La reforme de la facturation electronique avance vers l’echeance du 1er septembre 2026. Les entreprises ont surtout retenu une idee simple : il faudra recevoir les factures electroniques via une plateforme agreee, puis emettre les factures selon un calendrier progressif. Mais un autre volet monte dans les recherches et dans les questions des dirigeants : l’e-reporting.
Ce sujet devient urgent parce qu’il touche les entreprises qui vendent a des particuliers, les commerces en ligne, les restaurants, les prestataires de services, les plateformes de vente, les societes qui facturent des clients etrangers et les activites qui encaissent la TVA au paiement. Google Ads confirme la demande : la requete « e reporting facturation electronique » ressort a 390 recherches mensuelles moyennes en France, avec une concurrence moyenne et un CPC haut a 2,30 euros ; « facturation electronique e reporting » et « facture electronique e reporting » ressortent chacune a 110 recherches mensuelles. Le sujet passe donc le filtre volume et le filtre d’intention : les dirigeants cherchent quoi transmettre, a quelle date, par quel outil et avec quel risque fiscal.
L’angle est distinct de la simple question du choix d’une plateforme agreee. Le cabinet a deja traite le sujet du mail DGFiP et du choix d’une plateforme agreee. Ici, la question est plus concrete : une entreprise doit savoir si ses ventes B2C, ses ventes a l’etranger, ses encaissements et ses donnees de caisse devront etre transmis a l’administration, meme quand aucune facture electronique B2B francaise n’est emise.
Pour une vision plus large du contentieux commercial, fiscal et contractuel de l’entreprise, voir aussi la page droit des affaires du cabinet Kohen Avocats.
E-reporting facturation electronique : de quoi parle-t-on exactement ?
La facturation electronique, ou e-invoicing, vise les operations entre entreprises etablies en France et assujetties a la TVA. Une facture B2B domestique devra circuler sous forme structuree, par l’intermediaire d’une plateforme agreee. Cette partie est la plus visible de la reforme.
L’e-reporting est different. Il ne consiste pas toujours a transmettre la facture elle-meme. Il consiste a transmettre a l’administration fiscale certaines donnees de transaction et de paiement lorsque l’operation ne passe pas dans le circuit de facturation electronique B2B France.
Les sources officielles de la DGFiP distinguent trois volets :
- la facturation electronique entre entreprises etablies en France et assujetties a la TVA ;
- l’e-reporting de transaction pour certaines ventes a des particuliers ou a des operateurs etablis a l’etranger ;
- l’e-reporting de paiement, notamment lorsque la TVA devient exigible a l’encaissement.
La consequence pratique est simple. Une entreprise peut etre parfaitement organisee pour ses factures B2B France et rester exposee si elle oublie les flux B2C, les ventes internationales ou les donnees d’encaissement.
Quelles operations sont concernees par l’e-reporting ?
Le premier reflexe consiste a separer les flux.
Une vente ou une prestation entre deux entreprises francaises assujetties a la TVA releve normalement de la facturation electronique. La facture passe par une plateforme agreee. Les donnees de facturation sont transmises dans ce circuit.
Une vente a un particulier releve d’une autre logique. Le client n’est pas assujetti a la TVA. L’operation ne passe donc pas comme une facture electronique B2B classique. Elle peut entrer dans le champ de l’e-reporting de transaction. C’est le cas typique du commerce de detail, du restaurant, du site e-commerce B2C, du prestataire qui facture une clientele de particuliers ou de l’entreprise qui vend via une place de marche.
Une operation avec un client ou un fournisseur etabli a l’etranger doit aussi etre examinee. Les ventes a l’export, les livraisons intracommunautaires, certaines acquisitions et les prestations internationales peuvent relever de l’e-reporting, meme lorsqu’une facture existe au format PDF ou dans l’outil comptable habituel.
Enfin, les donnees de paiement doivent etre traitees a part. Pour certaines prestations de services, la TVA est exigible a l’encaissement. L’entreprise doit alors pouvoir identifier la date d’encaissement, le montant encaisse et le taux de TVA applicable. Une simple facture emise ne suffit pas si la TVA est rattachee au paiement.
Le calendrier 2026-2027 : qui doit etre pret et quand ?
Toutes les entreprises assujetties a la TVA doivent etre capables de recevoir des factures electroniques a compter du 1er septembre 2026. Cela concerne aussi les micro-entrepreneurs et les entreprises en franchise en base de TVA, car elles restent assujetties a la TVA au sens de la reforme.
Pour l’emission des factures electroniques et l’e-reporting, le calendrier depend de la taille de l’entreprise. Les grandes entreprises et les ETI entrent dans l’obligation a compter du 1er septembre 2026. Les PME, TPE et micro-entreprises basculent ensuite au 1er septembre 2027 pour l’emission et l’e-reporting.
Cette progressivite ne doit pas conduire les petites structures a attendre. Une TPE qui travaille pour une grande entreprise devra recevoir des factures electroniques des 2026. Elle devra aussi choisir une plateforme et verifier que ses outils peuvent isoler les donnees utiles : ventes B2C, taux de TVA, operations internationales, encaissements, avoirs, remboursements, annulations et operations exonerees.
Le risque n’est pas seulement technique. Si le parametrage est fait dans l’urgence, l’entreprise peut transmettre des donnees fausses, perdre le lien entre facture et paiement, ou decouvrir trop tard que son logiciel de caisse ne produit pas le bon recapitulatif.
Les donnees a preparer avant de choisir son outil
Avant de signer avec une plateforme agreee ou de valider le module propose par son logiciel comptable, le dirigeant doit dresser la carte de ses flux.
Premiere question : qui sont les clients ? Il faut distinguer les clients professionnels francais, les particuliers, les associations non assujetties, les clients etablis dans l’Union europeenne et les clients hors Union europeenne.
Deuxieme question : quelles operations sont facturees ? La vente de biens, la prestation de services, l’abonnement, l’acompte, le remboursement, l’avoir, la livraison intracommunautaire et l’exportation ne se traitent pas toujours de la meme facon.
Troisieme question : comment la TVA devient-elle exigible ? Pour une vente de biens, le raisonnement n’est pas le meme que pour une prestation de services encaissee plus tard. Les donnees de paiement peuvent devenir decisives.
Quatrieme question : quel outil detient la donnee fiable ? Dans certaines entreprises, la facture est dans le logiciel de facturation, le paiement dans la banque, le ticket dans le logiciel de caisse, la commande dans Shopify, WooCommerce, Amazon, Prestashop ou une autre marketplace. Si ces outils ne se parlent pas, l’e-reporting devient un sujet de preuve.
Cinquieme question : qui est responsable en cas d’erreur ? La plateforme agreee transmettra des donnees, mais l’entreprise reste interessee au bon parametrage de ses flux. Le contrat doit donc expliquer ce que la plateforme fait, ce que le logiciel de caisse produit, ce que l’expert-comptable controle et ce que le dirigeant doit valider.
E-commerce, marketplace, restaurant : les cas qui exposent le plus
Les recherches autour de la facturation electronique montrent beaucoup de confusion chez les independants et les petites entreprises. Le point le plus mal compris concerne les ventes aux particuliers. Beaucoup pensent que l’absence de facture electronique B2B signifie absence d’obligation. C’est inexact.
Un e-commerce qui vend a des particuliers en France ou a l’etranger doit analyser ses flux B2C. Il peut devoir transmettre des donnees agregees par periode, avec les montants, les taux de TVA, la devise, la categorie d’operation et les informations de paiement utiles.
Une entreprise qui vend via marketplace doit verifier si la place de marche transmet certaines donnees ou si l’obligation reste a sa charge. Ce point doit etre documente par contrat ou par conditions de service. Une reponse orale du support ne suffit pas.
Un restaurant ou un commerce avec caisse doit verifier si son logiciel peut produire le recapitulatif attendu et s’il peut etre connecte a une plateforme agreee ou a une solution compatible. La difficulte pratique tient souvent aux taux multiples : restauration sur place, vente a emporter, alcool, livraison, avoirs et remboursements.
Une societe de services doit surveiller les encaissements. Si la TVA est exigible au paiement, la date d’encaissement devient une information fiscale structurante. Un retard de rapprochement bancaire ou une affectation erronnee peut produire un e-reporting faux.
Quelles clauses verifier avec la plateforme agreee ou le logiciel ?
L’e-reporting impose de relire le contrat sous un angle juridique, pas seulement informatique.
Le contrat doit preciser les flux couverts : facturation electronique B2B France, e-reporting B2C, e-reporting international, donnees de paiement, gestion des avoirs, annulations, corrections et operations en devise.
Il doit decrire la source des donnees. Si la plateforme recupere les informations dans le logiciel de caisse ou le logiciel comptable, l’entreprise doit savoir a quel moment les donnees sont figees, qui peut les corriger et comment une anomalie est signalee.
Il doit organiser la preuve. En cas de controle, le dirigeant doit pouvoir retrouver les donnees transmises, la date de transmission, le statut d’acceptation ou de rejet, les corrections operees et le justificatif comptable correspondant.
Il doit prevoir la sortie. Changer de plateforme apres septembre 2026 ne doit pas rendre les historiques inexploitables. Les clauses de portabilite, de restitution, de frais de sortie et de conservation des donnees sont donc essentielles.
Il doit traiter la responsabilite. Une clause qui exclut toute responsabilite du prestataire en cas de rejet, retard, perte de donnees ou defaut de transmission doit etre discutee, surtout lorsque l’entreprise depend integralement de cet outil pour sa conformite.
Paris et Ile-de-France : pourquoi traiter le sujet avant l’ete 2026 ?
A Paris et en Ile-de-France, beaucoup d’entreprises cumulent plusieurs flux : vente en boutique, site internet, prestations de service, clients professionnels, clientele internationale, salons, marketplaces, abonnements, paiements fractionnes et operations avec des groupes etrangers.
Le calendrier rend le sujet concret des maintenant. Les grandes entreprises et ETI imposeront rapidement leurs contraintes a leurs fournisseurs. Les TPE qui travaillent avec elles devront pouvoir recevoir les factures electroniques et comprendre les statuts de traitement. Les commerces qui vendent a des particuliers devront anticiper le raccordement de la caisse, de la boutique en ligne et de la comptabilite.
Pour une entreprise francilienne, les pieces a reunir avant arbitrage sont les suivantes :
- liste des canaux de vente et des logiciels utilises ;
- typologie clients : B2B France, B2C, Union europeenne, hors Union europeenne ;
- regime de TVA et modalites d’exigibilite ;
- contrats avec marketplaces, logiciels de caisse, expert-comptable et plateforme agreee ;
- exemple de facture, avoir, remboursement, paiement partiel et paiement en devise ;
- procedure interne en cas de rejet ou d’erreur de transmission.
Cette preparation permet de traiter le sujet comme un risque de gestion. Elle evite de le decouvrir comme un incident fiscal.
Que faire maintenant ?
La bonne methode tient en cinq etapes.
Cartographier les flux. Il faut classer les ventes et achats par categorie : B2B France, B2C, international, operations exonerees, prestations avec TVA a l’encaissement.
Verifier les obligations. Toutes les operations ne relevent pas du meme circuit. Une facture B2B France, une vente a un particulier et une prestation a une societe etrangere ne se declarent pas de la meme maniere.
Tester les outils. Le dirigeant doit demander a son logiciel de caisse, a son logiciel de facturation, a sa plateforme e-commerce et a son expert-comptable comment les donnees seront produites, controlees et transmises.
Relire les contrats. Les clauses sur la responsabilite, la portabilite, les frais, le support, les corrections et les historiques doivent etre verifiees avant signature.
Conserver la preuve. Un dossier de conformite doit garder les captures, exports, statuts de transmission, tickets de support, versions de parametrage et procedures internes.
L’e-reporting n’est pas une simple formalite administrative. C’est un point de jonction entre TVA, contrats informatiques, preuve comptable et responsabilite du dirigeant. Plus l’entreprise vend a des particuliers ou a l’international, plus le sujet doit etre traite tot.
Sources utiles
- DGFiP – Je decouvre la facturation electronique
- DGFiP – fiche e-reporting de transactions
- Ministere de l’Economie – tout savoir sur la facturation electronique pour les entreprises
- DGFiP – facturation electronique et plateformes agreees
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