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Maître Reda KOHEN
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Influenceur finance : quels recours après une arnaque trading ?

Le 15 juillet 2026, l’Autorité des marchés financiers a publié une étude consacrée aux réactions des investisseurs particuliers aux informations diffusées sur les réseaux sociaux. Elle relève que les clients jeunes et ceux des néocourtiers réagissent davantage au volume des messages consacrés à une valeur, parfois plus qu’aux données fondamentales de l’entreprise. Ce constat intervient alors que les vidéos de « finfluenceurs », groupes privés, publicités de trading et sollicitations par messagerie conduisent encore des épargnants vers des produits très risqués ou des plateformes frauduleuses.

Une perte ne donne pourtant pas automatiquement droit à remboursement. Il faut distinguer la baisse normale d’un actif, le conseil inadapté d’un professionnel régulé, la promotion trompeuse d’un influenceur et l’escroquerie organisée. La qualité de l’auteur du message, la nature de sa rémunération, les avertissements fournis, le circuit des fonds et la rapidité de la réaction déterminent les recours possibles.

La priorité consiste à préserver les preuves et à tenter le rappel des virements avant leur dispersion. Viennent ensuite l’identification des responsables, les signalements utiles et, si les éléments le permettent, une demande d’indemnisation. Ce guide expose les vérifications à accomplir, les fautes susceptibles d’être invoquées, les délais applicables et les démarches utiles à Paris et en Île-de-France.

I. Influenceur finance et arnaque trading : qui peut être responsable ?

A. Conseil bourse sur les réseaux sociaux : quand la promotion devient-elle fautive ?

Le premier contrôle porte sur l’identité et le statut de la personne qui a recommandé l’investissement. Un créateur de contenu peut commenter l’actualité économique sans exercer une activité réglementée. La situation change lorsqu’il formule une recommandation personnalisée, recueille des informations sur le patrimoine de son interlocuteur, lui propose un produit déterminé ou reçoit une rémunération liée aux souscriptions. Les captures d’écran doivent donc conserver le message complet, le profil, la date, les liens d’affiliation, les avertissements et les échanges privés.

Un conseiller en investissements financiers doit être immatriculé à l’ORIAS et adhérer à une association professionnelle agréée. Une société fournissant certains services d’investissement doit pouvoir être retrouvée dans les registres officiels adaptés. La simple présence d’un numéro d’immatriculation dans une biographie ne suffit pas : les fraudeurs recopient parfois l’identité d’un professionnel réel. Il faut comparer le nom, l’adresse, le domaine internet, l’adresse électronique et le numéro de téléphone utilisés avec ceux du registre. Une divergence peut révéler une usurpation.

L’article L. 541-8-1 du code monétaire et financier impose notamment au conseiller en investissements financiers d’agir de manière honnête, loyale et professionnelle, au mieux des intérêts de son client. Les informations, y compris promotionnelles, doivent présenter un caractère exact, clair et non trompeur. Le conseiller doit aussi recueillir les informations nécessaires sur les connaissances, l’expérience, la situation financière, la capacité à subir des pertes, les objectifs et la tolérance au risque du client. Une recommandation adaptée ne peut donc pas reposer uniquement sur l’âge de l’épargnant ou sur son désir déclaré de rendement.

L’article L. 533-12 du même code exige également que les informations adressées par un prestataire de services d’investissement permettent raisonnablement au client de comprendre la nature du service ou de l’instrument financier et les risques qui lui sont associés. Une vidéo mentionnant un rendement spectaculaire sans expliquer le risque de perte en capital, l’absence de liquidité, l’effet de levier ou le risque de change peut ainsi être examinée au regard de son contenu réel, et non de son habillage divertissant.

La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 encadrant l’influence commerciale complète ce dispositif lorsque le contenu est diffusé dans le cadre d’une activité d’influence commerciale. Le caractère publicitaire du message, l’identité de l’annonceur et les restrictions propres à certains produits financiers doivent être vérifiés. Une mention discrète, placée après plusieurs écrans ou absente de la vidéo, peut devenir un élément de preuve sur la présentation de l’opération.

Les règles générales relatives aux pratiques commerciales demeurent applicables. L’article L. 121-2 du code de la consommation vise les présentations fausses ou de nature à induire en erreur sur les caractéristiques essentielles d’un bien ou d’un service, le prix, l’identité du professionnel ou la portée de ses engagements. L’article L. 121-3 du code de la consommation appréhende aussi l’omission d’une information substantielle ou la dissimulation de la véritable intention commerciale. Un discours prétendument indépendant peut donc être contesté lorsque l’auteur était rémunéré par la plateforme ou percevait une commission sur les dépôts.

La jurisprudence permet de préciser la nature de l’information attendue d’un professionnel. La cour d’appel de Rennes a rappelé, dans un arrêt du 4 mars 2025, n° 23/07271 : « L’obligation d’information du conseiller en investissements financiers consiste à porter à la connaissance du client des faits objectifs afin que celui-ci puisse se faire une idée suffisamment précise du bien ou du service qu’on lui propose d’acquérir ou de souscrire et qu’il s’engage en toute connaissance de cause. » La preuve utile ne se limite donc pas à l’absence d’une formule générale sur le risque. Elle doit montrer quelles données objectives manquaient : structure du produit, solvabilité de l’émetteur, durée de blocage, scénarios de perte, frais, conflits d’intérêts ou absence d’autorisation.

La même décision énonce : « Le manquement d’un conseiller en investissement financier à son obligation d’information sur le risque de perte en capital et la valorisation du produit financier prive cet investisseur d’une chance d’éviter le risque qui s’est réalisé, la réalisation de ce risque supposant que l’investisseur ait subi des pertes ou des gains manqués. » L’indemnisation peut alors correspondre à une perte de chance et non, par principe, à la totalité de l’investissement. Le juge apprécie la probabilité que l’investisseur correctement informé aurait refusé l’opération.

La qualification dépend enfin du degré de personnalisation. Un message public affirmant qu’une action « va forcément doubler » peut relever d’une communication promotionnelle trompeuse. Une conversation privée dans laquelle l’auteur analyse les revenus, l’épargne et les objectifs du destinataire avant de lui indiquer précisément combien verser peut révéler une prestation de conseil. Si la personne promet de gérer elle-même les fonds ou demande leur transfert sur un compte qu’elle contrôle, le risque pénal devient central.

B. Perte en trading : influenceur, plateforme ou banque, contre qui agir ?

La responsabilité de l’influenceur peut être recherchée lorsqu’une faute précise a contribué à la décision d’investir : dissimulation d’une rémunération, fausse qualité professionnelle, présentation mensongère, recommandation personnalisée inadaptée ou participation à une opération frauduleuse. Il faut relier le message au versement. L’historique de navigation, les messages privés, le lien d’affiliation, la date d’ouverture du compte et les premiers dépôts servent à établir cette chronologie.

La plateforme ou le courtier doit être examiné séparément. Une entité autorisée n’est pas garante de tout résultat financier, mais elle reste soumise aux obligations attachées aux services qu’elle fournit. Il faut vérifier le pays d’agrément, le passeport européen éventuel, l’entité contractante, les conditions générales acceptées et le produit réellement négocié. Une marque connue peut exploiter plusieurs entités juridiques ; le contrat et les relevés indiquent celle contre laquelle une demande doit être dirigée.

Une plateforme frauduleuse suit souvent un scénario différent. Après un premier versement limité, un faux conseiller affiche des gains sur une interface, demande de nouveaux dépôts puis exige une « taxe », une « assurance » ou des frais de déblocage avant tout retrait. Ces demandes supplémentaires ne prouvent pas à elles seules la qualification pénale, mais elles doivent conduire à interrompre les paiements. L’article 313-1 du code pénal définit l’escroquerie par l’usage d’un faux nom, d’une fausse qualité, l’abus d’une qualité vraie ou l’emploi de manœuvres frauduleuses ayant déterminé la remise de fonds. Les fausses performances, les appels pressants et les documents contrefaits peuvent constituer les éléments de ces manœuvres.

La banque du payeur n’assure pas la rentabilité de l’investissement et ne contrôle pas l’opportunité économique de chaque ordre. Lorsque le client a lui-même autorisé un virement vers l’identifiant qu’il a fourni, le remboursement automatique prévu pour certaines opérations non autorisées ne s’applique pas mécaniquement. La distinction entre paiement autorisé, paiement détourné et opération exécutée vers un mauvais identifiant doit être établie à partir des ordres, des authentifications et des relevés.

La Cour de cassation vient de resserrer l’analyse du devoir d’alerte. Dans un arrêt du 1er juillet 2026, n° 25-15.593, elle énonce : « Le banquier, tenu à l’obligation de ne pas s’immiscer dans les affaires de son client, ne doit l’alerter qu’en présence d’anomalies apparentes aisément décelables par un professionnel normalement diligent. » Plusieurs virements rapprochés ou l’envoi de fonds vers l’étranger ne suffisent donc pas toujours. Il faut identifier une anomalie que la banque pouvait réellement percevoir au moment de l’exécution.

La cour d’appel de Grenoble a décrit cette articulation dans un arrêt du 23 avril 2026, n° 24/04460 : « Cependant, ce devoir de non-ingérence trouve une limite dans l’obligation de vigilance de l’établissement de crédit prestataire de services de paiement, à la condition que l’opération recèle des anomalies apparentes, matérielles ou intellectuelles, c’est-à-dire des anomalies qui ne doivent pas échapper au banquier diligent. » La même décision ajoute : « Ce devoir de vigilance existe même dans l’hypothèse où la banque teneur de compte n’a pas proposé ou participé à l’investissement pour lequel l’ordre de virement est donné à l’établissement bancaire. »

Ces principes ne signifient pas que la banque sera responsable dès qu’une escroquerie est démontrée. Dans cette affaire, la cour a notamment examiné la régularité des ordres, le fonctionnement antérieur du compte, l’identité des titulaires des comptes destinataires et les informations dont la banque disposait alors. Une liste noire publiée après les virements ne pouvait pas créer rétroactivement une alerte. Le dossier doit donc montrer l’anomalie apparente existant à la date exacte du paiement : changement inexpliqué de bénéficiaire, tentative rejetée puis renouvelée vers un autre compte, discordance manifeste, sollicitation inhabituelle connue de l’agence ou succession d’opérations objectivement atypiques.

Le recours peut également concerner la diligence de la banque après le signalement. Quand la victime prévient immédiatement son établissement, celui-ci peut demander un rappel des fonds auprès de la banque bénéficiaire. Le résultat dépend du solde du compte destinataire et de la coopération des établissements. Dans un arrêt du 4 mars 2025, n° 23/07601, la cour d’appel de Versailles a retenu, au sujet d’un rappel tardif : « Cette faute a causé à Mme [Z] [E] un préjudice constitué par la perte de chance de recouvrer les fonds correspondants. » La date et l’heure du premier appel, du courriel, de la plainte et de la demande de rappel doivent donc être conservées.

La responsabilité contractuelle suppose enfin une faute, un dommage et un lien causal. L’article 1231-1 du code civil fonde la réparation du dommage résultant de l’inexécution contractuelle, sous les conditions prévues par le droit commun. Selon les circonstances, plusieurs responsables peuvent être recherchés, mais leurs obligations ne sont pas identiques. Une assignation indistincte, sans préciser la faute imputée à chacun, fragilise le dossier.

II. Victime d’une arnaque trading : quelles preuves et quels recours engager ?

A. Que faire immédiatement pour bloquer les fonds et conserver les preuves ?

La première mesure consiste à interrompre tout nouveau versement. Le faux conseiller peut prétendre qu’un dernier paiement permettra de libérer le capital, de payer l’impôt ou de satisfaire une procédure de connaissance du client. Une personne proposant ensuite, contre rémunération, de récupérer les fonds peut appartenir au même réseau. Aucun document transmis par l’interlocuteur ne doit être tenu pour authentique sans vérification auprès de l’organisme prétendument émetteur.

La banque doit être contactée par un canal traçable. La demande doit identifier chaque virement, son montant, sa date, le compte bénéficiaire et le motif du soupçon. Elle doit solliciter sans délai le rappel des fonds, la conservation des données techniques et l’indication des démarches entreprises. Pour un paiement par carte, une procédure de contestation adaptée peut exister selon la nature de l’opération. Pour un virement autorisé, la situation est plus difficile, mais une demande de rappel immédiate reste utile.

L’article L. 133-18 du code monétaire et financier organise le remboursement d’une opération de paiement non autorisée. Son invocation exige de caractériser l’absence d’autorisation. Si la victime a validé le virement après avoir été trompée sur l’identité ou la finalité du bénéficiaire, le débat ne se confond pas avec celui d’une opération techniquement initiée sans son consentement. Les captures du parcours d’authentification, les notifications bancaires et la formulation des écrans de validation doivent être préservées.

Le dossier de preuve doit être constitué avant que les profils et sites disparaissent. Il peut comprendre :

  • les captures intégrales du profil, des publications, vidéos, stories, publicités et commentaires ;
  • l’URL exacte de chaque page, le pseudonyme, l’identifiant du compte et la date de consultation ;
  • les courriels au format original, avec leurs en-têtes techniques, et l’export des messageries ;
  • les contrats, questionnaires de connaissance client, avertissements, relevés de position et historiques de connexion ;
  • les ordres de virement, relevés bancaires, références des bénéficiaires et justificatifs des paiements par carte ou cryptoactifs ;
  • les preuves de rémunération ou d’affiliation de l’influenceur, lorsqu’elles sont visibles ;
  • les demandes de retrait, refus, frais supplémentaires réclamés et fausses attestations reçues ;
  • la chronologie des appels à la banque, des demandes de rappel et des réponses obtenues.

Une capture isolée est parfois contestée. Un constat de commissaire de justice peut être utile lorsque le montant, la volatilité du contenu ou le risque de suppression le justifient. L’objectif est de conserver le contexte : une phrase extraite d’une vidéo ne montre pas toujours les avertissements ajoutés ailleurs, tandis qu’une simple impression ne prouve pas nécessairement l’identité du compte ou sa date de publication.

Le dépôt de plainte doit décrire le mode opératoire, les auteurs connus, les coordonnées utilisées, les comptes destinataires, les plateformes et le préjudice. Les pièces essentielles peuvent être numérotées. Une plainte ne remplace pas les démarches bancaires urgentes, mais elle formalise les faits et peut permettre des investigations sur les flux. Les signalements auprès de l’AMF, de SignalConso ou des services de lutte contre la cybermalveillance orientent également les autorités et peuvent documenter le caractère répété d’un procédé.

La victime doit éviter de communiquer publiquement des accusations nominatives non établies. Le signalement factuel aux autorités et la conservation des preuves sont plus utiles qu’une confrontation sur les réseaux sociaux. Avertir immédiatement l’auteur peut accélérer la suppression des comptes et le transfert des fonds. La stratégie dépend du stade des paiements et de la disponibilité des informations.

Le contenu des échanges aide aussi à distinguer la mauvaise recommandation de l’escroquerie. Un investissement réel peut perdre de la valeur sans fraude. À l’inverse, une interface affichant des gains fictifs, l’impossibilité constante de retirer, l’usage d’identités empruntées et les demandes répétées de frais peuvent établir des manœuvres. La qualification retenue commande les demandes : restitution, dommages-intérêts, perte de chance, responsabilité du professionnel ou poursuites pénales.

B. Comment obtenir une indemnisation et dans quel délai à Paris ou en Île-de-France ?

Une mise en demeure structurée peut précéder l’action. Elle doit viser la personne juridique concernée, rappeler les faits datés, identifier les obligations méconnues, chiffrer provisoirement le dommage et demander la communication des documents utiles. Elle peut aussi interrompre certaines discussions dilatoires, mais une lettre ordinaire n’interrompt pas automatiquement la prescription. Lorsque l’échéance approche, un acte ayant l’effet interruptif requis doit être envisagé.

Contre un conseiller régulé, le dossier porte notamment sur le questionnaire client, la lettre de mission, la déclaration d’adéquation, les documents promotionnels et la présentation des risques. L’absence de ces documents, leur caractère stéréotypé ou leur contradiction avec la recommandation peuvent être discutés. Contre un influenceur commercial, l’analyse porte sur la transparence de la publicité, les affirmations diffusées, la rémunération, la personnalisation du conseil et le lien entre le contenu et la souscription.

Contre la plateforme, il faut déterminer le service fourni : simple exécution d’ordres, réception-transmission, conseil, gestion ou commercialisation. Le niveau d’obligation varie. Une demande efficace reproduit le parcours réel du client et évite d’attribuer au prestataire une mission qu’il n’avait pas contractuellement assumée. Elle vérifie aussi les clauses de compétence, la loi applicable et l’existence d’une entité solvable en France ou dans l’Union européenne.

Contre la banque, la preuve doit être plus ciblée. La cour d’appel de Grenoble a rappelé, dans un arrêt du 3 juillet 2025, n° 24/01932 : « Conformément à l’article 9 du code de procédure civile, il appartient au demandeur d’apporter la preuve d’un manquement de la banque à ses obligations, d’un préjudice, et d’un lien de causalité entre les deux. » Cet arrêt a rejeté la demande après avoir examiné les habitudes du compte, les montants, la destination des virements et les informations disponibles à l’époque. Le seul fait que le site ait ensuite figuré sur une liste noire n’a pas suffi.

La chronologie devient alors décisive. Un tableau peut rapprocher, pour chaque paiement, le message qui l’a précédé, le bénéficiaire, l’alerte visible, la validation bancaire, la réaction de la victime et la date de dispersion supposée des fonds. Cette méthode permet de distinguer le préjudice directement causé par la fraude de la perte de chance imputable à un défaut d’information, de vigilance ou de diligence dans le rappel.

La prescription de droit commun est fixée par l’article 2224 du code civil à cinq ans à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l’exercer. Le point de départ varie selon la faute et le dommage invoqués. Il ne faut donc pas compter mécaniquement cinq ans depuis la découverte du dernier message ou depuis la plainte pénale.

Dans son arrêt du 4 mars 2025, n° 23/07271, la cour d’appel de Rennes précise : « Il en résulte que le délai de prescription de l’action en indemnisation d’un tel dommage ne peut commencer à courir avant la date à laquelle l’investissement a été perdu. » Cette solution concernait le dommage résultant du manquement d’un conseiller à son obligation d’information. Elle ne doit pas être transposée sans analyse à toutes les actions. Le point de départ d’une action contre une banque, un influenceur ou une plateforme peut être discuté selon les faits révélant la faute et la réalisation du dommage.

À Paris et en Île-de-France, la juridiction compétente dépend de la qualité des parties, de la nature du contrat, du domicile du défendeur et des règles de compétence protectrices éventuellement applicables. Le tribunal judiciaire peut connaître de demandes civiles, tandis qu’un litige entre sociétés commerciales peut relever du tribunal des activités économiques compétent. Une clause désignant une juridiction étrangère ne produit pas nécessairement le même effet contre un consommateur que dans un contrat conclu entre professionnels.

La présence d’acteurs étrangers ne rend pas toute action impossible, mais elle ajoute des questions de compétence, de loi applicable, de signification et d’exécution. Avant d’engager des frais, il faut rechercher l’entité contractante, ses agréments, son siège, ses actifs et son assurance. Lorsqu’un conseiller en investissements financiers est assuré, la déclaration du sinistre à l’assureur peut devenir un axe utile. Lorsqu’une société écran a disparu, les recours contre les intermédiaires solvables doivent rester juridiquement fondés et ne peuvent servir à contourner l’insolvabilité du fraudeur.

Une évaluation réaliste du dossier distingue ainsi quatre postes : les sommes effectivement versées, la valeur résiduelle éventuelle des actifs, les frais directement causés et la perte de chance. Elle tient aussi compte du comportement de l’investisseur, de son expérience, des avertissements reçus et de la vraisemblance de sa décision s’il avait disposé d’une information correcte. Promettre la récupération intégrale avant cette analyse serait trompeur.

Le cabinet peut intervenir dès la phase urgente pour organiser les preuves, adresser les demandes de rappel et de conservation, vérifier les statuts réglementaires puis déterminer les destinataires d’une mise en demeure. Cette préparation évite de confondre une plainte pénale, un signalement administratif et une demande indemnitaire. Elle permet aussi d’identifier rapidement les pièces qui manquent réellement avant une procédure.

Pour une présentation plus générale des interventions du cabinet en matière commerciale et financière, consultez la page Avocats en droit des affaires à Paris. Si le litige concerne également le blocage d’un compte professionnel ou d’une fintech après une opération suspecte, notre analyse sur le compte professionnel bloqué et les recours contre la banque expose les démarches propres à cette situation.

Conclusion

Un conseil financier trouvé sur les réseaux sociaux peut conduire à trois situations juridiquement différentes : une perte de marché normalement supportée par l’investisseur, un conseil fautif fourni par un acteur régulé ou une escroquerie reposant sur de fausses identités et de faux rendements. Le recours dépend moins du vocabulaire employé par l’auteur que de son rôle réel, de sa rémunération, de la personnalisation de ses recommandations et du circuit suivi par les fonds.

La réaction immédiate reste déterminante. Il faut cesser les paiements, demander le rappel des virements, conserver les contenus et les données techniques, puis documenter chaque étape. La responsabilité de la banque n’est pas automatique : depuis l’arrêt de la Cour de cassation du 1er juillet 2026, l’anomalie invoquée doit être apparente et aisément décelable par un professionnel normalement diligent. Les recours contre le conseiller, l’influenceur ou la plateforme exigent eux aussi une faute individualisée et un lien avec la décision d’investir.

Une analyse précoce permet de choisir entre signalement, plainte, mise en demeure, médiation et action judiciaire, sans perdre un délai ni multiplier les démarches sans effet. Elle sert aussi à évaluer la solvabilité des responsables et la part du préjudice susceptible d’être réparée.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».