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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Tours, le 6 janvier 2026, n°2025006735

Le tribunal de commerce de Tours, dans un jugement du 6 janvier 2026, renouvelle la période d’observation d’une société en redressement judiciaire. Une procédure de redressement judiciaire avait été ouverte le 2 septembre 2025 à l’égard d’une société de services informatiques. Le projet de plan de redressement n’a pu être élaboré dans le délai légal minimum. La question était de savoir si le tribunal pouvait prolonger la période d’observation pour permettre l’élaboration du plan. Le tribunal a fait droit à cette demande en renouvelant la période pour six mois.

I. La prorogation de la période d’observation pour cause d’inachèvement du plan.

Le tribunal constate que l’élaboration des propositions de règlement des créanciers n’a pu être menée dans le délai minimum prévu par le texte légal. Il relève que le projet de plan n’a donc pu, à ce jour, être établi. Le juge use de la faculté prévue par les articles du Code de commerce pour prolonger la période.

La solution s’inscrit dans la logique de sauvegarde de l’entreprise, en offrant un délai supplémentaire pour finaliser le plan. Le tribunal ne prononce pas une sanction mais une mesure de gestion destinée à préserver les chances de redressement. La valeur de cette décision est de rappeler que la période d’observation n’est pas un délai rigide.

La portée pratique est forte pour le débiteur, qui bénéficie d’un sursis pour négocier avec ses créanciers. Ce jugement illustre la souplesse du droit des procédures collectives face aux difficultés concrètes de l’entreprise. Il confirme le pouvoir du juge-commissaire de piloter la procédure vers un plan viable.

II. L’encadrement judiciaire de la poursuite d’activité durant la prolongation.

Le tribunal prolonge la poursuite d’activité de la société de six mois, soit jusqu’au 2 septembre 2026. Il précise que le débiteur doit informer le juge-commissaire des résultats d’exploitation et de la trésorerie. Une audience de suivi est fixée au 28 avril 2026 pour présenter les grandes lignes du plan.

Cette mesure permet un contrôle renforcé du tribunal sur la période d’observation prolongée. Le juge s’assure que l’activité demeure viable et que les dettes postérieures sont honorées. La valeur de cette disposition est de garantir la transparence et la bonne foi du débiteur.

La portée est dissuasive pour le dirigeant, qui sait qu’un défaut de suivi peut mener à la liquidation judiciaire. Le tribunal conserve la faculté de prononcer la liquidation à tout moment, comme le rappelle l’article L.631-15 II. Ce jugement illustre l’équilibre entre le soutien à l’entreprise et la protection des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».