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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Reims, le 9 décembre 2025, n°2025F05265

Le tribunal de commerce de Reims, dans un jugement du 9 décembre 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire à l’encontre d’une société exploitant un fonds de commerce de bar-restauration. Le gérant avait effectué une déclaration de cessation des paiements le 5 décembre 2025, invoquant une situation irrémédiablement compromise depuis le 8 août 2025. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer une liquidation judiciaire directe, sans phase de redressement. La juridiction a fait droit à la demande en ouvrant la procédure de liquidation judiciaire.

I. La constatation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal a constaté que l’entreprise se trouvait dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il a relevé que la société « n’a plus d’activité depuis mai 2025 et dans une situation irrémédiablement compromise » (Motifs). Cette constatation repose sur les déclarations du représentant légal et les pièces produites, établissant l’absence de trésorerie.

La valeur de cette décision réside dans la confirmation que la déclaration de cessation des paiements, même spontanée, doit être vérifiée par le juge. Le tribunal exerce ici un contrôle effectif des conditions posées par l’article L.640-1 du code de commerce. La portée de ce contrôle est essentielle pour éviter les ouvertures abusives et protéger les créanciers.

II. L’absence de perspective de redressement justifiant la liquidation

Le jugement retient que « le redressement est manifestement impossible » (Motifs), après avoir constaté l’absence d’activité depuis plusieurs mois. Cette appréciation souveraine du tribunal conduit à écarter toute procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire. La solution choisie est la liquidation judiciaire immédiate, conformément aux articles L.640-1 et L.641-1.

La portée de cette décision est importante pour les petites entreprises sans activité. Le tribunal rappelle que la cessation d’activité prolongée constitue un indice fort d’absence de perspective de redressement. La valeur de ce jugement est d’illustrer l’application pragmatique des critères légaux par les juridictions consulaires.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».