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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Tours, le 6 janvier 2026, n°2025007075

Le tribunal de commerce de Tours, par un jugement du 6 janvier 2026, a ordonné la poursuite de la période d’observation d’une société en redressement judiciaire.
Une procédure de redressement judiciaire avait été ouverte le 4 novembre 2025 à l’égard de cette entreprise de négoce import export.
Le tribunal a constaté que l’entreprise disposait de capacités de financement suffisantes pour poursuivre son activité durant la période d’observation.
La question de droit portait sur l’opportunité de maintenir la période d’observation en vue de l’élaboration d’un plan de redressement.
La solution retenue est le maintien de cette période jusqu’au 4 mai 2026, conformément à l’article L.631-15-I du Code de commerce.

I. La condition de viabilité économique pour la poursuite de la période d’observation

Le tribunal fonde sa décision sur la capacité de l’entreprise à financer la continuation de son exploitation.
En effet, le jugement énonce que « l’entreprise dispose de capacités de financement suffisantes pour assurer la poursuite de la période d’observation » (Motifs).
Cette condition constitue un préalable indispensable à l’octroi d’un délai supplémentaire pour préparer un plan de redressement.
La valeur de cette exigence est de garantir que la période d’observation ne devienne pas une simple prolongation artificielle sans perspective sérieuse.
Sur le plan pratique, elle impose au juge-commissaire de vérifier la trésorerie et les ressources disponibles avant toute prorogation.

II. Les effets procéduraux du maintien de la période d’observation

La décision produit des conséquences immédiates sur le suivi de l’entreprise et la date butoir du plan.
Le tribunal ordonne que le débiteur informe régulièrement le juge-commissaire des résultats d’exploitation et de la trésorerie.
Cette obligation d’information, prévue à l’article R.622-9 du Code de commerce, assure un contrôle continu de la situation financière.
La portée de cette mesure est de permettre au tribunal d’anticiper un éventuel échec du redressement et de prononcer la liquidation judiciaire.
Le jugement fixe une audience de point au 10 mars 2026 pour évaluer l’opportunité de maintenir la procédure collective.
Enfin, la décision rappelle la faculté pour le tribunal de convertir le redressement en liquidation à tout moment, conformément à l’article L.631-15 II.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».