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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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E-reporting facture électronique 2026 : quelles entreprises doivent transmettre leurs ventes B2C et étrangères ?

Le 1er septembre 2026 ne concerne pas seulement la réception des factures électroniques.

Pour beaucoup d’entreprises, la réforme crée aussi une obligation moins visible : transmettre à l’administration fiscale certaines données de transaction et, selon les cas, des données de paiement. C’est ce que l’administration appelle l’e-reporting.

Le risque est simple. Une société peut penser qu’elle n’est pas concernée parce qu’elle vend surtout à des particuliers, parce qu’elle facture des clients étrangers, parce qu’elle utilise déjà une caisse certifiée, ou parce qu’elle n’émettra ses factures électroniques qu’en 2027. Ce raisonnement peut être incomplet.

L’e-reporting vise précisément des opérations qui ne passent pas toujours par une facture électronique B2B française. Les ventes à des particuliers, certaines opérations avec l’étranger, les prestations de services et les données de paiement doivent donc être identifiées avant l’échéance.

E-reporting et facturation électronique : deux obligations différentes

La facturation électronique concerne les factures entre entreprises assujetties à la TVA établies en France. Elle impose un circuit structuré, via une plateforme agréée, pour émettre, transmettre et recevoir les factures.

L’e-reporting répond à un autre objectif. Il permet à l’administration de recevoir des données sur des opérations qui ne relèvent pas toutes de la facture électronique entre professionnels français.

En pratique, une entreprise peut donc avoir trois chantiers distincts.

Elle doit d’abord pouvoir recevoir des factures électroniques à compter du 1er septembre 2026.

Elle doit ensuite émettre ses factures électroniques selon le calendrier qui dépend de sa taille.

Elle doit enfin vérifier si certaines ventes ou prestations entrent dans l’e-reporting.

Cette distinction est importante pour les commerçants, les plateformes, les prestataires de services, les restaurants, les agences, les organismes de formation, les cabinets de conseil, les sociétés qui vendent à des particuliers et les entreprises qui facturent hors de France.

Quelles opérations peuvent entrer dans l’e-reporting ?

L’e-reporting vise notamment les données relatives à certaines transactions qui ne sont pas couvertes par la facturation électronique obligatoire entre entreprises françaises.

Sont principalement à surveiller les ventes à des particuliers, les opérations avec des clients ou fournisseurs situés à l’étranger, ainsi que certaines données de paiement relatives aux prestations de services.

Une boutique qui vend à des particuliers, une société qui réalise des prestations pour des clients étrangers, une entreprise qui encaisse des acomptes, un prestataire qui travaille avec des clients non établis en France ou une structure qui ne facture pas toujours avec TVA peuvent donc être concernées.

Le point décisif n’est pas seulement la forme de la facture. Il faut regarder la nature de l’opération, la qualité du client, le lieu de taxation, le régime de TVA, le mode d’encaissement et les outils utilisés pour tracer la vente.

Certaines opérations restent exclues ou obéissent à des règles particulières. Les exportations, les livraisons intracommunautaires, les opérations exonérées et les opérations réalisées par des personnes non assujetties doivent être analysées avec précision. Une règle générale mal appliquée peut conduire à transmettre trop peu, trop tard, ou de manière incohérente avec la comptabilité.

Pourquoi les TPE et PME peuvent être surprises

Beaucoup de dirigeants associent la réforme à un changement de logiciel de facturation. C’est trop étroit.

L’e-reporting suppose de savoir quelles données existent déjà dans l’entreprise, où elles sont conservées, qui les contrôle et comment elles seront transmises. La difficulté vient souvent de la dispersion des informations.

Une partie des ventes peut être dans le logiciel de caisse. Une autre dans un site e-commerce. Les prestations peuvent être suivies dans un tableur, dans un outil métier ou dans le logiciel de l’expert-comptable. Les paiements peuvent être rapprochés à la banque, sur Stripe, sur un terminal de paiement, par virement ou par prélèvement.

Si ces données ne sont pas cohérentes, l’entreprise risque de découvrir trop tard que son outil de facturation ne couvre pas tout le périmètre. Elle peut aussi signer un contrat de plateforme qui traite les factures B2B, mais laisse de côté les flux B2C, les opérations internationales ou les données de paiement.

La bonne question n’est donc pas seulement : « quelle plateforme choisir ? » La bonne question est : « quelles données mon entreprise doit-elle être capable de transmettre, et depuis quels outils ? »

Les risques en cas d’impréparation

Le premier risque est fiscal. L’administration attendra des données structurées, transmises par les canaux prévus. Une incohérence entre les ventes, la TVA collectée, les encaissements et les données transmises peut créer une difficulté lors d’un contrôle.

Le deuxième risque est contractuel. Si une entreprise choisit une plateforme ou un logiciel qui ne couvre pas l’e-reporting attendu, elle devra déterminer si le prestataire a manqué à ses engagements, si le contrat était suffisamment clair et si les coûts de correction peuvent être discutés.

Le troisième risque est opérationnel. Une entreprise qui vend à la fois à des professionnels, à des particuliers et à des clients étrangers peut se retrouver avec plusieurs circuits. Les équipes comptables doivent savoir quelles opérations relèvent de la facture électronique, de l’e-reporting, d’une facture classique ou d’une exclusion.

Le quatrième risque concerne les délais. Attendre l’été 2026 pour cartographier les flux est dangereux. Les tests d’outils, la migration des données, la formation interne et la correction des paramétrages prennent du temps.

Le cinquième risque est probatoire. En cas de désaccord avec un prestataire informatique, un expert-comptable, une plateforme ou un client, il faudra prouver ce qui a été demandé, promis, livré et testé. Les échanges commerciaux et les journaux techniques doivent être conservés.

Que vérifier dans votre entreprise avant de signer une solution ?

La première vérification consiste à séparer les flux.

Il faut distinguer les ventes B2B françaises, les ventes B2C, les opérations intracommunautaires, les exportations, les prestations de services, les acomptes, les abonnements, les remboursements, les avoirs et les encaissements.

La deuxième vérification porte sur les outils. L’entreprise doit identifier le logiciel de facturation, le logiciel de caisse, le site e-commerce, l’ERP, l’outil de paiement, le logiciel comptable et les exports utilisés par l’expert-comptable.

La troisième vérification porte sur le contrat de plateforme. Il doit dire si le service couvre seulement la facture électronique, ou aussi l’e-reporting de transaction et l’e-reporting de paiement. Il doit préciser les données transmises, les formats, les délais, l’assistance, les responsabilités, la réversibilité et la conservation des preuves.

La quatrième vérification concerne les données de paiement. Pour certaines prestations de services, la date d’encaissement peut devenir une donnée centrale. Si les paiements ne sont pas correctement rapprochés, la transmission peut être incomplète.

La cinquième vérification concerne les exceptions. Une entreprise ne doit pas transmettre par automatisme des opérations qui ne relèvent pas de l’e-reporting. Elle doit documenter les exclusions, surtout lorsque les opérations internationales sont nombreuses.

Que faire si votre prestataire ne parle que de « factures électroniques » ?

Il faut lui poser des questions écrites.

Le contrat couvre-t-il l’e-reporting de transaction ?

Le contrat couvre-t-il l’e-reporting de paiement ?

Quels flux B2C sont pris en charge ?

Quels flux étrangers sont pris en charge ?

Comment les données issues d’une caisse, d’un site e-commerce ou d’un prestataire de paiement sont-elles intégrées ?

Qui corrige les rejets ?

Qui conserve les preuves ?

Que se passe-t-il si l’outil n’est pas prêt à la date d’entrée en vigueur ?

Ces questions doivent être posées avant la signature. Si elles apparaissent seulement après l’incident, l’entreprise sera en position plus faible.

Paris et Île-de-France : les secteurs les plus exposés

À Paris et en Île-de-France, plusieurs activités sont particulièrement exposées : commerces, restauration, agences de communication, conseil, formation, services numériques, événementiel, maintenance, santé non réglementée, plateformes de réservation, ventes en ligne et prestations pour clients étrangers.

Ces entreprises encaissent souvent par plusieurs canaux. Elles utilisent parfois un outil de caisse, un terminal de paiement, un site marchand, un logiciel de facturation et un cabinet comptable qui retraitent les informations après coup.

Cette organisation peut fonctionner au quotidien, mais devenir fragile avec l’e-reporting. Si les données ne sont pas alignées, la société peut perdre du temps à reconstituer les ventes, les encaissements, les avoirs et les opérations hors champ.

Pour une PME francilienne, le bon réflexe est de réaliser un audit court avant la signature du contrat de plateforme : flux, outils, clauses, responsabilités, preuves et calendrier de test.

Les documents à réunir avant consultation

Avant de consulter, préparez les contrats de logiciel et de plateforme, les conditions générales du prestataire, la liste des outils utilisés, un extrait des types de factures émises, la liste des moyens de paiement, les principaux flux étrangers et les échanges déjà intervenus avec l’expert-comptable ou l’éditeur.

Ajoutez aussi les factures ou exports représentatifs : vente à un particulier, vente à un professionnel français, prestation à un client étranger, acompte, avoir, remboursement, paiement partiel.

Ces pièces permettent de vérifier rapidement si le sujet est seulement technique ou s’il existe un risque contractuel, fiscal ou probatoire.

Sources utiles

Pour le cadre général de la facturation électronique, vous pouvez aussi consulter notre article sur la réception des factures électroniques en 2026 et notre page dédiée au droit des affaires.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Votre entreprise vend à des particuliers, facture à l’étranger ou doit vérifier si son contrat couvre l’e-reporting. Le cabinet peut organiser une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Nous pouvons relire le contrat de plateforme, identifier les flux concernés, préparer une liste de questions à l’éditeur ou sécuriser une réponse en cas de blocage.

Appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact du cabinet.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».