Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Sup’Affaires en redressement judiciaire : formation, frais et déclaration de créance

Le 4 septembre 2026, la presse a relayé l’annonce par Sup’Affaires, école de commerce et de management installée à Plœmeur, de son placement en redressement judiciaire. L’établissement présente cette procédure comme une mesure de prévention et de continuité, dans un contexte d’incertitude sur le financement de l’apprentissage. Une source publique relative aux procédures collectives indique que le jugement d’ouverture concernant l’École morbihannaise de commerce et gestion, qui exploite l’établissement, a été rendu le 30 janvier 2026 et publié le 6 février 2026.

Pour un étudiant, un parent, une entreprise d’accueil ou un fournisseur, le mot « redressement » ne signifie donc ni fermeture immédiate, ni remboursement automatique. La formation peut continuer pendant la période d’observation. Les paiements déjà versés, les échéances futures, la déclaration de créance et les solutions de remplacement obéissent toutefois à des règles différentes. La date du jugement, la date de naissance de la créance et la décision prise sur le contrat déterminent les démarches possibles.

La priorité consiste à réunir le contrat de scolarité ou la convention de formation, les factures, les preuves de paiement, le calendrier pédagogique, les courriels de l’école et les justificatifs des prestations réellement exécutées. Il faut ensuite écrire aux organes de la procédure sans confondre demande d’information, mise en demeure sur un contrat en cours et déclaration d’une créance antérieure. Cette distinction protège les droits sans provoquer une résiliation inefficace.

I. Sup’Affaires en redressement judiciaire : la formation et le contrat continuent-ils ?

A. Le redressement judiciaire n’entraîne pas la fermeture automatique de l’école

Le redressement judiciaire sert d’abord à maintenir une activité qui peut encore être sauvée. L’article L. 631-1 du Code de commerce précise que la procédure est ouverte au débiteur qui ne peut plus faire face au passif exigible avec son actif disponible. Il en fixe aussi l’objectif : « La procédure de redressement judiciaire est destinée à permettre la poursuite de l’activité de l’entreprise, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif. »

Ce cadre explique pourquoi l’annonce d’un redressement ne suffit pas à conclure que les cours vont cesser. Le tribunal ouvre une période d’observation. L’activité se poursuit sous le contrôle des organes désignés. L’administrateur judiciaire, lorsqu’il en a été nommé un, assiste ou représente le débiteur selon la mission définie par le jugement. Le mandataire judiciaire représente l’intérêt collectif des créanciers et reçoit leurs déclarations.

Les personnes concernées doivent pourtant vérifier la réalité opérationnelle, et non se satisfaire d’un communiqué. La poursuite suppose des enseignants disponibles, des locaux accessibles, des outils numériques fonctionnels, des titres ou certifications toujours présentés avec exactitude, ainsi qu’un calendrier pédagogique exécutable. Un redressement permet la continuité juridique de l’entreprise ; il ne garantit pas, à lui seul, que chaque prestation promise sera fournie sans changement.

Le premier document à demander est une confirmation écrite de la poursuite de la formation concernée. Cette réponse doit identifier le programme, les dates, le lieu, le rythme d’alternance, les examens, la certification préparée et les modalités prévues si un cours est déplacé ou confié à un autre intervenant. Une formule générale sur la continuité ne remplace pas un engagement portant sur le parcours individuel.

Le jugement d’ouverture ne met pas davantage fin aux contrats en cours. Les règles de la sauvegarde sont rendues applicables au redressement par l’article L. 631-14 du Code de commerce. Ce texte vise notamment les articles L. 622-13 à L. 622-33 et prévoit, lorsque l’administrateur exige une prestation portant sur une somme d’argent, un paiement au comptant sauf accord du cocontractant.

L’article L. 622-13 du Code de commerce pose la règle centrale : « aucune indivisibilité, résiliation ou résolution d’un contrat en cours ne peut résulter du seul fait de l’ouverture d’une procédure de sauvegarde ». Par application de l’article L. 631-14, cette protection vaut en redressement. Une clause qui prévoirait la rupture automatique du contrat de scolarité au seul motif de l’ouverture de la procédure ne peut donc pas produire cet effet.

La règle protège aussi l’entreprise en difficulté contre la rupture provoquée par des impayés antérieurs. Le même article impose au cocontractant de remplir ses obligations malgré le défaut d’exécution, avant le jugement, d’engagements pris par le débiteur. En contrepartie, la somme due au titre de cette inexécution antérieure devient une créance à déclarer au passif. Le créancier ne peut pas imposer son paiement immédiat en menaçant de retenir une prestation qu’il doit encore fournir.

Dans le cas d’une école, la qualification du contrat en cours appelle une lecture précise. Un contrat couvrant une année pédagogique encore en exécution n’est pas traité comme une facture isolée déjà entièrement consommée. Il comporte des obligations successives : enseignements, accompagnement, accès aux ressources, évaluations et, selon les stipulations, présentation à une certification. La procédure collective oblige à séparer les prestations antérieures au jugement de celles qui sont attendues après celui-ci.

La continuation n’est pas pour autant irréversible. L’administrateur dispose seul de la faculté d’exiger l’exécution du contrat en fournissant la prestation promise au cocontractant. Une mise en demeure de prendre parti peut lui être adressée. Si elle demeure sans réponse pendant plus d’un mois, le contrat est résilié de plein droit dans les conditions de l’article L. 622-13. Avant toute initiative, il faut identifier l’administrateur, vérifier sa mission et conserver la preuve de réception.

La Cour de cassation a encadré cette mécanique lorsque les échéances d’un contrat poursuivi ne sont plus payées. Elle juge que « la résiliation de plein droit de ce contrat doit, à la demande de tout intéressé, être constatée par le juge-commissaire » lorsque les conditions légales sont réunies (Cass. com., 4 juillet 2018, n° 17-15.038). Une partie ne doit donc pas traiter comme acquise une résiliation dont la constatation relève du juge-commissaire.

Pour l’étudiant, cette jurisprudence impose une démarche ordonnée. S’il veut la poursuite du cursus, il demande la confirmation des prestations et continue d’exécuter ce qui reste contractuellement dû, sous réserve des instructions des organes de la procédure. S’il constate une inexécution, il la documente par dates, captures de l’espace pédagogique, emplois du temps, courriels et attestations. Il ne déclare pas unilatéralement que le contrat est terminé sans examiner la procédure applicable.

L’entreprise d’accueil doit distinguer le contrat d’apprentissage du contrat liant l’école, l’organisme financeur et les autres parties. L’article L. 622-13 précise que ses dispositions ne concernent pas les contrats de travail. Le redressement de l’établissement de formation ne met donc pas automatiquement fin au contrat de travail conclu entre l’apprenti et l’employeur. L’entreprise doit contacter l’établissement, l’opérateur de compétences et, si nécessaire, le service compétent pour organiser la continuité pédagogique.

Une entreprise qui a signé une convention de formation pour ses salariés doit relire son propre contrat. Elle peut être cocontractante directe, simple entreprise d’accueil ou bénéficiaire d’un financement géré par un tiers. Celui qui a payé n’est pas toujours celui qui détient la créance de restitution. Les factures, conventions et mouvements bancaires permettent d’identifier le créancier avant toute déclaration.

B. Les frais de scolarité ne sont remboursés qu’après qualification de l’inexécution et de la créance

La demande de remboursement dépend d’abord de ce qui a été promis et de ce qui a été exécuté. Le placement en redressement ne constitue pas, en lui-même, une inexécution du contrat de scolarité. Si les cours, évaluations et services continuent selon les engagements, l’étudiant ne dispose pas d’un droit général à récupérer les sommes versées au seul motif de la procédure.

À l’inverse, une fermeture, une suppression durable des cours, une modification substantielle non acceptée ou l’impossibilité de délivrer la prestation promise peut faire naître une demande de restitution ou de dommages-intérêts. La date de cette créance est décisive. Une créance née avant le jugement d’ouverture relève en principe de la déclaration au passif. Une créance née régulièrement après le jugement peut recevoir un traitement différent si elle répond aux conditions légales.

L’article L. 622-17 du Code de commerce dispose que les créances nées régulièrement après le jugement, « pour les besoins du déroulement de la procédure ou de la période d’observation, ou en contrepartie d’une prestation fournie au débiteur pendant cette période, sont payées à leur échéance ». Le simple fait qu’une facture soit émise après le jugement ne suffit pas. Il faut identifier la prestation, son bénéficiaire, sa date et son utilité pour la procédure ou l’activité poursuivie.

Pour les frais payés par avance, le calcul doit être explicite. Le contrat peut couvrir une année complète alors que seule une partie des enseignements a été dispensée. Le créancier doit déterminer les sommes effectivement versées, retrancher la valeur des prestations reçues lorsque cette méthode est juridiquement justifiée, puis évaluer la restitution ou le préjudice demandé. Une déclaration « à parfaire » peut être nécessaire lorsque le montant dépend encore du sort du contrat.

La clause de non-remboursement ne règle pas toujours la question. Dans les contrats conclus entre un professionnel et un consommateur, l’article L. 212-1 du Code de la consommation qualifie d’abusives les clauses qui créent, au détriment du consommateur, « un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat ». Une clause abusive est écartée, mais le juge examine encore les faits permettant ou non la résiliation et la restitution.

La Cour de cassation a récemment appliqué cette règle à un contrat de scolarité. Elle a jugé que « la stipulation contractuelle qui fait du prix total de la scolarité un forfait intégralement acquis à l’école dès la signature du contrat, sans réserver le cas d’une résiliation pour un motif légitime et impérieux ou un cas de force majeure créé un déséquilibre significatif au détriment de l’élève » (Cass. 1re civ., 26 novembre 2025, n° 24-14.269).

Cette décision ne donne pas un remboursement automatique à tout étudiant qui souhaite partir. Elle porte sur la validité de la clause et sur l’avantage qu’elle procure à l’établissement. Le demandeur doit encore établir le motif invoqué et, lorsque la demande repose sur l’inexécution de l’école, décrire précisément les prestations absentes ou modifiées.

La cour d’appel de Toulouse l’a rappelé dans un contentieux comparable. Elle a confirmé le caractère abusif d’une clause trop favorable à l’établissement, tout en rejetant le remboursement parce que l’étudiant ne démontrait qu’une insatisfaction sur le contenu des cours. Elle retient que « le désintérêt de M. [Z] pour la formation qu’il avait choisie ne suffit cependant pas à caractériser un motif légitime de résiliation du contrat, en dehors de toute faute prouvée de l’établissement d’enseignement » (CA Toulouse, 13 mai 2026, n° 24/01994).

Le dossier doit donc dépasser une impression de baisse de qualité. Il faut comparer les documents contractuels et commerciaux à l’exécution réelle. Un programme annoncé mais supprimé, un volume horaire réduit, une certification présentée de façon inexacte, une alternance rendue impossible ou une fermeture sans solution de remplacement peuvent être objectivés. Le préjudice doit aussi être individualisé : frais payés, coût d’une nouvelle inscription, déplacement, année perdue ou financement devenu inutile.

La communication commerciale peut compléter le contrat lorsqu’elle a déterminé le consentement. Les brochures, pages web, courriels d’admission et échanges avec le service commercial doivent être archivés. Une capture datée vaut mieux qu’un lien susceptible d’être modifié. Les promesses vagues de réseau ou d’employabilité ne se prouvent pas comme un nombre d’heures, un titre déterminé ou un campus identifié.

Les parents qui ont payé doivent vérifier leur qualité juridique. Le contrat peut avoir été conclu par l’étudiant majeur, alors qu’un parent a financé la formation. Le parent n’est pas automatiquement créancier de toutes les demandes contractuelles. La preuve du paiement, l’identité du cocontractant, une éventuelle cession ou subrogation et les stipulations du dossier d’inscription doivent être rapprochées avant la déclaration.

Pour l’entreprise, le même raisonnement s’applique à la convention de formation. Une créance de restitution peut appartenir à l’employeur, à l’opérateur de compétences ou à un autre financeur selon le circuit retenu. Une déclaration formée par la mauvaise personne risque d’être contestée. Le dossier doit montrer qui a supporté la dépense et quelle prestation était due en contrepartie.

II. École en redressement judiciaire : comment déclarer sa créance et préserver la suite du cursus ?

A. La déclaration de créance exige un montant, des pièces et le respect du délai

Une demande de paiement portant sur une créance antérieure ne se poursuit pas comme un recouvrement ordinaire. L’article L. 622-21 du Code de commerce prévoit que le jugement d’ouverture « interrompt ou interdit toute action en justice » des créanciers concernés tendant à la condamnation du débiteur au paiement d’une somme ou à la résolution d’un contrat pour défaut de paiement. Il arrête aussi les procédures d’exécution sur les meubles et les immeubles.

Une lettre adressée uniquement à l’école ne remplace donc pas la déclaration au mandataire judiciaire. La première sert à demander une information, à contester une prestation ou à mettre en demeure l’administrateur de prendre parti sur un contrat. La seconde inscrit la créance dans la procédure collective. Les deux démarches peuvent être utiles, mais elles ne poursuivent pas le même objet.

L’article L. 622-24 du Code de commerce impose aux créanciers dont la créance est née avant le jugement d’adresser leur déclaration au mandataire dans le délai réglementaire. Il précise que « la déclaration des créances doit être faite alors même qu’elles ne sont pas établies par un titre » et que les créances dont le montant n’est pas définitivement fixé sont déclarées sur la base d’une évaluation.

La déclaration doit identifier le créancier et le débiteur, rappeler l’origine de la créance, indiquer le montant dû au jour du jugement, distinguer les échéances et préciser les sûretés éventuelles. Pour un contrat de scolarité, les pièces utiles comprennent le dossier d’inscription, les conditions générales, les factures, les paiements, le programme, les courriels sur les changements intervenus et le calcul de la restitution demandée.

Le délai de droit commun est de deux mois à compter de la publication du jugement au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales pour les créanciers domiciliés en France métropolitaine. Il faut vérifier la publication officielle et les règles particulières applicables à la situation, plutôt que calculer le délai depuis l’article de presse ou depuis la date à laquelle la famille a appris la procédure.

Dans le dossier publiquement présenté comme celui de Sup’Affaires, une source relative aux procédures collectives indique une publication le 6 février 2026. Si cette date est confirmée par l’avis officiel, le délai ordinaire est déjà expiré en septembre. Le créancier ne doit toutefois pas conclure que toute démarche est inutile. Il faut rechercher si une déclaration a été faite pour son compte, si un avertissement personnel était requis ou si un relevé de forclusion reste défendable.

L’article L. 622-26 du Code de commerce permet le relevé de forclusion lorsque le créancier établit que sa défaillance n’est pas due à son fait ou résulte d’une omission du débiteur dans la liste des créanciers. L’action est enfermée dans un délai de six mois, avec une exception lorsque le créancier démontre qu’il lui était impossible de connaître l’obligation avant l’expiration de ce délai.

La cour d’appel de Chambéry a relevé un petit exploitant de la forclusion après avoir examiné concrètement son organisation, l’absence de signe d’alerte, les échanges avec l’entreprise et la date à laquelle la procédure avait été révélée. Elle rappelle que « tous les créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d’ouverture doivent adresser leur déclaration de créance au mandataire judiciaire dans le délai de 2 mois suivant la publication du jugement au Bodacc » (CA Chambéry, 25 mars 2025, n° 24/00970).

Cette décision ne crée pas une dispense générale pour les particuliers. Le relevé dépend des faits et des preuves. Le créancier doit établir la chronologie de sa connaissance de la créance et de la procédure, les informations reçues, les démarches accomplies et la raison pour laquelle il n’a pas pu déclarer plus tôt. Une simple affirmation selon laquelle il ne consultait pas le BODACC risque de ne pas suffire.

La déclaration doit aussi intégrer les créances éventuelles. Si l’école affirme que la formation continue mais que son exécution paraît incertaine, le montant futur peut être difficile à fixer. L’article L. 622-24 autorise une évaluation lorsque le montant n’est pas définitivement établi. La rédaction doit exposer l’hypothèse, la méthode et les réserves sans gonfler artificiellement la demande.

Le créancier doit conserver la preuve d’envoi et de réception. Le portail électronique prévu pour les procédures collectives peut être utilisé lorsque les conditions sont réunies. L’adresse du mandataire, la référence de la procédure et l’identité exacte de la société doivent être recopiées depuis l’avis officiel. Le nom commercial de l’école ne suffit pas toujours à identifier le débiteur.

Si des biens appartiennent à l’étudiant ou à l’entreprise et sont détenus par l’établissement, leur restitution peut relever d’une action en revendication distincte de la déclaration d’une somme. L’article L. 624-9 du Code de commerce prévoit que « la revendication des meubles ne peut être exercée que dans le délai de trois mois suivant la publication du jugement ouvrant la procédure ». Cette voie suppose une preuve de propriété et ne doit pas être confondue avec le remboursement d’un prix.

B. Étudiants, alternants et entreprises doivent sécuriser une solution de continuité sans abandonner leurs droits

La procédure collective et la continuité pédagogique avancent sur deux calendriers. La déclaration protège une demande financière. Elle ne procure pas une place dans une autre école et ne garantit pas la validation de l’année. L’étudiant doit donc agir simultanément sur le contrat, la procédure et le parcours de formation.

La première démarche opérationnelle consiste à demander un relevé précis de la situation pédagogique : cours accomplis, crédits ou blocs validés, évaluations passées, stages, assiduité et documents remis. Ces éléments doivent être téléchargés tant que les espaces numériques restent accessibles. Ils permettront d’expliquer le parcours à un nouvel établissement et de chiffrer ce qui a réellement été fourni.

La seconde démarche consiste à demander le scénario de continuité. L’école peut poursuivre les cours, transférer certaines prestations ou proposer une solution de remplacement. Chaque proposition doit être analysée au regard du contrat initial : coût supplémentaire, lieu, calendrier, certification, reconnaissance des acquis et conséquences sur l’alternance. Une solution différente peut être acceptée, mais son acceptation doit être éclairée et écrite.

L’étudiant ne doit pas signer trop vite une renonciation générale. Une convention de transfert peut organiser la poursuite du cursus sans effacer une créance déjà née. Les documents doivent distinguer les obligations reprises par le nouvel établissement, les sommes conservées par l’ancien, les frais nouveaux et le sort des demandes de remboursement. Une formule globale de « solde de tout compte » mérite une lecture complète avant signature.

L’alternant doit informer son employeur dès qu’une difficulté pédagogique affecte son parcours. Le contrat de travail n’est pas résilié par le seul redressement de l’école. L’employeur, l’opérateur de compétences et les acteurs de l’apprentissage peuvent rechercher une autre solution de formation. Les échanges doivent conserver la date de l’alerte, les réponses de l’établissement et les démarches entreprises pour éviter une rupture du parcours.

L’entreprise doit également suspendre les automatismes de paiement sans procéder à une retenue improvisée. Une échéance postérieure peut correspondre à un contrat poursuivi et à une prestation future effectivement fournie. Une somme antérieure peut relever du passif. Avant de payer, refuser ou compenser, l’entreprise doit demander une facture détaillée et une position écrite des organes de la procédure.

La compensation appelle une prudence particulière. Une entreprise ne peut pas toujours déduire un remboursement qu’elle estime dû des échéances réclamées après l’ouverture. La date, la connexité des créances et le régime de la procédure doivent être examinés. Une compensation non fondée peut exposer l’entreprise à une action en paiement alors même qu’elle détient par ailleurs une créance à déclarer.

Les sommes versées après le jugement doivent être rattachées à une prestation identifiable. L’article L. 622-17 protège certaines créances postérieures, mais pas toute dépense engagée après la date d’ouverture. Les conventions, bons de commande et factures doivent décrire les cours, l’accompagnement ou les services fournis pendant la période d’observation. Une ligne globale « frais annuels » rend le contrôle plus difficile.

Les étudiants et entreprises peuvent aussi demander qui traite chaque sujet. L’administrateur intervient sur la poursuite des contrats et la gestion selon sa mission. Le mandataire reçoit les créances. La direction pédagogique répond sur les cours et les évaluations. L’opérateur de compétences intervient sur le financement de l’alternance. Une demande adressée à tous sans objet précis risque de ne recevoir qu’une réponse générale.

Le dossier de preuve doit rester chronologique. Il commence par l’inscription ou la convention, se poursuit avec les paiements et l’exécution pédagogique, puis intègre l’annonce du redressement, les demandes d’information et les réponses. Pour chaque somme, une ligne de calcul doit indiquer la date, le payeur, le bénéficiaire, la prestation correspondante et le montant revendiqué.

Le recours judiciaire ne doit intervenir qu’après qualification de la demande. Une action en paiement interdite par l’article L. 622-21 ne peut pas contourner la déclaration de créance. Une contestation sur la validité d’une clause, l’existence du contrat, la poursuite d’une prestation ou la responsabilité d’un tiers peut suivre un régime différent. La juridiction, les parties et les demandes doivent être déterminées à partir du dossier.

La surveillance de la procédure reste nécessaire après la première démarche. La période d’observation peut conduire à un plan de redressement, à une cession ou à une liquidation. Chacune de ces issues affecte différemment la poursuite des formations et les perspectives de paiement. Le créancier doit conserver les notifications, répondre aux contestations et mettre à jour son évaluation lorsque les prestations évoluent.

Pour une entreprise partenaire, le redressement peut aussi imposer un audit de dépendance. Une seule école peut concentrer plusieurs alternants, formations obligatoires ou recrutements. Le contrat futur doit prévoir la remise régulière des relevés pédagogiques, l’accès aux données utiles, une solution de continuité et une répartition claire des coûts si l’établissement ne peut plus exécuter.

La situation exige enfin une communication mesurée. Le redressement judiciaire est une procédure publique, mais il ne signifie pas fraude ni liquidation. Les courriels adressés aux salariés, étudiants ou partenaires doivent s’en tenir aux faits vérifiés, aux risques pratiques et aux démarches prévues. Une accusation non étayée peut créer un litige supplémentaire sans améliorer la protection du créancier.

Conclusion

L’annonce du redressement judiciaire de Sup’Affaires ne permet pas de prédire une fermeture. Le droit organise d’abord la poursuite de l’activité et protège les contrats en cours. Les étudiants, alternants et entreprises doivent néanmoins obtenir une confirmation écrite portant sur leur formation, leurs échéances et les solutions prévues si le programme ne peut pas être exécuté.

Une demande de remboursement suppose ensuite de qualifier l’inexécution, de calculer la créance et d’identifier son titulaire. Les frais antérieurs au jugement relèvent en principe de la déclaration au passif. Le délai se calcule depuis la publication officielle, non depuis l’annonce dans la presse. Lorsque le délai ordinaire est expiré, un relevé de forclusion peut être étudié, mais il dépend de preuves précises et d’un délai propre.

Le dossier utile réunit le contrat, les conditions générales, les factures, les paiements, le programme, les relevés pédagogiques et tous les échanges intervenus depuis l’ouverture. Il distingue les droits financiers de la continuité du cursus. Une analyse en droit des affaires peut coordonner la déclaration de créance, le contrat en cours et les échanges avec l’administrateur ou le mandataire. Le cabinet intervient aussi en contentieux commercial.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Le cabinet vous propose une consultation téléphonique sous 48 heures avec un avocat. Nous pouvons vérifier le contrat, les paiements, le délai de déclaration et les démarches adaptées à la poursuite ou à l’interruption de la formation.

Appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact. Le cabinet accompagne les étudiants, familles et entreprises à Paris, en Île-de-France et dans les procédures rattachées à une société française.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».