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Poêle à granulés : quand les fumées du conduit atteignent le voisin, qui doit agir ?

Le vendeur vous a promis une pose en une journée, un conduit discret qui sort en façade, à peine visible, et des granulés qui ne font presque pas de fumée. Le premier soir froid, vous allumez. Le lendemain, le voisin sonne à votre porte : son salon sent la fumée, son linge étendu est gris, et la chambre de son enfant donne juste en face de votre sortie. Chacun est de bonne foi, et pourtant le conflit est déjà là : vous avez suivi le conseil du professionnel, le voisin respire vos fumées. La réponse tient en trois phrases. D’abord, la sortie des fumées obéit à des règles de l’art précises, que la promesse commerciale ne peut pas effacer : le juge s’en remet à l’expertise, pas au prospectus du fabricant. Ensuite, quand les fumées envahissent régulièrement le logement voisin, le trouble anormal de voisinage permet d’obtenir la mise aux normes, voire le retrait de l’installation sous astreinte, avec des indemnités. Enfin, l’assurance ne suit que si elle a été informée : le poêle non déclaré ou utilisé malgré un avertissement de non-conformité complique gravement l’indemnisation après un sinistre. Trois réserves s’imposent. Chaque installation a sa configuration, orientation des vents, hauteur des toits, distance des fenêtres, et les décisions citées ici sont des cas d’espèce rendus sur expertises et constats précis, dont le raisonnement éclaire mais dont les montants ne se transposent pas mécaniquement. Ensuite, ces décisions portent sur des poêles à bois et des cheminées, et leur raisonnement s’applique au conduit de tout appareil de chauffage au bois, granulés compris, puisque c’est l’évacuation des fumées qui est en cause. Enfin, les textes sont cités en vigueur au 16 septembre 2026 et les décisions ont été lues intégralement sur source officielle. Ce qui suit sépare la promesse du vendeur, les faits vérifiés par l’expert et les responsabilités tranchées par le juge.

I. La sortie du conduit décide de tout : la norme avant le litige

A. Quarante centimètres au-dessus du faîtage, huit mètres des fenêtres : les chiffres qui protègent

Le réflexe le plus coûteux consiste à croire que la sortie en façade, dite ventouse, règle tout. Les catalogues la présentent comme discrète et économique, sans le tubage qui monte jusqu’au toit. Or dès qu’un voisin se plaint, ni le catalogue ni l’argument de la marque ne pèsent face à l’expert judiciaire. Le tribunal judiciaire de Saint-Étienne l’a rappelé le 10 juin 2025, dans une affaire où le propriétaire du conduit affirmait que la marque de son conduit inox permettait de ne pas respecter la règle du dépassement, information tirée du site internet du fabricant. Le tribunal répond que l’expert, qui avait connaissance de la marque du conduit, s’est référé à la seule norme applicable, et que le propriétaire ne démontre pas que cette norme serait inapplicable. Autrement dit, la fiche du fabricant ne fait pas la règle de l’art, et le commerçant qui l’invoque pour vendre une pose simplifiée engage sa responsabilité commerciale sans protéger son client au tribunal.

La règle de l’art, telle que les experts la manient, se résume à des chiffres simples. Dans l’affaire de Saint-Étienne, l’expert constate un conduit inox de 30 centimètres de diamètre installé sur la toiture, à 2,33 mètres de la façade des voisins, avec son extrémité environ 30 centimètres en dessous de l’appui de leur fenêtre de chambre. Il conclut que le conduit présente un vice constructif qui génère des nuisances, qu’il n’a pas été installé conformément aux règles de l’art car il aurait dû dépasser de 40 centimètres l’arase de la façade des voisins, et qu’il est à l’origine de nuisances olfactives et de pénétrations de fumées par les menuiseries extérieures. Le tribunal suit l’expert et ordonne les travaux préconisés sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de deux mois après la signification du jugement, et ce pendant un délai de trois mois. Retenez la méthode : le juge ne mesure pas lui-même, il fait mesurer par l’expert, puis il transforme les centimètres manquants en obligation de travaux sous astreinte.

À ces 40 centimètres s’ajoute une seconde distance, moins connue, qui protège les fenêtres du voisin. Le règlement sanitaire départemental, dans sa rédaction applicable à l’affaire stéphanoise, dispose en son article 63 qu’en principe, les prises d’air neuf et les ouvrants doivent être placés à au moins 8 mètres de toute source éventuelle de pollution, au nombre desquelles figurent les débouchés de conduits de fumée, sauf aménagement empêchant toute reprise d’air pollué Le tribunal relève que la distance entre le conduit et l’appui de la fenêtre des demandeurs n’est que de 2,648 mètres, que le conduit débouche en dessous du niveau de leur fenêtre, et que les services de la ville ont décrit des dangers liés aux émanations, les enfants étant particulièrement exposés. Vérifiez donc le règlement sanitaire de votre département avant toute pose : ses prescriptions sur les débouchés de conduits et les prises d’air varient localement, et le maire comme le juge s’y réfèrent.

L’affaire jugée à Évreux le 11 septembre 2025 montre ce qu’un conduit défectueux produit au quotidien et ce que l’expertise y décèle. Une propriétaire se plaint depuis 2016 des fumées de la cheminée voisine, rabattues par les vents dans son patio clos, qui s’infiltrent dans son logement par les huisseries. En 2019, la voisine remplace sa cheminée par un poêle à bois avec un nouveau conduit sur la toiture, réhaussé peu après à la demande des services municipaux. L’expert judiciaire allume le poêle sur place et constate des fumées qui tourbillonnent et se répandent à l’horizontale sans vraiment se disperser, une odeur désagréable et un taux de monoxyde de carbone de 26 PPM dans la salle de la plaignante, porte-fenêtre entrouverte, puis un retour à la normale une demi-heure plus tard quand l’appareil atteint sa puissance nominale. Il conclut à un mauvais tirage du conduit pendant les périodes de démarrage et de fonctionnement au ralenti, aggravé par un contexte géographique défavorable, lotissement en légère cuvette dominé par des immeubles et vent portant vers la cour de la victime. Il préconise une amenée d’air basse, un conduit d’évacuation dûment isolé et un extracteur de fumée, ce dont le tribunal déduit qu’en l’état, le poêle n’est pas à même de fonctionner correctement en continu. Moralité pour le porteur de projet : un conduit qui fume à l’allumage n’est pas un simple désagrément passager, c’est le symptôme d’un défaut structurel que l’expert saura nommer, et que le juge retiendra contre vous.

B. En copropriété, aucun conduit extérieur sans le vote de l’assemblée

Le propriétaire d’un lot qui veut faire passer un conduit sur la façade ou sur le toit touche aux parties communes et à l’aspect extérieur de l’immeuble, et cette décision n’appartient pas à lui seul. La cour d’appel de Paris l’a confirmé le 21 mai 2025 : un copropriétaire qui voulait installer un conduit d’extraction des fumées pour son local, à ses frais exclusifs et selon les plans d’un architecte et d’un installateur, avait vu sa résolution rejetée par l’assemblée générale du 5 novembre 2020, puis avait demandé au tribunal l’autorisation de passer outre en invoquant un refus abusif. Le tribunal judiciaire de Bobigny l’a débouté le 21 avril 2022, et la cour confirme le jugement en adoptant les motifs des premiers juges, avant de condamner l’appelant aux dépens et à 3 000 euros supplémentaires au titre des frais de l’article 700 du code de procédure civile en cause d’appel. Payer seul ne suffit donc pas, et l’avis d’un architecte privé ne remplace pas le vote : sans résolution favorable, le conduit posé sur les parties communes s’expose au démontage.

Avant même l’assemblée, deux démarches conditionnent la sécurité juridique de la pose. D’abord, interrogez le syndic sur l’état des conduits existants et sur les éventuelles non-conformités déjà signalées. L’affaire jugée à Bonneville le 2 février 2026 montre le prix de l’avertissement ignoré : le syndic avait communiqué une expertise révélant des non-conformités affectant les conduits de cheminée et recommandé de ne pas utiliser les conduits, et l’assuré qui avait continué à utiliser son poêle s’est retrouvé au coeur d’un contentieux après l’incendie de la toiture du 24 mars 2022. Même quand l’assureur finit par payer, comme on le verra, l’utilisateur averti devient le responsable désigné du recours, avec une condamnation à relever et garantir l’assureur. Ensuite, déclarez l’installation à votre assureur avant l’allumage : l’article L. 113-2 du Code des assurances, en vigueur, oblige l’assuré « De déclarer, en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui ont pour conséquence soit d’aggraver les risques, soit d’en créer de nouveaux et rendent de ce fait inexactes ou caduques les réponses faites à l’assureur », par lettre recommandée ou envoi recommandé électronique dans un délai de quinze jours à partir du moment où il en a eu connaissance. Un poêle à granulés est typiquement une circonstance nouvelle qui aggrave le risque d’incendie, et l’assureur vous demandera le certificat de conformité de l’installation, l’attestation de ramonage et parfois la qualification de l’installateur. Celui qui allume sans déclarer offre à son assureur, en cas de sinistre, un moyen de réduire l’indemnité, voire de discuter la garantie, comme le prévoit l’article L. 113-9 du Code des assurances : « Dans le cas où la constatation n’a lieu qu’après un sinistre, l’indemnité est réduite en proportion du taux des primes payées par rapport au taux des primes qui auraient été dues, si les risques avaient été complètement et exactement déclarés. » La déclaration n’est donc pas une formalité, c’est le prix de l’indemnité intégrale.

II. Quand les fumées atteignent le voisin : faire cesser et réparer

A. Le trouble anormal de voisinage, aujourd’hui l’article 1253 du Code civil

Depuis la loi du 15 avril 2024, le trouble anormal de voisinage figure dans le Code civil à l’article 1253, en vigueur, qui dispose : « Le propriétaire, le locataire, l’occupant sans titre, le bénéficiaire d’un titre ayant pour objet principal de l’autoriser à occuper ou à exploiter un fonds, le maître d’ouvrage ou celui qui en exerce les pouvoirs qui est à l’origine d’un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage est responsable de plein droit du dommage qui en résulte. » Trois conséquences pratiques découlent de ce texte. La responsabilité est de plein droit, sans faute à démontrer : il suffit d’établir le trouble, son caractère anormal et le lien avec l’installation. Elle pèse sur celui qui est à l’origine du trouble, propriétaire comme locataire utilisateur. Et elle ouvre à la fois la cessation du trouble et la réparation des préjudices prouvés, deux demandes distinctes que le juge traite séparément.

Le jugement d’Évreux du 11 septembre 2025 illustre cette mécanique avec une netteté pédagogique. Le tribunal retient que l’enfumage du patio et du logement, même limité à la demi-heure d’allumage, excède les inconvénients normaux du voisinage dès lors que l’air devient irrespirable dans le logement, que le patio devient inutilisable et que les fumées s’infiltrent par les bouches d’aération, et que l’installation, destinée à fonctionner quotidiennement pendant la saison hivernale, ne constitue pas un trouble ponctuel. Puisqu’une simple mise aux normes par amenée d’air et reprise de l’évacuation ne suffirait pas à faire cesser le trouble, et que la réhausse du tuyau apparaît infaisable au regard des règles d’urbanisme et des règles de l’art, seul le retrait de l’installation est de nature à faire cesser le trouble. Le tribunal condamne donc la propriétaire du poêle à retirer son poêle à bois et l’évacuation y afférente, sous astreinte provisoire de 100 euros par jour de retard passé un délai de 90 jours, pendant une durée de 100 jours. Côté indemnités, le tri est sévère et instructif : 2 000 euros pour le préjudice d’anxiété lié à la crainte d’une intoxication au monoxyde de carbone, 1 910,71 euros pour les constats et mesures qui ont servi à caractériser le trouble, 6 000 euros au titre des frais de procédure de l’article 700, mais rejet des frais de relogement, du trouble de jouissance, des appareils de dépollution, du ravalement, des frais médicaux et surtout des pathologies respiratoires et du cancer invoqués, faute de preuve du lien de causalité. L’enseignement est double : le juge fait cesser le trouble sans hésiter quand l’installation est structurellement défectueuse, mais il n’indemnise que les préjudices dont le lien avec les fumées est démontré pièce par pièce.

Le jugement de Saint-Étienne du 10 juin 2025 complète le tableau par le versant familial et patrimonial. Le tribunal condamne le propriétaire du conduit à 6 000 euros pour les émanations et leurs effets sur la santé des demandeurs et de leurs jeunes enfants, soit 1 000 euros par adulte et 2 000 euros par enfant, à 2 000 euros pour le préjudice consécutif à la nécessité de fermer fenêtres et volets, et à 2 000 euros supplémentaires au titre du préjudice de jouissance, outre 3 500 euros de frais de procédure et les frais d’expertise de 3 770,10 euros. Surtout, il condamne la société qui avait vendu l’ensemble immobilier avec le conduit litigieux à relever et garantir le propriétaire du conduit de toutes ces condamnations : celui qui crée la situation non conforme, même vendeur, ne s’en défausse pas sur l’acquéreur. Pour le voisin enfumé, la méthode gagnante se déduit de ces deux affaires : constat de commissaire de justice et mesures datées, attestations de voisins et de visiteurs, photographies et vidéos des fumées, signalement écrit à la mairie et au syndic, mise en demeure de mise aux normes, tentative de conciliation, puis assignation avec demande d’expertise judiciaire. Et pour le propriétaire du poêle, la parade utile consiste à faire contrôler son installation par un professionnel indépendant dès la première plainte, à conserver le certificat de conformité, les attestations de ramonage et la preuve de la déclaration à l’assureur, et à proposer rapidement des travaux correctifs documentés plutôt que de laisser le différend murir jusqu’à l’expertise judiciaire.

B. L’assurance des deux côtés : déclarer, prouver, puis se retourner

Le principe de l’assurance habitation face au feu tient en une phrase de l’article L. 113-1 du Code des assurances, en vigueur : « Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute de l’assuré sont à la charge de l’assureur, sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police. » Trois mots commandent tout : cas fortuit couvert, faute simple de l’assuré couverte, exclusion admise seulement si elle est formelle et limitée. C’est sur ce terrain que se joue le sort du poêle après un incendie, et l’affaire de Bonneville montre comment le juge départage l’assureur, l’utilisateur averti et le voisin non-utilisateur.

Les faits sont ceux d’un immeuble en copropriété où deux appartements disposent chacun d’un poêle à bois raccordé à des conduits passant dans la toiture. Le 24 mars 2022, un incendie ravage la toiture au niveau des conduits. L’assureur du propriétaire d’un des appartements refuse sa garantie en invoquant une exclusion des événements non aléatoires, définis par la police comme les dommages dont le fait générateur n’aurait pas de caractère aléatoire pour l’assuré, au motif que les deux utilisateurs avaient continué à se servir de leurs poêles malgré l’avertissement du syndic de ne pas utiliser des conduits affectés de non-conformités. Le tribunal répond en deux temps. D’abord, il incombe à l’assureur de prouver que l’incendie a été provoqué par un fait dont l’assuré avait connaissance, dont il savait qu’il conduirait inéluctablement à l’incendie et qui dépendait de son action ou de son inaction. Or l’expertise montre que le demandeur n’avait pas utilisé son poêle dans un temps suffisamment proche du sinistre pour créer la source de chaleur à l’origine de l’auto-inflammation, tandis que le voisin avait utilisé le sien le jour même. Ensuite, l’usage du poêle par le voisin ne peut pas constituer un fait générateur non aléatoire pour le demandeur, puisqu’il n’en avait pas nécessairement connaissance et surtout n’en avait pas la maîtrise. L’exclusion est donc écartée pour le demandeur, et l’assureur est condamné à lui payer 37 840 euros de préjudice matériel, avec 3 000 euros de frais de procédure. Mais la facture finale change de destinataire : le voisin utilisateur et son assureur sont condamnés in solidum à relever et garantir l’assureur du demandeur, et à verser 509 389 euros à l’assureur de la copropriété. Celui qui allume en connaissance de cause, malgré l’avertissement écrit du syndic, paie donc deux fois : il expose son voisin au sinistre et il rembourse les assureurs qui ont indemnisé.

Trois règles opérationnelles découlent de cette décision pour tout porteur de poêle. Premièrement, un avertissement écrit du syndic ou de la mairie sur la non-conformité des conduits transforme chaque allumage ultérieur en faute caractérisée : conservez ces courriers, donnez-leur suite par un contrôle professionnel, et cessez d’utiliser l’installation jusqu’à la remise en conformité. Deuxièmement, après un sinistre, l’assureur qui invoque une exclusion doit en rapporter la preuve, conditions d’application comprises : exigez la production de la clause exacte et contestez toute lecture extensive, comme le tribunal l’a fait en rappelant que la stipulation sur les événements non aléatoires devait être qualifiée de clause d’exclusion dont l’assureur devait démontrer les conditions d’application. Troisièmement, le voisin victime d’un incendie parti de votre conduit dispose contre vous de l’article 1240 du Code civil, en vigueur : « Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » Utiliser un conduit signalé comme non conforme, c’est le fait fautif tout trouvé.

Reste la voie administrative, souvent négligée alors qu’elle débloque les situations urgentes. Quand les fumées envahissent votre logement et que le voisin refuse tout dialogue, écrivez au maire avec vos constats et mesures : l’article L. 2212-2 du Code général des collectivités territoriales confie à la police municipale « Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d’ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d’assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage », ainsi que le soin de prévenir les accidents et fléaux calamiteux. Dans l’affaire d’Évreux, ce sont les services municipaux qui avaient exigé la réhausse du conduit, et dans l’affaire stéphanoise, le compte-rendu des services de la ville décrivant les dangers des émanations a pesé dans la caractérisation du trouble. Le maire peut mettre en demeure, faire contrôler par les services d’hygiène et, en cas de danger, prendre les mesures de police qui s’imposent. Cette démarche ne remplace ni la mise en demeure ni l’action en justice, mais elle crée une pièce officielle, datée et extérieure aux parties, que l’expert puis le juge liront avec attention. Pour l’ensemble de ces démarches, devis de tubage, chiffrage de la mise aux normes, contestation d’expertise et assignation du voisin ou de l’installateur, l’appui d’un avocat en droit immobilier à Paris permet de calibrer l’ordre des actions et le montant des demandes, de la mise en demeure à l’audience.

Conclusion

Le poêle à granulés n’est pas un simple meuble chauffant que l’on branche comme un radiateur : c’est une installation à combustion dont le conduit engage le voisinage, la copropriété et l’assurance. La sortie en façade vendue comme discrète ne vaut que si l’expert la valide, et les tribunaux viennent de le rappeler deux fois en 2025 : à Saint-Étienne, un conduit trop bas et trop proche des fenêtres a valu des travaux sous astreinte et 10 000 euros d’indemnités augmentés des frais d’expertise, avec la garantie du vendeur ; à Évreux, un poêle au tirage défectueux a valu son retrait pur et simple sous astreinte de 100 euros par jour, avec 2 000 euros d’anxiété et les frais de constats, mais sans les pathologies alléguées faute de causalité prouvée. Ces frais de procédure relèvent de l’article 700 du code de procédure civile, en vigueur : « Le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer : 1° A l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ». Et la voisine qui demandait une amende contre la plaignante pour procédure abusive a été déboutée, au visa de l’article 32-1 du même code : « Celui qui agit en justice de manière dilatoire ou abusive peut être condamné à une amende civile d’un maximum de 10 000 euros, sans préjudice des dommages-intérêts qui seraient réclamés. » Obtenir gain de cause sur le trouble n’expose donc pas à l’amende pour procédure abusive. En copropriété, la cour d’appel de Paris confirme qu’aucun conduit ne passe sans le vote de l’assemblée, même payé par le demandeur. Côté assurance, le tribunal de Bonneville rappelle en 2026 que l’exclusion pour événement non aléatoire se prouve clause en main et ne frappe pas le voisin qui n’a rien allumé, tandis que l’utilisateur averti rembourse tout. Retenez l’ordre des diligences : faire vérifier la sortie et les distances avant la pose, obtenir l’autorisation de l’assemblée en copropriété, déclarer l’installation à l’assureur avec le certificat de conformité, conserver les attestations de ramonage, et au premier signalement du voisin, faire contrôler plutôt que contester. Le feu réchauffe, les fumées divisent, et c’est le dossier le mieux documenté qui convainc l’expert puis le juge.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».