Le tribunal de commerce de Tarbes, dans un jugement du 15 décembre 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société par actions simplifiée. La société débitrice avait déclaré elle-même sa cessation des paiements le 5 décembre 2025, saisissant ainsi la juridiction compétente. La question de droit centrale était de savoir si les conditions légales de l’ouverture d’une liquidation judiciaire étaient réunies. Le tribunal a répondu par l’affirmative, constatant l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de redressement.
I. La réunion des conditions de fond de la liquidation judiciaire
Le tribunal a d’abord vérifié que la société exerçait une activité commerciale, condition nécessaire pour l’application de la procédure. Il a constaté que la société justifiait d’une inscription au registre du commerce et des sociétés, la rendant éligible à la procédure. Cette vérification formelle est la première étape avant tout examen au fond.
Ensuite, l’état de cessation des paiements a été caractérisé par un déséquilibre entre le passif et l’actif. Le tribunal a relevé que le passif exigible s’élevait à 34 376 euros tandis que l’actif disponible était nul. Il a donc conclu que la société ne pouvait faire face à son passif exigible, conformément à l’article L.631-1 du code de commerce.
Enfin, l’impossibilité de redressement a été retenue, le débiteur considérant lui-même tout redressement impossible. Le tribunal a ajouté que le crédit de la société était totalement obéré et ses facultés de remboursement insuffisantes. La décision a ainsi valeur de constat de l’absence de toute perspective de poursuite de l’activité.
II. Le choix de la procédure simplifiée et ses conséquences pratiques
Le tribunal a fait application de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée prévue à l’article L.641-2 du code de commerce. Il a constaté l’absence de bien immobilier et un chiffre d’affaires inférieur aux seuils réglementaires. Cette qualification simplifiée vise à accélérer et alléger le traitement des petites entreprises.
La portée de cette décision est de permettre une réalisation rapide de l’actif mobilier, de faible valeur. Le liquidateur a été autorisé à procéder à la vente de gré à gré ou aux enchères publiques dans un délai de quatre mois. Le tribunal a également fixé un délai de six mois pour la clôture des opérations, conformément à l’article L.644-5.
Enfin, la date de cessation des paiements a été fixée provisoirement au 30 novembre 2025, faute d’informations suffisantes. Cette fixation provisoire pourra être reportée dans la limite de dix-huit mois, conformément à l’article L.631-8 du code de commerce. La décision permet ainsi une souplesse dans la détermination de la période suspecte.