Les soldes d’été 2026 commencent le mercredi 24 juin 2026 à 8 heures et se terminent le mardi 21 juillet 2026 inclus dans la majorité des départements métropolitains. Pour les boutiques en ligne, les mêmes dates nationales s’appliquent, quel que soit le lieu du siège de l’entreprise.
À quelques jours de l’ouverture, l’enjeu n’est pas seulement commercial. Un prix barré mal justifié, un stock réapprovisionné pendant les soldes, une publicité imprécise ou l’emploi du mot « soldes » hors période légale peuvent exposer le commerçant à un contrôle de la DGCCRF, à une amende administrative ou, dans les cas les plus sérieux, à une qualification de pratique commerciale trompeuse.
Le bon réflexe consiste à préparer l’opération avant la mise en ligne des bannières, des emails et des étiquettes. Le commerçant doit pouvoir expliquer quels produits sont soldés, depuis quand ils étaient proposés à la vente, quel était le prix antérieur, quelles preuves sont conservées et comment les clients sont informés de leurs droits.
Les dates exactes des soldes d’été 2026
Pour la France hexagonale, les soldes d’été 2026 se déroulent du mercredi 24 juin 2026 à 8 heures au mardi 21 juillet 2026 inclus, sous réserve des dates particulières applicables à certains territoires.
Cette date n’est pas librement choisie par le commerçant. Le régime des soldes est fixé par le code de commerce et par l’arrêté du 27 mai 2019 relatif aux dates et heures de début des soldes. En pratique, les soldes d’été commencent le dernier mercredi du mois de juin à 8 heures. Lorsque ce dernier mercredi intervient après le 28 juin, le début est avancé à l’avant-dernier mercredi du mois.
Pour un site e-commerce, la règle est simple : il faut appliquer les dates nationales du commerce traditionnel. Une société dont le siège est à Paris, Lyon, Lille ou Marseille ne peut donc pas choisir un calendrier propre à son entrepôt, à son hébergeur ou à son marché principal.
Le commerçant doit aussi vérifier ses campagnes programmées. Un email envoyé trop tôt, une page déjà indexée avec le mot « soldes », une publicité sur les réseaux sociaux ou un bandeau visible avant 8 heures peuvent créer une difficulté si l’opération est déjà présentée comme une période de soldes.
Soldes ou promotion : la différence qui compte
Les soldes ont un régime particulier. Ils servent à écouler rapidement un stock existant pendant une période légale déterminée. Ils peuvent permettre la revente à perte dans ce cadre. Ils doivent être annoncés comme des soldes et respecter les règles propres à cette période.
La promotion est différente. Elle peut être organisée hors période de soldes, mais elle ne doit pas utiliser le mot « soldes » ou ses dérivés. Elle doit rester loyale, temporaire et clairement présentée au client.
La confusion est fréquente sur les sites marchands. Une bannière « pré-soldes », « soldes privés », « soldes avant l’heure » ou « dernière démarque » peut poser problème si elle apparaît en dehors de la période officielle ou si elle laisse croire au consommateur qu’il bénéficie du régime légal des soldes.
Il faut donc relire les termes utilisés dans les campagnes : page d’accueil, catégories, fiches produits, publicités, newsletters, SMS, posts sponsorisés, marketplace et scripts d’affiliation. Le risque ne vient pas seulement de la fiche produit. Il peut venir d’un visuel réutilisé, d’un ancien modèle d’email ou d’une campagne automatisée.
Quels produits peuvent être soldés ?
Un produit soldé doit avoir été proposé à la vente et payé depuis au moins un mois à la date de début de la période de soldes. Pour les soldes d’été 2026, cela impose de vérifier l’historique du stock avant le 24 juin 2026.
Cette règle évite qu’un commerçant achète spécialement des produits pour les revendre sous l’étiquette « soldes ». Les soldes ne sont pas une opération d’achat-revente destinée à créer artificiellement une remise. Elles portent sur un stock déjà détenu.
Pendant les soldes, le commerçant ne peut pas se réapprovisionner pour vendre au prix soldé un article épuisé. Si un produit n’est plus disponible, il doit sortir de l’opération ou être présenté autrement, selon la réalité du stock et les règles applicables aux promotions.
La difficulté pratique concerne les variantes : tailles, couleurs, lots, références proches, bundles et produits reconditionnés. Le commerçant doit pouvoir prouver que la référence soldée correspond bien à un produit déjà proposé et payé depuis au moins un mois. Un simple intitulé commercial ne suffit pas toujours si les références internes ne permettent pas de suivre le stock.
Pour un e-commerce, il faut conserver les exports du catalogue, les dates de mise en ligne, les factures fournisseurs, les bons de réception, les mouvements de stock et les captures d’écran utiles. En cas de contrôle, ces éléments permettent de démontrer que l’opération n’a pas été construite après coup.
Prix barré : la règle des 30 jours
Le prix barré est souvent le point le plus sensible. Depuis la réforme issue de la directive dite « Omnibus », toute annonce de réduction de prix doit indiquer un prix antérieur. Ce prix antérieur correspond au prix le plus bas pratiqué par le professionnel à l’égard de tous les consommateurs au cours des trente jours précédant la réduction.
Autrement dit, le prix de référence ne doit pas être choisi pour rendre la remise plus spectaculaire. Il faut être capable de retrouver le prix réellement pratiqué dans les trente jours précédents.
Exemple : un produit était vendu 120 euros, puis 100 euros pendant une opération promotionnelle, puis annoncé à 80 euros pendant les soldes. Si la réduction successive s’inscrit dans une période déterminée, la règle peut conduire à retenir le prix antérieur applicable avant la première réduction. Mais ce raisonnement doit être cohérent, documenté et lisible pour le client.
Le risque principal est le prix artificiellement gonflé avant les soldes. Le ministère de l’Économie rappelle qu’un tel comportement peut relever de la pratique commerciale trompeuse. La sanction peut alors devenir pénale : deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende pour une personne physique, ou 1 500 000 euros pour une société.
Avant le 24 juin 2026, il faut donc figer une preuve du prix de référence. Les pièces utiles sont simples : historique des prix dans le CMS, export de la marketplace, captures horodatées, tickets de caisse, grille tarifaire, factures, données du logiciel de caisse, campagnes promotionnelles antérieures et tableau récapitulatif par référence.
Publicité, email et réseaux sociaux : ce qui doit apparaître
Les soldes doivent être accompagnés ou précédés de publicité. Cette publicité doit indiquer la date de début de l’opération et la nature des produits soldés.
Une annonce trop vague peut créer une incertitude. « Tout doit disparaître » ou « -70 % sur le site » ne suffit pas toujours si, en réalité, seule une sélection de produits est concernée. Il faut distinguer les articles soldés des articles non soldés, en boutique comme en ligne.
Sur un site e-commerce, la distinction peut passer par une rubrique spéciale, un filtre, un badge clair, une catégorie dédiée ou une mention visible sur la fiche produit. En magasin, elle peut passer par des étiquettes de couleur, des rayons séparés ou une signalétique lisible.
L’information doit rester cohérente entre les supports. Une fiche produit à -40 %, une publicité à -60 % et une newsletter annonçant « jusqu’à -80 % » doivent correspondre à une réalité vérifiable. Si la réduction maximale ne concerne qu’un nombre très limité d’articles, la communication doit éviter de créer une impression générale trompeuse.
Il faut aussi vérifier les frais annexes : livraison, frais de retour, frais de préparation, assurance, installation, option obligatoire. Un prix attractif affiché en vitrine ou sur une fiche produit peut devenir litigieux si le consommateur découvre trop tard un coût indispensable à l’achat.
Retours, garanties et droit de rétractation
Un produit soldé n’est pas un produit sans droit. Les garanties légales continuent de s’appliquer. En cas de défaut de conformité ou de vice caché, le consommateur conserve ses recours.
En magasin physique, le commerçant n’est pas obligé d’accepter l’échange ou le remboursement d’un produit simplement parce que le client change d’avis. Il peut le proposer à titre commercial, mais il doit alors respecter la politique annoncée.
En ligne, la situation est différente. Pour un achat conclu à distance auprès d’un professionnel, le consommateur bénéficie en principe d’un délai de rétractation de 14 jours. Le fait que le produit soit soldé ne supprime pas ce droit, sauf exceptions légales particulières.
À compter du 19 juin 2026, les professionnels qui concluent des contrats à distance via une interface en ligne doivent aussi proposer une fonctionnalité permettant au consommateur d’exercer son droit de rétractation directement en ligne. Pour les e-commerçants, les soldes d’été 2026 arrivent donc juste après cette échéance. Les CGV, le tunnel de commande et le parcours après-vente doivent être vérifiés ensemble.
Le commerçant doit éviter les mentions trop générales du type « ni repris ni échangé » si elles peuvent laisser croire que les garanties légales ou le droit de rétractation en ligne sont exclus. Une formule commerciale mal rédigée peut suffire à créer un grief.
Que risque le commerçant en cas de contrôle DGCCRF ?
Les sanctions varient selon le manquement.
L’utilisation du mot « soldes » hors cadre légal, la vente de produits non éligibles aux soldes ou l’absence de respect des règles propres aux soldes peuvent être sanctionnées. Le site Entreprendre.Service-Public rappelle notamment des amendes de 15 000 euros pour un entrepreneur individuel et 75 000 euros pour une société dans plusieurs hypothèses liées aux soldes.
En matière d’information sur les prix, le manquement peut être puni d’une amende administrative de 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une société.
Lorsque l’information délivrée trompe le client sur le prix, la remise, la disponibilité ou la réalité de l’avantage, le risque peut devenir pénal au titre des pratiques commerciales trompeuses. Dans ce cas, les montants peuvent être nettement plus élevés.
Le contrôle porte rarement sur un seul élément isolé. L’administration peut comparer les prix affichés avant et pendant les soldes, demander les historiques de prix, vérifier les factures fournisseurs, contrôler les stocks, consulter le site public, examiner les CGV et regarder les campagnes publicitaires.
Le dossier de preuve doit donc être prêt avant le lancement. Il ne faut pas attendre le courrier de contrôle pour essayer de reconstituer l’historique du prix barré.
La checklist à préparer avant le 24 juin 2026
Avant l’ouverture des soldes, le commerçant devrait vérifier au minimum les points suivants.
Les dates de campagne doivent être exactes : début le 24 juin 2026 à 8 heures, fin le 21 juillet 2026 inclus, sauf exception territoriale applicable.
Les produits soldés doivent être identifiés par référence, avec preuve de détention et de mise en vente depuis au moins un mois.
Le prix antérieur doit être justifié pour chaque annonce de réduction, avec un historique des trente jours précédents.
Les articles soldés et non soldés doivent être distingués clairement.
Les publicités doivent indiquer la date de début et la nature des produits concernés.
Les CGV doivent rester cohérentes avec les garanties légales, les retours, le droit de rétractation et les frais de livraison.
Les preuves doivent être conservées : exports, captures, factures, bons de réception, historique du CMS, paramétrage du logiciel de caisse, newsletters et visuels publicitaires.
Les équipes doivent connaître la réponse à donner au client : échange commercial éventuel, garantie légale, retour e-commerce, remboursement, réclamation et service après-vente.
Paris et Île-de-France : e-commerce, boutiques et marketplaces
À Paris et en Île-de-France, beaucoup de commerçants cumulent boutique physique, site marchand, ventes Instagram, click and collect, livraison locale et marketplaces. Ce cumul augmente le risque de contradiction entre les supports.
Une boutique peut afficher une réduction en vitrine, une marketplace peut reprendre un ancien prix, et le site peut appliquer un code promotionnel automatique. Si les trois canaux ne sont pas alignés, le prix de référence devient difficile à expliquer.
Pour une entreprise parisienne, il faut donc raisonner par canal de vente. Le dossier doit distinguer magasin, site propre, marketplace, ventes privées, emailing et réseaux sociaux. Chaque canal doit renvoyer à des prix, des dates, des stocks et des conditions cohérents.
En cas de contrôle ou de mise en cause par un client, la réponse doit être rapide. Il faut retrouver la fiche produit, l’historique du prix, la preuve du stock, le message publicitaire et les CGV applicables au moment de la vente. Une preuve produite tardivement ou incomplète peut compliquer la défense.
Que faire si l’opération est déjà lancée avec une erreur ?
Il faut d’abord identifier l’erreur : mauvaise date, mauvais prix de référence, produit non éligible, stock réapprovisionné, publicité trop large, mention de retour inexacte ou confusion entre soldes et promotion.
Ensuite, il faut corriger sans aggraver. Modifier discrètement une page peut être nécessaire, mais il faut conserver la trace de la version initiale, de la date de correction et des ventes concernées. Si des clients ont déjà acheté dans des conditions trompeuses, une correction purement interne ne suffit pas toujours.
Il peut être utile de suspendre temporairement la référence concernée, de rectifier le prix, de modifier la communication, d’informer les équipes et de préparer une réponse écrite aux réclamations.
Si le risque est important, il faut éviter les échanges improvisés avec l’administration ou avec une plateforme. Une réponse trop rapide, non documentée, peut reconnaître une faute ou créer une incohérence. Le dossier doit être repris avec les pièces, puis une position claire doit être arrêtée.
Sources officielles utiles
Le calendrier officiel des soldes d’été 2026 est publié par le ministère de l’Économie : dates des soldes d’été 2026.
La fiche officielle destinée aux entreprises rappelle les règles applicables aux soldes : soldes : règles à respecter.
Les règles d’affichage des prix et de prix de référence sont présentées ici : affichage des prix : règles à respecter.
L’article L.112-1-1 du code de la consommation sur les annonces de réduction de prix est consultable sur Légifrance : article L.112-1-1 du code de la consommation.
Pour les litiges commerciaux plus larges, vous pouvez aussi consulter notre page droit des affaires.
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À Paris et en Île-de-France, nous pouvons aussi vérifier la cohérence entre boutique physique, site marchand, marketplace et campagnes publicitaires.
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