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Fichier FEC et contrôle fiscal en 2026 : que faire si l’entreprise ne peut pas le remettre ?

Le fichier des écritures comptables, souvent appelé fichier FEC, est devenu l’un des points de tension les plus rapides lors d’un contrôle fiscal d’entreprise. En 2026, le sujet est encore plus sensible : Bercy communique sur un contrôle fiscal renforcé, mieux ciblé par la donnée et l’intelligence artificielle, tandis que les entreprises basculent progressivement vers des flux plus numériques avec la facturation électronique. Dans ce contexte, un dirigeant qui reçoit un avis de vérification ou une demande de transmission du FEC ne doit pas traiter le sujet comme une simple extraction comptable.

Le risque est concret. Si le fichier n’est pas remis, s’il est remis trop tard ou s’il est non conforme, l’administration peut appliquer une amende et tirer des conséquences défavorables dans la discussion sur les rectifications. Le vrai problème n’est donc pas seulement de « sortir un fichier » depuis le logiciel comptable. Il faut vérifier ce que le fichier contient, la période couverte, le format, les anomalies visibles, les écritures sensibles et la cohérence avec les déclarations fiscales déjà déposées.

Cet article répond à une question pratique : que faire, dans les premiers jours, si l’entreprise ne parvient pas à générer un FEC conforme ou craint que le fichier transmis aggrave son contrôle fiscal ?

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FEC comptable : pourquoi le sujet remonte fortement en 2026

Les recherches Google Ads confirment une demande réelle : les requêtes autour de « FEC comptable », « FEC comptabilité », « fichier FEC », « fichier des écritures comptables » et « contrôle FEC » cumulent plusieurs milliers de recherches mensuelles en France, avec une concurrence publicitaire faible et des CPC pouvant atteindre des niveaux significatifs sur les requêtes les plus qualifiées. Cela traduit un besoin très concret : les dirigeants, responsables administratifs et experts-comptables cherchent souvent une solution lorsqu’un contrôle est déjà engagé ou imminent.

L’actualité renforce cette pression. Le bilan du contrôle fiscal 2025 présenté en avril 2026 a mis en avant une administration plus offensive, des contrôles mieux orientés par les données et une utilisation croissante de l’IA. Pour une entreprise, cela signifie que les incohérences entre comptabilité, déclarations de TVA, liasses fiscales, factures et mouvements bancaires deviennent plus faciles à repérer. Le FEC est précisément le fichier qui permet à l’administration de tester ces cohérences.

Le bon réflexe consiste donc à traiter le FEC comme une pièce stratégique du contrôle, pas comme une formalité technique.

Qu’est-ce que le fichier des écritures comptables ?

Le FEC est un fichier normalisé qui reprend les écritures comptables de l’entreprise pour les exercices contrôlés. Il est demandé lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés. Le BOFiP précise que le contribuable doit remettre une copie du fichier des écritures comptables en cas de contrôle, selon les règles prévues par le Livre des procédures fiscales.

Concrètement, le fichier doit permettre au vérificateur de lire et d’exploiter les écritures comptables : journaux, dates, numéros de compte, libellés, montants au débit et au crédit, références des pièces, validation des écritures. Le format attendu n’est pas libre. La doctrine administrative renvoie notamment aux règles de l’article A. 47 A-1 du LPF.

Ce point est essentiel : un fichier exporté depuis le logiciel ne suffit pas nécessairement. S’il manque des champs, si les écritures ne correspondent pas à la période, si le fichier est illisible, altéré ou incohérent, l’administration peut considérer que l’obligation n’est pas correctement remplie.

Avis de vérification : à quel moment faut-il préparer le FEC ?

Il ne faut pas attendre la première intervention du vérificateur. Dès la réception de l’avis de vérification de comptabilité, l’entreprise doit identifier les exercices concernés et vérifier qu’un FEC peut être généré pour chacun d’eux. Si le contrôle prend la forme d’un examen de comptabilité à distance, l’enjeu est encore plus immédiat, puisque la transmission du FEC conditionne le déroulement même de la procédure.

Dans les 48 premières heures, il faut organiser trois vérifications :

  • le logiciel comptable permet-il d’exporter un FEC au bon format ?
  • les exercices contrôlés sont-ils clôturés, validés et disponibles ?
  • le fichier contient-il des anomalies visibles qui appellent une explication avant transmission ?

Cette étape doit associer le dirigeant, l’expert-comptable et, si l’enjeu financier est important, l’avocat. Le rôle de l’avocat n’est pas de manipuler le fichier comptable, mais d’anticiper les conséquences juridiques de ce que le fichier révèle : charges contestables, TVA déduite fragile, écritures de régularisation, comptes courants d’associés, factures intragroupe, immobilisations, abandons de créance, rémunération du dirigeant ou opérations exceptionnelles.

Que risque l’entreprise si le FEC n’est pas remis ?

La doctrine BOFiP indique que le défaut de présentation de la comptabilité selon les modalités prévues par l’article L. 47 A du LPF entraîne l’application de l’amende prévue à l’article 1729 D du CGI. Cette amende est de 5 000 euros ou, en cas de rectification et si le montant est plus élevé, de 10 % des droits mis à la charge du contribuable.

La sanction ne vise pas seulement l’absence totale de fichier. Le BOFiP précise également qu’elle peut s’appliquer en cas de remise de fichiers non conformes aux exigences applicables. Autrement dit, un FEC produit dans l’urgence, mais techniquement inexploitable, peut être aussi dangereux qu’une absence de remise.

Il faut également distinguer deux risques :

  • le risque de sanction autonome, lié au défaut ou à la non-conformité du fichier ;
  • le risque probatoire, car un fichier incomplet ou incohérent peut fragiliser la défense de l’entreprise sur les rectifications fiscales.

Dans certains cas, le problème FEC peut aussi provoquer une crispation du contrôle : procès-verbal, demande d’explications, suspicion d’opposition, examen plus approfondi de la comptabilité ou extension de la discussion à des écritures qui auraient pu être préparées plus calmement.

FEC impossible à générer : les erreurs à éviter

La première erreur consiste à répondre oralement que « le logiciel ne le permet pas ». Cette phrase ne suffit pas. L’administration attend une présentation de la comptabilité conforme aux règles fiscales. Si l’entreprise rencontre une difficulté technique réelle, elle doit la documenter.

La deuxième erreur consiste à transmettre un fichier sans l’avoir relu. Beaucoup d’entreprises découvrent trop tard que le fichier contient des écritures libellées de manière maladroite, des comptes d’attente non soldés, des écritures de caisse incohérentes, des factures manquantes ou des opérations avec un associé qui appellent une explication juridique.

La troisième erreur consiste à laisser l’expert-comptable gérer seul une situation déjà contentieuse. L’expert-comptable sécurise la matière comptable et les exports. L’avocat intervient sur la stratégie de réponse, les garanties procédurales, la qualification fiscale des anomalies et la contestation éventuelle des pénalités.

La quatrième erreur consiste à croire que la régularisation tardive efface toujours le risque. Une remise tardive ou une remise après plusieurs relances peut déjà avoir nourri la position du service vérificateur. Il faut donc accompagner chaque difficulté d’une explication écrite précise, mesurée et vérifiable.

Plan d’action dans les 72 heures

Si l’entreprise reçoit un avis de vérification ou une demande de FEC, le plan d’action doit être très simple.

Premier jour : retrouver l’avis, identifier les exercices contrôlés, prévenir l’expert-comptable, vérifier le logiciel comptable utilisé pour chaque exercice et demander un premier export test. Il faut aussi centraliser les identifiants, sauvegardes, archives et accès aux anciennes versions du logiciel si l’entreprise a changé d’outil.

Deuxième jour : contrôler la lisibilité du fichier, la présence des champs obligatoires, la cohérence des soldes et l’absence d’anomalie grossière. Les points sensibles doivent être listés dans une note interne : opérations avec associés, abandons de créance, provisions, immobilisations, TVA, charges de sous-traitance, espèces, factures intragroupe, écritures passées en fin d’exercice.

Troisième jour : décider de la stratégie. Si le fichier est conforme, il peut être préparé pour transmission avec les précautions utiles. S’il est non conforme ou impossible à générer, l’entreprise doit documenter la difficulté, demander au prestataire comptable ou logiciel une attestation technique si nécessaire, et préparer une réponse écrite au service. Il faut éviter les réponses improvisées et les délais laissés sans trace.

Proposition de rectification : pourquoi le FEC compte déjà avant la fin du contrôle

Le FEC n’est pas seulement une pièce du début du contrôle. Les anomalies exploitées dans le fichier peuvent réapparaître dans la proposition de rectification. C’est souvent à ce moment que le dirigeant comprend l’ampleur du sujet : TVA déductible refusée, charges réintégrées, recettes reconstituées, pénalités, intérêts de retard, remise en cause de la comptabilité.

La proposition de rectification ouvre normalement un délai de réponse. Mais ce délai est d’autant plus utile que l’entreprise a conservé une trace claire de ce qui a été remis, de ce qui a été demandé, des difficultés techniques rencontrées et des explications comptables disponibles. Une défense construite après coup, sans historique précis, est toujours plus fragile.

Le bon dossier de défense contient au minimum :

  • l’avis de vérification ou la demande de transmission ;
  • le ou les FEC remis, avec date et preuve d’envoi ;
  • les échanges avec le vérificateur ;
  • les messages du logiciel ou du prestataire expliquant une difficulté technique ;
  • les balances, grands livres et justificatifs permettant de vérifier les écritures contestées ;
  • une note chronologique des événements.

Paris et Île-de-France : pourquoi agir vite

À Paris et en Île-de-France, de nombreuses entreprises contrôlées ont une organisation comptable éclatée : cabinet d’expertise comptable externe, outils SaaS, ancien logiciel, prestataire de paie, groupe de sociétés, holding, société opérationnelle, comptes bancaires multiples. Cette organisation peut compliquer la production rapide d’un FEC propre, surtout si le contrôle porte sur plusieurs exercices.

Pour les dirigeants franciliens, l’enjeu pratique est donc d’organiser immédiatement une réunion courte avec les bons interlocuteurs : dirigeant, expert-comptable, responsable administratif, prestataire logiciel et avocat. L’objectif n’est pas de dramatiser le contrôle, mais d’éviter qu’un sujet technique devienne une faute procédurale ou une faiblesse de négociation.

Quand appeler un avocat ?

L’intervention d’un avocat devient utile lorsque le contrôle porte sur des montants significatifs, lorsque le FEC révèle des anomalies sensibles, lorsque l’entreprise ne peut pas générer le fichier attendu, ou lorsque le service évoque déjà une sanction, un procès-verbal ou une proposition de rectification.

L’avocat peut aider à cadrer la réponse, vérifier les garanties procédurales, préparer les observations, hiérarchiser les points à contester et éviter les explications qui aggravent inutilement la situation. Il peut aussi coordonner la défense avec l’expert-comptable pour que la réponse soit techniquement exacte et juridiquement exploitable.

Sources utiles

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Vous venez de recevoir un avis de vérification, une demande de FEC ou une proposition de rectification. Le cabinet peut organiser une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat pour identifier les risques, les pièces à préparer et la meilleure réponse à apporter.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».