Le poste de président du directoire du grand port maritime (GPM) de la Guadeloupe est à pourvoir à compter du 1er septembre 2026. Le mandat du président ou de la présidente du directoire aura pour échéance le 10 avril 2029 et pourra être renouvelé pour 5 ans.
Contexte
Le GPM de la Guadeloupe est un actif stratégique indispensable à la desserte de l’archipel et au maintien de la continuité territoriale nationale. Compte tenu du contexte insulaire, la quasi-totalité des marchandises domestiques de Guadeloupe transite par le port. Dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres de puissance, les ports ultra-marins sont ainsi des actifs stratégiques critiques pour garantir la souveraineté de la France et des économies régionales. En confortant leur position dans les grands flux de transports maritimes internationaux, les ports ultra-marins constituent des outils essentiels au service de l’économie locale, de la création d’emplois et de valeur dans ces territoires. Le bon fonctionnement des activités et la qualité de services sont des enjeux pour la maîtrise du coût de passage portuaire et, in fine, de la compétitivité de l’économie locale et des dépenses de consommation des ménages. Le port constitue un acteur clé des transitions énergétique et écologique, se positionnant au cœur des nouveaux corridors maritimes décarbonés et soutenant le développement des énergies renouvelables. Il doit se mobiliser face aux enjeux liés à la sureté portuaire.
En raison de son positionnement géographique, le port de la Guadeloupe s’inscrit dans un contexte régional qui nécessite des relations étroites avec les GPM de la Martinique et de Guyane et une politique de coopération avec les Etats de la zone Caraïbes.
Comme les autres grands ports maritimes, le port de la Guadeloupe exerce la fonction d’autorité portuaire : régulation et police du trafic maritime dans les zones portuaires et leurs accès, aménagements et entretien des infrastructures portuaires, gestion et valorisation du domaine portuaire, prospection de nouveaux clients et de nouveaux trafics, relation avec l’ensemble des écosystèmes publiques et privés, promotion générale et développement des activités du port.
Le GPM de la Guadeloupe est un établissement public de l’Etat comptant près de 160 salariés. Il a généré en 2025 un trafic de 3,4 millions de tonnes, principalement en conteneurs (207 kEVP traités) et en hydrocarbures, et un chiffre d’affaires de 50,4 M€. L’activité comprend l’accueil de passagers, pour le trafic inter-îles et les croisières, avec 125 navires de croisière reçus en 2025 et près de 1 100 000 mouvements de passagers. Le programme d’investissements inscrit dans son projet stratégique est de 230 M€ sur la période 2024-2028.
L’activité du port se répartit sur plusieurs sites géographiques :
– Jarry, à Baie-Mahault, dédié aux échanges de marchandises ;
– Pointe-à-Pitre pour l’accueil des passagers croisière et liaisons inter-îles, ainsi que pour le port de plaisance de Bas-du-Fort ;
– Basse-Terre pour le fret et la croisière ;
– Folle Anse, à Marie-Galante, pour le transport domestique et le cabotage.
Description et enjeux du poste
Le président ou la présidente du directoire porte le titre de directeur général ou de directrice générale et a la qualité de mandataire social. Conformément au code des transports, il ou elle rapporte auprès du conseil de surveillance du port. Il ou elle s’appuie sur son directoire, composé de trois membres, dont lui ou elle-même.
Le président ou la présidente du directoire s’attachera à conforter la dynamique inscrite dans le projet stratégique 2024-2028, qui développe quatre ambitions stratégiques, en cohérence avec la stratégie nationale portuaire : accroître la compétitivité économique du port, soutenir la coopération territoriale et les mobilités, engager les transitions écologiques, énergétiques et sociétales, et renforcer la qualité des infrastructures à la fiabilité des opérations.
Le président ou la présidente du directoire aura à poursuivre le programme d’extension et de modernisation du terminal conteneur de Jarry, essentiel au fonctionnement du « hub Antilles ». Ce hub place le port au cœur d’une transformation majeure du transport maritime et consolidera son positionnement dans la zone Caraïbes.
Plus largement, la contribution du port à la transition énergétique du territoire et son adaptation aux effets du changement climatique, notamment la hausse du niveau de la mer et l’augmentation de la fréquence des évènements cycloniques constituent deux enjeux majeurs de vulnérabilité. La réalisation d’un plan d’adaptation du port au changement climatique sera ainsi déterminante pour sa résilience.
En lien avec les services de l’Etat compétents, il ou elle renforcera les politiques de sécurité et de sûreté portuaire du GPM, notamment pour tenir compte des menaces liées à la corruption, au narcotrafic, aux cyber-attaques ou aux ingérences étrangères.
Son action sera menée en lien étroit avec les acteurs économiques et les collectivités territoriales, avec lesquelles le président du directoire s’attachera à construire des partenariats. Ces partenariats viseront à renforcer les coopérations locale et régionale caribéenne, conforter et développer l’activité économique.
Le ou la titulaire du poste s’attachera par ailleurs à mettre en œuvre une politique de maîtrise des charges et des coûts, afin d’assurer à l’ensemble portuaire davantage de marge de manœuvre en matière d’autofinancement.
Enfin, le ou la titulaire du poste sera particulièrement attentif au dialogue social au sein de l’établissement.
Profil recherché
Le candidat ou la candidate, de profil ingénieur ou commercial, cadre de direction de la fonction publique ou du monde de l’entreprise, devra disposer d’une expérience professionnelle solide et diversifiée comprenant en particulier :
– une expérience significative et réussie de direction, de dialogue social et de conduite du changement ;
– des capacités en matière de pilotage stratégique et de management de grand collectif de travail ;
– une aptitude au travail en réseau, avec des partenaires tant publics que privés, compte tenu de la double mission des ports (missions régaliennes et missions commerciales) ;
– une expérience opérationnelle solide dans le secteur portuaire, industriel, logistique ou maritime, et la capacité à fédérer l’ensemble des parties prenantes (acteurs économiques et politiques locaux) ;
– une maitrise des enjeux financiers (pilotage budgétaire, optimisation des coûts, capacité à dialoguer avec investisseurs et banques).
Il ou elle doit ainsi démontrer une forte capacité à :
– prospecter de nouveaux clients, afin de générer de nouvelles opportunités de développement économique ;
– structurer et mener le dialogue social avec les organisations représentatives des personnels portuaires et des dockers, avec une expérience personnelle au management de grands collectifs ;
– dialoguer et nouer des partenariats avec les acteurs locaux, les services de l’Etat, les collectivités locales, les acteurs de la zone caribéenne et homologues dans les GPM de Guyane et de Martinique, les milieux économiques et les organisations environnementales ;
– contribuer à la définition et à la mise en œuvre de la stratégie nationale portuaire ;
– au plan national, créer les conditions d’un dialogue étroit et fructueux avec les tutelles et en interministériel.
La rémunération du titulaire est fixée par les ministres chargés du budget et de l’économie, après avis du ministère chargé des ports maritimes. Elle comporte une part fixe fonctionnelle et une part variable calculée selon l’atteinte d’objectifs (plafonnée à 25 % de la part fixe).
Les renseignements seront pris auprès de
Mme Stéphanie Cubier, sous-directrice des ports, à la direction des transports ferroviaires et fluviaux et des ports de la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités et la délégation à l’encadrement supérieur.
Les candidatures devront impérativement comprendre :
– un curriculum vitae détaillé ;
– une lettre de motivation qui devra comporter les éléments permettant d’apprécier la bonne adéquation entre le parcours professionnel du candidat et les compétences et le niveau d’expérience attendus pour le poste ;
– pour les fonctionnaires : un état des services établi par le service RH du corps d’origine et le dernier arrêté de situation administrative dans le corps d’origine et dans l’emploi occupé le cas échéant ;
– pour les agents du secteur privé : des documents attestant l’occupation effective des emplois mentionnés dans le curriculum vitae.
Ce dossier complet doit être adressé, dans un délai de trente jours à compter de la date de publication du présent avis au Journal officiel de la République française, au ministère des transports, uniquement et impérativement par voie électronique aux adresses suivantes : [email protected] et [email protected]