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Assemblée générale Pierre & Vacances du 29 septembre 2026 : comment voter, poser une question et contester une résolution ?

Les actionnaires de Pierre & Vacances sont appelés à participer à une assemblée générale mixte le mardi 29 septembre 2026 à 17 heures, au Centre de Conférences Étoile Saint-Honoré, 21-25 rue Balzac, Paris 8e. Cette réunion intervient dans le contexte du rapprochement annoncé avec Mubadala Capital et d’un projet d’offre publique : l’ordre du jour soumis aux actionnaires ne se résume donc pas à une formalité annuelle. L’avis de réunion publié au Bulletin des annonces légales obligatoires le 5 août 2026 prévoit notamment une distribution exceptionnelle de prime d’émission de 0,11 euro par action ordinaire, une modification des droits attachés aux actions de préférence 2022-2 et les pouvoirs nécessaires aux formalités. La première résolution est présentée sous condition de la décision de conformité de l’Autorité des marchés financiers. Vous pouvez assister physiquement à la réunion, voter à distance ou donner pouvoir, mais chaque option obéit à des dates et à des justificatifs différents. Le présent article indique les démarches à engager, les documents à conserver et les réactions possibles si votre vote, votre demande d’information ou votre contestation n’a pas été correctement pris en compte. Il distingue aussi les règles propres aux résolutions ordinaires et extraordinaires, afin d’éviter de confondre le projet financier avec l’offre publique elle-même.

I. Comment participer et voter à l’assemblée générale Pierre & Vacances du 29 septembre 2026 ?

A. Quelles sont les résolutions et quels documents préparer ?

Le premier réflexe consiste à télécharger et conserver l’avis de réunion BALO de Pierre et Vacances SA du 5 août 2026, puis à comparer cet avis avec les documents mis en ligne par l’émetteur. La société est une société anonyme immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris, dont le siège est indiqué à L’Artois, Espace Pont de Flandre, 11 rue de Cambrai, 75947 Paris Cedex 19. La réunion est « mixte » parce qu’elle réunit, dans un même calendrier, une résolution relevant de l’assemblée générale ordinaire et des résolutions relevant de l’assemblée générale extraordinaire. Pour approfondir les règles de préparation d’une réunion d’actionnaires, reportez-vous aussi à la page consacrée aux assemblées générales de sociétés du cabinet.

La résolution n° 1 porte sur une distribution exceptionnelle prélevée sur les primes d’émission. L’avis annonce 0,11 euro par action ordinaire, pour un montant théorique global calculé sur le nombre d’actions indiqué au 30 juin 2026, sous réserve de la réalisation de la condition liée à la conformité du projet d’offre. Il faut lire avec attention les modalités d’exigibilité, de détachement et de paiement : l’existence d’une proposition de distribution dans l’ordre du jour ne signifie pas que le paiement est déjà acquis, ni qu’il doit être confondu avec le prix de l’offre publique. L’avis précise également que le traitement fiscal peut varier selon que la somme constitue un remboursement d’apport ou un revenu distribué. Votre décision patrimoniale doit donc tenir compte de votre prix de revient, de votre régime fiscal et des documents définitifs de l’opération.

Les résolutions n° 2 et n° 3 relèvent de la compétence extraordinaire. La deuxième concerne les actions de préférence 2022-2 et les statuts qui leur sont liés. Elle prévoit, selon les conditions détaillées dans l’avis, des adaptations portant sur la convertibilité et sur certains transferts dans le cadre du projet d’offre ou d’un changement de contrôle. Une action ordinaire et une action de préférence ne donnent pas nécessairement les mêmes droits. Un actionnaire ordinaire qui cherche à mesurer l’effet de la résolution n° 2 doit vérifier la catégorie de titres qu’il détient, les droits financiers ou politiques associés et l’articulation avec les documents de l’offre. La résolution n° 3 donne les pouvoirs pour effectuer les formalités de publicité et d’enregistrement.

La distinction entre les deux régimes est prévue par le Code de commerce, article L. 225-96, selon lequel « l’assemblée générale extraordinaire est seule habilitée à modifier les statuts ». Les modifications statutaires, y compris celles qui modifient les droits d’une catégorie de titres, ne se votent donc pas selon la même règle qu’une décision ordinaire. À l’inverse, l’article L. 225-98 du Code de commerce réserve à l’assemblée ordinaire les décisions qui ne relèvent pas des articles L. 225-96 et L. 225-97. La résolution sur la prime d’émission et celles relatives aux actions de préférence doivent être lues dans leurs blocs respectifs, avec leur condition de vote propre.

Pour la résolution ordinaire, le quorum de première convocation est fixé au cinquième des actions ayant droit de vote. Aucun quorum n’est exigé sur deuxième convocation. La décision est prise à la majorité des voix exprimées. Les abstentions, les votes blancs et les votes nuls ne renforcent donc pas mécaniquement un camp. Pour la résolution extraordinaire, le quorum est plus élevé en première convocation, puis abaissé en seconde, tandis que la majorité exigée est en principe celle des deux tiers des voix exprimées. Dans un scrutin où une participation importante est attendue, la répartition entre votes exprimés, abstentions et pouvoirs peut influencer le résultat sans modifier le nombre de titres détenus par chacun.

La page financière officielle du groupe Pierre & Vacances-Center Parcs rappelle que tous les actionnaires peuvent participer, quel que soit le nombre d’actions détenues. Cette règle rejoint l’article L. 225-113 du Code de commerce, qui écarte toute clause contraire pour la participation aux assemblées générales extraordinaires. Le nombre de titres peut influer sur le poids du vote et sur l’accès à certains mécanismes collectifs, mais il ne permet pas à la société de refuser par principe l’accès à l’assemblée à un actionnaire qui justifie sa qualité.

Le dossier personnel à préparer dépend de votre mode de détention. Si vos actions sont inscrites au nominatif, votre identité et vos coordonnées doivent correspondre au registre tenu pour l’émetteur. Si elles sont au porteur, votre intermédiaire financier doit établir une attestation de participation. Cette attestation est la pièce qui permet à la société ou à Uptevia de vérifier que vous détenez les actions ouvrant droit à participer à la réunion. Une capture d’écran de l’application bancaire peut être utile pour expliquer un incident, mais elle ne remplace pas nécessairement l’attestation exigée par l’avis.

Ajoutez à votre dossier la convocation, l’avis BALO, le formulaire de vote, les résolutions avec leur exposé des motifs, le relevé d’identité du compte-titres, les échanges avec votre banque et les accusés de réception. Si vous détenez plusieurs comptes, vérifiez que le vote est donné pour le bon compte et pour le nombre d’actions effectivement enregistré. Les titulaires d’un compte joint, les usufruitiers, les nus-propriétaires, les mandataires et les représentants d’une personne morale doivent vérifier les règles de représentation qui leur sont applicables avant l’échéance.

Un point mérite une attention particulière dans ce dossier. Une offre publique, la distribution exceptionnelle annoncée et la modification des droits d’une action de préférence sont trois sujets liés par le calendrier économique, mais ils restent juridiquement distincts. Le fait qu’un investisseur franchisse un seuil de contrôle ou qu’une offre soit proposée n’emporte pas, à lui seul, adoption des résolutions de l’assemblée. La notion de contrôle est encadrée par l’article L. 233-3 du Code de commerce. Le texte vise notamment la détention de la majorité des droits de vote, les droits de nomination ou de révocation de la majorité des organes et certaines situations de contrôle de fait. Il faut donc analyser séparément les titres, les droits de vote, les accords d’actionnaires et les résolutions qui seront effectivement adoptées.

Les documents de Pierre & Vacances doivent aussi être replacés dans la chronologie du rapprochement avec Mubadala Capital. Pour comprendre les droits de l’actionnaire minoritaire face à l’offre annoncée, vous pouvez consulter notre analyse des droits de l’actionnaire minoritaire face à l’offre de Mubadala Capital. Le présent article traite d’une question différente : comment prendre part à l’assemblée du 29 septembre, exercer son vote et documenter une irrégularité concernant la réunion ou ses résolutions.

B. Quel est le délai pour voter, donner pouvoir ou demander une carte ?

Le calendrier de l’avis BALO doit primer sur les indications générales présentées sur une page permanente du site de la société. Pour la réunion du 29 septembre 2026, l’avis indique que les actions doivent être inscrites en compte au plus tard le cinquième jour ouvré précédant l’assemblée, à zéro heure, heure de Paris. Cette règle correspond à l’article R. 22-10-28 du Code de commerce, qui vise l’inscription « au cinquième jour ouvré précédant l’assemblée à zéro heure, heure de Paris ». Pour Pierre & Vacances, l’avis fixe ce repère au mardi 22 septembre 2026 à 00 h 00. Si votre achat, votre transfert ou votre changement d’intermédiaire intervient autour de cette date, demandez sans attendre à la banque quel compte sera pris en considération.

La page générale du groupe évoque, pour les assemblées, une inscription au deuxième jour ouvré. Cette présentation ne doit pas conduire à écarter le calendrier spécifique publié pour la réunion du 29 septembre. L’avis BALO du 5 août 2026 est le document à conserver et à opposer en cas de divergence. Si un intermédiaire vous communique une date différente, demandez-lui une confirmation écrite en indiquant la référence de l’avis et la date de l’assemblée. Une réponse téléphonique non enregistrée ne permettra pas toujours de démontrer qu’une instruction a été transmise dans les temps.

La participation physique nécessite de demander une carte d’admission ou de se présenter selon la procédure indiquée. Les actionnaires au nominatif peuvent passer par Uptevia et les services mentionnés dans l’avis. Les actionnaires au porteur doivent généralement demander à leur intermédiaire de transmettre l’attestation de participation. La qualité d’actionnaire ne suffit pas, en pratique, si le système d’inscription n’a pas reçu la pièce exigée. C’est pourquoi il faut ouvrir la demande plusieurs jours avant la réunion, vérifier l’adresse électronique utilisée et sauvegarder la confirmation de traitement.

Le vote par Internet est annoncé par l’intermédiaire de VOTACCESS, selon les modalités communiquées par Uptevia ou par l’établissement teneur du compte. Pour Pierre & Vacances, la plateforme est indiquée comme ouverte du 14 septembre 2026 à 10 heures au 28 septembre 2026 à 15 heures. Une instruction saisie le dernier jour peut échouer pour une raison technique, une authentification expirée ou une discordance d’état civil. Le choix entre vote à distance, pouvoir au président et pouvoir à un mandataire doit être arrêté avant la fermeture de la plateforme. L’avis prévient que, lorsqu’un mode de participation a été validé, il n’est plus possible de le remplacer librement par un autre.

Le Code de commerce, article L. 225-107, pose que « tout actionnaire peut voter par correspondance ». Le droit existe, mais son exercice repose sur un formulaire exploitable par la société et reçu dans le délai annoncé. L’avis de Pierre & Vacances fixe la réception des formulaires papier et des mandats au 26 septembre 2026 à 00 h 00, avec les modalités d’envoi propres au nominatif et au porteur. Envoyez votre formulaire assez tôt pour absorber le délai postal et demandez une preuve de réception. Si vous votez en ligne, téléchargez ou capturez le récapitulatif de l’instruction et le numéro de transaction.

Le pouvoir appelle une vigilance supplémentaire. Le Code de commerce, article L. 225-106, permet notamment de donner pouvoir à un autre actionnaire, au conjoint ou au partenaire lié par un pacte civil de solidarité. Le mandataire doit être identifié et les instructions doivent être lisibles. Pour les pouvoirs adressés au président, la règle de vote par défaut peut conduire à approuver les projets présentés ou soutenus par le conseil et à voter contre les autres projets. Si votre stratégie est différente, un mandataire désigné avec des consignes précises est souvent plus adapté qu’un pouvoir général.

Le décret prévu à l’article R. 225-79 du Code de commerce encadre la forme et la durée du mandat. Le texte indique notamment que « le mandat est donné pour une seule assemblée ». Un pouvoir rédigé pour une autre réunion ou pour une date incertaine peut nourrir une discussion sur sa portée. Le mandataire nommé ne peut pas nécessairement se substituer une autre personne. Si vous changez d’avis, la révocation doit être organisée dans la même forme que le mandat, en conservant les preuves de l’envoi et de la réception.

Un actionnaire empêché d’assister à Paris ne doit pas croire que le direct vidéo permet de voter ou de prendre la parole. Le site officiel du groupe indique que la retransmission est une diffusion en direct et qu’elle ne constitue pas un canal d’intervention ou de vote. Le vote doit donc être effectué avant la fermeture du dispositif prévu ou par un mandataire. La réunion se tient au Centre de Conférences Étoile Saint-Honoré, 21-25 rue Balzac, 75008 Paris. Pour un actionnaire situé en Île-de-France, prévoyez le temps de contrôle à l’accueil et prenez avec vous une pièce d’identité ainsi que la confirmation d’admission. Pour un actionnaire à distance, conservez la preuve de la démarche numérique.

La contestation d’une impossibilité de voter se prépare avant la clôture. Si la plateforme refuse une connexion, prenez des captures indiquant l’heure de Paris, le message d’erreur, l’URL et l’identifiant de session. Appelez l’intermédiaire et le service indiqué dans l’avis, puis confirmez l’incident par courriel. Lorsque la date limite approche, un envoi recommandé ou un dépôt permettant de dater la demande peut compléter le dossier. Le but n’est pas de multiplier les messages, mais de montrer que vous aviez la qualité requise, que vous avez tenté d’utiliser le canal prévu et que l’incident a pu modifier votre participation ou le sens de votre vote.

Une dernière vérification porte sur les documents sociaux. Le Code de commerce, article L. 225-115, organise le droit de communication de pièces telles que les comptes annuels et consolidés, les rapports, les projets de résolutions et les renseignements relatifs aux candidats aux organes sociaux. L’article R. 22-10-23 du même code précise le calendrier de mise à disposition, en principe au plus tard le vingt et unième jour précédant l’assemblée pour les documents concernés. L’avis Pierre & Vacances annonce une disponibilité à compter du 8 septembre 2026. Si une pièce décisive manque, formulez une demande écrite et conservez la date de votre première alerte.

II. Comment poser une question, proposer une résolution ou contester une décision ?

A. Quelles demandes l’actionnaire peut-il adresser avant l’assemblée ?

Il faut distinguer trois démarches qui sont souvent confondues : poser une question écrite, demander l’ajout d’un point à l’ordre du jour et présenter un projet de résolution. Elles ne requièrent pas toutes le même seuil de détention et ne produisent pas le même effet. Une question demande une explication ou une information. Un point inscrit à l’ordre du jour organise le débat. Un projet de résolution propose un texte sur lequel l’assemblée pourra voter si les conditions légales et réglementaires sont satisfaites.

Tout actionnaire peut adresser des questions écrites portant sur l’ordre du jour ou sur la marche de la société. L’article L. 225-108 du Code de commerce rattache cette information au droit de permettre aux actionnaires de « porter un jugement informé sur la gestion et la marche des affaires » de la société. La question doit être ciblée, factuelle et rattachée à une résolution, à une opération ou à un élément des comptes. Une demande très générale sur la stratégie du groupe risque d’appeler une réponse générale. Une série courte de questions numérotées, chacune reliée à un document précis, facilite la réponse et la preuve d’un éventuel défaut d’information.

Pour cette assemblée, l’avis prévoit que les questions écrites doivent parvenir au siège social ou à l’adresse électronique dédiée, avec l’attestation d’inscription en compte lorsque cela est requis, au plus tard le quatrième jour ouvré précédant la date de l’assemblée. L’article R. 225-84 du Code de commerce vise précisément cette limite « au plus tard le quatrième jour ouvré précédant la date de l’assemblée générale ». N’attendez pas l’avant-veille au soir pour envoyer des questions importantes. La date utile est celle de la réception, pas nécessairement celle de la rédaction ou du dépôt dans votre messagerie.

Une question bien construite peut porter sur le montant exact de la distribution, la condition réglementaire dont dépend la résolution n° 1, le traitement des actions auto-détenues, la date prévisionnelle de détachement, les catégories de titres concernées, la justification économique d’une modification des actions de préférence ou l’articulation entre l’assemblée et le calendrier de l’offre. Il faut éviter de présenter comme certain ce qui reste conditionnel dans l’avis. Demandez à la société de préciser l’hypothèse retenue, le document de référence et la méthode de calcul. Si la question porte sur une donnée chiffrée, demandez la base de calcul et l’effet d’un changement du nombre d’actions.

Une question ne permet pas de faire voter une résolution nouvelle le jour de l’assemblée. Pour demander l’inscription d’un point ou d’un projet de résolution, les actionnaires doivent satisfaire aux conditions de détention et de représentation du capital prévues par les textes. L’article R. 225-71 du Code de commerce organise cette demande pour les sociétés dont le capital dépasse certains seuils : la règle de base de 5 % est réduite par tranches lorsque le capital est plus élevé. Le capital social annoncé de Pierre & Vacances étant supérieur à 750 000 euros, le calcul ne doit pas être fait en retenant mécaniquement 5 % du capital sans appliquer le barème.

La demande doit contenir le texte du projet de résolution, son exposé des motifs et les attestations établissant la détention requise. Si elle est portée par plusieurs actionnaires, chacun doit être identifié et le regroupement doit être documenté. Le projet doit rester dans le champ de compétence de l’assemblée concernée. Une demande qui tente de faire décider par une assemblée ordinaire une modification des statuts peut être écartée. De même, une résolution qui bouleverse l’ordre du jour sans respecter les règles de présentation ne peut pas être sauvée par le seul intérêt du débat.

L’article L. 225-105 du Code de commerce encadre l’inscription de points ou de projets de résolution. Il prévoit aussi un recours devant la juridiction commerciale compétente lorsque la société refuse une demande qui remplit les conditions. Le délai est particulièrement court : le porteur du projet doit réunir les justificatifs, adresser un texte juridiquement exploitable et conserver la preuve de la réception. Une demande déposée sans attestation ou avec une simple opinion sur l’offre n’a pas la même portée qu’un projet de résolution complet, motivé et rattaché à une compétence de l’assemblée.

Pour une réunion le 29 septembre 2026, la période réglementaire de vingt-cinq jours avant la date de l’assemblée doit être intégrée au calendrier de travail. L’article R. 225-73 du Code de commerce organise le contenu de l’avis et les demandes des actionnaires. La première date pratique tombe dès le début du mois de septembre : agir avant la date limite annoncée par l’émetteur réduit le risque d’un désaccord sur le décompte ou sur l’heure de réception. Si une modification de l’avis intervient, il faut repartir du document le plus récent et vérifier si l’ordre du jour ou une adresse de transmission a changé.

La rédaction d’un projet de résolution demande de séparer le dispositif et son exposé. Le dispositif doit pouvoir être soumis au vote sans explication orale supplémentaire. L’exposé indique la situation de fait, les textes visés, la mesure proposée et les conséquences pratiques. Pour un actionnaire qui souhaite interroger la distribution de prime d’émission, une résolution exigeant des informations n’est pas automatiquement recevable si elle empiète sur les pouvoirs d’un autre organe. Il peut être plus utile de demander une clarification écrite, de faire consigner une observation et de voter contre, puis d’apprécier la pertinence d’un recours au vu des documents définitifs.

Les questions et les demandes doivent être envoyées aux coordonnées précises figurant dans l’avis. Pour Pierre & Vacances, l’adresse électronique dédiée est indiquée dans le document BALO. Utilisez une ligne d’objet explicite, joignez l’attestation dans un fichier lisible, nommez chaque pièce et demandez un accusé de réception. Si vous écrivez au nom d’une société, joignez le pouvoir ou le justificatif de représentation. Si vous intervenez pour un groupe d’actionnaires, établissez un tableau des détenteurs, du nombre de titres et de la date de l’attestation. Les données personnelles non nécessaires doivent être masquées, mais le nom, l’adresse et la qualité exigés par l’avis doivent rester lisibles.

Le droit à l’information ne dispense pas de lire les documents déjà communiqués. Une demande qui ne tient pas compte d’une annexe disponible permet à la société de renvoyer vers cette annexe, sans que cette réponse soit forcément insuffisante. Avant d’alléguer un défaut d’information, comparez la brochure, le rapport, le texte des résolutions, la communication réglementée et les réponses publiées. Notez la version et la date de chaque document. Dans un dossier de marché, une différence entre une présentation commerciale et l’avis légal peut être importante, mais elle doit être décrite précisément, sans supposer une contradiction lorsque les documents portent sur des périodes ou des instruments différents.

Si votre question reste sans réponse, vous pouvez la rappeler dans votre vote, dans une demande de précision postérieure ou dans une démarche contentieuse. L’absence de réponse ne suffit pas toujours à annuler une résolution. Il faut examiner le contenu de la question, son lien avec l’ordre du jour, la date de réception, l’information déjà disponible et l’influence concrète de la carence sur le vote. Une demande qui vise à obtenir un conseil fiscal ou une garantie sur le cours de l’action ne se confond pas avec l’information nécessaire pour voter en connaissance de cause.

B. Quels recours après une résolution irrégulière à Paris et en Île-de-France ?

Après l’assemblée, le recours commence par la reconstitution des faits. Conservez l’avis BALO, la convocation, l’attestation de participation, la carte d’admission, le formulaire, le pouvoir, la capture de la plateforme, le récépissé d’envoi, les courriels, les réponses de la banque, la feuille de présence si elle est communiquée, le procès-verbal et les résultats de vote. Le Code de commerce, article L. 225-114, impose une feuille de présence et un procès-verbal ; il prévoit qu’en cas de non-respect, les délibérations peuvent être annulées. La formule légale est « les délibérations de l’assemblée peuvent être annulées » : elle ouvre une analyse, elle ne prononce pas une annulation automatique.

Si vous étiez présent à Paris et que vous avez été privé de parole, écarté du vote ou confronté à un décompte que vous estimez faux, demandez que votre observation soit relatée au procès-verbal. Un refus de consigner votre réserve doit lui-même être documenté par un courrier adressé immédiatement à la société et à l’organisateur. Si vous avez participé à distance ou par un intermédiaire, envoyez le jour même une synthèse factuelle : heure de connexion, identifiant, résolution concernée, action demandée et résultat affiché. Cette démarche ne remplace pas l’action en justice, mais elle fixe la chronologie avant que les journaux techniques et les souvenirs ne se dégradent.

Une première hypothèse concerne la convocation. L’article L. 225-104 du Code de commerce dispose que la convocation respecte les formes et délais réglementaires et ajoute : « toute assemblée irrégulièrement convoquée peut être annulée ». Le même texte écarte l’action lorsque tous les actionnaires étaient présents ou représentés. Il faut donc identifier l’irrégularité exacte : avis incomplet, délai non respecté, adresse erronée, défaut d’information, absence d’une mention obligatoire ou impossibilité réelle de participer. L’existence d’un vice de forme ne suffit pas à elle seule à établir que l’annulation sera prononcée.

Une deuxième hypothèse touche au quorum, à la majorité ou à la composition du corps électoral. La résolution n° 1 de Pierre & Vacances est ordinaire, tandis que les résolutions n° 2 et n° 3 sont extraordinaires. Une erreur de qualification peut entraîner l’application d’un mauvais quorum ou d’une mauvaise majorité. Une action doit alors comparer le texte de la résolution, la feuille de présence, les pouvoirs annexés, le nombre de droits de vote retenu, les bulletins exprimés et le résultat publié. Si l’écart entre le résultat annoncé et le résultat recalculé est faible, la question de l’influence sur le vote devient centrale. Si la résolution aurait été adoptée même après correction, l’argument d’annulation perd de sa force.

La réforme du droit des nullités sociales impose une méthode plus exigeante. L’article 1844-10 du Code civil prévoit que « la nullité des décisions sociales ne peut résulter que de la violation d’une disposition impérative de droit des sociétés », sous les réserves prévues par le texte, ou d’une cause de nullité des contrats. La seule violation d’une clause statutaire n’est en principe pas suffisante lorsque la loi ne lui attache pas la nullité. Il faut donc identifier la règle légale violée, le droit protégé et le lien avec la décision de l’assemblée.

L’article 1844-12-1 du Code civil ajoute trois conditions cumulatives. « Le demandeur justifie d’un grief » résultant d’une atteinte à l’intérêt protégé par la règle. L’irrégularité doit avoir influencé le sens de la décision. Enfin, les conséquences de la nullité pour l’intérêt social ne doivent pas être excessives au jour où le tribunal statue. Cette dernière appréciation oblige à mesurer la portée de la sanction : annuler une résolution de distribution, une modification de droits attachés à des titres ou une formalité liée à une opération de marché peut avoir des conséquences différentes pour la société, les actionnaires et les tiers.

Le grief doit être personnel et concret sans être réduit à la seule déception du résultat. Un actionnaire qui n’a pas reçu le lien de vote peut expliquer qu’il a été privé de la possibilité de voter. Un actionnaire dont le bulletin a été enregistré contre ses instructions peut produire le récapitulatif, le formulaire et le résultat. Celui qui conteste une information insuffisante doit préciser ce qu’il aurait fait avec l’information manquante et montrer pourquoi cette donnée pouvait modifier sa décision. Une contestation fondée uniquement sur la baisse du cours après l’assemblée risque de confondre le risque de marché avec une irrégularité de la décision sociale.

La jurisprudence rappelle aussi que chaque fondement a son objet. Dans son arrêt du 9 juillet 2025, pourvoi n° 23-23.484, la chambre commerciale de la Cour de cassation a examiné les conditions de l’action en nullité liée à un abus de majorité. La décision commence par la formule « Il résulte de la combinaison des articles 1844-10 du code civil et 32 du code de procédure civile que ». Elle rappelle que l’action qui tend à faire constater la nullité d’une décision sociale n’a pas le même objet qu’une action en réparation dirigée contre les associés majoritaires. Pour Pierre & Vacances, un désaccord avec la stratégie de l’opération ne suffit pas à caractériser un abus : il faudrait établir une décision contraire à l’intérêt social, adoptée dans le seul intérêt de la majorité au détriment de la minorité, avec des éléments précis sur les deux branches du raisonnement.

Dans un autre arrêt du 11 octobre 2023, pourvoi n° 21-24.646, la Cour de cassation a retenu, à propos d’une société à responsabilité limitée, que la participation d’une personne qui n’avait pas la qualité d’associé pouvait entraîner la nullité si cette irrégularité était de nature à influer sur le résultat des décisions. Cette affaire concernait une SARL et ne doit pas être transposée automatiquement à une société anonyme. Elle fournit toutefois une grille de vérification utile : qui a été admis à voter, sur quel justificatif, pour combien de titres et avec quelle incidence sur le résultat ? Une erreur d’accès purement théorique n’a pas la même portée qu’un vote décisif émis par une personne qui ne disposait pas du droit requis.

Lorsque le dommage allégué est financier et personnel, la nullité n’est pas toujours le meilleur outil. Dans un arrêt du 17 juin 2026, pourvoi n° 25-13.536, la chambre commerciale de la Cour de cassation a distingué l’action personnelle d’un investisseur, fondée sur une information financière inexacte certifiée, du préjudice collectif subi par les créanciers. Cette décision est utile par analogie pour ne pas mélanger les demandes : faire annuler une résolution suppose un vice de la décision sociale et l’influence de ce vice ; obtenir réparation suppose une faute, un préjudice personnel certain et un lien de causalité. Le choix de la demande détermine les pièces, les personnes à assigner et le délai.

Une demande d’annulation peut aussi être confrontée à une régularisation. L’article 1844-13 du Code civil permet au tribunal, même d’office, de fixer un délai pour couvrir les nullités et indique qu’il ne peut prononcer la nullité moins de deux mois après l’acte introductif d’instance. Il faut donc rechercher si une nouvelle assemblée peut régulariser la décision, si l’irrégularité a cessé avant que le juge statue et si la demande conserve un intérêt actuel. Cette possibilité ne transforme pas une irrégularité en formalité négligeable, mais elle peut modifier le calendrier et le résultat concret d’une procédure.

Le délai doit être calculé avec prudence. L’article 1844-14 du Code civil prévoit en principe que les actions en nullité de la société ou des actes et délibérations postérieurs à sa constitution se prescrivent par deux ans à compter du jour où la nullité est encourue, sous réserve des textes spéciaux. Ce délai ne doit pas conduire à attendre. Une opération publique, un paiement ou une modification de droits peuvent créer des effets difficiles à inverser. Dès la publication du procès-verbal ou la découverte du vice, faites examiner l’urgence, les mesures conservatoires possibles et l’intérêt d’une mise en demeure.

Le lieu de la réunion ne détermine pas toujours à lui seul la compétence juridictionnelle, mais Pierre & Vacances a son siège social à Paris et l’avis renvoie aux règles de la juridiction commerciale compétente. Une demande visant la régularité d’une décision sociale doit être adressée à la juridiction du siège selon la nature exacte du litige et les règles de procédure en vigueur. Une demande urgente avant l’assemblée, une action en nullité après le vote et une action personnelle en réparation peuvent suivre des voies différentes. Avant de saisir le tribunal, rédigez un tableau des demandes : accès ou vote, annulation d’une résolution, communication de documents, responsabilité et éventuelle mesure provisoire.

À Paris et en Île-de-France, la préparation matérielle a une importance particulière lorsque l’assemblée se tient dans un lieu recevant un nombre important d’actionnaires. Prenez en compte le temps d’accès, le contrôle des identités, les éventuelles files, la conservation des documents papier et la possibilité de transmettre une observation par courriel depuis votre téléphone. Un actionnaire qui ne peut pas se déplacer doit organiser son vote plusieurs jours auparavant et ne pas compter sur la diffusion en direct. Un actionnaire qui se déplace doit vérifier que la carte d’admission correspond bien au nombre de titres et au compte concerné. Ces précautions ne préjugent pas du bien-fondé d’un recours, mais elles évitent qu’une difficulté purement pratique fragilise la démonstration.

Une fois le procès-verbal disponible, comparez les résolutions effectivement votées avec le texte initial, les éventuels amendements annoncés et le résultat détaillé. Vérifiez le nombre de voix pour, contre et abstentions, le quorum retenu, les votes par correspondance, les pouvoirs, les incidents de séance et les réserves consignées. Le Code de commerce, article R. 22-10-30, prévoit la publication du résultat des votes dans les quinze jours. Cette publication permet un premier contrôle, mais elle ne remplace pas nécessairement la feuille de présence et les pièces justificatives si un calcul détaillé est contesté.

Pour les actionnaires ayant voté sur la prime d’émission, conservez aussi les documents qui permettront de distinguer le montant proposé, la condition de conformité, la décision définitive et le paiement. Pour les détenteurs d’actions de préférence, conservez la version des statuts et la résolution adoptée qui décrit la nouvelle conversion ou les règles de transfert. Un recours peut viser une résolution précise sans remettre en cause tout le calendrier de l’offre. L’objet doit être proportionné aux irrégularités documentées. Une demande trop large, qui prétend annuler toutes les opérations sans distinguer les actes, expose à une contestation de recevabilité et rend plus difficile l’évaluation du préjudice.

Enfin, une action collective de minoritaires doit être coordonnée avec soin. Chaque participant doit justifier sa qualité, le nombre de titres détenus à la date utile, le mode de vote et le préjudice invoqué. Les intérêts peuvent diverger entre un actionnaire qui souhaite obtenir le paiement de la distribution, celui qui refuse la modification des actions de préférence et celui qui envisage d’apporter ses titres à l’offre. Un courrier commun peut être utile pour une question d’information, mais la stratégie contentieuse doit identifier les demandes propres à chacun. Un accord de représentation, la protection des données et le mandat de l’avocat doivent être vérifiés avant toute transmission de pièces bancaires.

Conclusion

L’assemblée générale mixte de Pierre & Vacances du 29 septembre 2026 doit être préparée à partir de l’avis BALO du 5 août, du calendrier VOTACCESS et des justificatifs de détention. La résolution sur la distribution exceptionnelle de prime d’émission doit être distinguée des résolutions extraordinaires concernant les actions de préférence 2022-2. Dès maintenant, choisissez votre mode de participation, demandez l’attestation nécessaire, transmettez vos questions écrites dans le délai et archivez chaque preuve. Après la réunion, contrôlez la feuille de présence, le procès-verbal, le décompte des voix et la portée exacte des résolutions. Une irrégularité peut ouvrir une action, mais l’annulation suppose une règle violée, un grief, une influence sur le vote et une sanction proportionnée. Le délai de deux ans ne justifie pas l’attente lorsque l’opération produit des effets immédiats. Un examen rapide du dossier permet de choisir entre demande d’information, réserve, action en nullité, demande de régularisation ou action personnelle en réparation.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».