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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Saint-Malo, le 6 janvier 2026, n°2025003501

Le Tribunal de commerce de Saint-Malo, dans un jugement rendu le 6 janvier 2026, a ouvert une procédure de sauvegarde au bénéfice d’une société civile immobilière. Les dirigeants de cette société avaient sollicité cette mesure le 23 décembre 2025, invoquant des difficultés qu’ils ne pouvaient surmonter seuls. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales d’ouverture de la sauvegarde, notamment l’absence de cessation des paiements. Le tribunal a fait droit à la demande en ouvrant la procédure pour une période d’observation de six mois.

I. Les conditions d’ouverture de la procédure de sauvegarde

Le tribunal vérifie d’abord que le débiteur remplit les conditions posées par l’article L.620-1 du Code de commerce. Il relève que la société “sans être en cessation des paiements, rencontre des difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter” (Motifs du jugement). Cette constatation est essentielle car elle écarte l’état de cessation des paiements, condition négative de la sauvegarde. La décision rappelle ainsi le caractère préventif de cette procédure, destinée à éviter une défaillance future. Le sens de cette solution est de protéger une entreprise viable mais momentanément fragilisée. Sa valeur réside dans l’appréciation souveraine des juges du fond sur la réalité des difficultés. La portée de ce contrôle est d’offrir un outil de redressement anticipé, sans attendre une situation irréversible.

II. Les mesures ordonnées pour la période d’observation

Le tribunal désigne un juge commissaire et un mandataire judiciaire pour superviser la période d’observation de six mois. Il ordonne également un inventaire des biens, certifié par un commissaire aux comptes ou attesté par un expert-comptable. Ces mesures visent à établir un diagnostic précis de la situation économique et financière de la société. Leur sens est de garantir la transparence et la sincérité des informations pour les créanciers. Leur valeur est de permettre au tribunal de statuer sur l’opportunité de maintenir la procédure lors d’un prochain examen. Leur portée est de préparer un plan de sauvegarde qui pourrait permettre à l’entreprise de surmonter ses difficultés.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».