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Logiciel de caisse certifié : que faire en cas de contrôle fiscal ou d’absence d’attestation ?

Depuis le 21 février 2026, la loi de finances pour 2026 a clarifié un point qui inquiétait de nombreux commerçants : l’attestation individuelle de l’éditeur redevient un mode de preuve possible pour les logiciels ou systèmes de caisse. Autrement dit, le professionnel n’est pas toujours obligé de présenter un certificat délivré par un organisme accrédité. Il doit en revanche pouvoir justifier, en cas de contrôle, que l’outil utilisé respecte les conditions fiscales imposées.

Le sujet reste sensible. Un commerce, un restaurant, un salon de coiffure, une activité de prestations avec encaissements de particuliers ou un site e-commerce peut utiliser un logiciel de caisse sans mesurer le risque documentaire. Le problème apparaît souvent tard : contrôle fiscal, demande de l’administration, absence d’attestation dans l’espace client, logiciel multifonction mal paramétré, ancien logiciel conservé, caisse secondaire oubliée.

L’enjeu n’est pas seulement technique. L’article 1770 duodecies du code général des impôts prévoit une amende de 7 500 euros par logiciel ou système de caisse concerné. Après l’application de l’amende, l’entreprise dispose de soixante jours pour se mettre en conformité. Passé ce délai, une nouvelle amende peut être appliquée.

Qui est concerné par l’obligation de logiciel de caisse certifié ?

La loi n’impose pas à tous les professionnels d’avoir une caisse enregistreuse ou un logiciel de caisse. Le point de départ est différent : si vous utilisez un logiciel ou système de caisse pour enregistrer des paiements de clients particuliers, l’outil doit respecter certaines garanties.

L’article 286 du code général des impôts vise les personnes assujetties à la TVA qui effectuent des livraisons de biens ou des prestations de services ne donnant pas lieu à facturation conformément à l’article 289 du même code, et qui enregistrent ces opérations au moyen d’un logiciel ou système de caisse.

En pratique, sont souvent concernés :

  • les commerces physiques qui encaissent des particuliers ;
  • les restaurants, cafés, boulangeries, salons de coiffure, instituts et boutiques ;
  • les prestataires de services qui encaissent directement leurs clients particuliers ;
  • certains e-commerces lorsque les paiements ne sont pas intégralement intermédiés par un établissement bancaire ;
  • les logiciels multifonctions lorsque leur module caisse sert réellement à enregistrer des règlements.

Il faut donc vérifier l’activité réelle, les clients concernés et le circuit d’encaissement. Une société en B2B pur n’est pas dans la même situation qu’un commerce qui vend à des particuliers. Un professionnel en franchise en base de TVA n’est pas dans la même situation qu’un commerçant assujetti à la TVA.

Quelles preuves faut-il pouvoir présenter ?

Le logiciel ou système de caisse doit satisfaire à quatre conditions : inaltérabilité, sécurisation, conservation et archivage des données. Ces garanties doivent permettre à l’administration fiscale de contrôler les enregistrements et d’éviter les suppressions ou modifications non tracées.

Depuis la loi de finances pour 2026, la preuve peut être apportée par un certificat délivré par un organisme accrédité ou par une attestation individuelle de l’éditeur, conforme au modèle fixé par l’administration.

Le bon réflexe consiste à demander immédiatement à l’éditeur :

  • l’attestation individuelle ou le certificat applicable à la version utilisée ;
  • la date de validité ou la période couverte ;
  • l’identification précise du logiciel, du module caisse et de la version ;
  • la confirmation que les fonctions d’encaissement utilisées sont couvertes ;
  • les informations sur l’archivage et la conservation des données ;
  • les conditions de mise à jour si une ancienne version n’est plus couverte.

Un simple message commercial indiquant que le logiciel est « conforme NF525 » ne suffit pas toujours. En cas de contrôle, il faut pouvoir présenter un document exploitable, rattaché au logiciel effectivement utilisé.

Que faire si l’éditeur ne fournit pas l’attestation ?

Il faut d’abord écrire à l’éditeur et garder la preuve de la demande. Le courrier ou l’email doit être précis : nom de l’entreprise, numéro de licence, version du logiciel, module utilisé, établissements concernés et demande d’attestation ou de certificat.

Si l’éditeur ne répond pas, il faut conserver :

  • la demande envoyée ;
  • les relances ;
  • le contrat ou les conditions générales ;
  • les factures du logiciel ;
  • les captures de l’espace client ;
  • la documentation disponible ;
  • les informations de version.

Ces pièces ne remplacent pas nécessairement l’attestation, mais elles permettent de démontrer que l’entreprise a identifié le problème et tenté de le résoudre. Si un contrôle est engagé, cette chronologie peut être utile pour discuter le délai de mise en conformité, la bonne foi, le périmètre des logiciels concernés ou les suites à donner.

Il faut aussi examiner une solution de remplacement. Si l’éditeur ne peut pas garantir la conformité de l’outil, continuer à l’utiliser expose l’entreprise à un risque renouvelé.

Amende de 7 500 euros : comment se calcule le risque ?

L’amende vise chaque logiciel ou système de caisse concerné. Le risque peut donc varier selon l’organisation de l’entreprise.

Un commerce avec une seule caisse et un seul logiciel n’a pas le même niveau d’exposition qu’une chaîne avec plusieurs points d’encaissement, plusieurs modules ou plusieurs établissements. Un logiciel multifonction doit aussi être analysé avec soin : Bercy indique que seules les fonctions caisse enregistreuse ou encaissement doivent être certifiées, et non nécessairement tout le logiciel de comptabilité ou de gestion.

La question centrale est donc de déterminer ce qui constitue le logiciel ou système de caisse utilisé. Il faut identifier les unités réellement concernées, les versions installées, les modules actifs, les caisses secondaires, les tablettes, les terminaux et les éventuels outils connectés au site e-commerce.

Une contestation sérieuse ne se limite pas à dire que l’amende est trop élevée. Elle doit discuter le périmètre exact, la qualité d’assujetti à la TVA, l’existence d’opérations avec particuliers, les exceptions applicables, les preuves disponibles et la mise en conformité.

Le délai de 60 jours après contrôle

Lorsque l’amende est appliquée, l’entreprise dispose d’un délai de soixante jours pour se mettre en conformité. Ce délai court à compter de la remise ou de la réception du procès-verbal ou de la notification prévue par les textes fiscaux.

Ce délai doit être utilisé immédiatement. Il faut demander l’attestation, installer une version conforme, changer de logiciel si nécessaire, archiver les anciennes données et préparer un dossier de réponse.

Attendre la fin du délai est risqué. Passé ce délai, l’entreprise qui ne s’est pas mise en conformité peut être sanctionnée à nouveau. Le risque est donc double : amende initiale, puis nouvelle amende si la situation n’est pas corrigée.

La mise en conformité doit être documentée. Il faut pouvoir montrer ce qui a été fait, à quelle date, avec quelles pièces, et sur quel périmètre.

Cas fréquents : e-commerce, franchise de TVA, B2B et logiciel multifonction

Le e-commerce soulève souvent une difficulté. Le ministère de l’Économie rappelle que la réglementation peut concerner les commerces physiques et les e-commerces. Toutefois, certains professionnels ne sont pas soumis à l’obligation, notamment lorsque tous les paiements reçus sont intermédiés par un établissement bancaire établi en France ou dans l’Union européenne.

La franchise en base de TVA est un autre point important. Les professionnels bénéficiant de la franchise en base de TVA font partie des exceptions mentionnées par les sources officielles. Cela ne dispense pas de conserver une comptabilité adaptée, mais cela peut changer l’analyse sur le logiciel de caisse.

Les activités exclusivement B2B sont aussi à distinguer. Si l’entreprise réalise uniquement des opérations commerciales avec d’autres professionnels, la logique n’est pas la même que pour une activité B2C avec encaissements de particuliers.

Enfin, les logiciels multifonctions doivent être découpés. Un logiciel qui fait comptabilité, gestion commerciale, devis, factures et caisse n’est pas nécessairement soumis dans toutes ses fonctions. Le point sensible est la fonction d’encaissement qui enregistre les règlements concernés.

Comment préparer un dossier avant ou pendant un contrôle ?

Un dossier utile doit être concret. Il doit permettre de répondre à trois questions : quel outil est utilisé, pour quelles opérations, et quelle preuve de conformité existe.

Il faut réunir :

  • l’attestation ou le certificat ;
  • le contrat avec l’éditeur ;
  • les factures d’abonnement ou d’achat ;
  • la documentation technique ;
  • les captures de version ;
  • la liste des caisses, terminaux et modules ;
  • les exports d’archives ;
  • les procédures de clôture journalière, mensuelle et annuelle ;
  • les échanges avec l’éditeur ;
  • les éléments montrant les circuits d’encaissement.

Si l’administration a déjà adressé un procès-verbal, une proposition de rectification ou une notification, il faut ajouter ce document au dossier, noter la date de réception et calculer immédiatement le délai de soixante jours.

Peut-on contester l’amende ?

Oui, mais la contestation doit être structurée. Les arguments utiles dépendent des faits.

Il peut être pertinent de contester si l’entreprise n’était pas concernée par l’obligation, si elle bénéficiait d’une exception, si le logiciel visé n’était pas un système de caisse utilisé pour les opérations concernées, si l’attestation existait mais n’a pas été correctement produite, ou si le périmètre retenu par l’administration est excessif.

Il peut aussi être utile de discuter la mise en conformité lorsque l’entreprise a agi rapidement après la demande. Les relances envoyées à l’éditeur, la commande d’un logiciel conforme, la migration des données et les preuves d’installation peuvent compter.

En revanche, une contestation sans pièce a peu de portée. L’entreprise doit produire des documents datés et cohérents.

Paris et Île-de-France : quels réflexes pratiques ?

À Paris et en Île-de-France, beaucoup de commerces utilisent plusieurs canaux d’encaissement : caisse physique, terminal mobile, paiement en ligne, plateforme de réservation, livraison, click and collect ou logiciel de gestion connecté au site internet.

Cette organisation rend le contrôle plus délicat. Le dirigeant doit cartographier les flux avant de répondre. Il faut distinguer les encaissements en boutique, les paiements en ligne, les factures B2B, les paiements intermédiés et les modules réellement utilisés comme caisse.

En cas de contrôle ou de demande de l’administration, le bon ordre de travail est simple : identifier les outils, sécuriser les attestations, vérifier les exceptions, calculer le délai, puis rédiger une réponse documentée.

Sources officielles utiles

Le ministère de l’Économie présente la réforme 2026 et les obligations pratiques ici : certification des logiciels de caisse.

L’article 286 du code général des impôts précise les conditions d’inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d’archivage : article 286 du code général des impôts.

L’article 1770 duodecies du code général des impôts prévoit l’amende de 7 500 euros par logiciel ou système de caisse et le délai de soixante jours : article 1770 duodecies du code général des impôts.

Le site Entreprendre.Service-Public.fr rappelle le rétablissement de l’attestation individuelle de l’éditeur : rétablissement de l’utilisation des logiciels de caisse auto-certifiés.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».