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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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Tribunal de commerce de Paris, le 11 décembre 2025, n°2025102884

Le Tribunal des Activités Économiques de Paris, par un jugement du 11 décembre 2025, a ouvert une liquidation judiciaire à l’égard d’une société à responsabilité limitée exerçant une activité d’aide à domicile. La société débitrice avait déposé une déclaration de cessation des paiements le 25 novembre 2025, sollicitant elle-même l’ouverture d’une telle procédure. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer la liquidation judiciaire, en l’absence de perspective de redressement. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste d’un redressement.

L’existence d’un état de cessation des paiements caractérisé.
Le tribunal constate que l’entreprise est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il relève que “le passif s’élève à 161 588 euros exigibles, au regard d’un actif inexistant” (Motifs). Cette constatation factuelle, issue des pièces produites et des déclarations en chambre du conseil, est déterminante pour qualifier l’état de cessation des paiements. La solution retenue par le juge s’inscrit dans la stricte application de l’article L. 631-1 du code de commerce. Elle illustre la rigueur avec laquelle le tribunal apprécie le déséquilibre entre l’actif disponible et le passif exigible. La valeur de cette décision est de rappeler que l’absence totale d’actif disponible suffit à caractériser l’état de cessation des paiements. Sa portée est limitée à la situation spécifique d’une société ayant perdu son agrément et ne disposant d’aucune ressource.

L’absence de toute perspective de redressement.
Le tribunal écarte la possibilité d’un redressement judiciaire en se fondant sur deux motifs précis. Il énonce que “la société a perdu l’agrément pour son activité” et qu’il existe “un passif trop important” (Motifs). Ces éléments objectifs justifient l’ouverture directe d’une liquidation judiciaire, sans phase d’observation préalable. Le juge exerce ici son pouvoir souverain d’appréciation de l’opportunité d’un redressement. Cette solution rappelle que la perte d’un agrément administratif peut être un obstacle dirimant à la poursuite de l’activité. La portée de cette motivation est de guider les praticiens sur les critères d’élimination du redressement. En l’espèce, le tribunal privilégie une solution rapide pour apurer un passif sans actif à inventorier.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».