découvrez à la rentrée 2026 des fissures que le vendeur ne vous avait jamais signalées, parfois masquées par un ravalement ou un doublage récent ? La garantie des vices cachés protège l’acheteur contre les défauts antérieurs à la vente, invisibles lors des visites et suffisamment graves pour compromettre l’usage du bien. L’article 1641 du code civil dispose que « Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise, ou n’en aurait donné qu’un moindre prix, s’il les avait connus ». Des fissures structurelles liées au retrait-gonflement des argiles, présentes en germe au jour de la vente mais dissimulées sous un enduit neuf, entrent typiquement dans ce cadre, surtout si le vendeur avait lui-même constaté des désordres antérieurs — courriers à son propre assureur, devis de reprise jamais exécutés, arrêté de catastrophe naturelle couvrant la commune pendant sa détention. Réclamez-lui par écrit ses propres déclarations de sinistre et l’historique des désordres : un vendeur qui a été indemnisé pour des fissures puis a vendu sans les déclarer s’expose, au-delà de la garantie, à des dommages-intérêts pour dol.

Le vendeur professionnel ou aguerri opposera souvent la clause d’exonération stipulée dans l’acte — « l’acquéreur prend le bien en l’état » — et l’intervention de votre propre diagnostiqueur. Ces défenses ont des limites que les tribunaux appliquent strictement. D’une part, le vendeur professionnel, l’agent immobilier vendeur ou le marchand de biens est présumé connaître les vices et ne peut s’exonérer, sauf à démontrer son ignorance invincible. D’autre part, la clause ne protège jamais le vendeur de mauvaise foi qui connaissait le vice et l’a tu. Prouvez cette connaissance par tout moyen : attestations des voisins qui ont vu les fissures avant la vente, photographies satellites ou vues anciennes des façades, factures de travaux de camouflage, dossier de sinistre antérieur auprès de son assureur, arrêté de catastrophe naturelle sécheresse couvrant la commune pendant qu’il détenait le bien. Faites également expertiser la chronologie : un expert en bâtiment peut dater l’ancienneté des fissures à partir de l’encrassement des lèvres, de la stratification des enduits de rebouchage et de la reprise des peintures. Si l’expertise établit que les désordres existaient avant la vente et dépassaient ce qu’un visiteur normalement attentif pouvait déceler, la garantie est acquise et vous pouvez choisir entre l’annulation de la vente avec restitution du prix et le maintien de la vente avec réduction du prix, outre les dommages-intérêts si le vendeur connaissait le vice. Pour monter ce dossier de preuves et respecter la procédure, l’accompagnement d’un avocat vice caché dès la découverte des fissures permet de préserver vos droits avant toute négociation avec le vendeur.

Surveillez enfin le délai d’action, car il court vite. L’article 1648 du code civil dispose que « L’action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l’acquéreur dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice ». Le point de départ n’est pas la vente mais la découverte du vice dans sa gravité réelle, souvent révélée par le rapport d’expertise : faites dater précisément cette découverte et assignez dans les deux ans. Ce délai se combine avec les autres voies de recours sans les exclure : le même propriétaire peut déclarer le sinistre à son assureur au titre de la catastrophe naturelle pour les désordres nouveaux, agir contre le constructeur sur le fondement décennal si le délai de dix ans court encore, et agir contre le vendeur en garantie des vices cachés pour les désordres antérieurs dissimulés. L’articulation se prépare dès l’expertise amiable : demandez à l’expert de distinguer les désordres anciens (traces de rebouchage, enduits multiples) des désordres nouveaux (lèvres vives, aggravation postérieure à l’achat), car cette distinction conditionne la répartition entre assureur, constructeur et vendeur. À Paris et en petite couronne, où les maisons individuelles avec jardin — pavillons de l’est parisien, de la Seine-Saint-Denis pavillonnaire, du Val-de-Marne et des Hauts-de-Seine — reposent fréquemment sur des terrains argileux sensibles, cette triple stratégie concerne un nombre élevé d’acquéreurs récents. Pour les litiges portant sur des infiltrations et dégâts des eaux connexes aux mouvements de terrain, les règles pratiques de l’expertise et de l’indemnisation sont proches de celles applicables aux dégâts des eaux entre voisins et avec l’assurance.

Conclusion

Des fissures apparues après la sécheresse de l’été 2026 ne sont ni une fatalité ni un simple défaut d’entretien : elles relèvent d’un régime juridique complet qui impose à votre assureur de garantir les effets des catastrophes naturelles reconnues par arrêté, au constructeur de répondre pendant dix ans des désordres qui compromettent la solidité ou l’usage de la maison, et au vendeur de garantir les défauts cachés antérieurs à la vente. Votre part du travail tient en quatre gestes accomplis sans attendre : photographier et instrumenter les fissures dès leur apparition, déclarer le sinistre à l’assureur par recommandé, signaler les dommages en mairie pour obtenir la demande communale de reconnaissance, et faire constater l’ensemble par commissaire de justice puis par un expert indépendant. Chacun de ces gestes conditionne le suivant, et chacun est enfermé dans des délais — cinq jours ouvrés minimum pour aviser l’assureur, vingt-quatre mois pour la demande communale, deux ans pour agir en vice caché après la découverte, cinq ans pour agir contre l’assureur en sécheresse reconnue, dix ans pour la garantie décennale. Un dossier constitué à la rentrée, avec arrêté surveillé au Journal officiel et contre-expertise chiffrée, transforme un refus initial en indemnisation négociée ; un dossier attendu au printemps suivant se heurte à des fissures refermées par les pluies, à des preuves effacées et à des délais entamés. Faites donc établir vos droits maintenant, contestez par écrit chaque refus en visant les textes, et portez le litige devant le tribunal judiciaire dès que la voie amiable s’épuise.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous constatez des fissures après la sécheresse et votre assureur tarde, refuse ou propose une indemnité insuffisante ? Le cabinet vous propose une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet, pour examiner vos photos, vos courriers et l’état de la reconnaissance catastrophe naturelle de votre commune. Appelez le 06 46 60 58 22 ou écrivez via la page contact du cabinet à Paris et en Île-de-France.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».