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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Tarbes, le 15 décembre 2025, n°2025004776

Le tribunal de commerce de Tarbes, dans un jugement du 15 décembre 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société à responsabilité limitée. La société avait déclaré sa cessation des paiements le 11 décembre 2025, saisissant régulièrement la juridiction. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales d’ouverture d’une telle procédure. La solution retient que la société est en cessation des paiements et que son redressement est manifestement impossible, justifiant la liquidation.

L’arrêt vérifie d’abord la qualité du débiteur et la compétence territoriale du tribunal. La société justifie d’une inscription au registre du commerce, ce qui la rend éligible à la procédure selon l’article L.640-2 du code de commerce. Son siège se situe dans le ressort du tribunal, établissant la compétence conformément à l’article R.600-1.

La cessation des paiements est caractérisée par un passif exigible de 48 673 euros face à un actif disponible nul. Le tribunal constate que « l’état de cessation des paiements de SARL [C] (SARL) est caractérisé » (motifs, section sur la cessation des paiements). Cette approche objective confirme l’impossibilité de faire face au passif avec l’actif disponible.

L’impossibilité manifeste de redressement est établie par l’absence de crédit et de facultés de remboursement. Le tribunal relève que « le débiteur considère lui-même que tout redressement est impossible » (motifs, section sur l’impossibilité de redressement). Cette appréciation souveraine des faits rend la liquidation inévitable.

La date de cessation des paiements est fixée provisoirement au 31 octobre 2025, faute d’informations suffisantes. Cette décision prudente permet un éventuel report dans la limite de dix-huit mois, conformément à l’article L.631-8 du code de commerce.

La procédure simplifiée est appliquée car aucun actif immobilier n’existe et les seuils de chiffre d’affaires et de salariés sont inférieurs aux limites réglementaires. Cette orientation allège les formalités et accélère la réalisation des actifs mobiliers de faible valeur.

La valeur de cet arrêt réside dans sa rigueur procédurale, vérifiant chaque condition légale avant d’ouvrir la liquidation. La portée pratique est immédiate : le liquidateur est autorisé à vendre les biens dans un délai de quatre mois, avec clôture prévue à six mois.

En définitive, cette décision illustre l’application typique des articles L.640-1 et L.644-1 du code de commerce pour une petite entreprise sans actif immobilier. Elle rappelle l’importance de l’examen minutieux de la cessation des paiements et de l’impossibilité de redressement avant toute ouverture de procédure collective.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».