Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

DAS2 2026 oubliée : déclaration des honoraires, sanctions et régularisation

Une entreprise qui a payé en 2025 des honoraires, commissions, courtages, vacations, droits d’auteur ou gratifications à des tiers peut devoir les déclarer en 2026. La recherche Google montre une demande nette autour de déclaration DAS2, formulaire DAS2, déclaration des honoraires et DAS2 honoraires. Le sujet est d’autant plus actuel que la date légale de dépôt tombe autour de la campagne fiscale du mois de mai pour les exercices clos au 31 décembre.

Le risque pratique est simple. Beaucoup de dirigeants pensent que la facture du prestataire, la liasse fiscale ou la comptabilité suffisent. Ce n’est pas toujours le cas. Lorsque le seuil est atteint, l’administration fiscale attend une déclaration spécifique, par DSN ou par DAS2 selon la situation. Un oubli peut déclencher une amende proportionnelle aux sommes non déclarées, puis des amendes fixes en cas d’erreur, de retard ou de défaut de dépôt électronique.

Cet article explique qui doit déposer une DAS2, quelles sommes déclarer, quoi faire si la date est dépassée, quelles sanctions contester et quels documents réunir avant d’écrire au service des impôts des entreprises. Pour une stratégie plus large en droit des affaires, le cabinet intervient aussi en droit des affaires à Paris.

DAS2 2026 : qui est concerné par la déclaration des honoraires ?

La déclaration vise les professionnels et les sociétés qui versent à des tiers des rémunérations entrant notamment dans les catégories suivantes : honoraires, commissions, courtages, vacations, gratifications, ristournes, jetons de présence, droits d’auteur ou droits d’inventeur.

Le point de départ n’est pas la forme de votre société. Une SAS, une SARL, une SCI, une association fiscalisée, une entreprise individuelle ou une profession libérale peut être concernée. Le critère utile est le paiement à un bénéficiaire extérieur dans le cadre de l’activité professionnelle.

La fiche officielle Service-Public Entreprendre rappelle que l’obligation s’applique lorsque le montant annuel versé à un même bénéficiaire dépasse 2 400 euros. Ce seuil vaut pour les rémunérations versées depuis 2024 et déclarées depuis 2025. Pour une déclaration déposée en 2026, il faut donc regarder les sommes payées en 2025, bénéficiaire par bénéficiaire.

Exemples fréquents :

  • un avocat payé par une société pour un contentieux commercial ;
  • un expert-comptable ou un commissaire aux comptes ;
  • un consultant indépendant ;
  • un apporteur d’affaires rémunéré par commission ;
  • un architecte, un ingénieur, un formateur ou un prestataire intellectuel ;
  • des jetons de présence versés à des mandataires sociaux.

La difficulté vient souvent des paiements mixtes. Une facture peut contenir une prestation intellectuelle, des frais refacturés, de la TVA et parfois une commission. Il faut alors isoler ce qui entre dans le champ déclaratif, vérifier le total annuel par bénéficiaire et conserver la pièce comptable.

Quelles sommes déclarer dans la DAS2 ?

La déclaration ne couvre pas tous les paiements de l’entreprise. Elle porte sur certaines rémunérations versées à des tiers, principalement pour des prestations qui ne sont pas traitées comme de simples actes de commerce.

Les sommes sont en principe mentionnées toutes taxes comprises lorsque le bénéficiaire est assujetti à la TVA. Le seuil de 2 400 euros s’apprécie sur l’année et par bénéficiaire. Une entreprise qui a payé trois factures de 1 000 euros au même consultant en 2025 dépasse donc le seuil.

À l’inverse, les rémunérations ayant la nature de traitements et salaires ne relèvent pas de cette déclaration d’honoraires. Elles suivent les circuits sociaux et fiscaux propres aux salaires, notamment la DSN. Il faut donc distinguer le prestataire indépendant du salarié, mais aussi vérifier les cas où la DSN peut déjà porter l’information.

Avant de déposer, l’entreprise doit contrôler au minimum :

  • le nom ou la dénomination du bénéficiaire ;
  • l’adresse ;
  • le SIREN ou les éléments d’identification disponibles ;
  • la nature des sommes payées ;
  • le montant annuel ;
  • la date et le mode de paiement ;
  • la cohérence avec la comptabilité fournisseurs.

Un oubli de bénéficiaire est fréquent lorsque les honoraires ont été imputés dans plusieurs comptes comptables ou lorsque plusieurs établissements ont payé le même prestataire. Le contrôle doit donc se faire par bénéficiaire consolidé, pas seulement par facture isolée.

Date limite DAS2 2026 : pourquoi le mois de mai crée un risque de retard

Service-Public indique que la déclaration d’honoraires peut être déposée via la DSN ou via une déclaration de salaires et honoraires, notamment la DAS2. Lorsque la déclaration est réalisée par DSN, elle peut être portée jusqu’à la DSN du mois d’avril suivant le paiement des honoraires.

Dans les autres cas, le délai dépend du régime fiscal et de la clôture. Pour les entreprises relevant de l’impôt sur le revenu, la déclaration doit être déposée au plus tard le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai. Pour une société soumise à l’impôt sur les sociétés qui clôture au 31 décembre, la même échéance est retenue. Pour une clôture en cours d’année, le délai est en principe de trois mois après la clôture.

En pratique, une entreprise qui découvre le sujet le 11 mai 2026 doit agir immédiatement. Le bon réflexe n’est pas d’attendre un contrôle. Il faut vérifier si l’obligation existe, préparer le fichier ou la saisie EFI, déposer sans délai si le service le permet, puis documenter la régularisation spontanée.

Cette chronologie compte. Les textes prévoient des cas dans lesquels certaines amendes ne s’appliquent pas lorsque l’entreprise commet une première infraction et répare spontanément, ou dans les trente jours d’une première demande de l’administration. La régularisation tardive n’efface pas automatiquement le risque, mais elle peut changer la discussion.

Oubli DAS2 : quelles sanctions peut risquer l’entreprise ?

Les sanctions varient selon la nature du manquement.

En cas d’absence de déclaration ou de déclaration partielle, l’amende peut atteindre 50 % des sommes non déclarées. C’est le risque le plus sévère. Pour 30 000 euros d’honoraires omis, l’enjeu théorique peut donc devenir très supérieur au coût d’une correction rapide.

En cas d’oubli ou d’inexactitude dans les informations déclarées, l’amende est de 15 euros par omission ou inexactitude, avec un plancher et un plafond. Le total doit être supérieur à 60 euros et inférieur à 10 000 euros. Une erreur d’adresse, de bénéficiaire, de montant ou de catégorie peut donc créer un risque autonome.

En cas de dépôt hors délai, l’amende est de 150 euros. En cas de déclaration non effectuée par voie électronique, une amende de 15 euros par bénéficiaire peut également être appliquée.

Ces sanctions ne doivent pas être lues de manière automatique. Il faut examiner :

  • la date exacte de paiement des sommes ;
  • le franchissement ou non du seuil de 2 400 euros ;
  • la catégorie de rémunération ;
  • l’existence d’une déclaration par DSN ;
  • la bonne foi de l’entreprise ;
  • le caractère spontané de la correction ;
  • l’existence ou non d’un précédent au cours de l’année ou des trois années précédentes ;
  • la date de la première demande de l’administration.

Une contestation sérieuse ne consiste pas à écrire que l’oubli est involontaire. Il faut rattacher les faits aux conditions d’exonération, produire les pièces et proposer une régularisation complète.

Comment régulariser une DAS2 oubliée ?

La première étape consiste à figer le périmètre. Il faut extraire les comptes comptables concernés, identifier tous les bénéficiaires, vérifier les doublons et isoler les sommes effectivement payées en 2025. La date de facture ne suffit pas toujours : l’administration raisonne sur les sommes versées.

La deuxième étape consiste à choisir le canal. Le site impots.gouv.fr rappelle que les tiers déclarants peuvent utiliser la plateforme dédiée depuis l’espace professionnel, après adhésion et activation du service. Le dépôt peut passer par la déclaration en ligne de données pour les déclarations d’honoraires, notamment le modèle DAS2, ou par une transmission de fichier lorsque l’entreprise ou son prestataire utilise une procédure EDI.

La troisième étape est la conservation de la preuve. L’entreprise doit garder :

  • la copie de la déclaration déposée ;
  • l’accusé de dépôt ou l’élément de suivi ;
  • le fichier transmis ;
  • le tableau de calcul des bénéficiaires ;
  • les factures ;
  • les grands-livres fournisseurs ;
  • la note expliquant la régularisation.

La quatrième étape est la gestion du risque si la date est dépassée. Lorsque la régularisation est spontanée, il peut être utile d’adresser un message bref au service des impôts des entreprises. Le courrier doit expliquer la découverte de l’omission, confirmer le dépôt, joindre les éléments utiles et demander l’application des tempéraments prévus lorsque les conditions sont réunies.

Il ne faut pas multiplier les explications. La chronologie, les montants et les pièces comptables suffisent souvent à montrer la bonne foi.

Que faire si l’administration applique une amende ?

Une proposition de sanction ou un avis de mise en recouvrement doit être lu avec méthode. L’entreprise doit d’abord identifier le fondement exact : absence de déclaration, déclaration partielle, inexactitude, retard ou défaut de voie électronique. Le fondement détermine la réponse.

Ensuite, il faut vérifier le calcul. Une amende de 50 % suppose d’identifier les sommes non déclarées. Si l’administration additionne des montants qui ne relèvent pas de la DAS2, retient des salaires, inclut des remboursements de frais non déclarables ou méconnaît le seuil par bénéficiaire, le montant doit être contesté.

Il faut également examiner le bénéfice des exceptions. Service-Public rappelle que certaines amendes ne s’appliquent pas si l’entreprise a commis sa première infraction dans l’année en cours ou pendant les trois années précédentes et a réparé l’infraction spontanément ou dans les trente jours après la première demande de l’administration.

La réponse doit rester factuelle :

  • rappeler la date de découverte de l’erreur ;
  • indiquer la date de dépôt correctif ;
  • détailler les bénéficiaires concernés ;
  • produire les justificatifs ;
  • demander le dégrèvement ou la remise de la sanction ;
  • subsidiairement demander une modération si le manquement est limité et corrigé.

En cas de désaccord persistant, le dossier peut relever d’une réclamation fiscale. Le calendrier et les formes de recours doivent alors être vérifiés selon l’acte reçu.

Paris et Île-de-France : qui contacter en pratique ?

Pour une entreprise située à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne ou dans un autre département francilien, le premier interlocuteur est en général le service des impôts des entreprises compétent. La compétence dépend de l’établissement, de la société et de l’espace professionnel utilisé.

Le sujet peut aussi croiser un litige commercial. Un apporteur d’affaires non déclaré peut contester sa commission. Un prestataire peut demander une attestation ou rectifier une facture. Un associé peut reprocher au dirigeant une gestion fiscale négligente. Une cession de société peut révéler une absence de DAS2 lors de l’audit.

Dans ces situations, l’enjeu n’est pas seulement fiscal. Il faut protéger la société, le dirigeant et parfois l’opération en cours. La régularisation doit être cohérente avec les contrats, la comptabilité, la garantie d’actif et de passif, et les échanges avec les tiers.

Sources officielles utiles

Les principales sources à vérifier avant de déposer sont les suivantes :

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous avez oublié une DAS2, reçu une demande de l’administration ou découvert une anomalie avant une cession de société.

Une consultation téléphonique peut être organisée sous 48 heures avec un avocat du cabinet.

Appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

Le cabinet intervient à Paris et en Île-de-France pour les dirigeants, sociétés, associés et entreprises confrontés à une régularisation fiscale ou à un contentieux lié à leurs obligations déclaratives.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».