L’article L. 631-8 du Code de commerce encadre le pouvoir du tribunal de reporter la date de cessation des paiements. Le report doit être motivé et il est plafonné à dix-huit mois avant le jugement d’ouverture. Une décision de report ne peut intervenir après l’expiration d’un délai d’un an à compter du jugement d’ouverture, sous peine d’irrecevabilité de l’action.
Code de commerce, article L. 631-8, alinéa 2 : « La date de cessation des paiements peut être reportée une ou plusieurs fois, sans pouvoir être antérieure de plus de dix-huit mois à la date du jugement d’ouverture de la procédure. »
Le plafond de dix-huit mois est intangible. La chambre commerciale de la Cour de cassation l’a rappelé dans un arrêt publié au Bulletin du 12 janvier 2022, censurant une cour d’appel qui avait fixé la cessation des paiements à une date antérieure de plus de dix-huit mois à l’arrêt qui constituait, à la suite d’un appel suspensif du ministère public, la seule décision d’ouverture.
Cass. com., 12 janvier 2022, n° 20-16.394 : « Aux termes du premier de ces textes, le tribunal fixe la date de cessation des paiements, laquelle peut être reportée une ou plusieurs fois sans pouvoir être antérieure de plus de dix-huit mois à la date du jugement d’ouverture de la procédure. En cas d’appel par le ministère public d’un jugement ayant ouvert la liquidation judiciaire d’un débiteur, lequel est suspensif en application du second texte, et de réformation de ce jugement par un arrêt ouvrant le redressement judiciaire de ce débiteur, la cour d’appel ne peut fixer une date de cessation des paiements antérieure de plus de dix-huit mois à la date de son arrêt, qui constitue la seule décision d’ouverture. »
L’arrêt sanctionne la cour d’appel de Cayenne qui avait fixé la date au 23 mai 2015 alors qu’elle ne pouvait remonter au-delà du 10 août 2019, soit dix-huit mois avant son propre arrêt du 10 février 2020. Cass. com., 12 janv. 2022, n° 20-16.394source