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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Tarbes, le 15 décembre 2025, n°2025004193

Le tribunal de commerce de Tarbes, dans un jugement du 15 décembre 2025, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société à responsabilité limitée exerçant une activité de coiffure.

Un créancier, l’organisme de recouvrement des cotisations de sécurité sociale, avait assigné la société débitrice pour obtenir l’ouverture de cette procédure collective. La question centrale était de savoir si les conditions légales du redressement judiciaire étaient réunies, notamment l’état de cessation des paiements.

La juridiction a répondu par l’affirmative en constatant l’état de cessation des paiements de la société débitrice, ouvrant ainsi la procédure sollicitée.

La qualification de commerçant et la compétence territoriale.

Le tribunal constate d’abord que la société débitrice justifie de son inscription au registre du commerce et des sociétés. Il en déduit qu’elle est « passible d’une procédure de redressement judiciaire par devant le tribunal de commerce de TARBES » (Motifs, Sur le constat de l’application de l’article L.631-2). Cette solution affirme l’application du droit commun des procédures collectives aux sociétés commerciales.

La compétence territoriale est ensuite établie car le siège social de l’entreprise se situe dans le ressort du tribunal saisi. Cette application de l’article R. 600-1 du code de commerce est classique et ne présente pas de difficulté particulière.

La valeur de ce constat est de rappeler que le juge doit vérifier sa compétence d’office avant d’examiner le fond du litige. La portée de cette décision est de sécuriser la procédure en assurant que le tribunal territorialement compétent est seul saisi.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements.

Le tribunal applique la définition légale en comparant le passif exigible et l’actif disponible de la société débitrice. Il relève un passif exigible de 9520,45 euros et un actif disponible nul, soit une impasse totale.

Il en conclut que « l’état de cessation des paiements de SARL ART & ELEGANCE est caractérisé » (Motifs, Sur la constatation de l’état de cessation des paiements). Cette solution est une application stricte et classique de l’article L. 631-1 du code de commerce.

La valeur de ce raisonnement est de rappeler que le juge doit procéder à une analyse concrète des éléments comptables fournis par le créancier. La portée de la décision est de permettre l’ouverture de la procédure collective, protégeant ainsi les intérêts des créanciers.

En fixant provisoirement la date de cessation des paiements au jour du jugement, la juridiction se réserve la possibilité de la reporter ultérieurement. Cette mesure, prévue par l’article L. 631-8, offre une souplesse nécessaire à la gestion de la procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».