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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Toulouse, le 22 décembre 2025, n°2025022932

Le tribunal de commerce de Toulouse, par un jugement du 22 décembre 2025, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société de négoce de véhicules. L’action était introduite par le comptable du service des impôts des entreprises, créancier de sommes certaines, liquides et exigibles. La société débitrice, régulièrement assignée, n’a pas comparu, ce qui a conduit le tribunal à statuer par jugement réputé contradictoire. La question centrale portait sur la réunion des conditions légales d’ouverture d’une procédure collective, notamment l’état de cessation des paiements. Le tribunal a répondu par l’affirmative en ouvrant un redressement judiciaire avec une période d’observation de six mois.

I. L’établissement de l’état de cessation des paiements

L’état de cessation des paiements est caractérisé par l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. Le tribunal a constaté que l’entreprise s’est révélée incapable de payer les dettes fiscales malgré les procédures d’exécution. “Les saisies-attributions effectuées par le demandeur le 07/01/2025, le 22/04/2025, le 19/08/2025 et le 26/08/2025 sur les comptes bancaires du débiteur démontrent l’absence d’actif disponible de ce dernier” (Motifs). Cette démonstration par l’échec des voies d’exécution constitue un faisceau d’indices objectifs.

La cessation des paiements est ainsi prouvée par l’insuffisance d’actif disponible, sans que le débiteur n’apporte de contradiction. Le tribunal a retenu la date de la première saisie-attribution comme point de départ provisoire de cette situation. Cette fixation au 7 janvier 2025 permet de délimiter la période suspecte et de préserver les intérêts des créanciers.

II. L’ouverture d’un redressement judiciaire et ses modalités

Le tribunal a écarté la liquidation judiciaire au profit du redressement, faute d’élément démontrant l’impossibilité de tout redressement. “En l’absence d’élément d’information permettant en l’état de juger que tout redressement est impossible, le tribunal ouvrira une procédure de redressement judiciaire” (Motifs). Cette solution reflète le principe de faveur pour la poursuite de l’activité économique.

La période d’observation de six mois est fixée pour permettre l’établissement d’un bilan économique et social. Le tribunal a également désigné un juge-commissaire, un mandataire judiciaire et un expert pour réaliser l’inventaire des actifs. Ces mesures assurent un encadrement strict de la procédure, conformément aux articles L.631-1 et suivants du code de commerce.

La portée de ce jugement est d’offrir une chance à l’entreprise de se redresser tout en protégeant les créanciers. Sa valeur réside dans l’application rigoureuse des conditions légales de la cessation des paiements et du choix du redressement judiciaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».