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Chargeback après un achat en ligne : que faire si la banque refuse de rembourser ?

Mis à jour le 25 juillet 2026.

Les soldes d’été 2026 ont commencé le 24 juin. C’est aussi une période où les achats en ligne se multiplient : boutiques éphémères, faux sites, livraison jamais reçue, produit très différent de l’annonce, abonnement caché après un essai à bas prix ou vendeur qui disparaît après paiement. Quand l’achat a été réglé par carte bancaire, beaucoup de consommateurs découvrent alors le mot « chargeback », aussi appelé rétrofacturation.

Le chargeback peut permettre de récupérer une somme payée par carte lorsque l’achat tourne mal. Mais il ne faut pas le confondre avec l’opposition à la carte, la plainte, la médiation de la consommation ou le remboursement légal d’une opération non autorisée. La banque peut aussi refuser d’ouvrir la procédure si la demande est mal présentée, si le délai est dépassé, si le paiement ne relève pas du bon mécanisme ou si le dossier ne contient pas les preuves utiles.

L’enjeu pratique est donc simple : savoir à qui écrire, dans quel délai, avec quelles pièces, et quoi faire si la banque répond que « ce n’est pas possible ». Pour un achat frauduleux ou non livré, les premières heures servent à conserver les preuves ; les jours suivants servent à qualifier juridiquement la demande.

Chargeback, remboursement légal ou fraude bancaire : ne mélangez pas les recours

Le chargeback est une procédure liée aux réseaux de cartes bancaires. La DGCCRF rappelle que ce service permet, sous conditions, d’obtenir le remboursement d’un achat payé par carte par l’intermédiaire de la marque de paiement et de la banque. Ce n’est pas un droit automatique prévu de la même manière pour tous les contrats de carte. Il faut vérifier les conditions de la carte utilisée, le motif admis et le délai imposé par le réseau.

Le remboursement légal d’une opération non autorisée obéit à une autre logique. Si vous n’avez pas autorisé le paiement, si vos données de carte ont été utilisées sans votre accord ou si vous êtes victime d’une fraude à la carte bancaire, la demande doit être présentée comme une contestation d’opération non autorisée. Service-Public indique que le délai peut aller jusqu’à 13 mois lorsque la banque du bénéficiaire est située dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen.

Une opération non autorisée ou mal exécutée doit être signalée sans tarder à la banque et, en principe, au plus tard dans les treize mois du débit, selon l’article L. 133-24 du Code monétaire et financier. Le délai de huit semaines prévu par l’article L. 133-25 ne concerne pas tout achat par carte mal exécuté : il vise une opération autorisée ordonnée par le bénéficiaire, lorsque l’autorisation n’indiquait pas son montant exact et que la somme débitée dépassait ce que le payeur pouvait raisonnablement attendre.

Cette distinction change tout. Une banque peut refuser une demande de chargeback mal formulée alors qu’une contestation d’opération non autorisée aurait dû être examinée. Inversement, si vous avez bien autorisé le paiement mais que le vendeur n’a jamais livré, le sujet relève souvent du chargeback, de la réclamation contre le vendeur, du médiateur de la consommation, de SignalConso ou d’une action judiciaire.

Dans quels cas demander un chargeback ?

Le chargeback peut être utile lorsque l’achat a été payé par carte bancaire et que le litige entre dans les motifs acceptés par le réseau de carte. Les cas les plus fréquents sont les suivants :

  • le produit commandé n’est jamais livré ;
  • le service payé n’est pas exécuté ;
  • le bien reçu est très différent de ce qui était annoncé ;
  • le vendeur a cessé son activité ou ne répond plus ;
  • le site paraît frauduleux après paiement ;
  • un abonnement caché ou un renouvellement non compris est prélevé ;
  • la transaction a été débitée alors que l’achat a été annulé dans les conditions prévues.

Le Centre européen des consommateurs explique que la procédure permet à la banque du titulaire de carte de solliciter la banque du professionnel. La difficulté est que la banque du client ne rembourse pas toujours immédiatement. Elle peut demander une réclamation préalable au vendeur, des justificatifs ou la preuve que le litige relève bien d’un motif de chargeback.

La demande doit donc être construite. Il ne suffit pas d’écrire « je veux un chargeback ». Il faut décrire l’achat, produire la preuve du paiement, expliquer le manquement du vendeur et joindre les démarches déjà effectuées.

Que faire dans les 48 heures après un achat suspect ?

La première étape est de figer les preuves. Faites des captures d’écran du site, de la fiche produit, du prix, des conditions de livraison, des conditions générales, de la page de paiement, de l’adresse du vendeur, des mentions légales et de tous les mails reçus. Conservez le relevé bancaire montrant le débit, l’identifiant de transaction, le nom du bénéficiaire affiché et la date exacte.

La deuxième étape est d’écrire au vendeur. Même si vous pensez que le site est frauduleux, une réclamation écrite permet souvent de montrer à la banque que vous avez tenté d’obtenir une solution directe. Le message doit demander la livraison, l’annulation, le remboursement ou les explications sur le débit. Gardez l’accusé d’envoi et les réponses éventuelles.

La troisième étape est de prévenir la banque. Si vous craignez une utilisation future de votre carte, faites opposition. Si le paiement déjà passé est contesté, demandez à la banque d’ouvrir le bon canal : contestation d’opération non autorisée, chargeback, ou les deux selon les faits. Ne vous contentez pas d’un échange oral avec le conseiller. Demandez une réponse écrite.

La quatrième étape est de signaler. Pour une fraude à la carte bancaire sur internet lorsque vous êtes toujours en possession de votre carte et que vous n’êtes pas à l’origine des achats, le service Perceval permet d’obtenir un récépissé. Pour un litige avec un professionnel ou un site marchand, SignalConso peut aussi être utile. En cas d’escroquerie, une plainte peut être nécessaire.

Charge back : quelle demande adresser à la banque ?

Les expressions « charge back » et « chargeback » désignent la même procédure. Dans la réclamation, le terme seul ne suffit pas. Il faut préciser si le paiement a été autorisé, ce que le vendeur n’a pas exécuté et le fondement demandé à la banque.

  • Si le paiement n’a pas été autorisé, demandez le remboursement prévu par l’article L. 133-18 du Code monétaire et financier et indiquez la date du signalement.
  • Si le paiement a été autorisé mais que le vendeur n’a pas livré, demandez l’ouverture de la rétrofacturation prévue par le réseau de carte et joignez la commande, le débit, les relances et la preuve de non-livraison.
  • Si le montant exact n’était pas indiqué lors de l’autorisation et dépasse ce qui pouvait être raisonnablement attendu, exposez séparément les conditions de l’article L. 133-25.
  • Demandez une réponse écrite précisant le motif exact de tout refus : délai, motif non couvert, pièces manquantes ou absence de garantie contractuelle.

Cette qualification évite qu’un litige commercial autorisé soit présenté comme une fraude bancaire, ou qu’une opération non autorisée soit traitée comme une simple demande commerciale.

Comment écrire à la banque pour éviter un refus automatique ?

Le courrier à la banque doit être précis. Il doit indiquer la date du paiement, le montant, le nom du commerçant ou du bénéficiaire, les quatre derniers chiffres de la carte, le motif de contestation et la demande exacte.

Si vous demandez un chargeback, écrivez que vous sollicitez la mise en oeuvre de la procédure de rétrofacturation prévue par le réseau de carte utilisé. Ajoutez que l’achat a été payé par carte, que le vendeur ne livre pas ou ne rembourse pas, et que vous joignez les justificatifs.

Si vous contestez une opération non autorisée, écrivez clairement que vous n’avez pas autorisé l’opération. Joignez le récépissé Perceval si vous l’avez obtenu, l’opposition à la carte si elle a été faite, et demandez le remboursement des sommes débitées ainsi que des frais directement liés.

Si vous contestez une opération mal exécutée, expliquez l’erreur : double débit, montant différent, opération inexécutée, remboursement annoncé mais jamais crédité. La banque doit comprendre que vous ne lui demandez pas seulement un geste commercial, mais l’examen d’un litige de paiement.

Il faut éviter les formulations trop vagues : « arnaque », « site bizarre », « je veux récupérer mon argent ». Ces mots peuvent être vrais, mais ils ne suffisent pas. Le dossier doit montrer le lien entre le paiement par carte, le manquement, les démarches déjà tentées et le fondement de la demande.

Quels délais surveiller ?

Les délais dépendent de la qualification.

Pour une opération non autorisée, Service-Public indique que la contestation peut être faite dans un délai allant jusqu’à 13 mois lorsque la banque du bénéficiaire est située dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen. Lorsque l’établissement du bénéficiaire est situé hors de cette zone, le délai peut être beaucoup plus court, avec une base de 70 jours pouvant être prolongée contractuellement sans dépasser 120 jours.

Le délai de huit semaines de l’article L. 133-25 du Code monétaire et financier ne constitue donc pas un délai général de chargeback. Pour une opération non autorisée ou mal exécutée, la référence est l’article L. 133-24. Certaines opérations par carte impliquant un prestataire situé hors de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen relèvent toutefois du délai de soixante-dix jours, prolongeable au plus à cent vingt jours, prévu par l’article L. 133-1-1.

Pour le chargeback contractuel, il faut regarder les règles de la carte et les conditions du réseau. Certains délais sont courts. Le Centre européen des consommateurs insiste sur l’importance d’agir vite, car la procédure dépend des règles internes de paiement et du motif invoqué.

En pratique, n’attendez pas la fin du délai théorique. Plus la demande est tardive, plus la banque ou le réseau pourra opposer l’absence de preuve, l’expiration d’un délai contractuel ou l’impossibilité technique de récupérer les fonds.

Que faire si la banque refuse le chargeback ?

Un refus oral ne suffit pas. Demandez à la banque une réponse écrite indiquant la raison du refus : carte non éligible, délai dépassé, motif non couvert, pièces insuffisantes, absence de réclamation au vendeur, opération considérée comme autorisée, ou autre raison.

Ensuite, vérifiez si le refus répond au bon problème. Il arrive qu’une banque refuse le chargeback alors que le dossier devait être traité comme fraude à la carte bancaire. Il arrive aussi qu’elle confonde le litige commercial avec une opération de paiement non autorisée. La réponse écrite permet de corriger le tir.

Si le refus paraît infondé, adressez une réclamation formelle au service réclamations de la banque. Joignez toutes les pièces et demandez un réexamen. Si la réponse reste négative ou si la banque ne répond pas dans les délais, vous pouvez saisir le médiateur bancaire compétent. Service-Public rappelle que ce recours est gratuit.

Lorsque le montant est important ou que la banque maintient un refus contestable, une analyse juridique devient utile. Il faut déterminer si l’action doit viser la banque, le vendeur, l’intermédiaire de paiement, le site frauduleux ou plusieurs acteurs à la fois.

Les pièces à réunir avant une consultation

Avant de consulter un avocat, préparez un dossier court mais complet :

  • relevé bancaire montrant le débit ;
  • confirmation de commande ;
  • facture ou reçu ;
  • captures du site et de la fiche produit ;
  • conditions générales de vente ;
  • mails ou messages échangés avec le vendeur ;
  • preuve de livraison absente ou produit non conforme ;
  • courrier envoyé à la banque ;
  • réponse de la banque ;
  • récépissé Perceval ou plainte si fraude ;
  • signalement SignalConso si effectué ;
  • contrat ou notice de carte bancaire si disponible.

Ces pièces permettent de choisir le bon angle. Un dossier de faux site commercial peut appeler une plainte et une contestation bancaire. Un produit non livré par un vendeur identifiable peut appeler chargeback, médiation de la consommation puis action contre le professionnel. Une banque qui refuse sans examiner les pièces peut engager sa propre responsabilité selon les faits.

Paris et Ile-de-France : pourquoi agir vite

Pour un achat important, un équipement professionnel, une réservation, un stock acheté pendant les soldes ou une commande urgente, le litige peut rapidement créer une difficulté financière. À Paris et en Ile-de-France, les consommateurs comme les petites entreprises achètent souvent auprès de vendeurs situés hors ressort, parfois à l’étranger, parfois via une marketplace.

Le lieu du vendeur, la domiciliation de la banque, le pays de la plateforme et la qualité de l’acheteur peuvent modifier la stratégie. Un particulier n’est pas traité exactement comme une société. Un achat fait pour les besoins d’une activité professionnelle ne relève pas toujours des mêmes protections qu’un achat de consommation.

Le cabinet peut intervenir pour qualifier le dossier, préparer la réclamation bancaire, organiser les preuves, orienter vers Perceval ou SignalConso quand c’est utile, et décider s’il faut saisir le médiateur, le tribunal ou viser directement le vendeur.

Pour les litiges impliquant un faux site commercial, vous pouvez aussi lire notre analyse sur le remboursement par la banque après achat sur un site frauduleux. Pour les entreprises et commerçants confrontés à des litiges de paiement, le cabinet intervient plus largement en droit des affaires à Paris.

Sources utiles

Service-Public présente les règles de contestation d’un paiement lors d’un achat à distance, ainsi que les démarches en cas de fraude à la carte bancaire et le service Perceval. La DGCCRF explique la rétrofacturation ou chargeback. Le Centre européen des consommateurs détaille aussi la procédure de chargeback et les réactions possibles en cas de refus bancaire.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Votre banque refuse un chargeback, vous avez payé un site frauduleux ou vous ne savez pas s’il faut contester l’opération comme fraude bancaire, litige commercial ou inexécution de paiement.

Le cabinet peut organiser une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat afin d’analyser les preuves, le délai applicable, la réclamation bancaire et les recours utiles.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

Le cabinet intervient à Paris et en Ile-de-France pour les litiges de paiement par carte, les achats en ligne frauduleux, les refus de remboursement bancaire et les recours contre les vendeurs ou intermédiaires.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».