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Marché public au 22 août 2026 : critère environnemental, offre rejetée et recours

À compter du 22 août 2026, une entreprise qui répond à un marché public ne pourra plus traiter l’environnement comme un paragraphe décoratif placé à la fin de son mémoire technique. Les nouvelles règles imposent une prise en compte environnementale dans les conditions d’exécution et dans au moins un critère d’attribution. La Direction des affaires juridiques de Bercy a publié, le 23 juillet 2026, de nouvelles fiches pratiques pour préparer cette échéance. Pour le candidat, l’enjeu est immédiat : comprendre exactement ce que l’acheteur évalue, produire des engagements mesurables et conserver les preuves qui permettront soit de défendre la note obtenue, soit de contester un rejet irrégulier.

Une promesse générale de « démarche responsable » ne suffit pas. L’offre doit relier chaque engagement à l’objet du marché, préciser les moyens, les responsables, les indicateurs, le calendrier et les justificatifs. Le candidat doit aussi distinguer le critère qui sert à classer les offres de la clause qui devra être respectée pendant l’exécution. Cette distinction commande la rédaction du mémoire, le chiffrage du prix, la gestion des sous-traitants et, en cas d’éviction, le choix du recours. Le présent décryptage expose la méthode à suivre avant le dépôt de l’offre, puis les actions à engager si la note environnementale paraît incohérente ou si le marché risque d’être signé.

I. Appel d’offres après le 22 août 2026 : comment répondre au critère environnemental ?

A. Que changent les nouvelles obligations environnementales dans les marchés publics ?

La réforme résulte notamment de l’article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, dite loi Climat et résilience. Son entrée en application a été préparée sur plusieurs années afin de laisser aux acheteurs le temps de modifier leurs documents de consultation. La Direction des affaires juridiques rappelle désormais que le 22 août 2026 marque une étape opérationnelle : les considérations durables deviennent systématiques dans les critères d’attribution et les clauses d’exécution.

Deux obligations doivent être séparées. La première concerne le contenu du futur contrat. Dans sa version applicable au 22 août 2026, l’article L. 2112-2 du Code de la commande publique énonce mot pour mot : « Les conditions d’exécution prennent en compte des considérations relatives à l’environnement. » L’acheteur doit donc prévoir une obligation environnementale que le titulaire respectera pendant le marché. Elle peut porter sur les livraisons, les emballages, la consommation d’énergie, la réparabilité, la durée de vie, les déplacements, les déchets, le réemploi, la traçabilité ou l’organisation du chantier. Cette clause ne sert pas seulement à départager les candidats : elle devient une obligation contractuelle susceptible de contrôle, de pénalités ou de mesures correctrices.

La seconde obligation concerne le classement des offres. La version du 22 août 2026 de l’article L. 2152-7 du Code de la commande publique impose qu’« Au moins un de ces critères prend en compte les caractéristiques environnementales de l’offre. » L’acheteur ne peut donc plus retenir seulement le prix et une valeur technique sans dimension environnementale identifiable. Il peut créer un critère autonome, par exemple « performance environnementale », ou intégrer cette dimension à un critère plus large, à condition que son incidence sur l’évaluation soit réelle, annoncée et compréhensible.

Pour l’entreprise, la différence est décisive. Le critère d’attribution répond à la question : comment l’offre sera-t-elle notée avant le choix du titulaire ? La condition d’exécution répond à une autre question : quel engagement le titulaire devra-t-il respecter après la signature ? Un même sujet peut apparaître dans les deux blocs, mais sans confusion. Un critère peut récompenser une méthode de réduction des kilomètres parcourus ; la clause d’exécution peut ensuite fixer un plafond, une fréquence de reporting et une procédure en cas d’écart. Le candidat doit lire le règlement de la consultation, le cahier des clauses administratives particulières, le cahier des clauses techniques particulières, l’acte d’engagement et ses annexes comme un ensemble cohérent.

La pondération mérite une attention particulière. Selon l’article R. 2152-12 du Code de la commande publique, « les critères d’attribution font l’objet d’une pondération » dans les procédures formalisées, sauf impossibilité objective autorisant un ordre décroissant d’importance. Une pondération faible ne dispense pas de répondre précisément : un écart de quelques points peut modifier le classement final lorsque les prix sont proches. Une pondération élevée impose, quant à elle, d’intégrer le coût des engagements dès la construction financière de l’offre. Promettre une flotte propre, des équipements réemployables ou un reporting mensuel sans budgéter leur coût expose à une exécution déficitaire.

Le critère doit rester lié à l’objet du marché ou à ses conditions d’exécution. L’acheteur ne peut pas transformer la procédure en audit général de toute la politique environnementale du groupe lorsque cette politique n’a aucun rapport avec la prestation. Une société peut valoriser sa stratégie globale pour donner du contexte, mais sa réponse doit revenir au marché : quels véhicules seront affectés à ces tournées, quels matériaux seront utilisés sur ce chantier, quels serveurs hébergeront ce service, comment les déchets de cette prestation seront suivis, quel sous-traitant réalisera cette opération ? Une certification générale ne remplace pas cette démonstration.

Cette exigence de lien protège aussi les candidats. Un sous-critère portant sur une caractéristique étrangère au contrat, un avantage réservé sans justification à un opérateur local ou une demande disproportionnée par rapport au besoin peut fragiliser la procédure. La proximité géographique, par exemple, ne peut pas être récompensée pour elle-même. L’acheteur peut en revanche évaluer une organisation concrète réduisant les délais, les kilomètres ou les émissions, si cette organisation est liée à l’exécution et accessible à tout candidat capable de la proposer.

Les marchés publiés avant le 22 août et attribués après cette date appellent une lecture prudente des documents et du calendrier. La date de publicité, la date limite de remise, la date d’engagement de la procédure et les éventuelles modifications du dossier de consultation doivent être identifiées. Il ne faut pas ajouter de sa propre initiative un critère que l’acheteur n’a pas annoncé, mais il reste utile de préparer les éléments de preuve qui répondent aux clauses existantes. En cas d’ambiguïté, la question doit être adressée sur le profil d’acheteur avant l’expiration du délai prévu. La réponse sera alors communiquée dans les conditions garantissant l’égalité entre candidats.

Le règlement de la consultation peut également prévoir des sous-critères, des cadres de réponse obligatoires ou une limite de pages. Le candidat doit s’y conformer sans renvoyer l’essentiel à une brochure commerciale. Une annexe non demandée peut ne pas être lue. À l’inverse, une case vide dans un cadre imposé peut être interprétée comme une absence d’engagement. Avant de rédiger, il faut construire une matrice reliant chaque exigence à la pièce où elle apparaît, au passage de la réponse, au justificatif et au responsable interne capable de confirmer l’information.

B. Quelles preuves fournir dans un mémoire technique environnemental ?

Une réponse convaincante repose sur des engagements vérifiables. Chaque promesse environnementale peut être construite autour de six éléments : l’état de départ, l’objectif, le moyen, l’indicateur, la fréquence de contrôle et la preuve. Si l’entreprise promet de réduire les emballages, elle précise le poids de référence, le pourcentage visé, les matériaux concernés, la méthode de pesée, la périodicité du relevé et le document transmis à l’acheteur. Si elle promet une baisse des déplacements, elle décrit les tournées, les véhicules affectés, les kilomètres de référence, le logiciel de planification et le tableau de suivi.

Les affirmations absolues sont dangereuses. Écrire qu’un service est « zéro carbone », qu’un produit est « entièrement écologique » ou qu’une prestation ne génère « aucun déchet » crée un risque de notation, de responsabilité et de pratique trompeuse si la preuve n’est pas complète. Une formulation bornée est plus solide : réduction mesurée sur un périmètre défini, contenu recyclé attesté, énergie couverte par un justificatif identifié, collecte confiée à un opérateur désigné. Les limites de la donnée doivent être indiquées lorsque certaines émissions ou certains composants ne sont pas mesurables au jour du dépôt.

Le mémoire doit être personnalisé. Une politique RSE de vingt pages ne répond pas automatiquement au sous-critère portant sur la reprise des emballages. Le lecteur doit trouver la réponse en quelques secondes. Une structure efficace reprend l’ordre exact des sous-critères, cite le numéro de la clause, formule l’engagement, expose la méthode et renvoie à une preuve numérotée. Les annexes peuvent contenir les certificats, fiches techniques, tableaux, attestations de fournisseurs et exemples de reporting, mais le corps du mémoire doit expliquer ce que ces pièces démontrent.

Les preuves utiles varient selon le marché : certificats de composition, fiches de données environnementales, factures d’équipements, contrats de collecte, registres de déchets, cartes grises, relevés de consommation, bilans d’émissions, procédures internes, attestations de formation, inventaires de matériels, plans de transport ou engagements signés des sous-traitants. Un label peut constituer un indice robuste, mais il faut vérifier son périmètre, sa période de validité et l’entité certifiée. Le certificat d’une société mère ne couvre pas nécessairement la filiale candidate ni le site qui exécutera la prestation.

La chaîne de sous-traitance doit être auditée avant le dépôt. Le titulaire reste exposé si un sous-traitant ne dispose pas des équipements promis ou ne transmet pas les données nécessaires. Le dossier peut préciser les obligations intégrées au contrat de sous-traitance, la fréquence des contrôles, la procédure de remplacement et la personne chargée de consolider les indicateurs. Lorsque le sous-traitant n’est pas encore choisi, l’entreprise décrit les exigences minimales de sélection et évite d’attribuer à un partenaire hypothétique une certification qu’elle ne peut garantir.

Le prix et la proposition environnementale doivent être compatibles. Un véhicule, une matière ou une procédure de recyclage plus coûteuse doit apparaître dans le chiffrage. Une incohérence manifeste entre une promesse ambitieuse et un prix qui ne finance aucun moyen peut réduire la crédibilité de l’offre. Elle peut également créer un risque lors de l’exécution : pénalités, mise en demeure, achat de remplacement ou résiliation. La direction commerciale, le responsable opérationnel et le service financier doivent donc valider la même version du mémoire.

Le candidat doit aussi éviter les variantes silencieuses. S’il propose une solution différente de celle demandée, il vérifie que les variantes sont autorisées et qu’une offre de base a été déposée lorsque le règlement l’exige. Présenter comme « écologique » un produit qui modifie une caractéristique essentielle du besoin peut rendre l’offre irrégulière. Une question posée assez tôt à l’acheteur permet souvent de sécuriser l’interprétation sans dévoiler une stratégie confidentielle.

La confidentialité des procédés et du secret des affaires doit être gérée sans rendre la réponse invérifiable. Il est possible d’identifier clairement les pièces sensibles, de fournir un niveau d’explication suffisant pour la notation et de réserver certains détails techniques. Une mention générique « document confidentiel » placée sur tout le dossier risque cependant de perdre sa portée. L’entreprise distingue les données réellement sensibles des engagements qui doivent être opposables et contrôlables.

Une simulation de notation est utile avant le dépôt. Une personne qui n’a pas rédigé le mémoire relit le sous-critère, attribue une note au regard de la seule réponse et liste les informations manquantes. Elle vérifie notamment si l’indicateur a une unité, si l’objectif a une échéance, si le responsable est identifié, si le justificatif porte sur le bon périmètre et si le coût figure dans l’offre. Cette relecture révèle souvent les adjectifs non prouvés et les annexes auxquelles aucun passage ne renvoie.

Enfin, l’entreprise doit archiver la version déposée, l’accusé de réception électronique, les questions-réponses, les fichiers sources et les calculs. Une capture du dépôt ne suffit pas toujours si elle ne montre ni l’horodatage complet ni la liste des documents transmis. Le dossier de preuve doit permettre de reconstituer ce que l’acheteur a reçu avant la date limite. Cette précaution est essentielle si une note semble reposer sur l’absence d’un document qui avait bien été envoyé.

II. Offre rejetée sur le critère environnemental : quels recours engager ?

A. Comment vérifier la note environnementale et demander les motifs du rejet ?

La première étape n’est pas de contester immédiatement, mais de figer les délais et les documents. L’entreprise conserve la lettre de rejet, son enveloppe électronique, la date de lecture, le règlement de la consultation, les cahiers des charges, les questions-réponses, son offre complète et les éventuels échanges de régularisation. Elle identifie aussi la procédure utilisée et la date de signature annoncée. Le temps disponible peut être très court.

L’acheteur a une obligation d’information. L’article R. 2181-1 du Code de la commande publique dispose exactement : « L’acheteur notifie sans délai à chaque candidat ou soumissionnaire concerné sa décision de rejeter sa candidature ou son offre. » En procédure formalisée, l’article R. 2181-3 ajoute que la notification « mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l’offre ». Elle doit également indiquer l’attributaire, les motifs du choix et la date à partir de laquelle le marché peut être signé lorsque les conditions du texte sont réunies.

Une formule vague telle que « offre moins performante sur le volet environnemental » peut justifier une demande rapide de précisions. Le candidat demande sa note, les sous-notes, la méthode appliquée, les caractéristiques et avantages de l’offre retenue dans les limites du secret des affaires, ainsi que les éléments objectifs expliquant l’écart. Il ne réclame pas nécessairement l’intégralité de l’offre concurrente. Une demande ciblée est plus efficace et réduit le risque qu’un refus global soit opposé au nom de la confidentialité.

L’audit commence par la conformité de la méthode aux documents de consultation. La note doit avoir été calculée à partir des critères et sous-critères annoncés. L’acheteur ne peut pas valoriser après coup une certification, une implantation locale ou une technologie qui n’apparaissait pas dans les règles de la consultation si cet élément a exercé une influence réelle sur le classement. Il ne peut pas davantage neutraliser le critère environnemental en attribuant mécaniquement la même note à tous les candidats sans examiner leurs engagements.

Le candidat compare ensuite les commentaires reçus avec son mémoire. Si l’acheteur affirme qu’aucun indicateur n’était proposé, il faut retrouver le tableau, sa page, sa pièce et son accusé de dépôt. Si l’acheteur reproche l’absence d’un moyen, il faut vérifier si ce moyen était décrit ailleurs ou seulement évoqué dans une annexe. L’objectif n’est pas de réécrire l’offre après la date limite, mais de démontrer une erreur de lecture ou une dénaturation d’un élément déjà remis.

Une note décevante n’est pas, à elle seule, illégale. Le juge ne remplace pas l’acheteur pour choisir la meilleure solution environnementale. En revanche, des faits précis peuvent révéler un manquement : sous-critère caché, pondération modifiée, traitement différent de réponses comparables, erreur arithmétique, exigence sans lien avec le marché, confusion entre critère et condition d’exécution, avantage local injustifié, appréciation contraire au contenu clair de l’offre ou régularisation accordée à un seul candidat.

Le contrôle de la cohérence interne du rapport d’analyse peut être déterminant. Une offre peut être qualifiée de très précise dans le commentaire tout en recevant une note faible sans explication. Un sous-critère peut totaliser un nombre de points différent de celui annoncé. La somme pondérée peut ne pas correspondre au classement. Le candidat établit alors un tableau simple : règle annoncée, donnée de son offre, appréciation de l’acheteur, anomalie et incidence possible sur le rang final.

L’incidence compte. Pour agir utilement, l’entreprise doit montrer que le manquement invoqué est susceptible de l’avoir lésée. Une erreur portant sur un dixième de point sera peu utile si l’écart final est considérable et si aucun autre grief n’existe. À l’inverse, une irrégularité sur un critère fortement pondéré peut avoir modifié le classement. Il faut recalculer plusieurs scénarios raisonnables sans présenter comme certain un résultat qui dépend de l’appréciation de l’acheteur.

Le délai de suspension avant signature doit être lu dans la lettre de rejet. L’article R. 2182-1 du Code de la commande publique prévoit, pour les procédures formalisées, « un délai minimal de onze jours » entre l’envoi électronique de certaines notifications et la signature ; ce délai est porté à seize jours lorsque la notification n’est pas électronique. Ces durées ne doivent pas être généralisées à toutes les procédures sans vérifier leur régime. Pour une procédure adaptée, la stratégie dépend notamment des informations communiquées, de la signature effective et des circonstances du marché.

Une mise au point amiable peut être utile si le calendrier le permet. Le candidat expose l’erreur identifiée, demande sa correction et sollicite la suspension volontaire de la signature. Cette démarche ne doit toutefois pas consommer le délai du recours d’urgence. Un échange commercial, une demande de rendez-vous ou un recours gracieux ne suspend pas automatiquement la possibilité de signer. L’entreprise prépare donc parallèlement son dossier contentieux lorsque l’enjeu économique le justifie.

B. Quel référé saisir avant la signature et quelles pièces préparer à Paris ?

Avant la conclusion du contrat, le référé précontractuel est le recours central contre les manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence. L’article L. 551-1 du Code de justice administrative, dans sa version applicable au 28 juillet 2026, précise mot pour mot : « Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. » Cette condition est radicale. Une requête déposée après la signature ne peut pas produire les mêmes effets et oblige à examiner d’autres voies, avec un objet et des conditions différents.

La saisine produit un effet protecteur. Aux termes de l’article L. 551-4 du Code de justice administrative, « Le contrat ne peut être signé à compter de la saisine du tribunal administratif » et jusqu’à la notification de la décision au pouvoir adjudicateur. Il faut néanmoins déposer une requête recevable, avertir correctement l’acheteur selon la procédure applicable et conserver la preuve de ces diligences. L’urgence pratique ne dispense pas d’exposer les manquements de façon précise.

La qualité pour agir est encadrée. L’article L. 551-10 du Code de justice administrative vise les personnes « qui ont un intérêt à conclure le contrat » et sont susceptibles d’être lésées par le manquement invoqué. Un candidat évincé remplit généralement la première condition, mais il doit encore relier le grief à sa situation. Le dossier explique donc comment le sous-critère caché, l’erreur de notation ou la dénaturation a pu réduire ses chances.

Le référé ne doit pas être présenté comme un troisième tour de négociation. L’entreprise ne peut pas compléter une preuve environnementale absente de son offre en soutenant qu’elle aurait pu la fournir. Elle doit s’appuyer sur les règles de la consultation et sur le contenu déposé. Les moyens les plus solides sont documentaires : contradiction entre le règlement et le rapport, erreur de calcul, commentaire factuellement inexact, traitement asymétrique, critère non annoncé ou exigence sans lien suffisant avec l’objet.

Le candidat prépare une chronologie minute par minute lorsque la signature est proche : publication, questions, réponses, dépôt, notification du rejet, demande de motifs, réponse de l’acheteur, date de signature annoncée et saisine. Il joint les documents de consultation dans leur version complète, car une modification en cours de procédure peut être décisive. Les fichiers doivent être lisibles, nommés et indexés. Un bordereau clair facilite l’examen d’un dossier urgent.

Pour une entreprise située à Paris ou répondant à un marché d’un acheteur parisien, la compétence territoriale ne se déduit pas seulement de son siège. Elle dépend de l’autorité contractante et des règles du contentieux administratif. Le tribunal administratif de Paris peut être compétent pour de nombreux acheteurs établis dans la capitale, tandis qu’un marché porté par une collectivité ou un établissement d’un autre département d’Île-de-France peut relever de Montreuil, Melun, Cergy-Pontoise ou Versailles. Une erreur de juridiction consomme un temps précieux, même lorsqu’un mécanisme de transmission peut intervenir.

La préparation locale doit intégrer les contraintes électroniques. La requête et les pièces sont déposées par le canal procédural applicable, avec un inventaire cohérent. Les documents volumineux, tableurs de notation, annexes techniques et captures de la plateforme doivent être convertis ou organisés sans perdre leur valeur probante. Une capture doit montrer l’adresse, la date et le contexte ; un courriel doit comporter ses en-têtes utiles ; un fichier transmis doit être rapproché de l’accusé de réception.

Le secret des affaires reste présent dans le contentieux. Le candidat peut demander des informations suffisantes sur les avantages de l’offre retenue, mais il ne dispose pas d’un droit automatique à tous les procédés, prix détaillés ou données confidentielles de son concurrent. Sa démonstration doit, autant que possible, partir de ses propres pièces et des motifs communiqués. Lorsqu’une production adverse paraît nécessaire, la demande doit être proportionnée et expliquer ce qu’elle permettrait de vérifier.

Si le contrat est déjà signé, il faut immédiatement obtenir la date exacte, le type de procédure, les mesures de publicité et le contenu de la notification. Un référé contractuel ou un recours contestant la validité du contrat peut parfois être envisagé, mais leurs conditions, délais et pouvoirs diffèrent. La stratégie dépend aussi de l’objectif : obtenir une nouvelle procédure, faire sanctionner un manquement, préserver une chance d’attribution ou rechercher l’indemnisation d’un préjudice. Le simple fait d’avoir présenté une offre ne garantit pas une indemnisation.

Le préjudice doit être documenté séparément. L’entreprise conserve le coût de préparation de l’offre, les temps passés, les devis de partenaires, les hypothèses de marge et les éléments montrant ses chances sérieuses. Elle évite de confondre chiffre d’affaires espéré et bénéfice perdu. Une demande indemnitaire suppose une analyse du lien de causalité, de la régularité de l’offre et des chances d’obtenir le marché sans l’irrégularité.

Une checklist de crise peut être appliquée dès la réception du rejet : ne pas attendre pour ouvrir la lettre ; relever la date de signature ; demander les motifs détaillés ; télécharger toutes les versions du dossier de consultation ; archiver l’offre déposée ; recalculer les notes ; identifier deux ou trois manquements précis ; mesurer leur incidence ; vérifier la juridiction ; préparer le bordereau de pièces ; décider avant l’expiration du délai si le référé est justifié. Cette méthode protège mieux l’entreprise qu’une contestation générale de la qualité de l’attributaire.

Conclusion

L’échéance du 22 août 2026 transforme la réponse environnementale en composante juridique et économique de l’offre. Le candidat doit partir des documents de consultation, distinguer le critère de classement de la clause d’exécution, chiffrer les moyens promis et produire des preuves rattachées au marché. Une réponse courte mais mesurable sera souvent plus robuste qu’un discours général sur la responsabilité sociale de l’entreprise.

En cas de rejet, la priorité est de préserver le temps utile : obtenir la notation, rapprocher les motifs du mémoire déposé, contrôler les sous-critères et la pondération, puis vérifier la date de signature. Le référé précontractuel peut empêcher la conclusion du contrat lorsqu’un manquement susceptible d’avoir lésé le candidat est établi, mais il doit être engagé avant la signature. Pour approfondir la stratégie contractuelle et contentieuse, l’entreprise peut consulter la page du cabinet consacrée au droit des affaires ainsi que notre décryptage du référé précontractuel en marché public.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».