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Avis de vérification de comptabilité : que faire quand l’entreprise reçoit un contrôle fiscal ?

Recevoir un avis de vérification de comptabilité ou un avis d’examen de comptabilité ne signifie pas que l’entreprise est déjà redressée. Mais le délai utile commence immédiatement.

Le dirigeant doit identifier la procédure, prévenir l’expert-comptable, préserver les pièces, préparer le fichier des écritures comptables et éviter les réponses improvisées. Une erreur technique dans le fichier FEC, une facture manquante, une explication orale mal maîtrisée ou un délai laissé passer peuvent transformer un contrôle gérable en redressement lourd.

Cette situation relève du droit des affaires et du contentieux de l’entreprise lorsqu’elle touche la trésorerie, les contrats, la gouvernance ou la responsabilité du dirigeant.

En 2026, le sujet est encore plus sensible, car l’administration utilise de plus en plus les échanges dématérialisés, les fichiers comptables et les contrôles à distance. Le contrôle ne se limite plus à un rendez-vous dans les locaux de l’entreprise. Il peut commencer par une demande de transmission du FEC dans un délai court.

Vérification de comptabilité ou examen de comptabilité : la première distinction à faire

La vérification de comptabilité est le contrôle fiscal classique de l’entreprise. Elle porte sur les comptes, les déclarations, les factures, les flux bancaires, la TVA, l’impôt sur les sociétés ou l’impôt sur le revenu professionnel. Elle se déroule en principe sur place, dans l’entreprise, même si des échanges peuvent avoir lieu avec le conseil ou l’expert-comptable.

L’examen de comptabilité est un contrôle à distance. L’administration vérifie la cohérence de la comptabilité à partir des fichiers transmis de manière dématérialisée. La page officielle economie.gouv.fr explique que cette procédure concerne les entreprises tenant une comptabilité informatisée, hors micro-entrepreneurs, et qu’elle suppose notamment la transmission des fichiers des écritures comptables dans les délais.

La conséquence pratique est importante. Si l’avis reçu parle d’examen de comptabilité, le dirigeant doit se concentrer immédiatement sur le FEC, son format, sa cohérence et sa transmission. Si l’avis reçu parle de vérification de comptabilité, il faut aussi préparer les rendez-vous, le lieu du contrôle, les documents accessibles et la ligne de réponse.

Dans les deux cas, l’avis ne doit pas rester dans une boîte mail ou sur le bureau du dirigeant pendant plusieurs jours. Le bon réflexe est de créer un dossier unique : avis reçu, date de réception, exercices contrôlés, impôts visés, interlocuteur de l’administration, expert-comptable, fichiers comptables, factures, contrats et relevés bancaires.

Le FEC : le document qui peut faire basculer le contrôle

Le fichier des écritures comptables est souvent le premier point de friction. Les entreprises qui tiennent leur comptabilité au moyen de systèmes informatisés doivent pouvoir présenter leur comptabilité sous forme de fichiers dématérialisés lors d’un contrôle.

La DGFiP met à disposition un outil de test des fichiers des écritures comptables. L’intérêt est simple : vérifier la structure du fichier avant qu’il ne soit remis à l’administration. Un fichier techniquement inexploitable peut créer une difficulté autonome, même si les écritures paraissent correctes sur le fond.

En cas d’examen de comptabilité, economie.gouv.fr indique que l’entreprise dispose de quinze jours pour transmettre les fichiers demandés. Ce délai impose une réaction immédiate. Il faut vérifier que le fichier correspond au bon exercice, qu’il n’est pas incomplet, que les écritures d’ouverture et de clôture sont cohérentes, que les journaux sont identifiés et que les données exportées correspondent aux comptes utilisés pour établir les déclarations.

Le dirigeant ne doit pas modifier artificiellement la comptabilité après réception de l’avis. En revanche, il peut et doit organiser le dossier : identifier les anomalies, préparer les explications, documenter les corrections déjà faites et vérifier les pièces justificatives. Une régularisation ou une explication utile ne se traite pas comme une réécriture opportuniste.

Le défaut de présentation du FEC ou la remise d’un fichier non conforme peut entraîner une amende. Les sources officielles rappellent une sanction de 5 000 euros ou, si une rectification est plus élevée, une majoration pouvant atteindre 10 % des droits rappelés. Cette sanction s’ajoute au débat sur le redressement lui-même.

Les pièces à réunir dès les premières 48 heures

La préparation doit être concrète. Il ne suffit pas de demander à l’expert-comptable de « regarder le dossier ».

Il faut d’abord réunir les déclarations fiscales visées par le contrôle : TVA, impôt sur les sociétés, liasse fiscale, CVAE lorsque cela reste pertinent, retenues à la source, déclarations liées à l’activité internationale ou aux opérations intracommunautaires.

Il faut ensuite réunir les pièces commerciales : contrats clients, conditions générales, bons de commande, bons de livraison, factures émises, factures reçues, avoirs, justificatifs de remises, échanges sur les litiges de facturation, dossiers de sous-traitance et preuves de paiement.

Les flux bancaires doivent être rapprochés des écritures. Un virement reçu sans facture, un remboursement d’associé, un abandon de créance, un prêt informel, une avance client ou un paiement depuis un compte personnel peut attirer l’attention. Le contrôle fiscal n’aime pas les explications tardives. Il faut donc préparer une chronologie.

Pour la TVA, les points sensibles sont classiques : taux appliqué, exigibilité, autoliquidation, opérations intracommunautaires, exportations, avoirs, factures rectificatives, déduction de TVA sur les frais, véhicules, repas, cadeaux, abonnements et dépenses mixtes.

Pour l’impôt sur les bénéfices, l’administration regarde souvent la déductibilité des charges, la justification des frais, les rémunérations, les management fees, les refacturations intra-groupe, les provisions, les abandons de créance, les charges exceptionnelles et les liens avec les associés ou dirigeants.

Ce qu’il faut éviter pendant le contrôle

La première erreur est de répondre seul et trop vite. Un dirigeant connaît son activité, mais il peut mal mesurer la portée fiscale d’une phrase. Dire qu’une facture « n’a jamais vraiment été due », qu’un flux était « un arrangement », ou qu’une dépense était « professionnelle mais pas formalisée » peut créer un angle de redressement.

La deuxième erreur est de transmettre des pièces sans les lire. Une facture isolée peut contredire un contrat. Un avoir peut révéler un litige. Un courriel peut montrer que la prestation était différente de celle déclarée. La transmission doit être loyale, mais préparée.

La troisième erreur est de négliger le débat oral et contradictoire. La charte des droits et obligations du contribuable vérifié rappelle que le contribuable dispose de garanties pendant le contrôle, notamment l’assistance d’un conseil et la possibilité d’échanger avec le vérificateur. Ces garanties ne servent que si l’entreprise les utilise réellement.

La quatrième erreur est d’attendre la proposition de rectification pour construire la défense. À ce stade, l’administration a déjà formalisé sa position. Il reste possible de répondre, mais il est souvent plus efficace d’avoir clarifié les faits avant que le service ne fige son analyse.

Proposition de rectification : comment réagir

Si l’administration envisage un redressement, elle adresse une proposition de rectification. Le document doit être lu avec méthode : impôts concernés, années contrôlées, bases rectifiées, textes invoqués, calculs, pénalités, intérêts de retard, motivation et pièces utilisées.

Le dirigeant doit distinguer trois niveaux.

Le premier niveau est factuel. L’administration a-t-elle retenu les bons montants ? Les bons exercices ? Les bons contrats ? Les paiements sont-ils correctement imputés ? Une facture annulée ou remplacée a-t-elle été prise en compte deux fois ?

Le deuxième niveau est juridique. La qualification retenue est-elle correcte ? Une charge est-elle vraiment non déductible ? Une TVA est-elle vraiment exigible ? Une pénalité pour manquement délibéré est-elle justifiée par des faits précis ?

Le troisième niveau est stratégique. Faut-il répondre point par point, produire de nouvelles pièces, demander un entretien, solliciter le supérieur hiérarchique, saisir une commission compétente ou préparer le contentieux ?

La réponse ne doit pas être une protestation générale. Elle doit reprendre chaque chef de rectification, produire les pièces utiles, corriger les erreurs de calcul et contester les pénalités lorsque leur fondement est fragile.

Paris et Île-de-France : les réflexes pratiques pour une entreprise contrôlée

À Paris et en Île-de-France, beaucoup de contrôles concernent des sociétés de services, restaurants, commerces, agences, holdings familiales, sociétés immobilières, start-up, consultants et prestataires B2B. Le point commun est la densité des flux : plusieurs comptes bancaires, plateformes de paiement, sous-traitants, associés actifs, clients étrangers, refacturations, notes de frais et outils de facturation.

La priorité est donc d’organiser le dossier avant le premier échange de fond. Il faut identifier les personnes qui parleront à l’administration, centraliser les réponses, éviter les envois dispersés et conserver la preuve de chaque transmission.

Lorsque l’entreprise est accompagnée par un expert-comptable, le rôle de chacun doit être clair. L’expert-comptable peut produire les fichiers, expliquer la mécanique comptable et aider à retrouver les pièces. L’avocat intervient sur la qualification juridique, la stratégie de réponse, les pénalités, les garanties de procédure et la contestation.

Si l’entreprise a déjà reçu une proposition de rectification, il faut vérifier les délais immédiatement. Si elle n’a reçu qu’un avis de vérification ou d’examen, il faut préparer le contrôle avant que les questions ne deviennent accusatoires.

Les sources officielles à garder dans le dossier

Plusieurs sources publiques doivent être conservées avec le dossier de contrôle :

  • la page economie.gouv.fr sur l’examen de comptabilité à distance ;
  • la page economie.gouv.fr sur le contrôle fiscal et la lutte contre la fraude ;
  • la page impots.gouv.fr sur les fichiers standards des écritures comptables ;
  • la page DGFiP sur l’outil de test des fichiers des écritures comptables ;
  • la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ;
  • les commentaires BOFiP relatifs à l’avis de vérification, au FEC et à l’amende prévue en cas de défaut de présentation de la comptabilité informatisée.

Ces sources ne remplacent pas l’analyse du dossier. Elles permettent de vérifier le cadre, les délais et les garanties avant d’écrire à l’administration.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».